[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de fév/mar/avr 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : réchauffement climatique... quelles menaces pour la Région ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 RhôneAlpes Printemps 2007 Portrait « Depuis que je fais ce boulot de proviseure, j’ai vraiment l’impression de produire du sens. C’est passionnant de bosser avec des ados. » Bon terreau pour ados Nathalie Prudon-Desgouttes est proviseure du lycée horticole de Romans, un lieu d’éducation à l’écocitoyenneté, de sensibilisation au développement durable. NATHALIE PRUDON-DESGOUTTES n’aime ramasse. La proviseure du lycée pas voir traîner un papier par terre. Dès qu’elle en voit un, elle le horticole de Romans a hérité de ses parents ce réflexe qu’elle essaie de transmettre à ses élèves. Ce geste participe d’une politique plus large d’éducation à la citoyenneté. Cette « transmission de valeurs » est le fondement de la démarche d’écoresponsabilité que conduit sans répit la jeune directrice. Cette prise de conscience passe par de multiples actions, de l’extinction des lampes dans les pièces vides à la fermeture des portes des locaux chauffés, de l’arrachage de l’ambroisie en début d’année scolaire à la couverture des sols par des bogues de cacao récupérées chez un chocolatier voisin. Le procédé limite la prolifération des mauvaises herbes. À chaque fois, il s’agit d’éduquer les élèves, de les amener à réfléchir à leur comportement. « Dans l’écoresponsabilité, ce qui est important, c’est l’écobilan », note Nathalie Prudon- Desgouttes, qui a incité tout son « petit village » à se pencher sur le contenu de ses poubelles : « Pendant trois semaines, on les a ouvertes systématiquement et on s’est rendu compte qu’elles contenaient beaucoup de papier. » Après ce diagnostic, tous les bureaux, toutes les salles, toutes les chambres de l’internat, qui accueille 220 pensionnaires, ont été équipés de deux caisses de couleur différente, dont une bleue réservée aux papiers. Le personnel a, en outre, été formé au tri des matériaux. À la rentrée, des élèves ont souhaité aller plus loin et réduire ce gaspillage à la source. Après un sondage sur le nombre de photocopies et d’impressions réalisées, chaque enseignant et chaque élève a reçu une carte personnalisée, un crédit papier basé sur l’estimation de son besoin annuel. « Petit à petit, on agit sur les consommations en montrant qu’il y a d’autre moyen de pression que l’argent. » L’écoresponsabilité n’est pas confinée à la consommation de papier ou d’électricité et elle ne s’arrête pas aux 30 ha du lycée. Avec la Région, la faisabilité d’une chaufferie au bois est étudiée : elle serait alimentée par les déchets d’un fabricant local de manches d’outils de jardin. Avec la Ville de Romans est élaboré le plan de déplacements de l’établissement : il pourrait entraîner la création d’une flotte de vélos pour les déplacements internes sur l’exploitation et pour les allers et retours des lycéens à Romans. En contrepartie, des pistes cyclables seraient aménagées. Le lycée horticole de Romans est déjà un pôle de ressources reconnu. Il travaille avec les partenaires locaux sur la valorisation du bois de châtaignier, en palissade et en muret notamment. Les trufficulteurs de la Drôme et de l’Isère Lyon Romans Valence Chambéry Grenoble 1965 Naissance à Mizérieux dans l’Ain 1983 Obtention du baccalauréat 1987 Diplôme d’institutrice 1992 Capes agricole d’éducation culturelle 2000 Nommée proviseure-adjoint du lycée agricole de Cibeins (Ain) 2004 Nommée proviseure du lycée horticole de Romans (Drôme) ont aussi trouvé dans l’établissement un lieu de rencontre et de transmission de leur patrimoine. Des chênes truffiers ont été plantés sur l’exploitation, découpée en unités paysagères distinctes et ouverte à des pratiques culturales différenciées, dans une perspective de développement durable partagée avec les établissements scolaires de dix pays européens. Cet esprit de coopération a guidé un groupe d’élèves qui ont récolté des fonds pour mettre en place un biodigesteur dans un village du Costa Rica. Ce dispositif favorise la méthanisation de déchets ménagers, la production de biogaz pour la cuisson des aliments. D’autres groupes sont impliqués dans la reforestation au Maroc ou dans l’exploitation du bois d’olivier en Tunisie. Le proviseur-adjoint, Alain Lafay, s’est récemment rendu au Brésil pour envisager des échanges de plantes avec la réserve de Malta Atlantica et contribuer à la préservation de la biodiversité. « Depuis que je fais ce boulot de proviseure, j’ai vraiment l’impression de produire du sens », s’enthousiasme Nathalie Prudon-Desgouttes, qui trouve « passionnant de bosser avec des ados », avec une communauté impliquée dans un projet aux nombreuses ramifications. Elle suit en particulier avec intérêt le développement de la première pépinière d’entreprises implantée dans un lycée horticole en France, qui a permis l’éclosion de dix créateurs d’entreprises en dix ans. Un lotissement de 18 ha créé par la communauté de communes du Pays de Romans prolongera son action et permettra d’accueillir des entreprises horticoles dans son orbite. De quoi combler la fibre écologique de cette fonctionnaire d’État qui croit en la capacité d’innovation et de renouvellement du service public. Vincent Charbonnier
Transports : comment lutter contre le réchauffement VÉLO, TRAIN, BATEAU, LA RÉGION SOUTIENT TOUTES LES SOLUTIONS ALTERNATIVES À LA VOITURE ET AU TRANSPORT ROUTIER LES TRANSPORTS SONT LES PLUS GOURMANDS EN ÉNERGIE ET LES PLUS GROS ÉMETTEURS DE GAZ À EFFET DE SERRE AVEC 33% DES ÉMISSIONS, DONT 95% DUES AUX TRANSPORTS ROUTIERS. 116000 voyageurs empruntent chaque jour 1100 trains express régionaux. En deux ans, la fréquentation a augmenté de près de 20%. RhôneAlpes Printemps 2007 9 Une stabilisation des émissions de CO 2 en 2010 au niveau de 1990 nécessiterait le gel des émissions du secteur des transports, qui augmente de 2% par an, et la réduction des émissions des autres secteurs. REPORTAGE : LE COVOITURAGE SOLIDAIRE D’AID’AUTO 42 Moins de voitures, plus de mobilité Claude Cannariato « covoiture » régulièrement entre son domicile et le siège d’Aid’Auto 42, situé à Veauche, près de Saint-Étienne. Ce mode de déplacement solidaire va de soi pour le directeur de cette association qui a fait de la mobilité des personnes en difficulté son créneau. Avec son site covoiturage42.fr, elle met en relation ceux qui disposent d’un véhicule et ceux qui n’en ont pas. Elle est soutenue par la Région qui voit là un moyen de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. « Il ne s’agit pas seulement d’aider des cadres qui vont à Lyon tous les matins, mais de faire jouer une solidarité plus large, en direction des personnes en insertion notamment », explique Claude Cannariato. Le manque de mobilité est, en effet, un des freins majeurs à l’emploi. Faute de véhicule, ou de permis de conduire, certaines personnes ne peuvent pas se rendre en formation ou au travail, et restent en situation précaire. Pour les sortir de l’impasse, Aid’Auto 42 a développé une gamme de services d’aides à la mobilité : des voitures ou des mobylettes en location, un service de transport assuré 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, par une quinzaine de chauffeurs accompagnateurs salariés. Plus de 500 personnes en bénéficient chaque année. « Quand on lève un frein à la mobilité, on remet des gens au boulot », souligne Claude Cannariato. Pour compléter ce dispositif, Aid’Auto 42 propose des formations collectives de préapprentissage du code de la route ou des formations individuelles de réentraînement à la conduite automobile, en étroite collaboration avec les auto-écoles de la plaine du Forez. De futurs conducteurs qui s’inscriront demain, peut-être, plus volontiers au site de covoiturage de l’association ligérienne qui veut doubler le nombre d’inscrits dans les prochains mois. V.C. ➜ www.covoiturage42.fr « Il faut proposer du rêve » INTERVIEW JEAN-JACQUES DUCHÊNE, directeur de Savoie Technolac Savoie Technolac s’est doté d’un Plan interentreprises de déplacements. Comment s’y prend-t-on avec 8 400 salariés et étudiants ? Le Plan interentreprises de déplacements est l’un des chantiers impulsés par le Club environnement du site. Une étude d’identification des besoins a révélé que 96% des personnes venaient chaque jour seules dans leur voiture. Ce travail, confié à deux cabinets, l’un technique, l’autre ayant une approche sociologique, a prouvé qu’il fallait surtout agir sur les aspects culturels pour faire évoluer les mentalités et les comportements. Qu’avez-vous donc mis en œuvre ? Nous venons d’expérimenter pendant deux ans un service de covoiturage qui va être étendu à toute l’agglomération. Les personnes entrent en contact grâce à un site Internet ou à l’une des « gares » de covoiturage. Nous leur donnons un panneau aux couleurs du Technopôle : grâce à ce signe de reconnaissance, elles trouvent un chauffeur dans les deux minutes ! Mais comment agissez-vous sur les habitudes culturelles ? Il faut proposer du rêve. Nous montons des animations autour des pistes cyclables le long du lac du Bourget, nous avons testé un bus gratuit avec la commune de la Motte-Servolex et nous imaginons même des bateaux, des dirigeables ou des téléphériques solaires ! Par ailleurs, nous étudions comment inciter les gens à moins circuler, en leur proposant des activités de détente pour l’heure de midi ou encore en leur permettant de rester chez eux grâce au télétravail. www.savoiecovoiturage.fr TÉMOIGNAGE : À GRENOBLE, DES VÉLOS EN LOCATION Métrovélo ou le charme des deux-roues St-Étienne Lyon Annecy Valence Grenoble TRANSPORT PAR CÂBLE ? Il fallait y penser ! La Région a voté une subvention de 10 000 euros pour financer une étude sur la possibilité de rallier la gare de Givors et le plateau de Montrond, au nord de la ville, par une remontée mécanique. Réservé d’ordinaire aux terrains de montagne, ce projet de téléphérique en zone urbaine, sur 1,5 km, permettrait de décongestionner une partie de l’A 47 traversée quotidiennement par 80 000 voitures. Créée par une association en 1999, la vélostation de Grenoble a fait des petites. En passant, fin 2003, sous la tutelle de la communauté urbaine, elle a donné naissance à Métrovélo. Ce service de location et de consigne de bicyclettes compte aujourd’hui un point de location sur le campus universitaire et à la gare, la vélostation d’origine. Celle-ci propose 180 vélos en location et 262 emplacements en consigne – occupés à 100% par les deux-roues d’usagers du TER. 180 personnes sont sur liste d’attente pour ce service de consigne et le nombre de journées de location est passé de 30 000 en 2005 à 46 000 en 2006. Enfin, 40% des vélos sont loués au mois et 20% à l’année, entretien compris… Dans cette agglomération, qui compte 260 km d’itinéraires cyclables, le vélo est une culture. F. R. LYON-TURIN : UN CHANTIER LARGEMENT ENTAMÉ « La galerie de Modane, sera achevée d’ici 2008 », se réjouit Bernard Soulage, chargé des transports en Rhône-Alpes. C’est l’une des trois descenderies de reconnaissance du Lyon- Turin en cours de forage sous les Alpes. La future ligne fret et voyageurs, à grande vitesse et grande capacité, vise le report du trafic routier vers le rail et la préservation de la nature. Fin décembre, le gouvernement italien a clarifié sa position au cours d’un comité intergouvernemental qui s’est révélé très positif. L’Europe s’engagerait à hauteur d’un milliard d’euros pour la partie internationale. 2007 s’annonce décisive pour la définition du tracé et pour son financement. Un accord a également été trouvé sur la poursuite de l’autoroute ferroviaire sur la ligne existante. À terme, 100 000 camions par an l’emprunteront. ➜ www.lyonturin-ferroviaire.com



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