[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de sep/oct/nov 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : les défis de la formation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 sad iNu 91LI y N°30/AUTOMNE 2013 Se former oui, mais pour quel emploi ? « Il faut clarifier les compétences » interview Yves Attou, président du Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie, propose de supprimer le mode d’entrée en formation actuel par financement et statut, pour le remplacer par « un compte personnel de formation ». REPÈRES Yves Attou préside depuis 2005 le Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie. De 1983 à 1988, il a présidé la Mission locale d’Évry. De 1993 à 2008, il a été chargé de mission dans les services du Premier ministre (au Secrétariat général du gouvernement – Dsaf). En 1999 et 2000, il était conseiller technique au cabinet de Ségolène Royal, alors ministre délégué à l’Enseignement scolaire. i On reproche souvent aux jeunes de manquer de motivation. Vous avez présidé une Mission locale. Qu’en pensez-vous ? Un jeune qui se présente à la Mission locale veut un emploi alors qu’il faudrait le mobiliser sur un projet. En écoutant les jeunes, on constate qu’ils ont des idées, des projets. Mais beaucoup ne supportent pas le poids de la hiérarchie, sont réfractaires à la contrainte. Ce sont des zappeurs, captés par les réseaux sociaux : on ne peut pas les mobiliser longtemps. Pour la formation et l’emploi, cela devient difficile car ils sont dans le court terme. Le chômage des jeunes explose. Or certains métiers ne parviennent pas à recruter. Est-ce que la formation n’est pas à la hauteur ? C’est vrai, des métiers ont du mal à recruter, mais cela concerne des niches. Nous sommes face à une difficulté structurelle : il n’existe pas de relais entre le monde de l’éducation et celui de l’entreprise. Cela s’améliore, mais des deux côtés on a des excès, entre le milieu éducatif qui n’est pas en phase avec les besoins des entreprises et des entreprises qui veulent des jeunes « prêts à l’emploi ». Quelle est la solution à cette coupure entre ces deux mondes ? La carte des formations n’est pas adaptée aux besoins des entreprises : elles sont souvent obsolètes car le temps de l’enseignement et le temps des entreprises n’est pas le même. L’alternance est une solution au problème. Il y a unanimité pour dire que c’est une bonne réponse. L’alternance est-elle une réponse suffisante ? Non. Il ne faudrait pas donner l’illusion que la formation va donner de l’emploi. Et le chômage ne peut pas être résolu par la seule formation. Cette inadéquation entre formation et emploi est-elle un mal français ? Dans de nombreux pays, l’insertion professionnelle des jeunes est plus efficace. C’est le cas en Allemagne, par exemple. En France, gauche et droite ont échoué sur la question. L’autre problème, c’est le cloisonnement du système de formation : on y accède par un statut qui ouvre un droit à un financement ciblé, on est scolaire, on Marc Chatelain est chômeur, on est handicapé, on est stagiaire… On n’est jamais dans la bonne case. Comment décloisonner ? Le cloisonnement actuel est artificiel car on passe facilement d’un statut à l’autre. La bonne réponse serait l’ouverture d’un compte personnel de formation, ouvert à tout le monde, prenant la personne dans sa globalité. Il est nécessaire de clarifier les compétences de chacun : la Région dispose d’un bloc de compétences, mais l’État conserve la main : on a une politique de l’emploi nationale et des formations régionales… Il est nécessaire de simplifier les choses en donnant la même appellation à tous les contrats de formation. Vous êtes un militant de la formation tout au long de la vie. Avons-nous un espoir de voir ce concept devenir réalité ? Nous considérons qu’un stage de tennis ou de voile est aussi important qu’une formation strictement professionnelle. C’est à une véritable révolution éducative que nous assistons : la quasi-totalité des dispositifs de formation sont hybrides, avec un cours magistral et l’e-learning, la fracture numérique se résorbe. Cette révolution globale ramène au territoire, l’école entre au domicile : un enfant peut apprendre l’anglais par Skype ! La fonction des enseignants change, le professeur devient médiateur, accompagnateur. Propos recueillis par Élisabeth Chambard Besoins en main-d’œuvre : les services et le commerce d’abord 20% des établissements de Rhône-Alpes prévoyaient au moins une embauche en 2013 : voilà résumée l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » menée entre octobre et décembre 2012. Les services et le commerce concentrent les trois quarts des intentions d’embauche : l’hôtellerie et la restauration demeurent le premier secteur recruteur, avec 16% de l’ensemble des besoins. Les profils recherchés en 2013 dans la région Rhône-Alpes : Ouvriers de l’industrie : 6% : 11 651 projets d’embauche Autres métiers : 20% : 38 205 (viticulteurs, cueilleurs, ouvriers agricoles, conducteurs et livreurs Ouvriers du BTP : 4% : 8 252 Techniciens : 3% : 4 995 Vente, tourisme et services : 40% : 76 363 (agents d’entretien, serveurs, employés polyvalents de cuisine, aides à domicile et aidesménagères, cuisiniers, vendeurs, attachés commerciaux, caissiers) 6% 4% 3% 40% 20% 9% 13% 5% Encadrement : 9% : 17 630 (artistes, ingénieurs, cadres études, R & D informatique) Fonctions administratives : 5% : 10 429 (secrétaires bureautiques, agents d’accueil et d’information, standardistes) Social et médico-social : 13% : 24 099 (professionnels de l’animation socioculturelle, aides-soignants, infirmiers et puéricultrices, animateurs sportifs) Les métiers qui recrutent le plus grand nombre de permanents : 1- Agents d’entretien de locaux (dont les Atsem). 2- Aides à domicile et aides-ménagères. 3- Aides-soignants (médico-psycho, auxiliaires de puériculture…). 4- Employés polyvalents de cuisine, aides et apprentis. 5- Commerciaux en entreprise. 6- Serveurs de cafés, de restaurants. 7- Infirmiers, cadres infirmiers et puéricultrices. 8- Vendeurs habillement, articles de luxe, sport, loisirs et culture. 9- Caissiers. 10- Professionnels de l’animation socioculturelle. Les métiers qui recrutent le plus grand nombre de saisonniers : 1- Viticulteurs, arboriculteurs salariés, cueilleurs. 2- Serveurs de cafés, de restaurants. 3- Professionnels de l’animation socioculturelle. 4- Agriculteurs salariés, ouvriers agricoles. 5- Employés de l’hôtellerie. 6- Employés polyvalents de cuisine, aides et apprentis. 7- Cuisiniers. 8- Vendeurs de l’habillement. 9- Agents d’entretien de locaux. 10- Ouvriers non qualifiés de l’emballage et manutentionnaires. 11- Caissiers. w Pour en savoir plus : http://bmo.pole-emploi.org, voir publications régionales L’enquête BMO, réalisée par le Credoc pour Pôle emploi, porte sur l’ensemble des employeurs de Rhône-Alpes, hors administrations de l’État et entreprises publiques. Près de 40 300 établissements ont répondu sur 165 900 interrogés. PETites annoncES : les métiers BOudés Le site Jobintree, spécialisé dans l’emploi, s’est penché au printemps 2013 sur 60 000 offres et s’est intéressé aux métiers qui ont recueilli le moins de candidatures. Il s’agit, dans l’ordre, d’ergothérapeute, tourneur-fraiseur, négociateur immobilier, enseignant, carrossier, biologiste, régleur, ingénieur bureau d’études, mécanicien… En revanche, voici les postes qui ont suscité le plus de candidatures : hôtesse d’accueil, secrétaire comptable, assistante RH, animateur, hôtesse de caisse, assistante administrative, gardien d’immeuble… w www.jobintree.com
N°30/AUTOMNE 2013 7 L’industrie recrute toujours reportage Méconnus du grand public, les métiers de l’industrie offrent des perspectives professionnelles attractives. L’Institut des ressources industrielles (IRI) forme à Lyon chaque année 1700 apprentis et 5000 salariés. i De gauche à droite et de haut en bas : Vincent Vaurs, Hakim Hafsouni, Audrey Dumontet, Corentin Burianne et Michaël Ruet. Malgré la crise, Rhône-Alpes reste une grande région industrielle. Des entreprises continuent à recruter et à former des salariés, note Stéphane Rödel, le directeur du CFAI de l’IRI à Lyon, plus de 90% de nos apprentis trouvent un emploi dans les six mois après l’obtention de leur diplôme. » Dans les locaux aménagés autour d’une verrière centrale, sept plateaux techniques recréent les conditions de l’entreprise. « Nous avons des échanges étroits avec le monde industriel pour anticiper les mutations et ajuster les compétences », explique le directeur. L’IRI compte ainsi vingt-deux sections. Mickaël Ruet, 22 ans, prépare un bac pro en électronique en alternance. « Ici j’ai grandi, reconnaît-il. Après avoir échoué au bac S et tenté d’obtenir une capacité en droit à l’université, l’alternance me motive, je vise un BTS. » Comme lui, Corentin Burianne prépare un BTS productique, après un BEP et un bac pro au lycée La Mache : « Je préfère l’alternance : l’enseignement est plus concret et on a un job assuré. J’ai trouvé un patron nit à Caluire dans le secteur de la mécanique. Nous fabriquons des engrenages pour des machines de cartons d’emballage. » Audrey Dumontet est une des rares filles à intégrer un milieu encore masculin. « Pourtant l’industrie a beaucoup évolué, remarque Stéphane Rödel, ce ne sont plus des métiers salissants, qui exigent de la force physique. Au contraire, les usines sont maintenant équipées de technologies et de postes de commandes numériques. » Cette jeune fille de 26 ans a décidé, après cinq ans d’activité professionnelle, de décrocher une licence Alexa Brunet en management de la qualité : « ce sera un tremplin pour ma carrière », assure celle qui n’a pas hésité à rompre un CDI pour décrocher un diplôme. À leur côté se forment aussi des salariés envoyés par leur entreprise. Hakim Hafsouni a terminé son BTS en génie énergétique en 2010. Son nouvel employeur finance une semaine de formation pour qu’il obtienne une « habilitation froid » nécessaire à ses nouvelles responsabilités. Il assure la maintenance climatique des laboratoires de Sanofi Pasteur à Marcy l’Étoile. Pour Vincent Vaurs, onze jours de remise à niveau en électricité sont une opportunité. Employé au service logistique d’Aguettant depuis seize ans, il a postulé pour un emploi de technicien de maintenance : « J’ai un parcours sinueux, un DEUG à la fac de sport, une expérience en gendarmerie mais aussi un Bac pro en électrotechnique qui a intéressé ma DRH. Cette formation me motive car elle m’ouvre des portes. » « Notre proximité avec les industriels nous aide à identifier leurs besoins, explique Antoine Ancona, le directeur Intégration des compétences de l’IRI, notre projet d’agrandissement correspond à la transposition de notre savoir-faire du monde de la métallurgie vers d’autres secteurs industriels, comme l’agroalimentaire ou la pharmacie. » En parallèle, un plus grand nombre d’apprentis seront formés dans les murs du CFAI. « Nous choisissons nos candidats sur la base de leur motivation, pas sur leurs résultats scolaires », assure le directeur, qui recrute encore des jeunes en septembre. Laurence Tournecuillert w Contact : 04 78 77 45 80 Marc Chatelain L’intégration au menu À Aix-les-Bains, des personnes handicapées mentales ont été formées à préparer et à servir des repas. D es locaux carrelés et aseptisés, un « bocal » à 12 °C où sont préparés les entrées et les desserts, un four ultramoderne… La cuisine centrale de l’APEI, l’Association de parents d’enfants inadaptés, Les Papillons blancs, à Aix-les-Bains, est comme neuve : elle a été réaménagée en 2010, dans le cadre du Projet urbain intégré de la commune, grâce à un financement de l’Europe et de la Région. En créant un restaurant, Le Chantemerle, et un service de livraison de repas à domicile, ce projet a fourni un travail ouvert sur l’extérieur à sept travailleurs handicapés mentaux. Chaque jour, Patricia, Sandrine ou Marie-Christine commencent à 7 heures, à la cuisine. Là, elles collaborent avec des employés de l’Établissement et service d’aide par le travail, qui ont encore plus besoin qu’elles « d’attention et de suivi », comme l’explique Corado Pergolesi, l’un des cuisiniers professionnels qui les ont tous formés et les encadrent. Vers 11 heures, elles mangent au restaurant du personnel, avant de servir 80 repas par jour, au Chantemerle, ouvert à tous publics. David et sa fille, Julie, qui habitent à côté, y viennent souvent : « C’est rapide et on s’occupe mieux de nous que dans un self classique. » Mireille, formée à tenir la caisse, rêve d’occuper ce poste dans une cafétéria ordinaire… Véronique Vigne-Lepage w Le Chantemerle : 43, rue des Simons à Aix : tél. 04 79 88 05 15 Transition énergétique, transition professionnelle ? En Rhône-Alpes, la crise énergétique et la prise en compte du développement durable doivent générer 20 000 à 60 000 nouveaux emplois, selon différentes études. La Région s’engage, d’ici à 2020, à favoriser, via la formation notamment, la création de 20 000 emplois verts et à en adapter 50 000 autres dans les secteurs de la construction et la rénovation des bâtiments, la gestion des déchets, les véhicules décarbonés, le stockage d’énergie, les matériaux innovants, l’énergie hydraulique, la biomasse, le solaire, la chimie-environnement, etc. w En savoir plus : « Les métiers de l’économie verte, l’actualité de l’emploi et de la formation en Rhône-Alpes », notes d’actualité du PRAO téléchargeables sur www.prao.org



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