[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : changement d'air pour nos montagnes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 jjj1jIPes. N°27/hiver 2012 40. Les agriculteurs, piliers de la montagne Alexa Brunet « Que la montagne est belle ! » V ivre et travailler au pays : Pierre-Thibault Louche n’a pas cédé tout de suite à ce principe. Son itinéraire de castanéiculte ur n’était pas tracé d’avance. Mais l’appel de la montagne a été le plus fort. Après s’être frotté à d’autres réalités professionnelles, à d’autres modes de vie, il est revenu au printemps 2010 habiter à Laval-d’Aurelle, en Ardèche, où il a repris la ferme familiale. Il élève une centaine de brebis et exploite une châtaigneraie pluricentenaire. Sur ses pentes à 700 mètres d’altitude, il a choisi, pour s’en sortir, de valoriser les fruits de sa collecte, de les faire transformer en crèmes, purées, confitures, qu’il commercialise à la ferme, sur le marché de Saint-Laurent-les-Bains, mais aussi dans une boutique paysanne ouverte avec douze autres producteurs de viande, charcuterie, fromages, légumes, miel et vin. Chacun tient la permanence du magasin à tour de rôle. Le mode de fonctionnement de ce castanéiculteur repose sur la complémentarité de ses activités. Ses brebis très rustiques, de race Blanche du Massif central, s’adaptent bien au relief ardéchois. Non seulement elles donnent naissance à des agneaux vendus à des maquignons, mais elles jouent aussi un rôle précieux de débroussailleuses. « Après leur passage sous les arbres, il est plus facile de récolter les châtaignes », observe Pierre-Thibault. Autre avantage, elles mangent en hiver les petites châtaignes qui n’ont pas été ramassées à l’automne. « Je passe ainsi trois fois moins de fourrage pour les nourrir », déclare-t-il. Brebis et castanéiculteur sont d’excellents paysagistes. Sans eux, le territoire des monts d’Ardèche se referme : les broussailles gagnent du terrain, Valence Grenoble les ronces et les fougères progressent. Laval-d’Aurelle Pier r e -T h i b a u l t Louche est l’un des cinq agriculteurs en activité à Lavald’Aurelle. Élu au conseil municipal de ce village de soixante habitants, il est aussi ambassadeur du Parc naturel régional des monts d’Ardèche, manière de montrer son attachement à un territoire, à cette « Vallée de l’or » où sa famille est enracinée depuis 1690 au moins. Vincent Charbonnier Lait cru à volonté dans le Forez Lyon Montbrison Valence Rien ne remplace le lait cru pour réussir ses yaourts, cuisiner ou tout simplement avaler son petit déjeuner. « Les anciens retrouvent le goût de leur enfance, les plus jeunes viennent écouter le meuglement déclenché lorsqu’on remplit sa bouteille. Tous constatent son prix : 80 centimes le litre, c’est imbattable », résume Christophe Meunier. Voilà trois ans que cet agriculteur a installé un distributeur automatique sur le parking de SuperU, à Alexa Brunet Montbrison. Il écoule entre 20 et 80 litres de lait par jour et ne regrette pas son choix, même si l’essentiel de sa production est destiné à la célèbre fourme de Montbrison. Sur l’exploitation, ils sont quatre associés à travailler au sein du GAEC du Haut-Forez. Ils ont construit une installation de séchage en grange avec production d’électricité photovoltaïque. Ce choix assure l’autonomie alimentaire en protéines des 70 montbéliardes du troupeau. Autre technique pionnière, le recyclage des effluents. Une pratique courante en Autriche, mais c’est à Essertines-en- Châtelneuf, sur la ferme du GAEC, que le premier séparateur de Rhône-Alpes a été installé. Le procédé consiste à récupérer le liquide pour l’épandre sur les prairies, tandis que la partie sèche, assimilable à du terreau, remplace la paille en hiver pour le confort des vaches. Autant d’innovations, soutenues par la Région et l’Europe, pour pérenniser cette exploitation familiale située entre 850 et 1 300 mètres d’altitude. Elle consacre aussi deux hectares à la culture de la pomme de terre et à son conditionnement. Le GAEC fournit les magasins Gamm Vert de la Loire et du département limitrophe. Circuit court, encore. Laurence Tournecuillert w www.lait-du-haut-forez.com Alexa Brunet
N°27/hiver 2012 13 L’alpage, dès le lycée Contamine-sur-Arve Annecy Grenoble Seul « alpage-école » de France, le lycée de Contaminesur-Arve, en Haute-Savoie, prépare ses élèves aux métiers de l’agriculture et de l’équitation. Un lycée agricole comme les autres, ou presque. « Ici, on forme des éleveurs qui pourront travailler dans tout type d’exploitation », prévient Catherine Labaume, directrice du lycée de Contamine-sur-Arve, en Haute-Savoie. « Nous leur enseignons la médecine animale ou la conduite de troupeau, ajoute Anouck Sevrez, professeur de zootechnie. Ils acquièrent des notions de gestion, de commerce ou d’hygiène alimentaire. » Comme partout en France. Sauf que Contamine, dans la vallée de l’Arve, est cernée par les montagnes, qui confèrent un caractère singulier à l’enseignement agricole. Le lycée est ainsi le seul de France à Laurène et Vincent, élèves au lycée de Contamine, ont chacun un projet d’exploitation agricole. Marc Chatelain louer un alpage-école, à Morzine, entre 1 600 et 1 800 mètres d’altitude. « Notre troupeau de 40 vaches, et autant de génisses, y séjourne l’été, de juin à septembre, explique Guillaume Mollard, professeur. Et tous les élèves y passent deux semaines en stage chaque année. Il leur faut connaître les différentes qualités de l’herbe selon la pousse, bricoler les barrières ou transformer du lait en altitude, grâce à notre salle de traite mobile. » Autre spécificité, en montagne : les difficultés d’installation. « Les jeunes agriculteurs louent leurs terres et n’ont qu’une visibilité de six mois, alors qu’ils empruntent sur vingt ans », poursuit Guillaume Mollard. Au lycée, on leur apprend à composer avec le tourisme, la pluriactivité ou la vente directe. Laurène Isoux, 17 ans, originaire de Cordon, est en Bac pro. Elle rêve de développer le troupeau de soixante brebis de son père, et de monter un centre d’équitation. Vincent Buarand, même âge, même classe, espère, lui, reprendre, à Chatel, le troupeau de laitières de son oncle. Des abondances qui passent l’été en altitude. Son idée : « Acheter une belle salle de traite mobile pour mieux affiner en alpage. Et, pourquoi pas, développer la vente directe auprès des touristes. » En alpage, toujours. Florence Roux w www.epl.contamine.educagri.fr 3 QUESTIONS À… CLaude BartheLON, directeur de l’Office national des forêts en Savoie « La filière bois se structure peu à peu » Que représente la filière bois en Rhône-Alpes ? Elle part des propriétaires et gestionnaires de forêts et va jusqu’aux entreprises de seconde transformation, par exemple les fabricants de meubles ou de maisons à ossature bois. Entre les deux, il y a les bûcherons, les débardeurs et les scieries. En France, la filière représente 450 000 à 500 000 emplois… soit autant que l’automobile ! Rhône-Alpes est la deuxième région, après l’Aquitaine, avec 41 300 emplois et un tiers de sa surface recouvert de forêts. Quelle est sa situation économique ? Les acteurs rhônalpins se heurtent à la concurrence de pays où la ressource est plus facilement accessible. Ils ont pour handicap la complexité et le coût du travail en montagne. Par ailleurs, en France, pour protéger la biodiversité et le paysage, nous opérons de petites coupes, ce qui est plus coûteux que dans les pays ayant de grandes étendues forestières. Les Allemands vendent ainsi beaucoup aux États-Unis, mais lorsque la demande américaine est faible, ils écoulent leurs stocks en France à bas prix. En trente ans, le prix de la matière première s’est effondré. Les scieries de taille industrielle ou, à l’opposé, les petites, résistent bien, mais les moyennes – nombreuses dans la région – sont à la peine. On assiste donc à une phase de concentration. La crise oblige-t-elle la filière à se structurer ? En 2012, l’organisme interprofessionnel France Bois Forêt et les représentants de la seconde transformation ont publié un projet commun pour la filière. C’est en effet un signe de structuration. Par ailleurs, les entreprises se mettent à passer des contrats pour la fourniture d’une certaine qualité de bois sur une période donnée, au lieu d’acheter au coup par coup et au plus offrant. Cela donne des perspectives et permet de travailler en confiance. Autre évolution positive : les producteurs s’organisent pour valoriser une origine, par exemple par le label Bois des Alpes. Quant à l’AOC Bois de Chartreuse, en projet, elle signerait un bois coupé dans les scieries artisanales du massif. Cela peut transformer le handicap de la montagne en atout commercial. Propos recueillis par Véronique Vigne-Lepage w www.onf.fr Jean-Luc Rigaux POINT DE VUE Sabine Serrad MiCheL GrÉGOire, vice-président délégué à l’agriculture et au développement rural « Faire vivre une agriculture dynamique » L’agriculture de montagne a de formidables atouts. Les agriculteurs sont très attachés à leur terre ; ils aiment leur montagne, la défendent, la font connaître et la font vivre, notamment à travers des productions de qualité. Je pense par exemple aux produits AOC tels que le reblochon, l’olive de Nyons ou, plus récemment, la châtaigne d’Ardèche et le fin gras du Mézenc. Cette dynamique compense en partie les faiblesses liées aux handicaps géographiques et physiques de cette agriculture. Cependant, chaque année, la région Rhône-Alpes et plus particulièrement ses zones de montagne perdent près de 4% de leurs exploitations agricoles. À l’époque où la planète compte près de 7 milliards d’habitants, la question de l’alimentation reste une priorité absolue. L’un des enjeux de demain consiste à encourager l’agriculture à être « écologiquement intensive », propre et rentable. La Région a un rôle important à jouer. Elle soutient l’installation et la transmission des exploitations agricoles. Elle accompagne l’activité pastorale en zone de montagne, les projets des territoires et soutient les filières agricoles. C’est le cas, par exemple, de la filière lait, qui travaille actuellement à la réalisation d’un plan spécifique pour redynamiser la transformation du lait et assurer sa promotion. Enfin, la forêt est une autre particularité de la montagne. En fin d’année, nous allons proposer une nouvelle délibération pour soutenir la filière forêt-bois, moderniser les outils, favoriser l’approvisionnement en bois local et le promouvoir auprès des collectivités, des architectes et des constructeurs.



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