[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°31 déc 13/jan-fév 2014
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°31 déc 13/jan-fév 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de déc 13/jan-fév 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : sport... une région bien dans ses baskets.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 SPORT/TÊTES D’AFFICHE N°31 — HIVER 2013 En rouge et noir En arrivant dans l’élite du rugby français, l’US Oyonnax est devenue la bête noire des cadors du Top 14, qui redoutent de jouer dans la fournaise de Charles-Mathon. Le stade, véritable écrin pour un public en or, a été mis aux normes et agrandi en un temps record. L’histoire se passe dans une vallée nichée au nord de la région, là où Rhône- Alpes prend des airs de Canada : le Jura. Mille cinq cents ans après la fabrication du premier peigne en buis et cent cinquante ans après l’invention du celluloïd, la région d’Oyonnax est devenue la fameuse Plastics Vallée. De là partent, dans le monde entier et à flux tendu, des pièces en plastique pour les grands noms de la parfumerie, de l’automobile ou encore de la lunetterie. Depuis quelques années, le rugby est devenu l’autre spécialité d’Oyonnax. Avec l’arrivée de joueurs toujours plus agiles, plus costauds, plus pros. Et leur club, c’est l’Union sportive. En rencontrant les supporters, on pense, comme par réflexe, à un autre coin de Rhône-Alpes, tapissé de vert, où le stade s’appelle Geoffroy-Guichard. Un parallèle avec l’Association sportive de Saint- Étienne que ne renie pas Christophe Urios, patron de cette équipe professionnelle, arrivé dans la vallée en 2007. « L’histoire du seizième homme, c’est vieux comme le rugby mais c’est vrai que chez nous les gens s’identifient énormément à l’équipe. Il y a dans notre stade 10 000 personnes qui ne sont pas très loin du terrain et qui poussent énormément. Il fallait qu’on fasse un stade pas rassurant pour l’adversaire au niveau de l’ambiance, de la pression, et je crois qu’on a réussi. » Ici, c’est O-YO-NNAX ! François est plus qu’un supporteur, c’est un spécialiste. Retraité, il suit l’USO Rugby depuis vingt-cinq ans, ne manque aucun entraînement et suit bien sûr tous les matchs. Il est fier de la progression du club. « J’ai vu les montées et les descentes, et notre série d’invincibilité [stoppée par une défaite face au Stade français après 26 victoires consécutives] émane de notre esprit oyonnaxien », assure-t-il. Le contexte économique, les conditions climatiques et géographiques prennent alors toute leur importance : « C’est un esprit fait de boulot, de discipline et encore de boulot. À partir de là, le message passe aux recrues. Ceux qui ne s’adaptent pas s’en vont et ceux qui restent sont très heureux. Il y a des gars des Pyrénées très heureux d’être là, de voir la neige l’hiver, de se retrousser les manches et de marner. » Un public très chaud, un stade flambant neuf, un coach doué qui a remporté• le Brennus en tant que joueur et aime ce club comme un membre de sa famille… Oyonnax a tous les atouts en main pour se maintenir parmi l’élite mais la chose ne sera pas facile pour autant, car si le club a fait tomber Clermont-Ferrand et Toulon à Charles-Mathon, il a du mal à gagner à l’extérieur et devra corriger ce problème. Les tribunes forment un « U » entièrement noir et rouge. La disposition des sièges noirs au milieu des rouges dessine des lettres. Le visiteur qui arrive au stade ne voit que ça : « OYO ». Comme le chantent à chaque match les supporteurs : « Ici, ici, c’est O-yo-nnax ». Le chant a été repris un peu partout mais tout le monde vous le dira, c’est là-bas, non loin du Jura, qu’il est né. LAURENT DIENNET « Il y a dans notre stade 10 000 personnes qui ne sont pas très loin du terrain et qui poussent énormément », souligne Christophe Urios, l’entraîneur de l’équipe. Marc Chatelain
N°31 — HIVER 2013 SPORT 11 « Sport et travail, une équation à résoudre » Marc Chatelain Les jeunes pousses sont déjà là et chantent à l’unisson « Ici, ici, c’est O-yo-nnax ! » De 9 000 à 12 000 places La suprématie de l’USO sur le championnat de ProD2 a permis aux instances dirigeantes d’anticiper la montée de l’équipe en Top 14 et la nécessaire adaptation du stade aux contraintes, télévisuelles entre autres, de l’élite. En quatre mois, des travaux d’un montant total de 4,2 millions d’euros – dont plus de 600 000 euros de la Région – ont été engagés. Construction de nouvelles tribunes et rénovation des anciennes pour que le stade passe de 9 000 à 12 000 places, création de loges, d’un espace presse, changement de l’éclairage pour une diffusion télé en HD. Les supporteurs n’ont pas été oubliés avec une boutique flambant neuve et une « bodega » qui fait le plein chaque soir de match. Arrivé 4e aux JO de Barcelone en 1992, Jean-Christophe Rolland annonce pourtant la fin de sa carrière. « Je venais d’avoir mon diplôme d’ingénieur et ne voyais pas comment résoudre l’équation sport de haut niveau plus carrière professionnelle. » Licencié à l’Union nautique de Lyon, ce champion d’aviron rencontre cependant une entreprise qui lui permet de surmonter ce dilemme : le groupe EDF. « J’ai donc proposé un projet basé sur une organisation flexible et un état d’esprit volontariste. Pour tout concilier, il faut prendre sur son temps libre. » Sa légitimité au travail, il assure l’avoir gagnée « en étant auprès des gars à 2 heures du matin ». Il milite désormais pour que les sportifs de haut niveau n’aient pas, comme lui, à « se reconvertir après des années dans un cocon », mais sécurisent leur avenir dans la continuité. Employé pendant dix ans à la centrale du Bugey, Jean-Christophe Rolland s’entraîne en parallèle six à sept heures par jour et décroche le titre olympique, en 2000, à Sydney. « Même cette année-là, j’ai travaillé jusqu’au 15 juillet ! Bien sûr, après, j’ai dû modifier mon organisation, mais je connaissais déjà l’entreprise, cela a été simple. » Il passe alors à des fonctions commerciales, à Lyon, Londres et, désormais Lausanne, en Suisse : « Porte-parole des athlètes au sein de la Fédération internationale des sociétés d’aviron, il m’a semblé normal de me porter candidat Jean-Christophe Rolland, président de la Fédération internationale des sports d’aviron (FISA), est cadre chez EDF. Marc Chatelain à sa présidence ». Élu en septembre dernier, Jean-Christophe Rolland a dû, à nouveau, résoudre une équation : mener à bien cette mission bénévole exigeant de nombreux déplacements à Lausanne au CIO, dont il est membre de droit en tant que président de la FISA. « Comme en 1992, j’ai proposé un projet gagnant-gagnant à mon employeur : en voyage, je représente aussi bien EDF que la Fédération d’aviron. Le sport et le business sont naturellement imbriqués. » VÉRONIQUE VIGNE-LEPAGE « L’associatif prend 100% de mon temps libre ! » Brigitte Saint-Bonnet, présidente de la Ligue d’escrime de l’Académie de Lyon depuis 2004 Qu’est-ce qui vous a amenée là ? Ma motivation, c’est la passion. Elle est née le jour où j’ai mis un masque sur la tête. J’avais 9 ans. Plus tard, je me suis dit : il faut être acteur dans le mouvement. Non pas pour occuper des postes mais pour faire avancer des projets. À la Ligue, nous sommes un petit groupe motivé et nous avons le soutien de la Région Rhône-Alpes et de la Direction régionale de jeunesse et sports. En quoi consiste votre mission ? Développer l’escrime comme la fédération le souhaite pour, en fin de compte, augmenter le nombre de licenciés mais aussi assurer la coordination et la cohérence au sein du mouvement. Il faut bien connaître les clubs et monter des événements avec un conseiller technique. Cela vous prend-il beaucoup de temps ? L’associatif, c’est 100% de mon temps libre ! L’an dernier, quand j’ai arrêté d’exercer la kiné pour raison personnelle, je me suis inscrite au diplôme universitaire de gestion des organisations sportives. C’est hyperstructurant et cela m’apporte les compétences que je n’ai pas acquises sur le tas. La structure associative est trop fragile. Aujourd’hui, ce que l’on Brigitte Saint-Bonnet avec le maître d’armes Janusz Kondrat. demande aux bénévoles est dix fois plus complexe qu’avant. Il faut rendre un schéma de cohérence à la Région pour avoir des financements d’équipements, les clubs doivent écrire leur projet. Moi-même, avec quelques autres bénévoles, j’ai rédigé celui de la Ligue : état des lieux de la discipline, forces, faiblesses, menaces et opportunités. Notre objectif est de nous réunir avec le Dauphiné-Savoie pour devenir une seule ligue régionale, avec un total d’environ 7 000 licenciés. Les moments difficiles sont-ils fréquents ? Ah non, sinon je ne serais plus là ! PROPOS RECUEILLIS PAR CHANTAL FÉMINIER Marc Chatelain



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