A Nous Paris n°836 10 déc 2018
A Nous Paris n°836 10 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°836 de 10 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 12,9 Mo

  • Dans ce numéro : madame Arthur casse les codes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
conversation affaires A NOUS PARIS Carey Mulligan  : l’Anglaise qui a conquis l’Amérique Public Enemies, Wall Street 2, Inside Llewyn Davis, Drive… L’actrice britannique au CV impressionnant est de retour en mère indépendante des sixties dans Wildlife - Une saison ardente, film d’ouverture remarqué de la Semaine de la critique à Cannes. Propos recueillis par Fabien Menguy 2018 WildlifeL.L.C/Photo Scott Garfield 28 culturelles Comment une actrice anglaise fait-elle pour devenir une femme américaine des 60’s ? Carey Mulligan  : Grâce à un coach de diction (rires). Je travaille avec le même depuis l’âge de 24 ans. J’en ai 33 maintenant. Il a fait des dizaines et des dizaines d’enregistrements de gens de la région du Montana, et nous avons choisi la voix qui conviendrait le mieux à Jeanette, mon personnage. Le fait d’interpréter le rôle d’une femme très libre pour cette époque, cela faisait sens pour vous ? Je pense que ce que Jeanette ressent n’est pas très éloigné de ce que les femmes peuvent ressentir de nos jours  : attendre beaucoup de la vie, tout en étant sous pression en permanence. Ici, j’aime le fait qu’elle franchisse la ligne, qu’elle refuse de continuer à jouer le jeu. Parce qu’être mère de famille dans les années 50, c’était un travail tellement difficile… Cela demandait d’immenses sacrifices en tant que femme, et elle n’est plus prête à les faire. Jeanette s’émancipe brutalement, jusqu’à négliger son fils. Est-ce qu’elle n’est pas un peu trop libre finalement ? Elle a été une mère parfaite et une épouse modèle pendant près de quinze ans. Elle veut expérimenter d’autres choses. Elle est en pleine crise existentielle, son mari est parti, il l’a plantée là, sans travail ni argent, en 1960. Elle se met donc en mode survie. Comment je paye le loyer ? Comment je nourris mon enfant ? Elle commet des erreurs bien sûr, mais elle le fait avec de bonnes intentions. Et l’étape d’après, se maquiller, mettre une jolie robe, des hauts talons et aller à des rendez-vous, c’est une réponse au fait d’avoir été abandonnée par son mari. Bon, c’est vrai que ces derniers mois, j’ai passé pas mal de temps à la défendre (rires). Elle est tout de même assez castratrice dans son désir d’indépendance ? Oui, je comprends que son mari veuille la quitter, et je comprends aussi qu’elle veuille le quitter. La différence, c’est que lui, il peut partir, et qu’elle ne le peut pas, parce qu’elle est la mère. Il y a une injustice dans le fait que lui ait le choix de tout envoyer balader et pas elle. Votre look dans le film a beaucoup d’importance. Oui, toutes les tenues portées par Jeanette racontent aussi son histoire. Elle doit à la fois être mère et essayer d’être femme. La robe qu’elle ressort pour aller à son rendez-vous, elle l’avait déjà à 18 ans, avant d’avoir un bébé. Elle ne l’a portée qu’une seule fois, pour aller danser avec son futur mari. Vous mettez beaucoup de vousmême dans vos rôles ? C’est difficile à savoir, mais je ne me suis pas glissée intentionnellement dans les souliers de mon personnage, même s’il y a évidemment des choses qui vous ramènent à vous-même. Par exemple, la scène où le fils de Jeanette lui demande si tout va bien se passer et qu’elle lui répond qu’elle n’en sait rien. Je suis mère de deux enfants, ma fille est bébé, elle a à peine un an. Et en jouant, j’ai vraiment pensé à ce que je ressentirais si je n’étais pas capable de les protéger pour le reste de leur vie. Ça m’a surprise.
Le film a fait l’ouverture de la Semaine de la critique à Cannes. Vous vous souvenez de votre premier Cannes ? C’était pour Wall Street  : L’argent ne dort jamais. Il y a un million d’années, j’ai même du mal à m’en souvenir (rires). Je sortais à l’époque avec une personne très connue (Shia LaBeouf,ndlr), nous étions traqués en permanence, c’était très stressant. Mais je suis revenue après pour le film des frères Coen (Inside Llewin Davis,ndlr) et c’était plus détendu. Même si ça reste survolté, ce que j’aime, c’est qu’une fois sur le tapis rouge tous les films sont sur un pied d’égalité. Quel effet ça fait de faire la une des magazines ? C’est assez étrange. On a l’impression de se sentir différente. Par exemple, ma propre fille ne me reconnaît pas sur les magazines. Parce que je suis maquillée. Ça fait partie du job. Au début, je trouvais ça difficile de ne pas savoir ce que des photos de moi allaient devenir. Mainte- Musée Cognacq-Jay/Roger-Viollet nant, je m’en fiche. Je fais confiance aux gens qui m’entourent. C’est mon boulot de représenter le film, c’est le leur de faire que j’aie l’air bien. Et puis, je ne suis pas mannequin (rires). Que vous dit-on quand on vous reconnaît dans la rue ? Je ne suis pas tellement reconnue dans la rue. Sans maquillage, en tenue de tous les jours et avec mes enfants, il peut se passer deux heures avant qu’on me reconnaisse. Et quand bien même, les gens ne viennent pas me parler. Ils me regardent ou me prennent en photo… ce qui est pire. Mon mari est plus souvent reconnu, il est dans un groupe (Marcus Mumford, le leader de Mumford & Sons,ndlr), et il est géant. Vous rêviez de tout ça quand vous étiez enfant ? Oh oui ! Pas d’être connue, mais de jouer au théâtre, oui, depuis toujours. De quoi rêvez-vous maintenant ? De faire un autre bon film. Je n’ai pas vraiment de rêves inassouvis cachés dans un coin de ma tête. Je laisse plutôt les choses venir à moi. Et puis j’ai aussi une vie de famille, je ne suis pas paniquée à l’idée de ne pas savoir quel sera mon prochain projet. Ce n’était pas le cas avant. 29 affaires culturelles C’est le fait d’être devenue mère ? Oui. J’ai la chance de pouvoir rentrer chez moi et de retrouver mes enfants. Mais c’est étrange que l’on passe finalement plus de temps à faire de la promotion qu’à jouer. Quelle est votre relation avec Paris ? J’ai beaucoup d’amis ici. C’est très proche de Londres, maintenant. Avec mon mari, on pourrait presque venir dîner un soir et repartir le lendemain. J’ai plein de souvenirs ici, notamment avec Une éducation. On y montrait un Paris idyllique. On tournait une sorte de scène clipée, sans dialogue, où on buvait des verres de vin dans les plus beaux endroits de Paris. Un mot de conclusion ? « Restez calme et continuez », ce sera ma conclusion (rires).Wildlife - Une saison ardente, de Paul Dano, avec Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal. Drame. Sortie le 19 décembre. La Musée Cognacq-Jay Fabrique du luxe Les marchands merciers parisiens au siècle 8 rue Elzévir - 75003 Paris museecognacqjay.paris.fr #FabriqueDuLuxe



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :