[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°37 jun/jui/aoû 2015
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°37 jun/jui/aoû 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de jun/jui/aoû 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : Casino, épicier sans frontières.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14

LA MONTAGNE EN COMMUN

N°37 — ÉTÉ 2015

Au Sancy, l’artiste est dans le pré
L’Évidence, de Thomas Monin, installée au col de la Croix-Morand, illustre la venue du loup dans le Sancy.

Auvergne et RhôneAlpes, première région européenne de montagne

Les zones de montagne, avec, du plus foncé au plus clair, la haute montagne, la montagne et le piémont.

Le Massif central (9 988 km2), les Alpes (19 196 km2) et le Jura (2 796 km2).

3 massifs 67% 51%

u cœur des volcans d’Auvergne, le massif du Sancy attire les visiteurs. En hiver, les familles viennent découvrir les joies du ski dans les stations de Superbesse et du MontDore. « Mais 60% des touristes profitent du grand air en été », explique Luc Stelly, le directeur de l’office du tourisme du Sancy. Ils recherchent un cadre naturel exceptionnel avec des paysages uniques pour se promener. 670 kilomètres de sentiers balisés sont répertoriés sur des cartes, abordables à pied ou en VTT. La gastronomie locale séduit aussi les vacanciers. « 95% du saintnectaire fermier est vendu sur place. Ici le monument le plus visité, ce sont nos vaches », glisse le professionnel du tourisme. Sancy rime aussi avec culture. Depuis neuf ans, l’office du tourisme organise « Horizons », une exposition d’art contemporain in situ. Près de 300 artistes du monde entier candidatent à chaque édition pour participer à cet événement original dans lequel dialoguent paysages et œuvres d’art, paysans et artistes. Une dizaine de projets sont sélectionnés. Puis les œuvres monumentales

A

investissent le panorama qui a fait l’objet d’un minutieux processus de repérage en amont des installations. Perchés sur la roche de Vendeix, à La Bourboule, trois jeunes architectes ont sculpté cette année un château bleu de 7 mètres de haut, fidèles à une légende locale et à leurs rêves d’enfant. Le plasticien François Klein a imaginé et réalisé une machinerie en bois, Les Rameurs perpétuels, pour la cascade d’Entraigues, chute d’eau de 18 mètres. Les cascades de Chiloza, qui s’écoulent du lac Pavin, ont inspiré la musicienne et plasticienne Tiziana Bertoncini. Cette Italienne propose un parcours musical créé par une série de 20 tubes en plexiglas suspendus dans les arbres… « Chaque année, plus de 200 000 curieux se prennent au jeu », se réjouit Luc Stelly, pour qui « l’art de vivre auvergnat repose sur une alliance de traditions et de modernité ».
Laurence TournecuiLLerT

> Horizons, arts et nature en Sancy, du 13 juin au 27 septembre. Info sur www.horizons-sancy.com et www.sancy.com

de la grande région se situe en montagne ou haute montagne, dont 10% en haute montagne et 6% en zone de piémont.

Un label « Montagne 2040 »
Le 27 juin, le 3e Conseil Montagne 2040 se déroule au mont Gerbier-de-Jonc, en Ardèche, aux limites des régions Rhône-Alpes et Auvergne. Au menu du jour, le numérique, un enjeu de taille pour les habitants des zones de montagne enclavées. Né de la démarche de réflexion et prospective « Montagne 2040 », cet espace de dialogue et d’échanges a pour ambition de tisser un réseau d’acteurs et de promouvoir des solutions nouvelles pour la montagne. Des actions reçoivent le label « Montagne 2040 ». Il s’agit de distinguer les initiatives qui préservent et valorisent les ressources naturelles, mettent l’accent sur la jeunesse, présentent un caractère innovant, pérennisent des emplois et favorisent la solidarité.
> Plus d’infos sur les projets labellisés  : www.montagne2040.rhonealpes.fr

des Rhônalpins et 42% des Auvergnats vivent en montagne. Depuis 1990, la population a augmenté dans les trois massifs. La croissance s’est même accélérée entre 1999 et 2009.

Ludovic Combe



N°37 — ÉTÉ 2015

rihônekIpes

15

Les bons services du centre de soins de Satillieu
Satillieu, en Ardèche, le centre de soins infirmiers est installé dans une paisible bâtisse. Calme trompeur. En fait, ses douze infirmières, aidées par la responsable administrative, Joëlle Gery, se relaient sept jours sur sept. De 6 heures jusqu’à 21 heures, elles interviennent au domicile des patients  : aide à la prise d’un traitement, injections, suivi d’un diabète, voire d’une chimiothérapie, une fois que celle-ci a été installée à l’hôpital. De 8 heures à 8 h 30, les soignantes assurent aussi une permanence au centre, essentiellement pour des prises de sang. « Nous faisons quatre tournées le matin et deux l’après-midi, explique Christelle Lasherms, infirmière coordinatrice. Notre statut de salariées nous offre une grande souplesse pour intervenir dans neuf communes. » Et s’il n’y a qu’une vingtaine de kilomètres d’un bout du territoire à l’autre, les infirmières en parcourent plus de 180 000 par an. « Dans la lignée des religieuses qui s’étaient établies à Satillieu en 1926, ces professionnelles assurent un vrai service à la population, en particulier auprès des plus âgés », estime Henry Juilliat, président de l’association du centre créé il y a trentecinq ans. C’est pourquoi il a bénéficié en 2013 de 45 000 euros pour des travaux (Région et Communauté de communes du Val d’Ay). Reconnu comme un équipement d’avenir, il a reçu l’an dernier le label « Montagne 2040 ».
FLorence roux

Elle l’a dit
Claude Comet, conseillère au tourisme et à la montagne

A

Douze infirmières travaillent au centre de soins de Satillieu, en Ardèche

r

It
Alexa Brunet

Le numérique, une chance au Pays de Murat

Q

ue faire lorsque, au fil des ans, la population diminue, des services disparaissent, un pays s’étiole doucement ? Au pays de Murat, dans le Cantal, au cœur des volcans, la question s’est posée voilà une petite dizaine d’années. « Nous avons pensé que le numérique était une formidable opportunité pour nos villages », explique Bernard Delcros, président de la Communauté de communes, « grâce à une politique de développement, soutenue par
Le centre de formation au télétravail

CC du Pays de Murat

des crédits publics, nous avons entamé une reconquête démographique, nous ne sommes plus enclavés, mais ouverts au monde ». La reconquête a démarré avec la création d’un Centre de formation au télétravail, unique en France  : des dizaines de jeunes entrepreneurs sont venus se perfectionner. Après la formation, 40% d’entre eux ont créé leur entreprise. Tous n’ont pas pris racine au pays de Murat  : « Nous avons installé aujourd’hui plus d’une trentaine d’entrepreneurs dans le territoire », précise l’élu. Ces télétravailleurs et leur famille, qui apprécient la qualité de vie en milieu rural, ont permis de maintenir des services et apporté jeunesse et animation dans la région. Aujourd’hui, le pays de Murat, qui a lancé un Forum du télétravail, s’oriente vers l’économie collaborative, pousse les start-up et épaule les espaces de co-working. Il a lancé un concours de start-up qui a débouché sur l’installation de trois entreprises. « Le numérique est une révolution, insiste Bernard Delcros, c’est un vrai vecteur pour les territoires ruraux. »
e. ch

De l’union de Rhône-Alpes et de l’Auvergne va naître la plus grande région européenne de montagne. Il est donc normal de porter un regard particulier sur la montagne, territoire différent, avec des politiques spécifiques. Les massifs montagneux ne sont pas des territoires ruraux comme les autres  : ils sont pentus, subissent le froid et l’enneigement. Ils sont aussi de formidables réservoirs pour la biodiversité, des sentinelles avancées du réchauffement climatique. Le Massif central, par exemple, constitue le plus grand château d’eau de la France. Comment le préserver  ? Comment faire de nos handicaps des opportunités pour demain  ? La démarche « Montagne 2040 » s’est nourrie de la réflexion portée par les trois massifs, dont le Massif central  : Rhône-Alpes préside d’ailleurs le GIP, le Groupement d’intérêt public, pour la gestion des fonds européens. L’extension de notre champ d’action dans cette grande région sera donc naturelle. L’Auvergne a beaucoup d’avance sur les aménités, ces agréments naturels offerts par la montagne. Le prochain Conseil Montagne 2040 va se tenir fin juin au mont Gerbier-de-Jonc, aux limites de nos deux régions. Nous allons nous pencher sur le numérique, un sujet capital pour les habitants, qui doivent avoir accès au télétravail, à la télémédecine, à la culture… C’est un enjeu très important. Ces territoires montagnards sont divers, mais l’intelligence collective est à l’œuvre. La montagne est déjà dans l’ADN de Rhône-Alpes et Auvergne  !

DR






Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :