[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°9 fév/mar/avr 2008
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°9 fév/mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de fév/mar/avr 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : les idées des Rhônalpins pour avancer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 RhôneAlpes Printemps 2008 Portrait « On ne rencontre pas deux fois un tel projet dans sa vie ! » Hervé Hugues ON NE RENCONTRE PAS deux fois un tel projet dans sa vie ! On monte dans l’ovni. » L’ovni, c’est le centre Étoile et c’est LE défi de la carrière de Jacques Balosso. Leurs trajectoires devaient se croiser. D’un côté, un médecin chercheur, clinicien cancérologue, désireux d’en savoir plus, de l’autre, un projet innovant exceptionnel, l’hadronthérapie. En France, on recense chaque année 280 000 nouveaux cas de cancer et 150 000 décès dus à cette maladie. Des cancers variés, parfois inopérables dans le cas des tumeurs radiorésistantes situées à proximité d’organes sensibles ou dans le crâne. On estime leur nombre entre cinq et dix milliers : elles laissent peu d’espoir à ces patients. C’est sans compter sur les ressources de la physique fondamentale et des efforts acharnés et quotidiens de médecins, ingénieurs, biologistes. Un espoir naît avec le centre Étoile : à partir de 2013, environ un millier de malades aujourd’hui inopérables pourront être traités chaque année par cet équipement lourd, de 110 millions d’euros d’investissement, qui bénéficie de l’appui de la Région Rhône-Alpes. À cette date, il n’y en aura que cinq en Europe : R Jo 10 décembre 1960 Naissance à Strasbourg 1990 Thèse de médecine à Montpellier 1990-1995 Chef de clinique assistant au CHU Saint-Antoine, avec deux ans dans le laboratoire de radiobiologie, Harvard School of Public Health (Boston) 1997 Doctorat ès sciences, université Paris-VII en radiobiologie 1999 Chercheur à l’Inserm2003 Professeur des universités. Praticien hospitalier au CHU de Grenoble 2007 Directeur du centre Étoile d’hadronthérapie ils s’ajouteront aux deux japonais en service, soit sept dans le monde entier ! Lyon deviendra un point focal en France. La technologie d’Étoile est exceptionnelle : le malade recevra un faisceau de particules d’un millimètre de large concentré sur la tumeur. Ce nouvel outil stimule les radiologues : sa précision épargne les tissus sains, l’efficacité radiologique est maximale. « Étoile m’a rattrapé », déclare le D r Balosso, amusé. Il n’arrive pas par hasard dans ce projet : « Le nom de Jacques est venu naturellement lorsqu’il s’est agi de choisir le directeur du centre », déclare Joël Rochat, chef du projet démarré en 1997. Jacques Balosso est un curieux. Jeune interne à Montpellier, il saute sur la possibilité de faire une année de recherche à l’Institut Curie, en 1988. Là, il s’intéresse à la radiobiologie et se forge une double compétence en radiothérapie et en chimiothérapie. « J’ai participé à la transformation du synchrocyclotron d’Orsay en machine médicale. Cela m’a mis le pied à l’étrier de la recherche ; je suis devenu clinicien et chercheur, et je ne dissocie plus les deux. » C’est un fonceur. « Je ne doute de rien. Chaque fois que j’ai changé de statut, j’ai changé de lieu. » Son dernier périple l’a poussé de Paris à Grenoble où le CHU cherchait, en 1998, un médecin doublé d’un scientifique pour développer la recherche médicale au synchrotron avec des rayonsX. « La technique, les grosses machines m’ont toujours intéressé. » Son parcours éclectique est un atout. Toujours pour soigner des cancers : les recherches menées avec son équipe conduiront à des essais cliniques au synchrotron d’ici un à deux ans. Médecin, scientifique et technicien, il est capable de parler dosimétrie ou énergies, en plus de la médecine… Le temps presse, il faut sérier les problèmes : « La priorité est de structurer un réseau de recrutement des malades, informer les cancérologues des possibilités d’Étoile afin de choisir de manière pertinente les cas à traiter, y compris dans d’autres centres en Europe, voire au Japon. L’accueil des futurs patients est aussi préparé avec soin. Ils seront suffisamment angoissés par leur maladie pour qu’on ne les effraie pas en plus avec cette imposante machine. » Marié, père de quatre enfants, Jacques Balosso reconnaît que la stabilité familiale lui donne la force de s’investir à fond dans ses projets : son travail, qui le conduit régulièrement à l’étranger – il collabore avec le centre d’hadronthérapie de Heidelberg qui démarre début 2008 –, lui laisse peu de temps pour les loisirs, limités au ski de piste. Christian Guyard
Une recherche indispensable à l’innovation LA RÉGION SOUTIENT L’INNOVATION CAR ELLE FAVORISE LA CRÉATION D’EMPLOIS RHÔNE-ALPESSEPLACEAU5 E RANG EN EUROPE POUR LE POTENTIEL TECHNOLOGIQUE ET SCIENTIFIQUE. C’EST LA 9 E RÉGION DE L’UNION EUROPÉENNE POUR LES DEMANDES DE BREVETS. 13,5% DES ACTIVITÉS INNOVANTES DE FRANCE SONT BASÉES EN RHÔNE-ALPES. Chaque année, 100 bourses de recherche sont allouées pour 3 ans par la Région dans le domaine des sciences dures, de la santé et des sciences sociales et humaines. RhôneAlpes Printemps 2008 3 115 millions d’euros, c’est le budget annuel de la Région pour l’enseignement supérieur et la recherche. REPORTAGE : À L’INSTITUT NATIONAL DE L’ÉNERGIE SOLAIRE, INES, AU BOURGET-DU-LAC Ly on•Chambéry Le Bourget-du-Lac• Valence INITIATIVE : L’INNOVATION AURA SON AGENCE RÉGIONALE Pour l’heure, les bâtiments ne paient pas de mine. Mais les chantiers sont lancés pour que l’Ines, l’Institut national de l’énergie solaire, soit logé à la hauteur de ses ambitions : « L’objectif des collectivités fondatrices, la Région et le Conseil général de Savoie, est que la France ne soit plus le mauvais élève dans ce domaine », affirme Vincent Jacques Le Seigneur, secrétaire général. Comment ? En regroupant et en favorisant la recherche appliquée : quelque 100 ingénieurs du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), du CNRS, de l’université de Savoie et du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), mettent au point un « nouveau » silicium servant à fabriquer les cellules photovoltaïques. Ils étudient aussi comment améliorer le rendement énergétique. L’Ines dispose là d’unités industrielles pilotes uniques en France. D’un côté, des chercheurs dans leur laboratoire. De l’autre, des chefs d’entreprise en quête de nouveaux produits. Autour d’eux, une pléiade d’agences, d’organismes, mais aussi des pôles, des clusters, des incubateurs… Pas facile, pour une PME, de s’y retrouver. « Nous avons besoin d’un lieu pour favoriser les transferts entre le monde de la recherche et le monde de l’entreprise », résume Roger Fougères, vice-président à l’enseignement supérieur et à la recherche, « il nous faut plus de visibilité, de lisibilité. » L’Ardi est née de ce constat. L’Agence régionale du développement et de l’innovation vient de démarrer son activité. Conçue par la Région et l’État, elle a pour ambition première de favoriser le transfert de technologie des laboratoires, publics et privés, vers les entreprises, en les accompagnant, en animant des actions collectives, en participant au processus de création d’entreprises innovantes. L’Ardi a aussi pour mission de renforcer l’attractivité et la présence de Rhône-Alpes en Europe. Dirigée par Bruno Ragué, cette nouvelle association loi 1901 réunit six des sept pôles et agences régionaux existants : le Pôle productique, basé à Saint-Étienne, le Centre du design, à Lyon, l’Agence pour la maîtrise des matériaux, située au Bourget-du-Lac, l’Agence pour le développement des technologies médicales et des biotechnologies, à Lyon, l’Agence pour le développement des industries du numérique, à Grenoble, et Présence Rhône-Alpes, à Lyon. Chaque pôle restera implanté dans son lieu d’origine mais les trois agences lyonnaises vont être regroupées pour donner plus de visibilité à l’Ardi. La nouvelle agence disposera d’un budget de 7 millions d’euros. En savoir plus : Bruno Ragué, brague@rhonealpes.fr Dans les bureaux, les salariés d’Ines Éducation, une dizaine, œuvrent à l’information sur le site Internet et à la formation d’élus, d’architectes... « Nous enseignons une technique tant qu’elle n’est pas banalisée », explique Étienne Couvreur, le directeur. Il veille aussi à ce que les professeurs de lycées technologiques et professionnels venus en stage, puissent à leur tour former leurs collègues. Plus récent, un service de contrôle du bon fonctionnement des installations d’eau chaude solaire est proposé aux propriétaires : une estimation du rendement potentiel est réalisée en fonction de la météo locale, puis il est comparé, chaque mois, avec les données fournies par un compteur – financé par la Région – que l’utilisateur envoie par internet. « Si l’énergie produite est insuffisante, assure Étienne Couvreur, il peut ainsi réinterroger l’installateur. » Ces données vont nourrir en retour la formation et la recherche. Véronique Vigne-Lepage En savoir plus : www.ines-solaire.com QUATORZE RÉSEAUX DE RECHERCHE Travailler sur des thèmes voisins sans se connaître, voilà qui était fréquent pour les laboratoires de Lyon, Grenoble ou Saint-Étienne. Avec la création des « clusters » ou réseaux de recherche, cette dispersion appartient au passé. Quatorze clusters de recherche ont été créés à l’initiative de la Région. Ils associent des laboratoires et des établissements d’enseignement supérieur de toute la France. Ils travaillent en amont et en appui des pôles de compétitivité et des clusters économiques sur cinq grandes priorités : les développements économique et énergétique durables, le développement social et sanitaire, le rayonnement international, la culture scientifique et technique. La Région investit 13 M dans ces clusters et leurs projets. « Mieux valoriser les travaux des laboratoires » INTERVIEW ROGER FOUGÈRES, vice-président à l’enseignement supérieur et à la recherche La région est-elle bien placée dans le domaine de l’innovation ? Notre objectif est de développer l’économie de la connaissance. Rhône-Alpes dispose d’un bon potentiel technologique et scientifique, puisqu’elle se situe au 5 e rang en Europe. En revanche, il reste un gros effort à fournir pour valoriser les travaux des laboratoires en direction des entreprises. L’Ardi est-elle la bonne réponse ? L’Agence régionale du développement et de l’innovation a tout à fait cette vocation (voir article ci-contre). C’est un outil stratégique pour assurer ce lien entre le monde de la recherche et le monde de l’économie, rendre plus efficace le système de transfert des techniques et de leur valorisation par les entreprises. L’Ardi concerne toutes les entreprises et tous les territoires de Rhône-Alpes. Quels sont les investissements de la Région dans les grands équipements scientifiques ? Nous investissons dans plusieurs domaines. Dans le Contrat de projets, nous avons obtenu de l’État un financement pour cinq grandes disciplines prioritaires : les sciences du vivant, les nanosciences, la chimie verte et l’environnement, l’ingénierie (dont les énergies renouvelables) et les sciences humaines et sociales. Nous finançons des projets de coopération entre recherche publique et privée, avec l’Ines, (voir cicontre) sur les nanotechnologies à Crolles et bientôt sur le photovoltaïque à Bourgoin-Jallieu. Et la Région apporte son soutien aux pôles de compétitivité. Et pour l’enseignement supérieur ? Rhône-Alpes n’échappe pas à la situation critique de l’enseignement supérieur en France. La réforme des universités a été une réforme de la gouvernance des établissements. Elle n’apporte pas de réponse à la situation difficile de l’enseignement supérieur qui a besoin de réformes et de moyens pour lutter contre l’échec scolaire, la déqualification des emplois par rapport aux diplômes, les tensions sur le logement. À la mesure de ses moyens, Rhône-Alpes contribue à sortir de ces difficultés par une politique de partenariat avec les établissements.



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