[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : matière grise contre la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 N°28/printemPS 2013 8 e Biennale internationale du design de Saint-Étienne Une édition pleine d’empathie P our sa 8e édition, la Biennale internationale du design de Saint-Étienne attend près de 100 000 visiteurs, entre le 14 et le 31 mars. À l’affiche, une programmation dédiée à « L’empathie ou l’expérience de l’autre ». Pour Elsa Frances, la directrice, « Cette manifestation explore les grands enjeux de société. Elle doit permettre de repenser une société plus humaine. L’empathie, c’est-àdire la capacité d’appréhender et de comprendre les sentiments et les émotions de l’autre, est au cœur même du principe du design : il s’agit de mettre l’individu et ses usages au centre de l’innovation. » Fruit de l’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne et de la Cité du design, la manifestation très fortement soutenue et financée par la Région Rhône-Alpes, annonce 49 expositions réunissant 650 projets de quelque 450 designers venus d’une quarantaine de pays. Le grand public pourra s’immerger dans les projets de designers conçus au sein des entreprises, dans les grandes écoles européennes du design, avec des chercheurs. Ces explorations reflètent Biennale InKerrtidkiole akinne nos préoccupations quotidiennes : fabriquer de la viande avec des insectes pour nourrir la planète, économiser l’énergie par des voitures plus légères, se chauffer dans une couverture dont le textile récupère notre propre chaleur… Chacun pourra, par exemple, prendre le pouls des dernières tendances à travers l’exposition « Nano-ordinaire » chapeautée par la designer industrielle Matali Crasset, qui animera aussi un atelier destiné aux enfants. Onze grandes entreprises proposeront au public de tester, grandeur nature, leurs prototypes et produits innovants. Une manière de baigner concrètement au sein du processus de création des designers, qui poursuivront leurs projets en décryptant les attentes et les besoins des futurs utilisateurs. La Biennale est aussi conçue pour les entreprises. Deux journées sont spécifiquement prévues pour les professionnels, sous le parrainage de l’économiste américain, Jeremy Rifkin. Une occasion pour les petites et moyennes entreprises, d’être sensibilisées au design comme axe de productivité. Elles pourront s’impliquer dans des démarches opérationnelles, ou plus prospectives, en lien avec les activités quotidiennes de La Mariam Mama IOU l•da+Yrta+ froodw.Qd. Lager Laurence Tournecuillert w Pour organiser votre visite : www.biennale-design.com Cité du design : 3, rue Javelin-Pagnon 42000 Saint-Étienne. Tél : 04 77 49 74 70 Cité du design. Innovation, création, prospective, impact sur le développement, stratégie de l’entreprise, la Biennale du design prend la température ambiante d’un monde en pleine mutation. Pierre Grasset Juan Robert À bonne école F ormation et biennale sont intimement liées. L’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne est à l’origine de la création de la Biennale, en 1998. Si, depuis 2004, la Cité du design en a repris les rênes, les 350 étudiants des options « design » et « art » et leurs enseignants restent fortement impliqués dans la manifestation. Assurer la conception, le montage et la médiation permet aux jeunes de s’investir dans des projets concrets. Pendant toute la Biennale, les cours sont suspendus : c’est elle qui tient lieu d’école. Une occasion d’en profiter, mais aussi de rencontrer des designers, de développer ses réseaux par le biais de rencontres. En plus de sa dimension professionnalisante, la Biennale met en valeur les productions de la jeune génération. Pour cette 8 e édition, l’école est ainsi présente dans trois expositions : • The Dream Team, travaux de jeunes diplômés de prestigieuses écoles européennes comme le Royal College of Arts de Londres, la Royal Academy of fine arts d’Anvers ; • L’aventure c’est l’aventure, productions des diplômés 2012 ; • C’est pas mon genre, exposition scénographiée par les étudiants présentant les courants émergents du design et posant la question de la place des femmes dans la société. Du 14 au 31 mars, l’ensemble des principales écoles d’art, de design et d’architecture de Rhône-Alpes sont présentes sur la Biennale. À tour de rôle, elles investissent un pavillon d’exposition de 100 m² au cœur de la Cité et invitent le public à « Faire école » : participation à la fabrication de prototypes, conférences, performances sont au programme. On y croisera même un « gasteropodrome » tout droit sorti d’esprits créatifs d’étudiants en art de l’ESADSE ! Julie Duchamp w www.esadse.fr Julien de Souza, dans les serres de la Cité du Design
N°28/printemPS 2013 7 De Vinci très design À Villefontaine, près de 300 élèves sont formés chaque année au Pôle supérieur de design du lycée Léonard-de-Vinci. Celui-ci propose des formations en design de produits, design graphique et interactif, maquettes et prototypes, du bac au master. Le cursus vise avant tout l’insertion professionnelle, et le Pôle mise sur l’alternance, l’international, le partenariat avec le monde de la recherche et des liens étroits avec le milieu de l’entreprise. De nombreux grands groupes, comme Salomon ou Rexam Healthcare, font appel aux designers, apprentis ou diplômés, du Pôle. Le Pôle et la Biennale Du 28 au 31 mars, les étudiants seront sur le stand de la Région. En partenariat avec le lycée La Matinière-Diderot, ils animeront une Agence éphémère et participative de design industriel. Chaque jour, 15 à 20 étudiants accueilleront le public, animeront un atelier de conception, de fabrication et de prototypage. « Objectif : comprendre le rôle et les méthodes de conception du designer », explique Laurent Thiebaud, coordinateur du Pôle. En Nord-Isère, du 26 au 31 mars : expositions de travaux d’étudiants de master et de BTS, notamment de mobilier urbain low-cost offrant une nouvelle vie à des palettes de manutention, et conférence sur le thème « Design et empathie ». w www.designvillefontaine.com portrait « Le design, c’est les autres » Julien de Sousa, jeune designer, adore dessiner… pour les autres. Juan Robert Le tube plein d’astuces de Mécaloire C omment vendre un trou ? C’est à ce problème que sont confrontés deux adhérents du réseau d’entreprises Mécaloire. Sous l’impulsion de Marie-Céline Rascle, la directrice, Mécaconcept et les établissements Ledin ont conçu et développé le Plug, Plot de liaison à usage général. Ce clips mécanique fixé au sol facilite l’installation et le démontage du mobilier urbain : banc, table, panneau d’information… L’idée de ce Plug, qui a fait l’objet d’un brevet et d’un dépôt de marque, a émergé au fil d’une étude de marché et de réflexions avec l’École de commerce de Saint-Étienne et la Cité du design. Le projet d’aménagement stéphanois « Cœur de ville » et la création d’objets métalliques urbains, pour lesquels Mécaloire a décroché un marché et reçu un financement de la Région, ont été à l’origine d’un Laboratoire d’usage des pratiques innovantes (Lupi) encadré par un designer. Déstabilisés au départ par cette démarche inhabituelle, les cinq participants réunis au sein du Lupi ont vite compris l’intérêt de prendre en compte les usagers dans la définition de leur nouveau produit. « Cette méthode a décloisonné nos manières de penser, de concevoir des produits », admet Marie-Céline Rascle. Ainsi, le Plug a été modifié en fonction des remarques des principaux usagers, les techniciens municipaux. Un prototype a été testé, planté au pied de l’immeuble des services techniques de la Ville de Saint-Étienne. Présenté au dernier Salon des maires, à Paris, il a suscité la curiosité de nombreuses collectivités qui pourraient l’intégrer dans leur prochain marché public de mobilier urbain. L’intérêt de ce concept va bien au-delà de ce simple trou. Il s’agit maintenant de créer toute une filière autour d’une gamme d’objets susceptibles d’utiliser ce plot et de mobiliser de multiples entreprises (mécanique, tôlerie, traitement de surface, emballage…) capables de les produire. « On peut même envisager d’associer à cette démarche un fabricant d’outils de forage nécessaires à la pose de ces produits », remarque Marie-Céline Rascle. Tous ces objets seront inscrits au futur catalogue de Metalink, la filiale de Mécaloire créée fin 2012 pour les commercialiser. Exemple : les grilles d’avaloir ou les bordures de trottoir du projet « Cœur de ville ». Des produits qui devraient assurer à terme l’autonomie financière de la structure et créer des emplois. Vincent Charbonnier w www.mecaloire.fr À tout juste 30 ans, Julien de Sousa, designer à Saint-Étienne, a déjà réaménagé deux écoles communales et l’antenne de la Région, imaginé le mobilier d’une pépinière d’entreprises à côté de la Cité du design, travaillé sur le catalogue de structures d’insertion par l’activité économique du sud de la Loire, sans négliger d’enseigner en lycée, de tâter de la déco d’intérieur ni de crayonner des meubles, encore et encore. Le parcours de Julien, diplômé des Beaux-arts de Saint-Étienne, en section design, témoigne de son talent et de son énergie, mais aussi de son goût pour les autres et de sa passion basique et évidente pour le dessin. « Les autres ? réagit-il, mais le design, ça se travaille avec des gens et pour les gens. Les autres sont le principe même du design ! À l’école, je me branchais sur tous les projets de design participatif, où l’on rencontrait des entreprises, des habitants, des utilisateurs. On n’avance jamais seul. Il y a un monde entre l’idée initiale et le produit fini. » Pourtant, c’est tout seul que Julien dessine, quand, enfin, il s’assoit à sa table en début d’année, pour environ deux mois d’esquisses, sans quasiment utiliser l’ordinateur. « J’ai une chance phénoménale, parce que je consacre alors mon temps à ma passion », lâche le jeune homme. Pendant son adolescence en Bourgogne, il avait pour « principale motivation, le dessin et la peinture ». Florence Roux Le mobilier urbain est clipsé au sol Juan Robert



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