[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°7 aoû/sep/oct 2007
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°7 aoû/sep/oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de aoû/sep/oct 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : à quoi rêvent les jeunes Rhônalpins ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
2 RhôneAlpes Automne 2007 Portrait nombreux ateliers à l’école ont provoqué un déclic. À partir du moment où il a compris qu’il avait besoin de la théorie pour réaliser des choses,il s’est mis à travailler. » Effectivement, ses résultats s’améliorent et il s’intègre dans la vie de l’école : délégué de sa classe, responsable de carré, c’est-à-dire d’une table, à la cantine du soir, représentant des élèves dans la commission sur les conduites à risques… « Boris a fait preuve de responsabilité et il a transmis son expérience aux autres, note Thierry Campos, conseiller principal d’éducation. Pour nous, il synthétise vraiment l’esprit de l’établissement… Et ce n’est pas du baratin ! » Selon Thierry Grésin, responsable de l’internat qui l’a suivi depuis son arrivée, « Boris est très autonome. Je crois qu’ici, il a aussi appris à aller vers les autres. Sur les conduites à risques, par exemple, il a à la fois apporté de bonnes idées et a toujours été présent lorsqu’un élève avait besoin d’aide. » Boris ne se laisse pas endormir par ce concert de louanges, déçu « que la commission n’aille pas assez loin », que le bureau des élèves, dont il était responsable en terminale, ait « manqué d’initiatives », faute de combattants. Il reconnaît : « J’aime me mêler de tout, représenter les autres, aller voir les profs et revendiquer. » Ce ton rebelle s’allie avec un certain goût pour la mesure, très en phase avec la vie à La Mache. « J’aime me mêler de tout, représenter les autres, aller voir les profs et revendiquer. » Jean-Paul Bajard/RRA Au nom des pairs Tuteur en maths, bon élève, sens des responsabilités : à 19 ans, Boris Laurent est cité par ses professeurs comme un lycéen modèle… Un statut que le nouveau bachelier, spécialiste des structures métalliques, s’est forgé à l’école La Mache, à Lyon. Sans renier sa parole rebelle. C’EST UN ESCALIER de métal en colimaçon, du bel ouvrage marqué d’une fleur froide. « Du boulot », concède Boris au pied de l’objet. La voix du jeune homme réveille l’atelier du lycée professionnel et technologique Maurice La Mache, plongé dans un silence de cathédrale. Habituellement, l’endroit est « plein de monde, il y a du bruit et l’odeur très particulière de l’acier chaud. J’adore. » Boris Laurent, 19 ans, s’apprête à quitter l’école où il vient de passer quatre ans en section structures métalliques. « Avant d’arriver ici, je n’aimais pas l’école et je me battais souvent… » À la fin de sa quatrième, il a d’abord sauté une classe pour se retrouver en seconde générale, enchaîné quelques « embrouilles », de fêtes en école buissonnière, et une brouille certaine avec ses parents, avant de retourner en troisième « une semaine avant Noël. C’était dur ». Lorsqu’il franchit les portes de La Mache, l’adolescent de 15 ans change : « J’avais à cœur que ça se passe bien. J’étais dans une autre logique. » Il y avait l’internat, l’éloignement de la famille et un métier à apprendre. Six semaines d’observation en atelier, en première année de BEP, lui permettront de choisir son métier : le travail des métaux. Pour son père, Rémi Laurent, « les St-Étienne Lyon Annecy Valence Grenoble 29 février 1988 Naissance de Boris, petit dernier d’une famille de trois enfants, à Sainte-Foy-lès-Lyon Septembre 2002 Entrée en seconde généraliste au lycée Aragon, à Givors Septembre 2003 Entrée en première année de BEP au lycée La Mache, à Lyon Juillet 2007 Obtention du baccalauréat en génie mécanique, section structures métalliques, avec mention bien Ici, l’autonomisation des élèves suit un ordre précis et progressif, tant à l’internat du dortoir à la chambre individuelle qu’en cours. « Il y a une hiérarchie entre les élèves, ajoute Boris. Ce n’est pas de l’autorité, mais du respect. Les plus jeunes respectent les plus âgés. Par exemple, après le dîner,ce sont les plus jeunes qui nettoient la table, qui « font la torche » comme on dit, et ils doivent le faire ! » À l’inverse, les aînés aident les plus jeunes dans le travail scolaire. Ici, le tutorat va de soi. Ainsi, en terminale, Boris devient le tuteur de mathématiques d’un autre élève. « C’est Matteo qui me l’a demandé », dit sobrement Boris. Le cadet, 18 ans, qui était alors en troisième année de structures métalliques, se rappelle : « Au début, je ne le trouvais pas assez ouvert.On a tous les deux un caractère fort et pas les mêmes idées.Moi,plutôt littéraire,et lui,scientifique. » Différents, les deux jeunes ont cependant pris l’habitude, une à deux fois par semaine, de se retrouver pour reprendre des exercices de maths. « Ce qui m’a passionné, explique Boris, ce sont les questions de l’autre,des questions qu’on ne s’est pas forcément posées et, surtout, l’aspect humain, le fait d’apporter quelque chose à quelqu’un. » Matteo explique aussi que son tuteur « a beaucoup changé. Il peut être complètement à l’écoute de quelqu’un. C’est une bonne personne, presque un ami. » En 2007-2008, le tuteur et son cadet ont promis de rester en contact. Matteo est toujours à La Mache, en terminale. Boris, lui, poursuit sa scolarité à Nantes. Après son bac, réussi avec mention bien, il y prépare un BTS structures métalliques en alternance. « Je ne sais pas jusqu’où il ira, mais je ne me fais aucun souci pour son avenir, affirme fièrement son père. Quand il a décidé quelque chose, il n’en démord pas ! » Florence Roux
La vie au lycée CHAQUE JOUR, DEUX JEUNES RHÔNALPINS SUR TROIS SONT ACCOMPAGNÉS PAR LA RÉGION En Rhône-Alpes,1 habitant sur 4 a moins de 25 ans. 750 000 jeunes sont agés de 16 à 25 ans. 290 000 ÉLÈVES, LYCÉENS ET APPRENTIS FRÉQUENTENT 569 ÉTABLISSEMENTS PUBLICS ET PRIVÉS 61,8% en lycées publics 19,6% en lycées privés 11,2% en apprentissage RhôneAlpes Automne 2007 5,1% en lycées agricoles privés 2,1% en lycées agricoles publics 0,2% en écoles de production La Région finance plus de 670 MILLIONS d’euros par an pour les lycées et l’apprentissage : c’est le quart de son budget. 3 REPORTAGE : EN PENSION AU LYCÉE LOUIS-ARMAND À CHAMBÉRY La bonne heure est dans l’internat Lyon Valence Chambéry Grenoble L’internat du lycée Louis- Armand, à Chambéry, ne ressemble guère au pensionnat d’hier, lugubre et fermé. Il évoque un quartier avec ses 380 habitants venus de la Drôme, de Haute-Savoie, de Maurienne de Tarentaise, ou de plus loin pour les handballeurs du pôle Espoirs en section sport-études au lycée. Un quartier avec ses propres règles de vie. Strictes. De 17 h 45 à 18 h 45, l’étude est obligatoire pour les secondes. Les premières et les terminales peuvent travailler dans leur chambre, qui comprend de un à quatre lits, un ou plusieurs bureaux, des armoires intégrées, une salle de bains et un espace d’affichage délimité pour placarder ses posters. Entre 18 h 45 et 20h, les pensionnaires ont accès au self. Avant 21h, les internes peuvent jouer au babyfoot ou au billard au foyer, pianoter sur un ordinateur à la salle informatique, jouer de la batterie ou mixer un morceau en salle de musique, découvrir le film de la semaine à l’affiche du cinéma maison, travailler en groupe dans une petite salle d’études jusqu’à 22h. En dehors des soirs de match de foot, la télé est éteinte. Après 23h, les portables sont coupés. Des autorisations de sortie, dûment signées, sont accordées jusqu’à 22 h pour aller suivre, par exemple, un entraînement de taekwondo. « Ici, on fonctionne uniquement par écrit », insiste Virginie Lapierre, qui, avec ses trois collègues conseillers principaux d’éducation et une dizaine de surveillants, veille au respect du règlement intérieur et de la vie en collectivité. « Ces bonnes conditions de travail permettent d’améliorer les résultats scolaires », observe celle qui tient plus que tout à son rôle d’éducateur. V.C. REPORTAGE : UN LYCÉE HQE À NEUVILLE-SUR-SAÔNE Zen attitude Bruno Bigi est un proviseur heureux. « En un an, on n’a recensé aucune dégradation, ni incivilité majeure », se félicite-il en vantant une « certaine douceur de vivre », propre au lycée Rosa Parks de Neuville-sur-Saône. Il règne dans les couloirs une ambiance sereine. Même la sonnerie est au diapason : elle n’est pas stridente mais musicale. Rosa Parks cultive sa différence HQE. La haute qualité environnementale se décline dans les salles de cours bien insonorisées, dotées d’un puits de lumière : branché sur une station météo, il s’obscurcit automatiquement selon la luminosité et la température. Avec ses grandes baies vitrées jusqu’au sol, le restaurant scolaire est niché dans le parc, protégé l’été du soleil par le rideau vert des arbres, dégagé l’hiver. La salle polyvalente donne sur un petit amphithéâtre de verdure qui a accueilli, cet été, les répétitions musicales du festival local. Sur un balcon orienté au sud, l’architecte Pierre Barillot a disposé des panneaux solaires qui ont surtout une valeur éducative. L’effort a porté sur les consommations de chauffage. En Rhône-Alpes, 60% des dotations de fonctionnement des lycées sont consacrés au poste énergie, soit 32 millions d’euros pour l’année 2007. Il augmente de 4,6% cette année, comme l’an passé. À Rosa Park, le chauffage est régulé selon les zones et la façade. La chaudière à haut rendement et à condensation combine performance et réduction des rejets de polluants. Après une année de fonctionnement, il est encore trop tôt pour chiffrer l’économie réalisée, mais c’est un des nombreux objectifs d’un lycée HQE qui comporte quatorze priorités. Économiser l’énergie, limiter les factures sans sacrifier le confort… bien au contraire. À Rosa Park, la récupération des eaux de pluie sert aussi à l’arrosage des plantes d’agrément. V.C. Lyon St-Étienne Neuvillesur-Saône Valence Annecy Grenoble « Tous les projets décidés sont en route » INTERVIEW Comment se présente la rentrée scolaire ? Les 17000 suppressions d’emplois annoncées par le ministre de l’Éducation nationale en 2008, qui s’ajoutent à celles déjà effectuées ces dernières années, vont mettre les établissements en difficulté : ils ont besoin de davantage d’enseignants et de la présence d’accompagnants, comme les aideséducateurs. Où en sont les constructions et les réhabilitations de lycées ? Tous les projets décidés entre 2005 et 2007, dans lesquels les lycées professionnels tenaient une grande place, sont MARIE-FRANCE VIEUX-MARCAUD, vice-présidente aux lycées et formations initiales en route. Pour aller plus vite, être au plus près des chantiers, nous expérimentons la maîtrise d’ouvrage directe. Pour les constructions, le lycée du pays de l’Arbresle ouvrira à la rentrée 2008. Le projet de lycée de Chazelle suit son cours. Les élus auront, d’ici à la fin de l’année, à établir les priorités pour les années 2008- 2010, en intégrant la construction d’un nouvel établissement, le deuxième site de la cité scolaire de Ferney- Voltaire. Je rappelle qu’un milliard d’euros a été inscrit au budget sur cinq ans pour les constructions, la réhabilitation et l’entretien de nos 276 lycées publics. Ceci permettra un égal accès de tous les élèves au savoir et à la formation. Pourquoi la Région favorise-t-elle la création des internats ? Nous assistons à une recrudescence des demandes de places en internat. Un certain nombre de jeunes, notamment dans la région de Grenoble et de Romans, ont des difficultés à trouver un hébergement. J’ai mis en place un groupe de travail : l’internat correspond en effet à un besoin. Il est important que les jeunes choisissent leur établissement en fonction de leur désir de formation, de leur projet, et non de sa proximité. Certains jeunes ont aussi besoin d’un lieu encadré plus propice à l’étude. Sept rénovations ou restructurations d’internats sont inscrites dans la programmation en 2007. LA CARTE M’RA ! LE PLEIN D’AVANTAGES Tous les élèves et apprentis scolarisés dans un établissement régional ont droit à leur carte M’ra ! Depuis 2004, la Région a investi 60 millions d’euros pour délivrer quelque 800000 cartes. Cette carte permet d’abord d’acquérir gratuitement les livres scolaires : 100 € sont offerts aux élèves entrant en seconde générale et technologique, 70 € à tous les autres élèves et apprentis. Elle ouvre droit à des sorties à prix réduit : 30 € à valoir sur l’achat de places de spectacles, 6 places de cinéma offertes, 8 € de réduction pour l’achat de livres de loisirs, un accès gratuit et permanent aux musées et 30 € de réduction sur une licence sportive.• Pour se procurer sa première carte M’ra ! il suffit de remplir un bon de commande sur le site Internet de la Région : www.rhonealpes.fr, rubrique « Carte M’ra ! » • Pour ceux qui l’ont déjà, il suffit de la recharger en la passant dans le lecteur de l’établissement. En cas de perte, contacter le numéro Azur 0 810 559 559 (prix d’un appel local).



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :