[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°5 fév/mar/avr 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de fév/mar/avr 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : réchauffement climatique... quelles menaces pour la Région ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 RhôneAlpes Printemps 2007 Portrait Kiribati : il fallait installer 1 800 systèmes solaires et former les personnels de la compagnie chargée de les gérer. C’était rigolo et source de beaucoup de voyages ! », commente-t-il en montrant les photos de cette aventure. En novembre 2005, l’expérience – déjà longue – du jeune chercheur allemand pousse un chef de labo du CEA, impliqué dans la création de l’Ines, à faire appel à lui pour diriger le LSS. En une semaine, il largue ses attaches espagnoles et s’installe à Chambéry. Un choc thermique pour cet homme du Nord qui avait si bien apprivoisé le soleil. « À Kiribati, quand il y a 28°, il fait froid ! », rappelle-t-il. Jens s’amuse en racontant son arrivée : « J’étais à l’hôtel, donc sans domicile fixe… Impossible d’ouvrir un compte en banque pour déposer le liquide que j’avais emporté avec moi ! » À l’époque, la situation de l’Ines est tout aussi enviable : « Il n’y avait rien ici. Pas de tables… On a tout monté à une dizaine. Aujourd’hui, on est près de 100. En 2009, on fera un bâtiment définitif, beaucoup mieux. » Tous les matins, le chef de laboratoire retrouve « Le marché du solaire va connaître une croissance énorme. Les coûts vont diminuer. De grands industriels s’y intéresseront. » Goût de soleil « Jens Merten n’a rien d’un professeur Tournesol. Pourtant, la vie professionnelle et personnelle de ce chercheur de l’Institut national de l’énergie solaire semble toute aimantée par l’astre du jour. UN JOUR, l’énergie solaire sera un « truc » de masse, comme l’ordinateur. » Jens Merten a les yeux braqués sur l’avenir. Un avenir fait d’espoir comme les raisons qui l’ont conduit à la tête du laboratoire des systèmes solaires (LSS) de l’Ines 1 : « Il faut résoudre les trois grands problèmes de l’humanité : l’eau, la nourriture et l’énergie, explique-t-il. Comme j’étais dans la physique, je me suis dirigé vers l’énergie solaire. » Dirigé, le mot est faible. À regarder son parcours, on le dirait attiré comme un aimant par cette voie astrale. Né à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne il y a 41 ans, Jens décroche son diplôme d’ingénieur en physique à l’Institut des systèmes d’énergie de Munich, après un stage de fin d’études en France à l’École polytechnique. « Je voulais bouger à l’étranger », explique-t-il. Il bougera. À Barcelone d’abord, où il prépare un doctorat sur la photovoltaïque. « J’ai fabriqué des cellules de silicium amorphe petites comme ça, lance-t-il en rapprochant le pouce de l’index, épaisses d’un millimètre ! » En 1996, une fois sa thèse soutenue, le chercheur reste à Barcelone pour diriger, pendant près de dix ans, le département recherche et développement d’une entreprise de systèmes solaires autonomes. Ce poste lui permet de vivre une expérience unique et très concrète : « Pendant trois ans et demi, j’ai conduit un projet d’électrification rurale dans un État du Pacifique, Bourg-en-Bresse Lyon Le Bourget-du-Lac Chambéry Valence 1965 Naissance à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) 1992 Ingénieur en physique 1993-96 Doctorat sur la photovoltaïque à Barcelone 1997-2001 Dirige la recherche et développement d’une entreprise à Barcelone 2001-2005 Dirige un programme d’électrification à Kiribati (Pacifique) Novembre 2005 Devient chef du LSS de l’Ines l’équipe de 25 personnes qu’il pilote. Avec autorité ? « Non, l’autorité, ça ne marche pas. Si on est forcé, il n’y a pas de motivation, donc pas d’idées. Ce qu’il faut, c’est stimuler, créer l’ambiance, donner les moyens de créer. » Le LSS est l’un des laboratoires du département Inès recherche-développement-innovation, qui a pour but de développer les applications solaires thermiques. « On ne fait pas de la recherche pure, mais de la recherche qui aide à résoudre notre problème d’énergie, précise, pragmatique, Jens Merten. Tous nos résultats doivent être commercialement exploitables, le but étant de développer des produits. » Le chercheur connaît l’urgence de la situation : « Dans les pays en développement, beaucoup de zones rurales ont de gros besoins énergétiques qu’elles pourraient satisfaire avec l’énergie solaire, mais elles n’ont pas les moyens de faire l’investissement de départ. » Il s’offusque : « Dans le 6 e programme-cadre de l’Union européenne, il n’y a pas de soutien à la recherche pour ce type de systèmes, ni dans le 7 e ! Alors que c’est vital ! » Et trouve des arguments : « L’Europe a pourtant un intérêt égoïste à investir dans ces pays pour améliorer les conditions de vie et l’électrification. Le projet de Kiribati, par exemple, visait aussi à réduire l’émigration des populations de l’archipel. » Parce qu’il vérifie tous les jours l’efficacité de ses panneaux photovoltaïques qui peuvent produire quelque 450 wattheures par mètre carré et par jour, le chercheur prédit une explosion du solaire : « Le marché va connaître une croissance énorme. Les coûts vont diminuer. De grands industriels s’y intéresseront. » Une évolution qui va de pair avec une révolution culturelle : « On vit dans une culture du gaspillage énergétique. La prochaine sera celle de l’efficacité énergétique. » Chantal Féminier 1. L’Ines (Institut national de l’énergie solaire) a été créé en juillet 2006 au Bourget-du-Lac (Savoie).
La recherche et l’innovation contre le réchauffement LES ÉNERGIES RENOUVELABLES, SOLAIRE, HYDRAULIQUE, ÉOLIENNE ET BIOMASSE, SONT ENCOURAGÉES PAR LA RÉGION 15 000 foyers rhônalpins ont choisi une énergie d’avenir : chauffe-eau solaires, systèmes solaires combinés, chaudières à bois, panneaux photovoltaïques. LA RÉGION FINANCE L’INSTITUT NATIONAL DE L’ÉNERGIE SOLAIRE, EN SAVOIE, À HAUTEUR DE 15 M € SUR 2005-2007. RhôneAlpes Printemps 2007 17 2/3 des industriels français du secteur des énergies renouvelables sont rhônalpins. INITIATIVE : LES BÂTIMENTS ÉCOCONSTRUITS DE ROVALTAIN (DRÔME) 520 tonnes de carbone économisées MN, NMI 1,• 1 011 MINE= MO red.. _01*-1'.=.1wwgialli 0‘ 1 —• - — — j, ECM IOW N'-,u'reLm4/.40 I L À Rovaltain, on ne badine pas avec le développement durable. Tous les bâtiments qui sont construits sur cette zone, autour de la gare TGV de Saint-Marcel-lès-Valence, doivent répondre aux critères de la haute qualité environnementale (HQE). Le Syndicat départemental d’énergies de la Drôme (SDED) a montré la voie à suivre avec son nouveau siège futuriste. Cette tour est ceinte de panneaux solaires qui ont produit 13 000 kW l’an dernier. Autre bâtiment écoconstruit : ; •. ; iL LIMEIESIII MIMI Le bâtiment du syndicat départemental d’énergies de la Drôme, à Rovaltain celui de l’INEED Rhône-Alpes (Innovation pour l’environnement et l’économie durables) qui regroupe à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie de la Drôme, avec le soutien de la Région, un pôle de compétences et d’experts des écomatériaux, du bois construction, des énergies renouvelables et des technologies propres. L’enveloppe de ce bâtiment est constituée de briques de 50 cm de largeur. Isolés par l’extérieur, les murs ont été enduits à l’intérieur d’un mélange de terre rouge de Rouans (Isère) et de paille qui favorise la respiration des parois et régule l’hygrométrie pour le plus grand confort des locataires. Le bois est présent dans les menuiseries, dans des bardages et dans les planchers (avec du béton). Un système de puits provençal qui capte, en sous-sol, un air plus chaud en hiver et plus froid en été, permet de rafraîchir ou de préchauffer les bureaux selon les saisons, à l’exception de la grande salle de conférences climatisée par une pompe géothermique. 520 tonnes de carbone ont aussi été économisées pendant les travaux.La facture énergétique est réduite à 20 000 kW par m² et par an. Elle est quatre fois inférieure à celle préconisée par la nouvelle réglementation thermique. À elles seules, des piles photovoltaïques produisent annuellement 3 000 kW. Ultime réflexe environnemental, la déconstruction future du bâtiment a été anticipée dès sa conception. V.C. REPORTAGE : DES CHERCHEURS GRENOBLOIS INNOVENT POUR L’AUTOMOBILE Une énergie prometteuse pour les transports La commercialisation en série des premières voitures dotées d’une pile à combustible (PAC) devrait débuter à partir de 2015. Alimentée en hydrogène, la PAC produit de l’électricité, de la chaleur et de l’eau sans rejeter le moindre gaz à effet de serre. Il y a trois ans, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et PSA Peugeot Citroën ont décidé de s’associer afin d’adapter cette technologie aux contraintes de l’automobile. Première étape : début 2006, les quinze chercheurs du Laboratoire des systèmes de pile à combustible basse température, appartenant au CEA de Grenoble, associés à ceux de PSA, ont finalisé le Générateur électrique à PAC ou Genepac de 80 kW, soit l’équivalent de 110 CV. Selon Laurent Antoni, chef du laboratoire, « c’est le système le plus puissant et le plus compact jamais réalisé en France ». Sans tarder, la deuxième phase du programme, intitulée Fysipac, a été lancée. Les chercheurs s’activent désormais à intégrer le Genepac dans une voiture. L’échéance est prévue mi-2008. Deux challenges restent à relever : la réduction du coût et l’augmentation de la durée de vie de la technologie. « Elle sera d’abord testée sur les transports en commun ou des véhicules urbains », note Laurent Antoni. Parallèlement, d’autres équipes du CEA travaillent sur la façon la plus rationnelle de produire et de stocker de l’hydrogène. « La PAC participera forcément au bouquet énergétique de demain. Grâce à sa diversité et à sa modularité, elle peut couvrir les applications comme les transports ou la téléphonie mobile », argumente le chercheur.C. B. ➜ www-drt.cea.fr ou www.cea.fr/technologies TÉMOIGNAGE : À RILLIEUX, UNE EXPÉRIMENTATION EN COURS Vers des micro-éoliennes en zone urbaine Rillieux Bourg-en-Bresse Lyon Annecy Le plateau de Sermenaz, future zone d’entreprises « Le plateau de Sermenaz, à Rillieux, est l’un des sites les plus ventés du Grand Lyon. Sur cette future zone d’entreprises, nous réalisons, pour l’une des sociétés qui veut s’implanter, une préétude pour l’implantation de micro-éoliennes », explique Patrick Clément, directeur du cabinet Axenne basé à Meyzieu dans le Rhône. « Nous étudions ainsi comment installer sur le toit du bâtiment des éoliennes à axe, soit horizontal, soit vertical. Ce second type de machines, certes moins productives, a l’avantage de récupérer l’énergie du vent dans toutes les directions et d’être silencieux. L’énergie produite pourrait servir à alimenter le bâtiment et l’excès vendu à EDF. Il reste à confirmer la faisabilité économique du projet, mais pour que ce type d’innovation se développe, il faudra que l’expérimentation soit soutenue. » V. V.-L. LA RÉGION INVESTIT 100 M € SUR LES ÉNERGIES PROPRES Rhône-Alpes est la première région française pour la production d’électricité d’origine hydraulique ou nucléaire : cela représente le quart de la production nationale. Depuis 2004, les élus régionaux ambitionnent la pole position en matière d’énergies renouvelables. D’autant plus que le secteur représente un gisement d’emplois évalué à 10 000 dans les quatre prochaines années. La Région a prévu de consacrer 100 millions d’euros pour développer les énergies propres. Pour ce faire, elle a initié une démarche innovante autour d’un triptyque entreprises-recherche-formation, appelé « cluster ». Le cluster consacré aux énergies renouvelables et à la maîtrise de l’énergie est centré sur le bâtiment (voir page 11). Un deuxième cluster « Rhône-Alpes automotive cluster » comporte un volet sur l’écoconception et la recherche sur une motorisation peu gourmande en énergie classique ou basée sur le renouvelable. Depuis 2005, le Schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche a renforcé cette mobilisation notamment avec le cluster de recherche « énergies renouvelables et efficacité énergétique », sous la responsabilité du professeur Yves Brunet, de l’Institut national polytechnique de Grenoble. ➜ En savoir plus sur les clusters : www.rhonealpes.fr



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