[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°37H sep/oct/nov 2015
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°37H sep/oct/nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37H de sep/oct/nov 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 4

  • Taille du fichier PDF : 863 Ko

  • Dans ce numéro : le choix du bio vendu en direct.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Marc Chatelain 2 AhônEMpes LA RÉGION GÈRE LE FEADER Depuis le 1er janvier 2014, les Régions françaises sont autorités de gestion des fonds européens, dont celui pour le développement rural et l’agriculture (FEADER). Un appel à candidatures est lancé pour soutenir la certification en agriculture biologique. Il s’adresse aux exploitations agricoles ayant le projet de s’engager en agriculture biologique et a pour objectif de prendre en charge, pendant une période de trois ans, les frais de certification. Deux sessions de sélection sont prévues en 2015. Dates limites de dépôt  : 30 septembre 2015 pour la 1 re sélection, 15 novembre 2015 pour la 2 e sélection. w Toutes les informations sont réunies sur le site  : www.europe-en-rhonealpes.eu w Accueil de proximité Les Espaces Rhône-Alpes, « portes d’entrée Europe », accueillent, informent, orientent les porteurs de projets sur tout le territoire rhônalpin. Du lundi au vendredi de 13 h 30 à 17 h sur rendez-vous  : http://espaces.rhonealpes.fr LES ABATTOIRS RÉSISTENT GRÂCE AU BIO Le marché alimentaire bio poursuit son développement avec un taux de croissance de 9% en 2014. 33% des clients bio achètent de la viande bio. Et ils déclarent qu’ils en consommeraient davantage si l’offre était plus importante et variée. L’abattage et la découpe sont des points cruciaux pour la présence d’élevages sur un territoire. Or la tendance est plutôt à la fermeture des abattoirs depuis dix ans. Rhône-Alpes compte aujourd’hui 23 abattoirs et 18 ateliers de découpe certifiés pour le bio. De nouveaux modes de fonctionnement apparaissent  : à Die, ce sont les éleveurs qui gèrent eux-mêmes l’abattoir depuis 2004. Les volumes sont passés de 120 tonnes en 2004 à 393 en 2014, et le bio représente 20% de l’activité. Depuis 2014, la Région peut accorder des aides d’un montant de 400 000 à 600 000 euros aux abattoirs pour moderniser les bâtiments, investir dans du matériel… w Renseignements au 04 26 73 42 26 Alexa Brunet Apprendre à construire ses outils grâce à l’Atelier Paysan « Marc Chatelain Regarde  : on va souder une cornière au triangle. » « Eh, tu peux me donner la main sur la machine, s’il te plaît ? » « Là, tu vois, il vaut mieux que la soudure travaille en cisaillement. » … Ce matin de juillet, malgré la canicule, l’ambiance est studieuse à Valencin, en Isère, sous l’auvent de la maison de Laurent Joly, le producteur de légumes bio. Assisté de son père et d’un ami, tous deux retraités, il consacre sa journée à la fabrication d’un triangle d’attelage. Cet équipement lui permettra de changer mécaniquement l’outil tiré par son tracteur (rotobêche, planteuse…), au lieu de descendre pour le faire à la main. Mais assembler, souder, scier le métal, ce n’est pas simple ! C’est pourquoi Laurent Joly a sollicité l’Atelier Paysan, un organisme de formation unique en France, voire au-delà  : « Créée par Adabio, l’association des producteurs bio de l’Ain, de l’Isère et des Savoie, l’Atelier est aujourd’hui indépendant. Nous sommes les seuls à proposer des formations à l’autoconstruction d’outils », explique Étienne Escalier, technicien formateur. Lors d’une session, Laurent Joly a ainsi fabriqué, en groupe, une butteuse à planche pour mieux gérer l’écoulement de l’eau dans son champ. Pour son triangle d’attelage, il n’a pu bénéficier d’un de ces stages, généralement organisés de novembre à mars, en période creuse. Il a donc demandé à Étienne Escalier une visite à domicile avec « Le partage et l’entraide, c’est du bon sens » Éric Magnet, agriculteur, est trésorier de la Cuma de Roche Colombe dans la Drôme C e jeudi de juillet, Eric Magnet, agriculteur à Soyans dans la Drôme, utilise une broyeuse sur plusieurs de ses parcelles. Lorsqu’il aura fini, il passera le tracteur avec cet outil à un confrère qui les utilisera à son tour, comme le prévoient les statuts de la Cuma, la Coopérative d’utilisation de matériel agricole de Roche Colombe dont ils sont adhérents. Grâce à cette Cuma, six agriculteurs (deux éleveurs et quatre céréaliers) mutualisent l’achat, l’entretien et l’utilisation de tracteurs, de moissonneuse, tractopelle, faucheuse… nécessaires à leurs exploitations  : « Avant, j’étais membre de celle de Soyans, rapporte Éric Magnet, mais elle ne gère que les outils, pas les tracteurs. En 1992, lors du lancement de la PAC, la Politique agricole commune, nous avons créé la Cuma de Roche Colombe pour gérer de manière « intégrale » et minimiser les charges de mécanisation. » Et renforcer la solidarité  : « Les Cuma sont basées sur l’entraide. On partage aussi le travail, par exemple plusieurs heures d’utilisation d’une son camion équipé et son matériel. « J’ai acheté il y a deux ans la partie que l’on fixe au tracteur, mais je n’ai jamais pris le temps de regarder comment fabriquer l’autre », témoigne-t-il. Le producteur aurait pu, en effet, opérer seul grâce aux plans conçus sous licence libre et diffusés par l’Atelier Paysan sur son site internet. « De nombreux exploitants ont des idées innovantes, assure Étienne Escalier. Nous les publions avec photos et explications. Le but est que les paysans soient autonomes ». En plus, « c’est gratifiant de faire soi-même ! » Véronique Vigne-Lepage w Contact  : www.latelierpaysan.org tél. 04 76 65 85 98 machine contre un coup de main pour la moisson. Tout est noté, pour que ce soit équitable, mais c’est surtout du bon sens ! » La Cuma permet aussi un assolement concerté  : Éric Magnet, qui possède 2 hectares d’une parcelle, s’accorde avec son frère, adhérent lui aussi, et qui en a 4 autres, pour cultiver la même céréale. Ils travaillent ainsi le champ ensemble. « Pas besoin d’aller jusqu’à la création d’une société d’exploitation foncière commune, car, avec 220 ha, notre Cuma est petite. » Après une réunion sur le bio à la Chambre d’agriculture de la Drôme, la Cuma de Roche Colombe a également acquis une herse étrille, un outil de désherbage mécanique  : « Nous ne sommes que deux adhérents bio, précise Éric Magnet. Mais nous avons conduit cette démarche tous ensemble ». Depuis, l’un des adhérents conventionnels envisage une conversion au bio  : « La Cuma lève les freins ». V. V.-L.
L’AGRICULTURE BIO EN RHÔNE-ALPES RHÔNE 284 producteurs 5987 hectares.40ethmei sem,i LOIRE 272 producteurs 10 535 hectares ARDÈCHE 611 producteurs 17 885 hectares 1 re 42 69 07 01 26 région française en nombre d’exploitations bio, avec 2 968 fermes et la 4 e en termes de surfaces cultivées en bio avec près de 99 000 hectares. AIN 148 producteurs 7 726 hectares HAUTE-SAVOIE 38 74 DRÔME 1 031 producteurs 35 720 hectares 73 128 producteurs 3 383 hectares SAVOIE 115 producteurs 4103 hectares ISÈRE 379 producteurs 13 229 hectares Rhône-Alpes est la 1 re région de France, en nombre d’exploitations bio pour les productions de légumes, fromage de chèvre, miel et la 2 e région productrice de fruits bio. Source  : Corabio (fin 2014). Avec 1 053 préparateurs bio, Rhône-Alpes est également la 1 re région représentant 12% environ des préparateurs nationaux. Parmi eux, 424 transformateurs et 311 artisans, essentiellement des boulangers et quelques bouchers. Avec 317 magasins spécialisés bio et 251 grossistes, Rhône-Alpes est la 2 e région en nombre de distributeurs bio, derrière l’Île-de-France. Le marché français des produits bio est en croissance, avec + 9% en 2013. Il représente 4,56 milliards d’euros, le double d’il y a 5 ans. 6 826 emplois à temps plein sont comptabilisés dans les exploitations bio. L’âge moyen des chefs d’exploitations s’élève à 45 ans, contre 50 ans en conventionnel. 19% ont moins de 40 ans. Chez ces derniers, 20% sont des femmes, contre 13% en conventionnel. LE VIN BIO MONTE EN GAMME On peut véritablement parler de « vin bio » depuis la nouvelle certification de 2012 qui réglemente à la fois la production de raisins et les procédés de vinification. Rhône-Alpes compte 522 exploitations viticoles bio, ce qui représente 10% du vignoble régional. 61% des volumes sont vinifiés et vendus au domaine, sur les foires et salons Les vins bio sont aujourd’hui régulièrement primés. Julien Sunier, jeune viticulteur du Beaujolais, a été récompensé par le jury de La Revue du vin de France en 2015. Pour accompagner la structuration de la filière, Bioconvergence organise des séminaires et des journées techniques en association avec Corabio. w Contact  : Lucie Mestrallet au 04 75 25 97 01 Alexa Brunet Juan Robert Manger bon et bio, sans se serrer la ceinture S ur les hauteurs de Saint-Jean-de-Moirans, près de Voiron, chez les Darré, un doux fumet de lentilles-carottes aux saucisses s’échappe de la cocotte. « Généralement, les produits frais de notre menu sont bio et viennent de la ferme du May, explique Fleur, la mère, derrière les fourneaux. On y achète les fruits et légumes de l’exploitation et des œufs, du fromage, de la viande d’autres producteurs locaux vendus sur place. Nous cuisinons les produits que nous achetons plutôt que d’acheter ce que nous voulons cuisiner. Nous avons découvert la ferme du May lors d’une visite organisée pendant le « Défi des familles à alimentation positive ». Depuis, on y fait nos courses une à deux fois par semaine. » Les Darré font partie des 35 familles du pays voironnais à avoir relevé le « Défi des familles à alimentation positive » en 2014-2015. Accompagnées par l’association Adabio, elles ont en moyenne augmenté de 20% leur consommation de produits biologiques en diminuant de 10 centimes leur budget repas. Il est donc possible de manger bio et bon, sans pour autant se serrer la ceinture. « Avec les allergies alimentaires de nos filles, on était déjà attentifs au contenu de nos assiettes et sensibilisés à la question de l’achat local, même si on s’autorise une mangue de temps à autre ! plaisante Pascal, le père. Mais l’expérience nous a remis en mouvement. » À la suite de l’atelier cuisine et sur les conseils d’un diététicien-nutritionniste, la famille a adopté quelques nouveaux réflexes comme « ne pas éplucher les légumes bio ou utiliser des produits moins raffinés et mieux assimilés par l’organisme ». Et sur la tarte aux pommes qui dore au four ce soir, le rapadura – du sucre de canne complet – a remplacé le sucre cristallisé… Julie Duchamp Un marché bio à la gare TGV Un marché bio et local dans une gare ultramoderne ? Pas si étrange que cela. Depuis un an, huit agriculteurs et artisans, parfois davantage, animent un marché dans la gare TGV de Valence le vendredi, de 16 à 20 heures. « Ils rendent le bio visible auprès d’une clientèle qui n’irait pas d’elle-même dans un magasin spécialisé », explique Lucie Mestrallet, de Bioconvergence, fédération d’artisans à l’initiative du projet avec Agri Bio Drôme, organisation de producteurs. Le projet a reçu l’aide financière du Conseil général de la Drôme et de la Région, et l’encouragement de la SNCF. « Pour moi c’est une nouvelle aventure, s’enthousiasme Sylvain Faure, boulanger depuis 25 ans à Saint-Thomas-en-Royans et président de l’association du marché. C’est à la fois un lieu assez contraint, avec des règles de sécurité plus strictes qu’un marché habituel, par exemple, et un lieu très ouvert où l’on rencontre des gens qui viennent de partout. Il y a certains Parisiens qui repartent avec un panier. Ou un Belge qui achète du pain ou du miel. » Malgré le caractère très « passant » de l’endroit, le marché a ses fidèles  : certains voyageurs qui rentrent UN DÉFI ÉLARGI Entre octobre 2015 et juin 2016, 330 familles sur 5 territoires de Rhône-Alpes participeront au Défi, dans les métropoles lyonnaise et stéphanoise, la Biovallée, le bassin d’Annonay et Bourg-en- Bresse. Au programme  : des moments conviviaux pour découvrir comment consommer autrement, ateliers cuisine, visites d’exploitation et découverte de points de vente directe… w En savoir plus www.famillesaalimentationpositive.fr chez eux chaque semaine, ou des salariés du site de Rovaltain. Cependant, cette année, le groupe de précurseurs souhaite renforcer sa visibilité par des animations – dégustation de produits ou miniconcerts – ou une situation plus en vue dans la gare. Il compte aussi solliciter un producteur de légumes, qui viendrait compléter les fruits, pains, confitures, miel et Clairette de Die. Florence Roux 3 Alexa Brunet

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