[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°32 mar/avr/mai 2014
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°32 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : le numérique branche les Rhônalpins.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 ahôneAIpes L’ACTUALITÉ DÉCRYPTÉE N°32 — PRINTEMPS 2014 La Dombes : un parc en projet C’est un plat pays constellé de mille étangs, un paradis pour les oiseaux, une terre unique. Pour préserver et valoriser ce patrimoine, la Région propose d’accompagner la Dombes pour la création d’un Parc naturel régional. On compte quelque 1 400 étangs en Dombes, exploités de manière traditionnelle : deux à trois ans en eau et un an en culture. Des étangs millénaires Les premiers étangs apparaissent avec la construction de digues, au XI e siècle. Les moines sont très actifs car la présence de poissons d’eau douce répond aux exigences des jours maigres et du carême. Avant la Révolution, les étangs émaillent la Dombes, sur 20000 hectares. Puis les théories hygiénistes se répandent et, au cours des siècles suivants, les « dessécheurs » vont combattre les « carpiers ». Depuis 1980, le nombre d’étangs augmente. On en compte environ 1400, sur 12 000 hectares. Leur particularité provient de l’exploitation traditionnelle : deux à trois ans en eau, durant lesquels sont élevés les poissons d’eau douce (carpes, brochets, tanches), et un an en culture.• Photos : Maurice Ben Mergui Bourg-en-Bresse La Dombes Villars-les-Dombes Lyon Chambéry Grenoble Valence Le périmètre concerné par l’étude d’un projet de parc recouvre un territoire délimité par les vallées du Rhône au sud, de l’Ain à l’est jusqu’à Pont-d’Ain, et de la Saône jusqu’à Thoissey à l’ouest, soit 102 communes et 130 000 hectares, pour une population d’environ 180 000 habitants. Paysages et gastronomie Grâce à son statut de principauté à l’époque médiévale et ses rapports particuliers avec l’agglomération lyonnaise, la Dombes s’est forgée une identité bien spécifique, à dominante rurale, structurée en grandes propriétés. Le tourisme est l’un de ses atouts majeurs. Outre ses paysages aquatiques, elle dispose d’un patrimoine monumental : cité médiévale de Pérouges, villes de Châtillon-sur-Chalaronne, Trévoux, châteaux de Fléchères ou de Loyes… La tradition gastronomique y reste solide avec les carpes et les grenouilles. Cependant, les pêches locales ne suffisent pas à répondre aux besoins en grenouilles.• Une échasse blanche femelle 342 espèces d’oiseaux La Dombes est le royaume des oiseaux : 342 espèces y nichent, dont 277 espèces sauvages soit 60% des espèces recensées en France. Près des étangs, on aperçoit des guifettes, poules d’eau et rousserolles… Loriots, grimpereaux des jardins, sittelles torchepot et autres coucous gris et fauvettes ont investi les forêts. L’alouette des champs, le bruant jaune ou la fauvette grisette préfèrent les prairies et zones agricoles. Les populations de canards diminuent tandis que d’autres se développent : c’est le cas du grand cormoran et du héron, au grand dam des pisciculteurs car ces espèces sont gourmandes en poisson.• Le Parc des oiseaux de Villars, au cœur de la Dombes, regroupe plus de 3 000 oiseaux, 300 espèces de tous les continents sur 35 hectares d’eau et de verdure. Ouvert en 1970, c’est l’un des plus anciens et des plus riches parcs ornithologiques de France. Il accueille entre 250 000 et 300 000 visiteurs chaque année. > www.parcdesoiseaux.com
N°32 — PRINTEMPS 2014 27 _1• I JIM 11 „ Mil L11,, ii Le château de La Grange à Lapeyrouse Les raisons de créer un parc en Dombes La qualité et la fragilité des patrimoines écologique, culturel et paysager incitent à créer un parc naturel en Dombes. Il s’agit de maintenir un équilibre agricole où pisciculture et évolution des exploitations iraient de pair, tout en anticipant les changements climatiques, et en gérant la pression des agglomérations toutes proches et la présence d’importantes voies de communication qui pèsent sur le foncier. La labellisation en parc ferait de la Dombes le seul parc rhônalpin en zone de pénéplaine humide : les autres parcs rhônalpins sont situés en montagne. En résumé, les trois enjeux du projet seraient les suivants : sauver le système dombiste des étangs et leur gestion, mettre en valeur une identité originale et organiser l’aménagement du territoire. Comment se déroule la procédure ? Le Conseil général de l’Ain a présenté, en 2009, à la Région Rhône-Alpes, un dossier de candidature pour la création d’un parc naturel régional. La Région a donc engagé en 2011 une étude de faisabilité et d’opportunité. Élus locaux, partenaires, associations ont été amenés à réfléchir et à débattre. Les conclusions de l’étude ont conduit la Région à engager la procédure de création du parc. Une association de préfiguration, créée en novembre 2013, est chargée d’élaborer, en concertation avec les communes et les partenaires, une charte de parc, soumise ensuite à enquête publique. Dès l’adhésion des communes à la charte, la Région délibère et sollicite le classement en parc auprès de l’Etat. Un équilibre fragile Agriculture, pêche et chasse sont liées en Dombes, focalisées sur l’usage des étangs. Mais cet équilibre, à l’origine de la grande biodiversité dombiste, est fragile. Le nombre d’exploitations agricoles et la surface en prairies diminue. La pisciculture est confrontée à de nombreuses difficultés : stagnation de la consommation de poisson d’eau douce, évolution du mode de gestion. La chasse au gibier d’eau, en hausse, assure une source de revenus complémentaires et incite à la création de petits étangs, moins favorables à la biodiversité. Les réticences au projet Des attentes fortes et des inquiétudes ont été exprimées au cours des derniers mois, notamment dans les milieux professionnels (Groupe des dix) qui craignent de subir des règles plus contraignantes. C’est au sein de l’association de préfiguration que pourront s’exprimer toutes les parties prenantes. Quelle différence entre un PNR et un parc national ? Un PNR est un territoire rural habité avec des patrimoines culturels et naturels remarquables. Il sert aussi à définir et mettre en œuvre un plan de développement durable, à travers un contrat signé avec l’État, la Région, le Département et les communes adhérentes. Contrairement au parc national, créé dans un territoire quasiment inhabité pour protéger et conserver un espace naturel exceptionnel, un PNR n’a pas de pouvoir réglementaire. En Rhône-Alpes, il existe 7 PNR : Pilat, Haut- Jura, Monts d’Ardèche, Chartreuse, Massif des Bauges, Vercors, Livradois-Forez, et un en projet : les Baronnies provençales. Trois parcs nationaux sont localisés dans la région : la Vanoise, les Écrins et les Cévennes. Sources : Étude des Cabinets URBICAND, SOBERCO Environnement, CED Ingénierie



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