[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : matière grise contre la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 N°28/printemps 2013 Une télécommande pour réduire nos consommations d’électricité Christian Vollaire expérimente en grandeur réelle sa nouvelle invention. Marc Chatelain À l’École centrale de Lyon, Christian Vollaire dirige le laboratoire Ampère et a mis au point une télécommande pour diminuer la consommation d’énergie des appareils électroniques en mode veille. L a consommation d’électricité des ménages et des entreprises ne cesse d’augmenter, même lorsqu’ils n’utilisent pas leurs appareils électroniques. « La télévision, la radio, la machine à laver, la box Internet, les volets roulants, le portail électrique… Chez moi, ces équipements consomment près de 100 watts par heure alors qu’ils sont en standby, soit une dépense d’environ 80 euros par an. À l’échelle de l’Europe, nos appareils en mode veille consomment l’équivalent de la production électrique de huit tranches de centrale nucléaire et émettent de 14 millions de tonnes de CO 2 », explique cet enseignantchercheur. Pour remédier à ce gâchis financier, énergétique et écologique, Christian Vollaire a monté un projet avec huit partenaires industriels et académiques, et bénéficié d’un financement ministériel sur trois ans. En mars 2012, ils ont déposé le brevet d’une télécommande et d’un récepteur appelé « Remote Wakeup ». La télécommande sert à envoyer une onde électromagnétique à l’appareil que l’on souhaite éteindre complètement ou au contraire rallumer. « La consommation d’énergie en mode veille est alors divisée par mille », précise Christian Vollaire. Aujourd’hui, le chercheur espère que cette innovation pourra rapidement trouver une application industrielle. Le contexte législatif lui est favorable. Ainsi, l’Europe a obligé les fabricants à réduire considérablement la consommation électrique des téléviseurs et des box en mode veille. Mais on pourrait aller encore beaucoup plus loin. « Je constate beaucoup de freins culturels en France pour se saisir des innovations, déplore Christian Vollaire. Trop de dirigeants adoptent une vision à court terme dans leur stratégie. » Legrand, le leader mondial des infrastructures électriques, connu du grand public pour ses prises électriques, est sur les rangs. Mais aussi le groupe stéphanois Vacher, qui étudie l’opportunité d’intégrer cette nouvelle technologie dans un de ses produits. Laurence Tournecuillert w www.ampere-lab.fr/champions d’Europe des économies d’énergie Le 26 décembre dernier, 17 élèves de terminale du lycée Aragon de Givors ont reçu à Bruxelles le 1er prix européen du concours U4 Energy récompensant les projets innovants en efficacité énergétique. Ces élèves, qui préparent un bac technologique « Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable » ont réalisé un diagnostic énergétique du lycée. Un travail mené au sein de leur Agence locale de l’énergie, qui fonctionne comme un bureau d’études thermiques professionnel. Les travaux proposés pour réduire la consommation électrique du lycée seront conduits ce printemps et financés par la Région à hauteur de 23 000 euros. En parallèle, ils ont prodigué aux habitants du quartier populaire des Vernes des conseils pour réduire leurs consommations d’eau et d’énergie dans un appartement pédagogique aménagé par leurs soins. Lycée Louis-Aragon Juan Robert Enerstone prolonge la vie des batteries P our lancer une start-up, il faut une invention et une équipe motivée. Tout ce que possède Enerstone, en somme. L’entreprise grenobloise a été créée en novembre dernier par deux ingénieurs, Lionel Chaverot et Alexandre Chureau, après onze mois d’incubation chez Grain, une structure qui accompagne les projets des entreprises innovantes. Leur invention ? Une carte électronique qui prolonge la vie des batteries de 30%. Et permet donc d’économiser de l’énergie et de contribuer à la protection de l’environnement. « Dans une batterie, il y a plusieurs cellules, qui ne se déchargent pas toutes à la même vitesse », explique Alexandre Chureau, docteur en micro-électronique. L’utilisateur de la batterie, lui, ne reçoit qu’un signal de déchargement et de recharge. « En conséquence, les cellules ne vieillissent pas de façon homogène, complète l’ingénieur. La carte d’Enerstone favorise les échanges d’énergie, crée une solidarité entre les cellules, qui va prolonger leur vie, donc, celle des batteries. » Comme, par exemple, celles des vélos électriques ou des bus. Lionel Chaverot, également docteur en micro-électronique et doté d’un master en administration d’entreprise, se consacre plutôt à la gestion, à la connaissance des marchés, au lancement du produit : « Alexandre est le moteur, et moi le frein », plaisantet-il. Son compère ajoute : « L’innovation demande de penser hors des contraintes de gestion. Mais le principe de réalité est aussi nécessaire dans une entreprise. Nous formons un binôme équilibré ! » Florence Roux
N°28/printemps 2013 9 Une pile et beaucoup d’énergie SymbioFCell produit une pile à hydrogène qui multiplie par deux l’autonomie des véhicules électriques. L e site est modeste mais il est le premier du genre en Europe. Dans les locaux de Siemens, qui l’héberge à Grenoble, SymbioFCell produira en série, avant la fin de l’année, une pile à hydrogène susceptible de doubler l’autonomie des véhicules électriques. « S’ils ne connaissent pas le succès escompté, c’est parce que cette autonomie est limitée », analyse Bertrand Chauvet, directeur du marketing de la start-up grenobloise. En cause, explique-t-il : « Les cycles d’usage, le chauffage, les montées et le froid, qui contribuent à réduire les performances des batteries électriques. » Aussi les fondateurs de Symbio- FCell, quatre ingénieurs, parmi lesquels Luc Rouveyre, ancien de Renault-Nissan, avec une quarantaine de brevets à son actif, ont-ils orienté leur projet sur la création d’une pile révolutionnaire. Véritable usine embarquée, elle associe de l’hydrogène et de l’oxygène par une réaction chimique produisant à la fois de l’électricité, de l’eau pure et de la chaleur pour l’habitacle. En neuf mois, ils ont accouché d’un prototype avec le concours du CEA. Installé sur une Renault Kangoo, il s’est taillé un joli succès au dernier Salon de l’auto à Paris. En 2013, place aux expérimentations. La Green GT H2, dotée de 300 kW, participera aux 24 heures du Mans. En cours de finition dans les locaux grenoblois, la voiture de course est jalousement tenue à l’abri des regards. Moins « funs » mais plus nombreux, des véhicules électriques de livraison de La Poste devraient bientôt être équipés de petites piles censées « booster » leur autonomie. Testés dans des Une pile prototype est installée sur une Kangoo. régions montagneuses, comme Rhône-Alpes, ces véhicules hybrides (batteries-pile à hydrogène) devront « valider leur utilisation en conditions réelles lors d’une tournée de livraison ». Puis suivront des moteurs équipés des seules piles SymbioF- Cell. « Nous sommes en discussion avec des constructeurs automobiles et de poids lourds, poursuit Bertrand Chauvet. Objectif : 1000 à 2 000 piles produites dès 2014. Actuellement SymbioFCell emploie une vingtaine de personnes, dont sept r ?'K.4NG Co ingénieurs à Grenoble. « Chaque nouveau client nous permettra d’embaucher cinq personnes. » Chantal Féminier w www.symbiofcell.com Juan Robert Juan Robert b-rob.com/Lyon City Boat/Navigu’Inter Navilys : le charme d’un bateau silencieux Pour une promenade fluviale innovante et durable, il suffit d’embarquer sur le Navilys ! Ce nouveau bateau électrique, alimenté par des panneaux photovoltaïques, offre un mode de navigation particulièrement doux et silencieux. Il est équipé d’une pompe à chaleur aquathermique qui transforme les calories de l’eau en énergie pour le chauffage, la climatisation et l’eau chaude sanitaire. Ses matériaux proviennent à 85% de la région Rhône-Alpes et il est accessible aux personnes à mobilité réduite. www.lyoncityboat.com Itinéraires sur mesure Grâce au site Multitud, les usagers des transports collectifs peuvent sillonner la grande région lyonnaise bien guidés. De Bourg-en-Bresse à Saint-Étienne, de Roanne à Bourgoin, de Mâcon à Vienne, son calculateur d’itinéraires permet, en quelques clics, de planifier ses déplacements en bus, tram, métro, car, TER sur 17 réseaux de transports publics, ou en modes doux (vélo, covoiturage). Multitud propose aussi des renseignements pratiques : tarifs, durée du trajet, perturbations éventuelles… Il a été primé pour son caractère innovant au dernier Forum des interconnectés, à Lyon. w www.multitud.org et en version mobile,m.multitud.org POINT DE VUE DR Jean- François Debat, vice-président aux finances, à la décentralisation Des outils financiers pour innover Les investissements dans la rénovation énergétique sont faibles, l’offre privée insuffisante. Or le bâtiment absorbe 40% de la consommation d’énergie. Pour innover dans ce secteur, on doit aussi innover dans nos moyens d’intervention, en particulier avec des outils financiers adaptés. Voilà pourquoi la Région Rhône-Alpes vient de créer, avec dix collectivités, dont Chambéry et Bourg-en- Bresse, un nouvel outil : une société publique locale d’efficacité énergétique. Cette SPL est une première en France. Elle a pour objectif de diviser par trois la consommation énergétique des bâtiments dont elle aura assuré la réhabilitation. En entrant dans cette SPL, les collectivités pourront réaliser davantage de projets exemplaires, grâce au tiers investissement. La Région entre dans le capital à hauteur de 5 millions d’euros et a déjà prévu d’engager des rénovations thermiques dans cinq lycées. Par ailleurs, la Région Rhône- Alpes étudie la mise en place en 2013 d’un fonds d’investissement pour les énergies renouvelables : ce soutien, qui prendrait la place du chèque énergie, irait vers les acteurs économiques et bénéficierait du concours de la Caisse des dépôts. Rhône-Alpes dispose de nombreux outils d’ingénierie financière pour encourager l’innovation, donc l’emploi. Ainsi, chaque année, la Région investit un budget de plus de 30 millions d’euros, dont la moitié en direction des jeunes entreprises innovantes. Avec la création de la BPI, la Banque publique d’investissement, des perspectives très intéressantes s’ouvrent pour soutenir les entreprises puisque la Région va copiloter la gestion de nouveaux fonds.



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