[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°30 sep/oct/nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de sep/oct/nov 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : les défis de la formation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 il ha nekI pes N°30/AUTOMNE 2013 Édito Christelle Viviant Jean-Jack Queyranne Président de la Région Rhône-Alpes La Région pilote A vec plus de 300 000 personnes sans emploi, Rhône-Alpes, région industrielle, paie un lourd tribut à une crise d’une extrême gravité. Les jeunes ont beaucoup de mal à trouver un premier emploi, les séniors sont les premiers visés par les licenciements. Il serait illusoire de penser que, sans reprise économique, la formation puisse venir à bout de ce chômage massif. Mais elle reste néanmoins décisive pour s’insérer durablement dans le monde du travail et prendre sa place dans la société. Selon l’économiste Marc Ferracci, « l’efficacité est importante lorsque la formation arrive tôt dans l’épisode de chômage ». La formation professionnelle et l’apprentissage sont une compétence majeure de la Région, qui, chaque année, lui consacre un quart de son budget. Avec l’État et en concertation avec les partenaires « Dans la sociaux, nous redoublons bataille pour d’efforts pour diversifier l’offre de formation sur les l’emploi, notre territoires, rapprocher les Région est besoins de recrutement et les ouvertures de sessions, mieux informer et mobilisée. » orienter le public concerné. Le monde de la formation doit évoluer pour mieux répondre aux besoins des entreprises et aux difficultés des demandeurs d’emploi et des salariés. Il a besoin d’un pilote qui puisse coordonner l’ensemble de la chaîne, depuis l’orientation jusqu’à la certification et l’emploi. Les Régions n’assument aujourd’hui que 15% des dépenses de la formation professionnelle en intervenant prioritairement pour les demandeurs d’emploi non indemnisés. Elles sont prêtes à assumer ce rôle majeur car elles ont une bonne connaissance des réalités territoriales, du monde économique, des entreprises. Elles travaillent depuis longtemps avec les organismes de formation et les centres de formation d’apprentis. Dans la bataille pour l’emploi, notre Région est mobilisée. L’apprentissage, qui lui a été confié par la loi, est une réussite. Demain, si la loi lui confie des compétences élargies en matière de formation, elle saura les exercer dans un esprit de responsabilité vis-à-vis de cette première préoccupation des Français : l’emploi. Les défis de la formation E n douze ans, TRA-C Industrie, une PME du Rhône, a formé une vingtaine de jeunes en apprentissage et les a, pour la plupart, recrutés. Spécialisée dans le travail des métaux et la conduite de projets industriels, elle emploie 80 personnes. « Les entreprises doivent se prendre en main et faire de l’alternance : c’est ce qui sauvera l’industrie », affirme Bruno Voland, l’un des dirigeants, ancien Compagnon du Tour de France. Cet enthousiasme pour l’apprentissage rencontre de plus en plus d’adhésion. Et pourtant, la formation professionnelle est loin d’avoir les faveurs du grand public. Un sondage publié en mai 1 révèle qu’elle est jugée inefficace et mal orientée par plus de trois Français sur quatre. 39% estiment qu’elle devrait être prioritairement proposée aux demandeurs d’emploi. En période de crise profonde, on lui reproche de n’être pas la solution au chômage de masse, de se cantonner aux seuls salariés. Les demandeurs d’emploi sont effectivement les parents pauvres de la formation. Mais la moitié de ceux qui sont formés retrouvent un poste six mois après. Comment réformer un système dans lequel les plus gros financeurs sont des entreprises logiquement attachées à former « leurs » salariés, à attendre un retour sur leur investissement ? Comment décloisonner un monde où chacun est trié par son statut, rarement par son projet ou son parcours ? Une réforme nationale de la formation professionnelle est en chantier. En attendant, la formation fait ses preuves, malgré les critiques. En voici un témoignage, avec des jeunes heureux de se former, des tuteurs convaincus, des stagiaires qui ont redonné du sens à leur vie, mais aussi des conseils pratiques, des formations qui débouchent sur un recrutement. Histoire de montrer toutes les facettes d’un sujet essentiel. La rédaction 1. Commandé par Acteurs publics et Ernst & Young, ce sondage a été réalisé du 12 au 15 avril 2013, auprès d’un échantillon représentatif de 993 personnes, selon la méthode des quotas. Les compétences de la Région Le financement des actions de formation en France est porté par les entreprises pour les salariés (41%), puis par l’État pour les fonctionnaires (15%) et par les Régions (14%), le reste étant couvert par les stagiaires. La Région Rhône-Alpes intervient en priorité sur la formation des demandeurs d’emploi non indemnisés (adultes sans qualification et jeunes). Elle leur ouvre chaque année 36 000 places de formation. L’apprentissage est également de sa compétence, sur le plan technique, administratif et financier. Sommaire Marc Chatelain P.4 Le plaisir d’apprendre « Apprendre, ça fait du bien, ça donne du sens », confie Aïcha. À 24 ans, elle a repris le chemin du lycée. Marie, 22 ans, s’est embarquée dans une formation d’ingénieur car, toute petite, elle était fascinée par la mécanique… Ils sont six à témoigner des bonheurs de l’apprentissage, de la formation ou du tutorat. Alexa Brunet P.8 Les métiers de la santé recrutent À Montélimar, l’Institut de formation en soins infirmiers accueille plus de 320 étudiants des métiers de la santé, un secteur où les emplois ne manquent pas. Six mois après l’obtention de leur diplôme, 90% des élèves en formation sanitaire et sociale trouvent du travail.
N°30/AUTOMNE 2013 3 POINT DE VUE Laurence Danière Philippe MeiriEU Vice-président à la formation tout au long de la vie Des formations lisibles et accessibles à tous Marc Chatelain P.12 La beauté du geste Julien a quitté les bancs de la fac pour un métier manuel, la taille de pierres. Au CFA de Montalieu- Vercieu, il apprend le travail de marbrier. Fatima s’est lancée dans un bac pro de maroquinerie, Morgan est entré dans l’univers de la mode, Domitille s’attaque à l’ébénisterie… En images et en mots, voici quelques métiers où le geste compte. Alexa Brunet Marc Chatelain P.16 Changer de voie et rebondir À 36 ans, lassé des transports et de son poste de conseiller en management à Paris, Guillaume Chambost a décidé de changer de voie. Il s’est formé au métier d’œnologue à Suze-la-Rousse, dans la Drôme. Laura, qui termine un master en urbanisme, est attirée par la mode et pense en faire un job à plein temps. Deux exemples qui montrent que l’on peut rebondir. Alexa Brunet P.18 Ambierle, village du livre 1 870 habitants, 32 associations locales, trois bouquineries : Ambierle, dans le Roannais, est devenu village du livre en 2007, le seul de Rhône-Alpes. Depuis deux ans, un festival d’été ouvre ses rues au spectacle. Cet automne, un marché du livre et un salon de la BD vont faire vivre un très beau patrimoine. Juan Robert Juan Robert « Trop de chômeurs attendent en vain une formation », « la formation professionnelle continue, c’est trop compliqué », « l’apprentissage, ça ne concerne que trop peu de métiers », « la validation des acquis de l’expérience, c’est le parcours du combattant » … Qui n’a pas entendu ces affirmations ? Qui ne connaît pas, dans son entourage, un jeune ou un demandeur d’emploi qui bute sur des difficultés pour se former afin d’accéder à un emploi durable ? La Région, à travers la délégation « formation tout au long de la vie », qui associe l’apprentissage avec la formation professionnelle continue des demandeurs d’emploi et des salariés fragilisés 1, travaille au quotidien pour faire reculer toutes les fatalités. Nos objectifs : rendre l’offre de formation régionale lisible et accessible à toutes et tous, offrir à chacune et à chacun une solution à sa mesure, développer des dispositifs d’accompagnement personnalisé en lien avec les réseaux de l’orientation et les acteurs économiques et sociaux… Notre démarche est, évidemment, de longue haleine tant les enjeux sont importants et les situations multiples. Mais, d’ores et déjà, grâce à la mise en place du Service Public Régional de Formation, nous avons beaucoup avancé, et vous en trouverez des signes forts et de beaux exemples dans ces pages. En cette rentrée de septembre, nous prenons aussi des décisions à effet immédiat : de nouvelles sections sont créées en apprentissage, du CAP au diplôme d’ingénieur, l’aide aux employeurs d’apprentis favorisera plus nettement les artisans et les petites entreprises qui s’engagent pour l’accueil et la formation des apprentis, l’entrée dans les stages de formation pourra se faire de manière plus rapide, les jeunes en emploi d’avenir pourront bénéficier de plus de dispositifs de formation régionaux, les personnes en difficulté voulant engager une validation des acquis de l’expérience devront pouvoir bénéficier d’une assistance renforcée tout au long de leur parcours, etc. Le chantier est immense. Il est au cœur de la politique régionale. Une politique qui parie sur l’humain. Car, dans un monde aux ressources naturelles finies, la Région Rhône-Alpes croit aux ressources infinies des hommes et des femmes, convaincue qu’on ne bâtit vraiment l’avenir que de « pierres vives ». 1. En contrat à durée déterminée, à temps partiel, travailleurs intérimaires et saisonniers.



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