[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°28 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : matière grise contre la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 N°28/printemps 2013 Dessine-moi un éco-quartier À Lagorce, en Ardèche, remueméninges des habitants autour d’un futur quartier durable. U n écoquartier, c’est quoi ? À cette question, le village de Lagorce tente de répondre depuis 2008. Après son élection, la nouvelle équipe municipale, conduite par Hervé Ozil, a décidé de déplacer la construction de logements sociaux à l’entrée nord du bourg, en bordure du futur « éco-hameau ». « On ne voulait pas faire un ghetto », explique l’élu de cette commune de 1000 habitants. Celle-ci a réussi à conserver une certaine qualité de vie malgré une pression démographique et touristique forte due à la proximité des gorges de l’Ardèche. La population de Lagorce croît au rythme annuel de 3% depuis une quinzaine d’années. La concertation autour du futur écoquartier a mobilisé des habitants engagés dans un groupe de réflexion sur le développement durable, des enfants des classes de CM1 et de CM2 de l’école Valence Grenoble Lagorce Juan Robert Le maire de Lagorce, Hervé Ozil, concerte avant de construire un nouveau quartier.communale et des étudiants, dans le cadre d’un concours lancé par le CAUE de l’Ardèche, avec le Parc naturel régional des monts d’Ardèche et les services de l’État. Alors que les adultes potassaient en groupe et en réunion publique sur les dimensions sociales, écologiques, urbaines, intergénérationnelles du projet, les enfants ont conçu une fiction : elle met en scène un conseil municipal confronté à ces questions. Tous ces échanges ont fait l’objet d’une vidéo réalisée par l’association Inédit films. De son côté, l’équipe lauréate du concours, composée d’étudiants de l’école d’architecture de Grenoble, a proposé une « réinterprétation contemporaine du vieux bourg », tenant compte de sa densité, de ses ruelles étroites, une réhabilitation de la cave vinicole désaffectée, proche du futur éco-quartier, et l’insertion de services publics pour la petite enfance et les personnes âgées dans la zone à urbaniser. Au terme de cette première phase de remue-méninges, le permis de construire de douze logements sociaux a été déposé par Vivarais habitat. L’architecte choisi par le maître d’ouvrage a modifié son projet : il s’est inspiré du travail des étudiants en adoptant notamment le principe de toiture-terrasse. Tout près de ces logements mitoyens et groupés, un lotissement communal est à l’étude. La commune a choisi le cabinet Urbasite pour réaliser l’étude de composition de l’éco-quartier, qui tiendra compte des réflexions des étudiants associés au comité de pilotage de l’opération. Le début des travaux est prévu pour le mois d’avril et la livraison pour le printemps 2014. « Ce qui a été imaginé là peut paraître utopique », remarque Hervé Ozil, conscient que « l’urbanisme se construit dans la durée ». Et dans la concertation. Vincent Charbonnier À Villeurbanne Logements étudiants contre activités bénévoles Je cherchais à me loger pour suivre des études en sciences politiques à Lyon 2. La proposition de l’Afev m’a tout de suite séduite car ma famille habite les monts du Lyonnais. En plus, je suis l’aînée d’une fratrie, donc je voulais limiter les dépenses », témoigne Lily Ravon, 19 ans. Avec cinq autres jeunes, elle partage un Kaps (Koloc’à projets solidaires), une colocation inspirée du Kot, qui désigne en Belgique une chambre d’étudiant. Son Kaps se situe dans un grand appartement rénové et meublé par Villeurbanne Est habitat, dans le quartier des Buers, pour un loyer de 190 € et moyennant un engagement bénévole sur le quartier. Les « kapseurs » sont recrutés par l’Afev, une association étudiante connue pour ses actions de soutien scolaire. « Pour nous, il s’agit plus largement d’ouvrir l’université dans les quartiers, de mixer des générations et des milieux qui n’ont pas l’occasion de se croiser », explique Samuel Ravenau en charge du développement local à l’Afev. Cet ex-animateur de MJC négocie actuellement la transformation d’un ancien local des crèches du Tonkin, à une enjambée du campus de la Doua. D’autres projets de colocation solidaire sont en cours à Oullins, Vaulx-en-Velin. À Grenoble, 80 places sont déjà opérationnelles. Tan, un des deux garçons de la coloc des Buers, est en master 2 à Lyon 1. Il connaît bien le concept de l’appartement partagé, puisqu’il a fait presque toutes ses études dans ces conditions : « Je trouve l’idée d’engagement très bonne. Même si ce n’est pas toujours évident de se rendre disponible et de répondre aux attentes des associations du quartier ». Aux côtés de La Ferme des Buers, il aide à distribuer des paniers de fruits et légumes aux personnes âgées et isolées. Quant à Lily, elle s’apprête à animer le premier atelier conte, mis sur pied avec l’association L’Olivier des sages. Il réunit des enfants, maîtrisant mal le français, et des personnes âgées, isolées. Laurence Tournecuillert Marc Chatelain w Plus d’info sur www.afev.fr et sur www.kolocsolidaire.org Bien vieillir chez soi, grâce au numérique L’Opac du Rhône expérimente l’utilisation de tablettes tactiles par des locataires âgés Marc Chatelain I l a bien acheté un petit ordinateur, Jacques, mais juste pour qu’un cousin de passage puisse s’amuser. Quant à son téléphone portable, il ne sait pas l’utiliser pour envoyer des SMS. Pourtant, à 72 ans, Jacques Bouteille utilise depuis quelques mois… une tablette numérique. Avec une aisance déconcertante, il fait glisser son doigt sur l’écran, ouvrant icônes et fenêtres. « Comme il n’y a ni souris, ni clavier, je ne m’embrouille pas », assure-t-il. L’Opac du Rhône, le propriétaire de son logement de La Mulatière, près de Lyon, lui a confié cette tablette. L’organisme HLM pilote un programme européen visant à étudier comment le numérique peut favoriser le maintien des personnes âgées à domicile. En 2012, Jacques et vingt-neuf autres locataires, ont participé chaque mois à deux réunions avec le laboratoire Érasme, du Conseil général du Rhône. « L’animateur nous demandait quels services nous voudrions avoir sur la tablette et nous a appris à l’utiliser », rapportet-il, ravi de pouvoir encore consulter le mode d’emploi imagé conçu à cette occasion. Désormais, lui qui vit seul, échange chaque soir, grâce à Facebook, avec ses nombreux cousins et neveux du Pas-de-Calais, ou encore avec sa voisine, sourde. D’autres utilisent leur tablette pour planifier des soins médicaux, consulter leur quittance de loyer, trouver des recettes de cuisine ou encore rêver à des pays lointains en surfant. À présent, l’expérimentation s’étend à soixante autres locataires qui vont, à leur tour, donner leur avis. Les chercheurs du laboratoire grenoblois Agim en tireront tous les enseignements. L’enjeu est de taille : en 2040, les plus de 80 ans seront deux fois plus nombreux. Véronique Vigne-Lepage
N°28/printemps 2013 11 Des experts de la chirurgie assistée par ordinateur Chez SurgiQual Institute, à Grenoble, on accompagne les concepteurs d’équipements de pointe. D epuis le milieu des années 80, les équipements informatiques pour assister les chirurgiens se multiplient. Des robots intelligents, munis de caméra, aident le médecin à mieux voir, en direct, les organes ou les os opérés. Ils guident aussi le geste très finement. Objectif : limiter l’incision au minimum. Mais par qui ces experts de la chirurgie assistée par ordinateur, sont-ils eux-mêmes aidés ? « En 2008, des ingénieurs et chercheurs grenoblois ont créé SurgiQual Institute, pour accompagner les concepteurs des équipements de chirurgie assistée par ordinateur, explique Philippe Augerat, directeur de cette société coopérative, basée à La Tronche, près de Grenoble. La région en compte beaucoup. Ce sont souvent des startup, à la fois pointues dans leur domaine et de petite taille. Elles peuvent avoir besoin d’un appui, d’autant plus quand leur innovation crée une vraie rupture dans les technologies médicales. Il s’agit de leur proposer des compétences transverses. » Ces concepteurs s’appuient sur vingt ans d’expériences académiques, cliniques et industrielles. SurgiQual Institute a ainsi bénéficié du soutien de l’université Joseph- Fourier et de l’appui financier de la Région Rhône-Alpes pour près de 50 000 euros à travers le pôle de compétitivité Minalogic. Au premier rang des compétences de cette entreprise high-tech : mettre au point, tester dans des études cliniques, puis mettre sur le marché des équipements sophistiqués. Une action qui relève souvent du parcours du combattant pour de très petites entreprises. « Nous les aidons à évaluer et à valoriser le bénéfice clinique de leur invention, précise Philippe Augerat, à développer une démarche qualité, et à obtenir le « marquage CE », qui autorise la mise sur le marché européen. » Parallèlement, la quinzaine d’ingénieurs de SQI créent des outils et logiciels, combinés avec les équipements les plus variés, pour traiter le genou, l’épaule ou les reins. Ils inventent des systèmes de localisation de type GPS, ainsi que des logiciels capables de planifier un geste ou de simuler ses conséquences. D’autres logiciels assistent le chirurgien dans la gestion des informations et des images d’une opération, susceptibles d’être ensuite partagées avec un autre médecin, avec le fabricant, voire, d’ici à cinq ans, avec le patient lui-même. Florence Roux w www.surgiqual-institute.com Juan Robert Les bienfaits des implants d’Aspide Médical Marc Chatelain L'MI #C..m-4111A Il se ferme et s’ouvre comme un parapluie. Utilisé pour traiter les éventrations et les hernies ombilicales, cet implant chirurgical est introduit fermé avant d’être déployé de manière rapide et fiable à l’intérieur du corps. Cette prothèse textile recouverte de silicone sur l’extérieur procède de la chirurgie mini-invasive, qui limite les incisions et les dissections anatomiques, diminue les douleurs postopératoires et accélère le rétablissement des patients. Ce dispositif astucieux a été développé par un chirurgien stéphanois pour la société Aspide Médical. 3 000 opérations ont été effectuées avec cette prothèse depuis sa commercialisation en France et à l’étranger, sur des marchés aussi différents que les États-Unis, le Vietnam, l’Iran, l’Australie, l’Afrique du Sud. « Tout est fabriqué dans notre usine de La Talaudière, près de Saint- Étienne », souligne Éric Bouillet, le fondateur d’Aspide Médical, spécialisée dans les implants chirurgicaux. Depuis sa création en 1995, l’entreprise a déposé une cinquantaine de brevets et consacre 15 à 20% de son chiffre d’affaires à des travaux de recherche et développement. L’innovation est aussi le moteur à l’exportation qui représente la moitié des ventes. En Indonésie, la société stéphanoise contrôle par exemple 60% du marché de la hernie, 100% à Cuba ! Le lancement de produits nouveaux va s’accélérer dans les prochains mois. Au printemps, Aspide Médical présentera un produit pour la chirurgie de la main, pour traiter le canal carpien, une technique qui devrait générer des économies pour les hôpitaux. Vincent Charbonnier w www.aspide.com Vers un diagnostic et un traitement personnalisé du cancer Les patients souffrant de cancer recevront-ils bientôt des soins plus ciblés ? C’est le pari du centre Léon- Bérard, qui lance cette année, avec les Hospices civils de Lyon, deux nouvelles études cliniques. « Depuis quinze ans, explique le D r David Pérol, pilote du projet, nous n’apprenons plus seulement à diagnostiquer le cancer selon l’organe qu’il touche, ou son type, mais aussi au vu des anomalies génétiques des cellules tumorales. Les traitements se sont aussi adaptés : ils ciblent davantage ces anomalies, souvent avec succès, mais pour un nombre limité de tumeurs. » Les études lyonnaises espèrent aller plus loin. La première, ProfileLER, doit établir la cartographie génétique de la tumeur de quelque 2 000 patients. Puis, si nécessaire, leur proposer un traitement adapté à ce profil. Environ 700 malades, à un stade avancé, pourraient alors participer à la deuxième étude, « My Own Specific Treatment », qui observera l’effet d’un traitement ciblé sur l’anomalie génétique détectée, quel que soit l’organe affecté. F. R. w www.centreleonberard.fr POINT DE VUE Laurence Daniere 4 Christiane Puthod, vice-présidente à l’emploi, au dialogue, à l’innovation sociale et aux CETF Pour innover, il faut être deux L’innovation sociale est plus que jamais nécessaire en période de crise et de chômage. Elle consiste d’abord à mener des actions pour sécuriser le parcours professionnel des salariés. Aujourd’hui, une carrière passe par plusieurs entreprises : il faut donc que les salariés puissent poursuivre leur vie professionnelle sans perdre tous leurs acquis, bénéficier de formations et repartir mieux armés. Mais, pour innover socialement, il faut être deux et réunir autour d’une même table les patrons et les représentants des salariés. C’est très compliqué lorsque l’on se situe au niveau national : la pression sur les acteurs est trop forte. C’est plus simple localement. À cette échelle, on se parle plus facilement. C’est au niveau des territoires que nous allons, par exemple, mener des actions sur l’égalité professionnelle femme-homme : la Région Rhône-Alpes a été choisie par l’État pour mener l’expérimentation « Territoires d’excellence ». À Oyonnax, dans l’Ain, les partenaires sociaux avaient du mal à dialoguer : nous avons soutenu la création d’une Commission paritaire du Haut-Bugey : patronat et syndicats s’y retrouvent pour discuter des conditions de travail, de formation professionnelle. Nous avons aidé à mettre en place une Commission paritaire régionale de l’artisanat, avec l’UPA : elle a débouché sur l’accès à une protection complémentaire santé pour les salariés. Dans la Loire, nous avons encouragé des initiatives pour combattre les discriminations à l’embauche. Nous soutenons les efforts des syndicats du Centre commercial de la Part-Dieu, à Lyon, pour améliorer les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité et pour créer un lieu de dialogue. En Rhône-Alpes, il existe actuellement onze plateformes de sécurisation des parcours professionnels : les salariés peuvent s’y renseigner sur leurs droits, sur les emplois existants, sur les formations.



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