[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de sep/oct/nov 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : les défis de la formation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 ha nekl pes N°30/AUTOMNE 2013 Se former oui, mais pour quel emploi ? Infirmiers et aides-soignants ne connaissent pas la crise Alexa Brunet L’Ifsi, l’Institut de formation en soins infirmiers, de Montélimar accueille dans ses nouveaux locaux plus de 320 étudiants des métiers de la santé, un secteur où les emplois ne manquent pas. S ur le parvis baigné de soleil, des jeunes filles sortent en riant d’un gros cube couleur craie et granit et regagnent par petits groupes bavards le parking ou les rues de la ville. C’est le mois de juin, les cours s’achèvent… En septembre, l’Institut de formation en soins infirmiers de Montélimar accueille sa deuxième rentrée dans ses nouveaux locaux. Le directeur, Philippe Charre, n’a pas connu le château de Pellapra, au charme désuet et si peu fonctionnel, qui abritait l’école. Mais il n’en apprécie pas moins cette nouvelle installation financée par la Région, qui a permis d’augmenter les effectifs : « Un très bel équipement de 2 600 m² doté de tout le matériel pédagogique pour dispenser un enseignement sanitaire. » Il montre les nombreuses salles de cours et de travaux pratiques, les bureaux, l’amphi de 246 places, la salle multimédia, les salles de détente restauration, de réunion, ordonnés autour d’un vaste patio où trône un olivier quasi centenaire. « Tout est de plain-pied, sauf trois salles de cours. » Un métier de bon sens Le déménagement n’a pas réduit le nombre de candidats au concours d’entrée : « La demande ne faiblit pas, souligne Philippe Charre, nous en avons plus de 1000 pour 83 places d’infirmier et 350 pour 38 places d’aide-soignant. La grande majorité sont des filles, beaucoup viennent de Paca, tout proche, mais 75% de nos étudiants sont Rhônalpins, dont la moitié de la Drôme ou de l’Ardèche. Ce qui a évolué, c’est l’offre d’emplois. Depuis un an ou deux, le métier d’infirmier n’est plus en tension. Les établissements optimisent les moyens humains. Mais s’il arrive parfois que certains étudiants connaissent le chômage, cela ne dure pas plus d’un mois ou deux. Pour les aides-soignants, en revanche, les postes sont de plus en plus nombreux, en gériatrie, en aide à domicile. C’est un métier très bien perçu, très apprécié des institutions hospitalières. » Comment savoir pour quel métier opter ? « Cela dépend du projet de chacun, répond le directeur. L’aide-soignant est le premier maillon de la prise en charge, en contact direct avec le patient. Un infirmier a aussi cet aspect relationnel mais avec des responsabilités, et 30% de son travail consiste en tâches administratives. Il pourra évoluer vers un poste de cadre. » Pour réussir le concours d’entrée, il n’est pas nécessaire pour les candidats de faire une prépa, ni d’être titulaire d’un bac S, selon le directeur. « Même s’il doit savoir calculer des doses et intégrer des données thérapeutiques, un bon infirmier doit surtout avoir des qualités d’organisation, être curieux d’apprendre et avoir du bon sens. » Chantal Féminier w http://ifsimontelimar.hautefort.com ou 04 75 53 43 40 témoignage Magali Costa vient d’obtenir son diplôme d’infirmière. « J’ai préparé le concours pendant que les enfants dormaient » Ce qui me caractérise ? La volonté de donner du sens à ce que je fais. » À 33 ans, Magali Costa l’a trouvé dans la formation d’infirmière terminée en juillet après trois ans passés à l’Ifsi de Montélimar. Une orientation sans rapport avec son parcours de sinologue dans diverses associations d’accueil d’immigrés chinois à Paris. C’est la santé – celle d’un de ses deux garçons – qui a amené cette jeune maman à quitter Paris pour s’installer avec leur père dans la Drôme. Directrice d’un centre social durant quatre ans près de Crest, elle a ressenti, « à la naissance du second, le besoin d’élargir [ses] perspectives professionnelles. Petit à petit, l’envie de bifurquer vers plus de médical s’est imposée ». La formation d’infirmière lui a paru abordable. « Je pensais possible de transférer dans cette voie une partie de mes acquis tout en revenant plus au contact du terrain. » En accord avec son compagnon, Magali se lance dans l’aventure : « J’ai préparé les concours infirmiers de Valence et Montélimar de 5 heures à 7 heures du matin, pendant que les enfants dormaient. Je pensais qu’il s’agirait d’une première expérience de l’épreuve. Contre toute attente, j’ai été reçue du premier coup dans les deux ! » La jeune femme opte alors pour le plus petit des deux, l’Ifsi de Montélimar, plus adapté, estime-t-elle, à son « profil atypique ». Elle y entre en 2010, bénéficiant d’une allocation de Pôle emploi et d’une bourse « non négligeable » de la Région de 350 euros par mois sur dix mois par an. « C’est vraiment ce que j’attendais. J’ai trouvé ce dont j’avais envie : des valeurs que je veux défendre, une formation qui apprend la relation à l’autre mais aussi à réfléchir sans appliquer systématiquement une prescription médicale. » Magali, qui a commencé à chercher un emploi en juin avant même d’avoir son diplôme, a reçu en quelques semaines plusieurs réponses intéressantes. « Je vais choisir le public et un service polyvalent, comme les urgences ou l’oncologie. » C. F. w www.formationsanitairesociale. rhonealpes.fr Alexa Brunet POINT DE VUE Sabine Serrad Florence PERRIN, Conseillère déléguée aux formations sanitaires et sociales et à la vie étudiante Sanitaire et social : on recrute ! Six mois après l’obtention de leur diplôme, 90% des élèves en formation sanitaire et sociale ont un emploi. Deux tiers des diplômés trouvent un travail dans le département où ils ont suivi leur formation. Ces seuls chiffres montrent bien tout l’intérêt de ce secteur qui recrute. En Rhône-Alpes, les besoins sont nombreux : pour la petite enfance, avec une population plus jeune que la moyenne, mais aussi pour la dépendance. Il s’agit d’assurer l’accompagnement et les soins aux personnes âgées car, d’ici à 2040, la part des plus de 65 ans représentera près du quart des Rhônalpins. Ces métiers sont fatigants, parfois même usants, mais ils sont passionnants, riches en expériences émotionnelles et humaines. Je rencontre souvent des étudiants dans ces filières : ils sont sensibles, motivés, ont à cœur de s’impliquer dans la vie de leur établissement. Actuellement, ils sont près de 20 000 à suivre un cursus dans 124 instituts de formation. La Région, qui organise et finance les formations sanitaires et sociales depuis 2004, mène une réflexion sur les priorités des années à venir. Nous privilégions notamment trois orientations, que nous voulons voir figurer dans le schéma régional des formations sanitaires et sociales, car des enjeux forts ont été identifiés. Il est impératif de penser au plus vite l’insertion professionnelle des futurs diplômés des bac pro ASSP (accompagnement, soins, services à la personne) en articulation avec le diplôme d’aide-soignant qu’ils devront pouvoir obtenir avec un parcours partiel. La sécurisation financière des parcours de formation est essentielle pour les personnes qui s’y engagent. Nous sommes face à un enjeu sociétal majeur, du fait du besoin accru de personnel qualifié, et devons absolument répondre de façon satisfaisante pour tous les territoires rhônalpins.
N°30/AUTOMNE 2013 9 Les académiciens du Web À Lyon, des jeunes sortis du système de formation raccrochent les wagons grâce à la Web@cadémie, un cursus de développeur Web en deux ans, un profil très recherché. S alle 004 de l’école Epitech. La première promotion lyonnaise de la Web@cadémie planche sur des systèmes de bases de données. Comme à l‘accoutumée, les animateurs ont donné aux élèves un socle théorique et une date de rendu de leur projet. À eux de trouver les informations manquantes. Les encadrants ne répondent qu’aux questions vraiment bloquantes. « On leur apprend à apprendre, cela leur permet de se construire en tant qu’étudiants et de développer l’émulation », explique Cyril Ihssan, directeur régional d’Epitech, qui forme des ingénieurs en informatique sur la même ligne pédagogique. « Dur maintenant, constructif demain » La Web@cadémie est née de la rencontre entre cette expertise pédagogique et la volonté de l’association Zup de Co de raccrocher des jeunes et de fournir à l’informatique française ce dont elle a besoin : des développeurs intégrateurs Web. Après une sélection, des tests techniques et un entretien, ils sont là, dans la salle 004. Jérémy, 25 ans, dont déjà sept passés en cuisine, Nicolas, 20 ans, le Normand du groupe, ou encore Vincent, 21 ans. « Au début c’est bizarre sans professeur. Mais je crois que c’est ce qui ne m’allait pas au lycée », sourit Johanna, 21 ans. Être autonome, créatif, faire preuve d’initiative… Tous admettent que ce saut vers l’inconnu n’est pas facile : « C’est dur maintenant, mais ça sera constructif demain », confie Jérémy. La première promotion parisienne a plongé avec succès, et de bons postes, dans le monde du travail. AVEC LES Compagnons du dEVoir Du CAP à la licence, les Compagnons du devoir en Rhône-Alpes Auvergne forment chaque année en alternance 600 jeunes et autant de professionnels en formation continue. Encadrés, rémunérés, hébergés, les apprentis compagnons bénéficient d’une formation d’excellence à une trentaine de métiers du bât iment, de l’industrie, du goût et des matériaux souples (cuir, textile…). Maîtrisant les savoir-faire traditionnels comme les plus innovants, ils entrent de plain-pied dans la vie professionnelle. Près de 50% d’entre eux créent ou reprennent une entreprise. w Renseignements : 04 72 19 85 10 www.compagnons-du-devoir.com Travailler en station, une piste pour cet hiver Juan Robert Témoignage Le bio, pour être indépendant Guillaume Vialette, éleveur 6 Après mon bac agricole, j’ai abandonné un BTS qui préparait surtout à l’élevage intensif. J’ai préféré la ferme expérimentale de Poisy, en Haute-Savoie, où j’ai appris mon métier en alliant pratique et théorie. En 2008, j’ai repris la ferme de mon oncle en groupement avec mes cousins. Nous sommes passés en bio, mais sans augmenter nos prix. Ça me tenait à cœur. Le système intensif ne fonctionne qu’à coup de subventions. En bio, on ne dépend plus des céréales et des engrais. Avec 35 vaches et 18 chèvres, nous avons aussi varié les types de fromage, à pâte pressée cuite et non cuite, bleus et affinés. Nous faisons trois marchés locaux, vendons à quelques restaurateurs et à la ferme. Nous travaillons 55 à 60 heures par semaine, mais nous prenons trois semaines de vacances par an, avec un salaire de plus de 1 600 à 1 700 €. Aujourd’hui, nous rêvons de trouver une cinquième personne. » Propos recueillis par Florence Roux w www.elevage-poisy.org Alexa Brunet Laurent Diennet w www.zupdeco.org/webacademie L’économie sociale et solidaire a le vent en poupe En Rhône-Alpes, elle compte 230 000 salariés, soit 10% des emplois régionaux, dans le domaine sanitaire et social, les métiers du sport, de l’animation, de l’environnement, du tourisme associatif, mais aussi dans les banques coopératives, les mutuelles, les Scop... L’économie sociale et solidaire recèle un fort potentiel de création d’activité et d’emplois, notamment chez les jeunes, sous-représentés dans le secteur. D’après une étude du Crédoc, 114 000 projets de recrutements par an accessibles aux jeunes peu qualifiés sont envisagés au niveau national. w www.cress-rhone-alpes.org w www.ess.rhonealpes.fr Pour rencontrer des structures employeuses, se renseigner sur les métiers, les formations, l’entrepreneuriat social, rendez-vous au Forum de l’emploi solidaire, le 30 novembre à l’Hôtel de Région pour une journée placée sous le signe du recrutement. w www.forumemploi-solidaire.org V ous aimez le ski ? Inutile de commencer votre entretien de recrutement ou votre lettre de motivation par cette précision. Les employeurs cherchent d’abord des saisonniers motivés par le travail. En Rhône-Alpes, premier domaine skiable au monde, la saison d’hiver offre près de 24000 emplois saisonniers, dont 7000 dans les remontées mécaniques. Un certain nombre d’offres nécessitent une formation ou une qualification : cuisinier, certains postes en salle de restaurant ou bar, conducteur de navette, pisteur secouriste, vendeur spécialisé... D’autres peuvent être tenus par des candidats n’ayant pas de formation ou de qualification particulière : employé libre service, plongeur de restaurant, employé d’une collectivité, perchiste des remontées mécaniques... Souvent en relation avec les touristes, tous ces emplois nécessitent le sens de l’accueil, un bon relationnel avec la clientèle et une dose de langue étrangère, anglaise de préférence. Jean-Luc RigauxL. T. w Pour trouver les meilleurs plans : www.questionsaison.fr



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