[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de fév/mar/avr 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : réchauffement climatique... quelles menaces pour la Région ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 RhôneAlpes Printemps 2007 Portrait précipitations hivernales. L’étude révèle aussi de graves dysfonctionnements écologiques en aval des aménagements : asséchés, comblés, les lônes ou bras tertiaires du Rhône, voient leur écosystème bouleversé. Avec Geneviève Gandy, les élus locaux élaborent donc un schéma de gestion globale du Haut Rhône basé sur une augmentation des débits réservés, pour alimenter ces lônes. « Certes, l’énergie hydraulique est renouvelable et ne produit pas de gaz à effet de serre, estime Bruno Muscat, chargé de mission du syndicat. Mais elle a un impact écologique local. Pour réduire ce paradoxe, il faut accepter de diminuer sa production, compte tenu des conséquences écologiques. Plus globalement, nous militons pour une réduction des consommations d’énergie. » Pour présenter le projet, Geneviève Gandy se rend dans les ministères et les organismes publics : « J’y suis allée avec une secrétaire et une chargée de mission : trois bonnes femmes, ça leur faisait drôle ! » Peu lui importe de ne pas être une experte : « Quand on n’y connaît rien,on pose « Laisser l’eau s’évader dans nos champs d’expansion permet aussi de protéger l’aval, notamment l’agglomération lyonnaise. » Femme fleuve Geneviève Gandy est une femme énergique, libre… comme « son » fleuve. Présidente du Syndicat du Haut Rhône, elle se bat pour un meilleur équilibre entre production hydroélectrique et respect de l’écosystème fluvial. SA VOIX GRAVE, sa stature et son attitude volontaire font de Geneviève Gandy une forte femme. Il le faut sans doute pour présider le syndicat du Haut Rhône (SHR), qui regroupe les élus de 28 communes de trois départements, la Savoie, l’Ain et l’Isère. C’est pourtant par hasard qu’elle a pris en main la destinée du fleuve : « en 1990, il y a eu une grande crue qui a provoqué de grosses inondations. Une réunion intercommunale a été organisée et le maire de Yenne, dont j’étais la première adjointe, m’a choisie pour le représenter, simplement parce que j’avais une maison de chaque côté du Rhône ! » Peu après, elle est élue vice-présidente du tout nouveau Syndicat intercommunal de protection des berges du Rhône en Savoie, puis rapidement présidente. Geneviève Gandy explique simplement : « Je dispose de temps, car je ne travaille pas. » Drôle de façon de parler pour cette militante infatigable : élue de Yenne de 1986 à 2001, elle a fondé dans le même temps la section locale de la Croix- Rouge ainsi que l’association des femmes élues. « J’ai aussi fait trois enfants ! » ajoute-t-elle fièrement. Avec ses homologues de l’Ain et de l’Isère, la présidente du syndicat savoyard commande une étude sur l’impact des aménagements de la CNR, la Compagnie nationale du Rhône. Réponse des experts : les barrages et usines hydroélectriques ne sont pas faits pour retenir les crues et ne le peuvent pas. « Laisser l’eau s’évader dans nos champs d’expansion permet aussi de protéger l’aval, notamment l’agglomération lyonnaise », rappelle Geneviève Gandy. Cette gestion « raisonnée » des crues devient de plus en plus importante, le réchauffement climatique entraînant une augmentation des Bourg-en-Bresse Lyon Yenne Chambéry Valence 1986 Conseillère municipale de Yenne 1989 Première adjointe au maire de Yenne 1991 Vice-présidente du syndicat intercommunal de protection des berges du Rhône en Savoie 1993 Présidente du même syndicat 1995 Adjointe aux affaires sociales de Yenne 2003 Présidente du syndicat du Haut Rhône les bonnes questions ! J’ai aussi eu la chance de rencontrer beaucoup de gens prêts à m’aider et j’apprends sans cesse. Heureusement, j’ai un grand cahier ! » Pour André Vincent, directeur adjoint de la Maison du fleuve Rhône – qui pilote le suivi socio-économique de la restauration –, la richesse de Geneviève Gandy est surtout « cette connaissance intime du fleuve qu’elle a, comme tous ceux qui vivent au quotidien auprès de lui ». En 1998, lorsque le préfet de Région lance un programme décennal de restauration du Léman à la Méditerranée, le dossier du Haut Rhône est prêt. Il est donc le premier engagé : terrassement et intervention biologique sur les lônes, augmentation des débits réservés et développement touristique. « J’avais pris de l’assurance, se souvient-elle. Alors j’ai négocié une réduction de la participation financière de nos communes. » Ainsi, naturellement, elle est élue présidente du SHR, créé par trois syndicats pour piloter le programme avec un comité scientifique. « Geneviève Gandy est un porte-drapeau d’une rare efficacité », estime Robert Mériaudeau, maire de Brégnier-Cordon. « Aujourd’hui, je suis contente, affirme la présidente. On va laisser à nos petits-enfants un fleuve vif et courant. » Elle voit avec satisfaction revenir les pêcheurs, les kayakistes. Elle constate aussi qu’entre les communes, ce programme « a créé un sentiment d’appartenance au même territoire et ouvert à d’autres projets communs » : le développement du tourisme adapté aux personnes handicapées ou la communication, par exemple. « Les jeunes générations ne savent plus ce qu’est une crue et s’étonnent de voir une route coupée, constate-t-elle. Il faut leur expliquer. » Tout en suivant les chantiers, sur le terrain ou lors de rencontres avec les scientifiques, elle va transmettre son enthousiasme pour le fleuve dans les écoles ou lors de colloques, en France ou à l’étranger. Une vrai « pro » du Rhône. « Je fais un peu curiosité locale », s’amuse-t-elle. Véronique Vigne-Lepage
Les conséquences du réchauffement EN RHÔNE-ALPES, LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EST AUSSI VISIBLE SUR LE DÉBIT DES COURS D’EAU ET LA REMONTÉE DES ESPÈCES MÉDITERRANÉENNES Si nous ne changeons pas nos modes de consommation d’énergie, l’évolution des émissions de gaz serait de + 21% entre 1990 et 2010. Si le mercure continue de grimper, le monde viticole devra peut-être abandonner certains cépages au profit d’autres plus adaptés. En 2003, les viticulteurs se sont adaptés. Jusqu’à quand ? 7 1/4 des espèces vivantes pourraient disparaître d’ici à 2050. RhôneAlpes Printemps 2007 REPORTAGE : L’IMPACT DU RECHAUFFEMENT SUR LA MIGRATION DES OISEAUX À tire-d’aile vers le nord Depuis quelques mois, les ornithologues observent de nouvelles têtes plumées dans la Loire. Dans le sud du Pilat, certains ont reconnu le cri particulier de la fauvette mélanocéphale, qu’ils avaient l’habitude d’entendre plus au sud. Cette espèce du pourtour méditerranéen remonte depuis quelques années la vallée du Rhône. Autre oiseau qui a migré vers le nord : le guêpier d’Europe. Il a niché pour la première fois dans la plaine du Forez en 1999. Depuis, plusieurs colonies se sont établies près de l’Ecopôle du Forez. Les ornithologues ligériens observent d’autres changements de comportement qui pourraient être liés à l’élévation des températures. Au col de Barracuchet, dans les monts du Forez, ils constatent des migrations plus tardives des hirondelles notamment. « Il n’est pas rare d’en voir encore en décembre, parfois en janvier, remarque Laurent Goujon, chargé d’études à la Ligue de protection des oiseaux (LPO), alors qu’elles partaient habituellement vers le 15 septembre. » D’autres oiseaux, comme le rouge-queue noir, viennent hiverner dans la Loire, alors qu’ils prenaient traditionnellement leurs quartiers d’hiver dans le sud. Le réchauffement pourrait inciter d’autres espèces à s’envoler. La chouette de Tengmalm qui vit dans les sapinières, à plus de 1000 m d’altitude, pourrait disparaître des monts du Forez, « parce que le climat n’est plus assez rigoureux ». Autres victimes collatérales possibles, les gobe-mouches, de petits oiseaux forestiers qui se nourrissent d’insectes. Ils arrivent en mai. Avec le réchauffement climatique, l’éclosion des insectes est plus précoce de quinze jours. Autant de nourriture en moins pour les nichées de cette espèce qui pourrait décliner. « Tout cela reste bien sûr à confirmer », souligne prudemment Laurent Goujon, qui continue à scruter avec intérêt ces vols décalés. V.C. « La prévention de la déshydratation est renforcée » INTERVIEW MARTINE la surveillance BONNIN, des perfusions, cadre pédagogique à notamment l’Institut de formation sous-cutanées, très d’aides-soignants de la utilisées en cas de Croix-Rouge, à Saint-Cyrau-Mont-d’Or (Rhône) sur lesquelles on met déshydratation, et tout particulièrement l’accent. La canicule de 2003 et ses conséquences sur la santé des personnes âgées a-t-elle provoqué une modification de la formation des aides-soignants ? Si rien n’apparaît en tant que tel dans le nouveau programme mis en place en octobre 2005, en revanche, certains intitulés d’enseignement permettent très clairement d’introduire la prévention de telles conséquences. Par exemple ? Dans le module concernant l’état clinique d’une personne âgée, une place importante est donnée à l’observation du comportement. La lutte contre la déshydratation, qui existait déjà dans la formation, est renforcée, une part de ce chapitre étant réservée à l’identification du seuil d’alerte lors de situations à risque. Dans le cadre de l’évaluation, il est d’ailleurs établi que l’aide-soignant doit faire le lien entre observation et risques potentiels. Le module portant sur les soins inclut Qu’en est-il de la formation pratique ? En stage, on insiste beaucoup pour sensibiliser les élèves à la distribution de boissons, à la manière d’inciter les personnes âgées à boire, elles qui n’ont jamais soif, et de les rafraîchir, au besoin par une douche. On leur présente également les aménagements qui ont été imposés aux institutions depuis la canicule : obligation de disposer d’une pièce fraîche, climatisation, relevés de température… TÉMOIGNAGE : LES EFFETS DE LA CHALEUR SUR LES ÉPICÉAS La multiplication des attaques du bostryche Lyon Annecy Valence Chambéry Grenoble « La Haute-Savoie est le premier département sinistré en France par les attaques du bostryche qui entraînent la mort des épicéas par dessèchement, explique Cyril Constantin, de l’Office national des forêts (ONF) en Haute-Savoie. Depuis la tempête de 1999 et la canicule de 2003, cet insecte se multiplie beaucoup plus vite. On observe cinq à six cycles de reproduction par saison au lieu de deux. La chaleur contribue à son développement. Il s’attaque aux arbres les plus fragiles. Nous avons déjà dû en couper. On constate d’autre part que les épicéas et les sapins plantés en dessous de 1 200 m d’altitude commencent à sécher par manque d’eau. L’ONF a décidé récemment de ne plus planter de résineux en dessous de 900 m d’altitude, mais des essences feuillues plus adaptées. » LA MONTAGNE FRAGILISÉE La moyenne montagne est particulièrement concernée par le réchauffement climatique : le volume de l’enneigement a diminué de 40% au cours des quarante dernières années. C’est l’une des raisons qui ont amené la Région à mettre en place une nouvelle stratégie montagne. Trouver l’équilibre entre développement économique et protection de l’environnement est le principal défi. Treize orientations majeures ont été définies. En savoir plus : www.rhonealpes.fr FRUITS ET ALÉAS CLIMATIQUES L’adaptation des variétés, les enjeux environnementaux et la prévention des aléas climatiques font partie des objectifs du PEP Fruits de la Région, le pôle d’expérimentation et de progrès de la filière arboricole. Ce PEP s’appuie sur la station d’expérimentation Fruits de Rhône-Alpes et ses dix sites répartis sur la Région. À Étoile, dans la Drôme, sur le site central, des études sont menées sur l’abricot, la pêche, la cerise, la poire, la pomme et le kiwi. Chaque expérimentation est diffusée à toute la filière. ➜ En savoir plus : www.sefra.fr



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