[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : changement d'air pour nos montagnes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 N°27/hiver 2012 Portraits de montagnards Raymond Trouiller, laboureur de vignes L e soleil d’octobre s’attarde sur les terrasses de Desaignes, en Ardèche, où un petit groupe vendange des grappes rousses de viognier. « C’est notre deuxième récolte, explique Raymond Trouiller, laboureur de vignes, « voiturier », dit-il. Les pieds ont été plantés en 2008. Jusqu’à l’an dernier, on a préparé les vignes sans vendanger ». Pendant plus de trois ans, sur cette parcelle test réhabilitée par l’office du tourisme, Raymond a biné, sarclé et labouré entre les vignes avec son cheval, Gédéon, 18 ans, tandis que sa compagne, Isabelle, viticultrice, les taillait ou ébourgeonnait. À l’ancienne. Originaire de Tain-l’Hermitage, dans la vallée du Rhône, Raymond, la cinquantaine, y est toujours laboureur de vignes chez Chapoutier, où il a appris son métier en 1995. « Avec le retour au bio, on s’est remis à la traction animale, qui permet de désherber et d’aérer la terre sans traitement chimique », commente-t-il. C’est aussi chez le viticulteur drômois que Raymond rencontre Gédéon, cheval franccomtois avec lequel il travaille pendant plus de six ans, puis qu’il rachète plutôt que de le voir partir à l’abattoir : « C’est mon pote. » À Desaignes, où il habite, Raymond trouve un pré pour Gédéon, puis lui déniche un travail : Albert d’Angelo, de l’office du tourisme, propose à Raymond et Isabelle de cultiver « à l’ancienne » la parcelle de 2 500 m², avec 1 500 pieds. Il espère réhabiliter la culture des vignes en terrasse, disparue avec la crue du Doux en 1963. Raymond, Gédéon et Isabelle s’y attellent, enchaînent les week-ends de labeur. « La première récolte était moyenne. Celle-ci promet d’être meilleure. Nous avons bien aéré la terre. » Alexa Brunet Florence Roux Office du tourisme de Desaignes Tél : 04 75 06 61 19 Le tourisme vert des Lederer Juan Robert S éduits, dans les années 1970, par « le calme et la nature magnifique », la qualité de l’air et le soleil du Diois, Marijke et Michael Lederer, un couple d’Européens – lui est d’origine allemande, elle, hollandaise –, sont aujourd’hui bien insérés à Bellegarde-en-Diois. La preuve : Marijke siège au conseil municipal de cette commune de 72 habitants depuis dix-huit ans. Ardents défenseurs des zones rurales, tous deux prônent l’adaptation des normes européennes à ces territoires fragiles, notamment pour préserver l’avenir des plus petites structures. Très attirés par « la France, pays de fraternité, de liberté et d’égalité, à l’époque », ils croient encore en ces valeurs qui cimentent une société. L’écotourisme n’est pas un filon, pour eux. Depuis leur installation dans la Drôme, ils ont toujours œuvré pour un tourisme vert et durable au menu de leur auberge, puis à l’enseigne de leur hôte l-restaurant et de leurs gîtes. Pour sa cuisine végétarienne, Marijke utilise le plus possible des produits locaux, naturels et bio, des légumes et des herbes aromatiques de ses deux jardins. Depuis des années, elle pratique le tri sélectif des déchets et le compostage, a banni tout herbicide et tout pesticide de son potager, et essaie de minimiser les suremballages et emballages non recyclables. L’eau des sanitaires de ses gîtes est chauffée par des panneaux solaires. Depuis 2011, ils accueillent des stages et des séminaires sur l’herboristerie, l’aromathérapie, le développement personnel et le yoga. Leurs gîtes devraient pouvoir arborer bientôt le label de la Biovallée, territoire drômois de référence pour le développement durable, en phase avec leur conception de la vie. Vincent Charbonnier w www.gites-de-france-drome.com Juan Robert
N°27/hiver 2012rrll 5 Lyon Christine Janin, la pionnière de Chamonix Desaignes Chamonix Saint-Pierred’Entremont Bellegardeen-Diois Alexa Brunet La nouvelle vie d’Elsa, Dimitri, Zara, Zoé et Nanni L a famille Porcu était pourtant attachée à sa commune, Vaulx-en- Velin. Mais vivre en montagne, Elsa Charrier et Dimitri Porcu en rêvaient. « Nous pensions qu’il était impossible de trouver du travail en montagne », explique Elsa. Pourtant, un soir de 2009, le rêve a été trop fort : « On a dit : on y va, on verra bien ! » Le lendemain, ils envoyaient la dédite de leur appartement et leurs demandes de mise en disponibilité de leurs postes de fonctionnaires, elle en bibliothèque à Vénissieux, lui au service culturel de Vaulx-en-Velin. « Je suis parti en éclaireur, comme font souvent les émigrés ! », s’amuse Dimitri. Un job d’été à l’office du tourisme, une maison à louer à Saint-Pierre-d’Entremont, en Chartreuse… et le reste de la tribu a pu le rejoindre. « Au début, on a dû apprendre certaines choses, raconte Elsa en riant. Par exemple, ne pas laisser la pelle dehors… sous peine de ne pouvoir déblayer la neige devant la porte ! » Très vite, tout le monde s’est adapté : « Je vais acheter le pain toute seule », lance fièrement Zoé, 8 ans. « Moi, je vais à pied à mes activités, ajoute Zara, 10 ans. En plus, on peut faire des balades et skier tous les mercredis pour pas cher ». Quant à Nanni, 5 ans, entré depuis à l’école du village, il se souvient avec émerveillement que son père pouvait venir le chercher à la crèche tous les jours. Autrefois « citadine dans l’âme », Elsa a appris à cultiver des légumes et à faire des confitures. « On a tout, ici, des commerces, un ciné… Le coût des trajets en moins ! », vante aussi Dimitri. Et le travail ? Elle a trouvé un poste de responsable du périscolaire dans un village, tandis que lui profite de la vie associative dynamique de Saint-Pierred’Entremont pour reprendre son activité de musicien. « En montagne, on juge plus les gens sur ce qu’ils sont réellement que sur leurs diplômes, conclut Elsa. Finalement, c’est assez facile de s’intégrer, ici. » Véronique Vigne-Lepage La montagne pour sortir du cancer I ci, toutes mes conquêtes de l’inutile ont pris un sens », résume Christine Janin, fondatrice de l’association À chacun son Everest. Depuis 18 ans, elle organise des séjours à Chamonix pour aider des enfants à guérir d’un cancer. Ce médecin est aussi une légende vivante de l’alpinisme : première Française à gravir un sommet de plus de 8 000 mètres, le Gasherbrum, au Pakistan, en 1981, elle est encore, dix ans plus tard, la première à atteindre le sommet de l’Everest. Suivra l’ascension des Seven Summits, les sommets les plus hauts de chaque continent. « Le plus difficile, ce n’était pas d’arriver en haut, mais de préparer la descente. En rentrant, j’ai rencontré la directrice de l’école de l’hôpital Trousseau à Paris. » Germe alors l’idée folle d’emmener des enfants en montagne. « L’image de l’ascension fonctionne à plein, estime le docteur Janin, j’utilise la montagne comme outil thérapeutique. Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que le plaisir et le sport aident à guérir. » Ce sont 3 341 jeunes qui sont ainsi passés entre les mains de Christine, qui a mis sur pied un réseau de bénévoles et de donateurs. « Quand on ose, tous les chemins s’ouvrent », dit-elle simplement pour expliquer ses succès. Les demandes arrivent par l’intermédiaire des hôpitaux, sur prescription médicale. Ensuite, l’association, qui compte aujourd’hui sept employés permanents, s’occupe de trouver les accompagnants pour le voyage et les financements. Le séjour, dont le coût de revient s’élève à 3 500 euros la semaine, est entièrement pris en charge. À Chamonix, Christine Janin a racheté le chalet de l’UCPA, ancienne propriété du célèbre astronome Joseph Vallot, qui souhaitait que ce lieu demeure « utile ». Sur place, les pensionnaires découvrent la salle d’escalade, le parcours d’accrobranche et la salle à manger avec vue sur le mont Blanc. De quoi leur ouvrir de nouveaux horizons. La maîtresse de maison ne manque pas de projets : elle reçoit depuis peu des femmes atteintes d’un cancer du sein. Avec mille nouveaux cas détectés chaque semaine en France, Christine sait qu’elle ne pourra pas satisfaire toutes les demandes. Laurence Tournecuillert w www.achacunsoneverest.com Marc Chatelain



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