[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : matière grise contre la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 ha nekI pes N°28/printemps 2013 Regards sur l’innovation Marc Chatelain L’égalité homme-femme dans l’entreprise, ce n’est pas une discussion de « bonne femme » mais un axe de performance économique, source de rentabilité », martèle Anne-Sophie Panseri, présidente de Maviflex depuis 1999. Après une première expérience chez Decathlon où elle a lancé le concept du « Trocathlon », elle entre dans l’entreprise créée par son grand-père, endossant d’abord la responsabilité du marketing, puis de la production. Elle est ensuite élue aux commandes de cette PME industrielle de 80 salariés, spécialisée dans la fabri cation de portes industrielles souples, à Décines, près de Lyon. Anne-Sophie Panseri privilégie la qualité des relations sociales, source de créativité et de productivité. Grâce à son parcours au sein de l’association Femmes dans l’entreprise, elle reconnaît avoir pris conscience des difficultés d’être femme dans le monde professionnel. Dès lors, elle décide que les réunions ne doivent plus démarrer avant 9 h le matin, ni après 16 h 30 l’après-midi. Cette patronne hors-norme instaure aussi la fermeture de l’entreprise à 18 h 30. « Il y a d’autres indicateurs que la présence pour évaluer la qualité d’un salarié. Chez nous, il n’y a pas de vraies raisons d’être disponible en soirée. En revanche, l’équilibre des temps de vie, personnelle et professionnelle, c’est du gagnant-gagnant : ressourcés « L’égalité homme-femme, une source de rentabilité » Pour Anne-Sophie Panseri, PDG de Maviflex à Décines, les règles de la parité mises en place dans son entreprise profitent à tous. En particulier au chiffre d’affaires. à l’extérieur, les salariés reviennent motivés, avec de l’énergie et des idées. » La dirigeante fait directement le lien entre son type de management et la progression de son résultat, en hausse de 30% cumulé sur trois ans. « Ces mesures, au départ destinées à améliorer le sort des femmes, profitent à tous. Car les hommes revendiquent aussi un meilleur équilibre de vie, surtout la jeune génération. » Les salariés peuvent ainsi demander l’aménagement de leurs horaires pour suivre les activités extrascolaires de leurs enfants, exercer des activités associatives ou encore pour pratiquer leur religion. Anne-Sophie Panseri cultive la « responsabilité sociale de l’entreprise » et n’aborde aucun sujet RH comme un obstacle, mais au contraire, comme une occasion de repenser son organisation, d’innover : « Il n’y a pas de développement de l’entreprise sans la valeur ajoutée des collaborateurs », répète-elle. Une nouvelle unité se crée dans l’entreprise ? Maviflex en profite pour rééquilibrer la parité homme-femme dans la production. Les postes de travail sont aménagés pour que des femmes puissent en supporter les contraintes physiques : « C’est tout bénéfice pour les hommes qui ménageront leur santé. » Si la PME a pris la crise de plein fouet en 2009, l’innovation n’est pas passée à la trappe, bien au contraire. Multipliant les brevets, l’entreprise s’est engagée dans une démarche « Performance PME » conduite par le biais du syndicat professionnel de la métallurgie et avec le concours financier de la Région Rhône-Alpes. Toutes les équipes se sont impliquées pour dégager des marges de productivité et rebondir sur les marchés extérieurs. « En huit mois, nous avons regagné 20% de rentabilité », se réjouit Anne-Sophie Panseri, fière de l’engagement de ses collaborateurs. Laurence Tournecuillert w www.maviflex.com DR interview Pascal Picq, paléoanthropologue « Quand il n’y a plus de compétition, il n’y a plus d’innovation » Pascal Picq a craqué pour une femme. Physicien de formation, il s’est tourné vers l’anthropologie et les grands singes dont Lucy, une « belle » australopithèque de 3 millions d’années. Ce maître de conférence au Collège de France questionne notre rapport à l’évolution. Dans son dernier livre, il passe au crible les processus d’innovation dans l’entreprise. Quel est le rapport entre la théorie de Darwin et l’innovation ? C’est une théorie de l’innovation, de l’adaptation et du changement. Darwin, ce n’est pas la loi du plus fort, mais plutôt la « théorie du bordel ambiant » chère à Roland Moreno, l’inventeur de la carte à puce. Qu’est-ce qui différencie l’innovation de la découverte ? La découverte, c’est produire des connaissances, des idées. L’innovation, c’est la mise en œuvre d’une découverte sur le marché, un processus en trois temps. D’abord, on produit des idées, puis on les sélectionne avant de les développer. L’innovation n’est pas une réponse à une sollicitation de l’environnement, contrairement à notre conception en Europe continentale. En France et en Allemagne notamment, on est très bon pour développer des filières qui existent déjà. Peu de Google ont été créés en Europe ! Cette différence culturelle est-elle un frein à l’innovation ? En Europe, on n’est pas capable de changer le marché. On accompagne le changement. Cela correspond à la culture de nos écoles d’ingénieurs : on demande aux élèves de renforcer, de perfectionner un système qui existe déjà. En France, l’homogamie est l’un des problèmes majeurs : on a tendance à recruter des personnes qui ont la même formation, sortent de la même école. Difficile d’innover dans ces conditions. Chez IDEO, une société de design californienne, kirk tuiiniativalove cim *Owls'IrNscri'A}jtrope on travaille en open space, dans des groupes interdisciplinaires réunissant des philosophes, des artistes, des scientifiques, des designers. Qu’est-ce que la culture de l’innovation ? Une culture de l’expérience des autres. C’est accepter que les autres vous apportent des idées. C’est la transversalité, parler de ses échecs pour comprendre pourquoi on s’est planté. Il est beaucoup plus difficile de se remettre en question quand on a réussi. C’est le cas de Kodak, qui a manqué le virage du numérique et a disparu, contrairement à Michelin, toujours là, grâce à des innovations qui permettent de changer le marché. Chez Michelin, ils sont darwiniens. Compétition et innovation vont-elles de pair ? Compétition n’est pas un gros mot. Quand il n’y a plus de compétition, il n’y a plus d’innovation. À partir du moment où il y a de la compétition pour l’accès aux connaissances, nous sommes en phase de destruction créatrice, dit Darwin. Il ne s’agit pas d’éliminer, mais de changer, de ne pas évoluer seul. La pire nouvelle, c’est quand votre concurrent disparaît. La crise n’est pas anormale. Mais avoir une croissance sans crise pendant cinquante ans, c’est anormal. Qu’induit la mondialisation de l’économie ? Pour les économies européennes, c’est toute la différence entre la stratégie r et la stratégie K. La stratégie r est une stratégie quantitative, typiquement celle des rongeurs qui se reproduisent à toute berzingue et ont une vie courte. La stratégie K est celle des grands singes qui limitent le nombre de leurs descendants, leur apportent énormément de soin et d’empathie. Ils vivent plus longtemps. Pour s’en sortir en Europe, on est obligé d’appliquer une stratégie hyper-K, hautement qualitative qui implique un changement important en matière de formation tout au long de la vie. Nous sommes une espèce capable d’apprendre tout au long de la vie et il va falloir repenser toute la formation. Propos recueillis par Vincent Charbonnier w Un paléoanthropologue dans l’entreprise. S’adapter et innover pour suivre. Pascal Picq, éditions Eyrolles, 2011.
N°28/printemps 2013 5 Des étudiants bâtissent la maison du futur Elle est 100% solaire, autosuffisante en énergie et a décroché la première place au Solar Decathlon européen : Canopea sera installée à Grenoble en attendant d’être reproduite. SDEurope Pour pallier le manque de terrain, l’habitat du futur s’élève sur 8 étages. Au sommet, une toiture de panneaux solaires filtre la lumière. A près le coup d’essai, le coup barbecue, explique Maxime Bonnevie, diplômé de l’Ensag et manager cités de la Presqu’île, à Grenoble. Notre notre nano-tour dans le quartier Éco- de maître ! Engagée pour la deuxième fois dans le de l’équipe. Au sommet, un ensemble prototype sera installé là en avril et nous Solar Decathlon européen, de panneaux solaires transparents et espérons avoir un feu vert de la ville pour l’équipe rhônalpine a emporté en septembre dernier le 1er prix de cette compétition internationale. Objet du sérigraphiés, laissent passer la lumière comme une canopée, d’où le nom de notre projet. » y construire deux ou trois nano-tours dans les années à venir », confie Maxime Bonnevie. concours : concevoir et construire une L’ambition de l’équipe va encore plus maison du futur pour un couple, 100% Un prototype à Grenoble loin : « Après avoir tiré vers le haut plus solaire et autosuffisante en énergie. en avril d’une cinquantaine de petites ou grandes La Team Rhône-Alpes réunissait 80 étudiants, issus de plusieurs établissements de Grenoble, Lyon, Chambéry, l’École nationale d’architecture de Grenoble (Ensag) en tête. Leur projet, auquel sont associés des partenaires comme Schneider Electric, EDF, la Région Rhône-Alpes ou l’Institut national de l’énergie solaire, était le seul à proposer un habitat collectif urbain : « Pour faire face au manque de foncier, nous avons conçu une tour de 8 à 10 étages, avec un occupant par étage, le dernier étant commun et dédié aux usages spécifiques : lingerie, buanderie, Vincent Jacques Le Seigneur, secrétaire général de l’Ines, référent de la Team Rhône-Alpes, est admiratif : « Comme les projets des 19 autres candidats, Canopea est un habitat solidaire. Il produit plus d’électricité qu’il n’en consomme. Mais il répond au désir de chacun d’avoir une maison avec un jardin autour, explique- t-il. C’est un empilement de pavillons individuels entourés d’une galerie qui offre aux habitants une vue à 360 degrés sans vis-à-vis… » Plus remarquable encore, le projet rhônalpin se distingue par ses débouchés concrets : « Nous avons d’emblée inséré entreprises partenaires embarquées dans ce challenge, nous allons constituer un pôle d’excellence en matière d’habitat, ajoute Vincent Jacques Le Seigneur. La présence de compétences en France nous a permis, après avoir été quatrième en 2010, de damer le pion en 2012 à des équipes japonaises, espagnoles, italiennes ou allemandes ! » Et sans doute d’attirer en France, à Versailles, en juin, l’édition 2014 du concours. Chantal Féminier w En savoir plus : www.solardecathlon.fr Le petit robot a un cerveau I Cub a la taille d’un enfant de trois ans. Ce petit robot humanoïde est capable de comprendre ce qu’on lui dit et d’anticiper la fin d’une phrase. Lorsqu’un chercheur lui demande de distinguer un objet d’un autre, iCub répète la phrase et explique qu’il a bien compris ce qu’on lui demande avant de s’exécuter. Cette prouesse technologique a été possible par la mise au point d’un « cerveau artificiel simplifié » qui reproduit certains types de connexions récurrentes observées dans le cerveau humain. Le robot peut apprendre, comprendre de nouvelles phrases et faire le lien entre elles. Les chercheurs de l’Insermet du CNRS de l’Université Lyon 1, au sein de l’équipe dirigée par Peter Ford Dominey, travaillent depuis plusieurs années sur ce robot. Les résultats obtenus sont très importants pour la recherche sur certaines pathologies. « Nous savons que, quand un mot inattendu arrive dans une phrase, le cerveau réagit de façon particulière », explique Peter Ford Dominey : le modèle mis au point permet d’identifier la source de ces réponses dans le cerveau. Si ce modèle est correct, il pourra contribuer à la compréhension des dysfonctionnements linguistiques de la maladie de Parkinson. Ces recherches concourent aussi à l’apprentissage du langage par les robots. w Salon Innorobo, du 19 au 21 mars, au Centre de congrès de la Cité Internationale de Lyon. Plus d’infos : www.innorobo.com Eric Le Roux/Communication/UCBL L’ARDI, portAIL de l’innovation Créée en 2008 à l’initiative de la Région Rhône-Alpes, l’Agence régionale du développement et de l’innovation propose des solutions concrètes à toutes les PME qui veulent s’engager dans l’innovation, qu’elle soit technologique, organisationnelle ou de marché. Elle offre trois niveaux de service : l’information, l’orientation et l’accompagnement. Présidée par Philippe Maurin-Perrier, le patron du groupe HEF, l’Ardi a accompagné quelque 550 projets collaboratifs. Avec un seul objectif : contribuer au développement des entreprises de Rhône-Alpes, PME et TPE en particulier. w www.ardi-rhonealpes.fr



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