A Nous Paris n°627 25 nov 2013
A Nous Paris n°627 25 nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°627 de 25 nov 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (235 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,2 Mo

  • Dans ce numéro : culte... ces objets so French!

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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culte 08 dans l’air 25/11/13 A NOUS Texte : Murielle Bachelier SACRÉS FRANÇAIS ! Photos : Christine Fleurent, tirées du livre Objets estampillés France Si la fabrication française a pendant longtemps souffert d’une assez mauvaise image, le « made in France » est aujourd’hui l’étiquette qui fait le plus parler d’elle. Un beau livre sorti ces jours-ci rend hommage à une centaine d’objets manufacturés dans l’Hexagone, les racontant en images. De la girafe Sophie au stylo Bic en passant par le carré Hermès, tous sont ancrés dans notre mémoire collective. Pour la plupart d’entre nous, tout a démarré à la cantine scolaire. Attablés, nous devions attendre les plats le plus sagement du monde et notre seule distraction consistait alors à regarder le fond de notre verre en demandant à notre voisin de table : « Et toi, t’as quel âge ? » Depuis 1946, date de leur commercialisation, les verres Duralex ont ainsi fourni les mêmes souvenirs à bon nombre de gamins devenus grands. Comme tout le monde, vous vous êtes souvent demandé ce que représente en réalité ce chiffre si mystérieux ? En fait, ce fameux numéro est tout simplement gravé par le moule du verre ayant servi à le fabriquer ; comme il existe cinquante moules, il est donc impossible d’avoir plus de cinquante ans ! Le mystère enfin percé, mieux vaut ne rien dire aux enfants, ils risqueraient de s’ennuyer sévèrement à l’heure du déjeuner. L’entreprise Duralex, située à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret, doit son nom à la fameuse citation latine « Dura lex, sed lex » (« La loi est dure mais c’est la loi »), en référence à la haute résistance aux chocs de son verre, quasi incassable – et s’il vient à se briser, il éclate en mille petits morceaux non tranchants. Voilà pourquoi ce sont toujours les verres préférés des cantines scolaires… Les Duralex, on les retrouve avec d’autres dans un beau livre imaginé par la styliste Christine Fleurent et la photographe Véronique Méry, intitulé Objets estampillés France. Du génie dans tous les domaines Dans leur délicieux inventaire, nous trouvons, en vrac : le briquet Dupont, les vases Lalique, la poêle Tefal, la porcelaine de Limoges, les lunettes Vuarnet, le limonadier Déglon, les chaussures Weston, les culottes Petit Bateau, le papier d’Arménie, la toile Bayadère, la faïence de Gien, la lampe Berger, le chausson de danse Repetto, le papier Canson, les épingles Bohin, le moulin à poivre Peugeot, le savon de Marseille… Mais les deux auteures se défendent d’avoir voulu faire un livre sur le « made in France ». « On voulait avant tout créer un ouvrage sur les objets qui nous ont marqué, avec une sorte de nostalgie, comme une madeleine de Proust, explique Christine Fleurent. Sur cette centaine d’objets, ce qui nous importait, c’est que l’idée de base et la fabrication aient été françaises à un moment donné, pour montrer qu’ils font partie de notre héritage. Si aujourd’hui, certains ne sont plus produits chez nous, ce n’est pas cela qui prime. Nous voulions surtout rendre une sorte d’hommage à toutes ces marques emblématiques qui ont forgé notre histoire et qui nous accompagnent toujours dans nos vies. » L’écrivain David Foenkinos a accepté de témoigner toute son affection au modeste stylo Bic. Il écrit : « Quand je pense au Bic, je pense surtout à celui couleur jaune légèrement moutarde. Dans mon esprit, c’est un véritable passeport pour les Drucker est depuis le XIX e siècle le principal fabricant de chaises en rotin pour les terrasses de café. L’entreprise collabore aujourd’hui avec des designers fameux. années 70. Dans ce voyage vers mon enfance, je peux l’accompagner du Bic 4 couleurs. Ce que j’aime plus que tout, c’est le capuchon. Le Bic, c’est la passion du mordillage. On pouvait le distorde jusqu’à l’extrême, jouer la vie de nos dents dans ce plaisir infini. » Quand le fabricant de la charentaise Rondinaud envoie un mail à Florence afin de la remercier au nom de tous les salariés de l’entreprise pour la présence de leur pantoufle dans les pages du livre, cette dernière est très touchée. Pour la petite histoire, c’est grâce ou à cause de la famille Rondinaud que les fameux chaussons sont écossais depuis 1907. À l’origine, ils se portaient dans les sabots, d’où la languette pour protéger le cou-de-pied du frottement du bois. Plus chic : en 1979, agnès b. lance son cardigan à pressions dans sa boutique-atelier à Paris. Ce sera un immense succès, le gilet devient même rapidement une icône de la mode. La créatrice a fait partie des premières à mettre en avant la fabrication française de ses productions. Pour Christine Fleurent, « c’était très courageux de sa part, car à l’époque, tout le monde s’en foutait ». Peut-être avez-vous fait de la résistance contre cet objet qu’on trouve encore dans beaucoup de placards de cuisine. N’ayant jamais mis les pieds en Bretagne et trouvant ce récipient ringard, vous n’êtes donc pas l’heureux propriétaire d’un bol au décor rustique agrémenté de votre prénom… Vous
ne devez certainement pas être très nombreux dans ce cas, car chaque année, ce sont un million de bols bretons Henriot qui sont vendus ! Elle fait tellement partie de notre paysage que nous avons carrément oublié à quel point elle était si parisienne ! La chaise de terrasse en rotin signée Drucker est présente dans bien des bistrots, de Le ciré jaune en nylon enduit Guy Cotten, le moulin à légumes Moulinex, les charentaises écossaises Rondinaud : quelques exemples d’un certain génie français. celui en bas de chez vous aux plus chics comme le Café de Flore ou les Deux Magots. Reconnues dans le monde entier, leur fabrication est toujours artisanale et entièrement manuelle : il faut entre cinq et quinze heures de travail pour fabriquer un siège selon le modèle et le type de tissage choisis. Le designer Robert Stadler leur rend hommage : « À l’époque où les établissements gastronomiques français se laissent trop souvent influencer par le style new-yorkais, lui-même inspiré des codes de nos bistrots, la chaise Drucker dépasse imperturbablement ces pastiches. Ces chaises d’extérieur sont redoutablement efficaces : légères, elles permettent aux serveurs de porter des empilements d’une hauteur impressionnante… » Vous vous êtes certainement déjà retrouvé à la terrasse d’un bistrot s’apprêtant à fermer, complètement cerné par ces imposantes tours de chaises vous faisant comprendre qu’il est l’heure de partir ! Des succès planétaires Quant au bloc-notes Rhodia, avec ses deux sapins noirs sur sa couverture orange, il a été le fidèle compagnon de vos études, et vous suit encore aujourd’hui pour vous aider à prendre des notes. Son histoire démarre en 1932 à Lyon, où deux frères tiennent une boutique de cahiers et articles de papeterie. Ils se lancent dans la confection du bloc, objet très innovant à l’époque. Il a depuis construit sa légende et compte parmi ses célèbres àLIRE soyonsPRÉCIS 09 dans l’air Objets estampillés France, par Christine Fleurent et Véronique Méry, éditions de La Martinière, 222 p., 45 €. Que veut dire « made in France » ? Peu de consommateurs le savent, mais pour apposer « fabriqué en France » sur un produit, il suffit que la dernière transformation de ce dernier ait lieu dans l’Hexagone ou que 45% de sa valeur ajoutée ait été réalisée ici. Plus restrictif, le label « Origine France garantie » implique une réalisation ou une fabrication en France. fans Francis Ford Coppola, pour ne citer que lui. L’écrivain Philippe Delermest également un fidèle, et décrit le Rhodia avec beaucoup de poésie. « Il se revendique tellement utilitaire, si humblement pratique, qu’il y a une vraie jubilation à en faire autre chose, à y écrire ce qu’on a de plus précieux, des mots d’amour, des projets de roman, des paroles de chansons. » Au rayon des jouets, le baigneur Petitcollin, qui est toujours fabriqué en France, détient le record de longévité puisqu’il est né en 1912. Il est devenu un objet fétiche dans ce qu’il y a de plus rétro et de plus chic aujourd’hui, et la marque Petitcollin est actuellement la plus ancienne et la dernière fabrique française de poupées encore en activité. Le célèbre baigneur aux yeux bleus illustre d’ailleurs notre couverture cette semaine. Enfin, si le poupon sera peut-être sous votre sapin de Noël, car l’heure est aux cadeaux qui ont du sens, paraît-il, la célèbre girafe Sophie pourrait bien lui emboîter le pas. Elle nous vient de Savoie, est entièrement constituée de caoutchouc naturel, et ses taches sont réalisées au pochoir avec de la peinture alimentaire. Quatorze opérations manuelles sont nécessaires pour lui donner vie. Son succès est planétaire, et les petits New-Yorkais ne parlent que d’elle…_



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