[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°3 aoû/sep/oct 2006
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°3 aoû/sep/oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de aoû/sep/oct 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (210 x 271) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : agriculture biologique... fraîcheur et qualité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 RhôneAlpes Automne 2006 Portrait die de la vache folle », observe l’éleveur ardéchois, qui croit en l’avenir de la nouvelle AOC. Elle peut représenter un débouché intéressant pour les agriculteurs locaux tournés traditionnellement vers le lait. « Mes génisses, je les valorise de 6 francs au kilo, entre 28 et 28,50 francs », précise l’agriculteur, qui n’a jamais abandonné le franc pour comparer les cours d’hier et d’aujourd’hui. Des prix quasiment inchangés depuis plus de vingt-cinq ans. « En 1980,les bêtes étaient déjà vendues 30 francs le kilo ! » Cette évolution l’irrite. Il préférerait toucher moins d’aides européennes et bénéficier de meilleurs prix de vente. « Quand je me suis installé,je n’avais qu’une seule aide, spécifique à la montagne, constate-t-il. Aujourd’hui,sans elles,je n’aurais pas de revenu. Les aides, c’est la honte de l’agriculture. Il est inadmissible qu’on en dépende pour vivre de notre production. Il serait préférable d’avoir des prix plus rémunérateurs. » Surtout cette année, où la sécheresse va peser sur les comptes d’exploitation, notamment pour l’achat de foin. « On en a assez pour nourrir le fin gras, mais pas assez pour toutes nos bêtes. » En plus des génisses et des bœufs destinés à l’AOC, le groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) de Jean-Marie Marcon élève 30 vaches laitières et 35 vaches allaitantes, 110 têtes au total sur 141 hectares. « Les aides, c’est la honte de l’agriculture. Il est inadmissible qu’on dépende des aides pour vivre de notre production. Il serait préférable d’avoir des prix plus rémunérateurs. » La fine fleur de l’élevage Malgré les aléas climatiques et économiques, Jean-Marie Marcon est accroché à sa terre ardéchoise. Il croit en l’avenir du fin gras du Mézenc, une viande de qualité reconnue AOC en 2006. Jean-Marie Marcon est un éleveur passionné. Par ses bêtes, par son travail, par son pays. Même la burle, ce vent qui souffle sur le plateau ardéchois, n’entame pas sa détermination. Ce fils de paysan, né en 1949 à Sainte-Eulalie, près du mont Gerbierde-Jonc, ne se voit pas vivre ailleurs, loin de ses Aubrac et de ses Salers qui font sa fierté. Depuis qu’il s’est installé sur son exploitation en 1974, Jean-Marie Marcon n’a jamais changé de « système d’élevage ». L’un de ses produits, le fin gras du Mézenc, vient d’être distingué, reconnu comme appellation d’origine contrôlée (AOC), la troisième décernée à une production bovine. Cette viande persillée ne se déguste qu’entre février et juin. Elle provient exclusivement de bœufs et de génisses élevés à plus de 0 0 mètres d’altitude, sur ce territoire de 28 communes du plateau du Mézenc, en Ardèche et en Haute-Loire. La richesse floristique de ce terroir confère un goût très particulier au foin consommé l’hiver à l’étable et, par conséquent, à la viande. La plante la plus emblématique de ce régime de montagne est la cistre, ou fenouil des Alpes, choisie comme symbole par l’association qui promeut le fin gras du Mézenc. « Nos animaux sont élevés naturellement,avec de l’herbe et du foin et un complément d’origine végétale. Pendant l’engraissement hivernal, on n’utilise pas d’ensilage », précise Jean-Marie Marcon, qui a suivi depuis 1995 l’évolution du dossier d’AOC, en tant que vice-président de l’association. La qualité de cette viande qui mûrit doucement est recherchée par les bouchers et les restaurateurs de la région et appréciée des consommateurs soucieux d’authenticité et de traçabilité. « Avec cette qualité,on n’a jamais eu de problème pour vendre nos bêtes, même pendant la mala- ot Lyon Mont Gerbier de Jonc Grenoble Privas 1949 Naissance à Sainte-Eulalie (Ardèche) 1974 Installation sur une exploitation de 55 hectares 1975 Création d’un GAEC avec son père pour la reprise de l’exploitation familiale 1997 Création d’un nouveau GAEC avec son fils aîné Sans sombrer dans un passéisme à tout crin, l’agriculteur se désole : « Aujourd’hui,ce n’est pas le même boulot.Avant,on était plus tranquille,on prenait le temps de vivre.Aujourd’hui,il faut toujours aller plus vite. » Cette course en avant n’a pas empêché son fils aîné de s’installer en 1997 avec lui en GAEC, une structure qui pourrait être élargie bientôt à son plus jeune fils. « Ce qui l’intéresse,c’est faire de la viande,mais il faudra trouver des terres… » Une denrée devenue rare depuis que le plateau ardéchois est recherché pour l’estive, le pâturage d’été en montagne. Cette évolution préoccupe l’éleveur de Sainte-Eulalie : « L’estive ruine le pays,elle se fait au détriment des agriculteurs qui vivent ici », déplore-t-il. Jean-Marie Marcon a au moins la satisfaction de voir ses quatre enfants rester vivre au pays. La viande de l’exploitation est directement vendue par son deuxième fils, boucher installé à 5 km de la ferme familiale, au Béage. Cette commune devrait accueillir en 2007, le premier week-end de juin, la fête du Fin gras. L’occasion de promouvoir la nouvelle AOC. Plusieurs milliers de personnes se pressent chaque année à cette manifestation qui rassemble, alternativement en Ardèche et en Haute-Loire, les éleveurs du Mézenc. En 2005, Jean-Marie Marcon ouvrait le défilé de la fête, à Sainte-Eulalie, avec onze de ses bœufs et génisses. Onze bêtes préparées, entraînées, dressées spécialement pour ce rendez-vous agricole et goûteux, devenu incontournable en une dizaine d’années. Vincent Charbonnier
L’élevage LA RÉGION COMPTAIT 50 000 EXPLOITATIONS AGRICOLES EN 2004 : LEUR NOMBRE NE CESSE DE DIMINUER Près de 1 million de bovins (vaches, bœufs et veaux) ont été élevés dans la région en 2004. En outre, on comptait 430 000 moutons et agneaux, 380 000 porcs, 155 000 chèvres et 13 millions de poulets. RhôneAlpes Automne 2006 L’industrie des viandes est la première activité agroalimentaire de Rhône-Alpes. Elle emploie 9 320 salariés. 3 REPORTAGE : CINQUANTE ANS D’AOC « VOLAILLE DE BRESSE » EN 2007 Pattes bleues et plumes blanches « La volaille de Bresse est élevée, cuite et dégustée différemment. Elle est unique ! » Tout est dit par Marie-Paule Meunier, du Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse, qui regroupe 250 éleveurs, 9 abatteurs et un représentant des restaurateurs, Georges Blanc, également président de la structure. L’AOC « volaille de Bresse » , qui fêtera ses cinquante ans en 2007, est la plus connue au monde ; pattes bleues, crête rouge et plumes blanches, c’est un symbole français. Les volailles sont élevées par petits groupes, chacune doit disposer au minimum de 10 m² de prairie, et son alimentation (des céréales produites en Bresse) ne lui est fournie que pour deux tiers. À elle de se débrouiller ensuite. Ces conditions lui donnent une chair ferme et un goût de terroir que l’on ne retrouve pas ailleurs. Et les amateurs ne s’y trompent pas : malgré le triste épisode de la grippe aviaire, les poulets, poules et autres chapons sont vendus à raison de 1,2 million de bêtes chaque année. Le centre de sélection de Béchanne s’est spécialisé en génétique. Là sont regroupées quinze races, dont le Bresse, afin de conserver des reproducteurs et, ainsi, de permettre aux éleveurs de démarrer une production ou à une région (Bretagne, Dombes…) de produire sa volaille haut de gamme. Tout en l’améliorant, explique le directeur, Roland Bernigaud. « C’est comme une maison ancienne à rénover : il faut faire attention à en préserver la spécificité ! » L. D. ➜ Contact : Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse, Tél. : 03 85 75 10 07, www.pouletbresse.com MOUTON : DU PRÉ JUSQU’À L’ASSIETTE Seulement 25% de la viande d’agneau et de mouton consommée en Rhône- Alpes est produite dans la région. Pour relancer la filière ovine, le Conseil régional a signé, en décembre dernier, un contrat d’objectifs pour trois ans, doté de 1,2 million d’euros. Cette somme servira notamment à soutenir l’installation de jeunes agriculteurs. Le contrat prévoit aussi de renforcer la production sous label de qualité et de la promouvoir auprès des consommateurs. Les « contrats régionaux d’objectif filière » sont l’une des 25 mesures du plan régional pour l’agriculture et le développement rural adopté par les élus régionaux en juillet 2005, à l’unanimité, après une large concertation. ➜ Contact : GIE Ovins, tél. : 04 72 72 49 42. « La Région soutient les productions de qualité » INTERVIEW Le plan régional pour l’agriculture a été voté l’an dernier. Où en est-on ? Ce plan prévoyait 25 mesures. Parmi elles, 17 ont été lancées. Les autres, c’est-à-dire celles sur le pastoralisme, la forêt, le bio et l’agroalimentaire sont en voie de l’être. Ces mesures ont consisté en la mise en place de contrats régionaux d’objectifs de filière (Crof). Nous venons de signer un contrat avec la filière ovine, pour un montant de 1,2 M €, un autre pour la viticulture, de 2,7 M €, et un contrat génétique. De nombreux projets stratégiques agricoles et de développement rural (Psader) sont à l’étude. Un groupe travaille ÉLIANE GIRAUD, conseillère déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux parcs naturels régionaux sur l’autonomie alimentaire des élevages. Les choses avancent. Où en est la crise avicole ? Nous continuons à travailler avec les professionnels au quotidien. Au moment de la crise, nous avons réagi très vite en achetant 250 tonnes de poulets label Rouge, en rassurant les consommateurs par une campagne d’information et en soutenant la filière. Au total, la Région s’est engagée pour 1,5 M €. Mais au-delà des crises successives, nous voulons travailler sur un accompagnement plus structurel et sur un système d’assurance récolte. Dans quel climat travaillez-vous avec un monde agricole en difficulté ? J’ai de bons contacts avec les représentants du monde agricole des différents départements. Nous avons associé tous les syndicats lors de la conférence régionale. En 2007, nous les rencontrerons à nouveau. Nous avons mis de la lisibilité et de la clarté dans les actions. Le rôle de la Région n’est pas de mettre de l’argent dans tous les tuyaux, mais de mener une politique stratégique : l’agriculture et l’aménagement du territoire touchent tous les Rhônalpins dans leur vie quotidienne. Nous avons un marché de 6 millions d’habitants. Il faut donc soutenir l’innovation, la recherche, le savoir-faire et la qualité pour que les agriculteurs passent le cap de l’après- 2010 et de la fin des aides européennes. RÉUSSIR SON INSTALLATION EN AGRICULTURE Chaque année, 1000 agriculteurs s’établissent en Région Rhône-Alpes. Le Conseil régional intervient en amont de l’installation : lors du démarrage de l’activité et dans les deux ans qui suivent. Les agriculteurs reçoivent également une aide pour la réalisation d’études et de diagnostics pour la formation et les investissements. Enfin, la Région accompagne l’accueil et l'information des candidats à l'installation. Retrouvez, sur www.rhonealpes.fr, les points info « installation » à la rubrique « Guide des aides ».



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