[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°27 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : changement d'air pour nos montagnes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 jjj1jIPes N°27/hiver 2012 Édito Changement d’pour nos montag Christelle Viviant Jean-Jack Queyranne Président de la Région Rhône-Alpes Montagne : attention, fragile… E n moins de dix ans, le lac du Bourget a perdu un quart de sa ressource en eau. D’ici vingt ans, la durée moyenne d’enneigement devrait chuter de 20 à 50% en dessous de 1 200 mètres d’altitude. On le constate, le modèle choisi pour le développement de la montagne dans les années soixante a atteint ses limites : la course à l’or blanc, le temps des usines à skis sont révolus. Le réchauffement du climat, mais aussi les bouleversements économiques et sociaux, nous imposent de changer nos façons de penser et d’agir. Nous devons préserver les ressources de la montagne, car elles sont fragiles. La montagne est un élément constitutif de notre région. Avec ses trois massifs, elle couvre les trois quarts de notre territoire et, avec les villes qui y donnent accès, accueille la moitié des habitants. J’ai souhaité que nous engagions une démarche prospective, à trente ans, pour envisager les conséquences des changements en cours et faire évoluer notre façon d’agir. Intitulée « Montagne 2040 », « Nos montagnes sont une chance pour toute l’Europe » cette réflexion a débuté en janvier et se poursuit. Les premiers actes seront publiés au cours de 2013. D’emblée, nous avons sollicité des jeunes pour entamer cette démarche. Ils sont nombreux à vouloir bâtir leur vie là-haut, attirés par la beauté des paysages, le calme et l’espace. Ils doivent pouvoir y trouver des emplois, un logement, se former, se soigner, participer à des activités sociales et culturelles. Il nous faut concilier ces légitimes ambitions avec l’urgence écologique : le réchauffement climatique menace la pérennité du ski dans les stations de moyenne montagne. La ressource en eau doit être partagée et protégée. Les énergies renouvelables, comme le bois et le solaire, paraissent particulièrement adaptées à ces territoires. La montagne, fragile, doit être aussi le lieu de développement des modes de transports alternatifs à la voiture et aux camions, trop nombreux à polluer les vallées alpines. Comme nos montagnes dépassent les frontières, les enjeux dépassent le cadre régional et national. L’implication de tous nos partenaires est indispensable pour défendre, auprès de l’Union européenne, une stratégie de développement cohérente et durable. Nos montagnes sont une chance pour toute l’Europe. L Le Puy est la ville la plus proche d’ici, à 40 minutes de voiture. On y va de temps en temps, mais on est content de rentrer. Les bouchons, la foule, ça ne me plaît pas du tout. Ici, on a le calme, le grand air. » Joëlle Collet vit au Béage, sur le plateau ardéchois, à 1 100 mètres d’altitude. L’hiver, la burle glace les os, la neige est traversière, les routes parfois fermées. Mais elle n’échangerait pas sa vie, un peu rude, contre une existence en ville. « On est bien, ici, on respire… Mais on va nous fermer la gendarmerie. Et la poste est menacée. » Le Béage, 300 âmes, était autrefois un bourg actif, avec des foires et des marchés, une trentaine de débits de boissons. Avec un brin de fatalisme, les habitants, en majorité des agriculteurs et des retraités, déplorent la disparition des services publics, subissent de plein fouet l’éloignement des villes et le coût des carburants. Tous les montagnards de Rhône-Alpes endurent ces inconvénients. Mais tous ne connaissent pas l’exode rural, loin s’en faut. Depuis quelques années, la population s’étoffe dans les zones de montagne. C’est le cas du Pilat par exemple : la démographie des communes du Parc naturel régional a augmenté de 10% entre 1999 et 2006. Dans les monts d’Ardèche, terre d’exode durant des décennies, « l’évolution de la population marque actuellement un retournement et augmente de 1% par an depuis 1999 », observe l’Insee Rhône-Alpes. Le bassin genevois affiche une santé démographique enviée, le sillon alpin se défend très bien, et même le Trièves grossit. Le Vercors a gagné 12 400 habitants depuis les années soixante. Mais ce sont surtout les territoires isérois du Royans, plus riches en emplois, qui ont profité de l’arrivée de nouveaux venus… L’agriculture, pilier de la montagne, ne connaît pas la même évolution. La déperdition des exploitations se poursuit, mais à un rythme moins rapide qu’auparavant, et de Sommaire P.4 Portraits de montagnards Dimitri et Elsa vivaient dans la banlieue lyonnaise : ils ont choisi de s’installer à Saint-Pierre-d’Entremont, en Chartreuse. Les Lederer, venus d’Allemagne et de Hollande, se sont établis dans le Diois… Vivre en montagne, c’est profiter d’un cadre naturel unique, mais cela implique des contraintes. Portraits d’habitants en milieu escarpé. Marc Chatelain P.8 Le médecin et le quotidien Se déplacer, se soigner… Voilà des sujets de tracas quotidiens en zone de montagne. On peut se faire soigner à distance, grâce à la télémédecine. Ou avoir la chance de faire venir un jeune médecin dans sa commune. Côté transports, les lignes ferroviaires sont en chantier dans le sillon alpin et entre Chamonix et Vallorcine. Marc Chatelain
N°27/hiver 2012 3 POINT DE VUE air CLAUDe COMeT, conseillère déléguée au tourisme et à la montagne DR nes trop rares cantons amorcent une légère remontée. La crise économique avec la fermeture d’entreprises industrielles, le coût de l’essence, les conséquences du réchauffement climatique sur les sports d’hiver viendront-ils télescoper ce printemps de la montagne ? Ou, au contraire, fournir les arguments pour un nécessaire changement ? L’attachement des montagnards à leurs terres, sensible à travers toutes les pages de ce numéro, leur ouvre-t-il les voies d’un mode de vie différent ? La démarche de réflexion Montagne 2040 est l’occasion pour eux de le tracer. La rédaction w www.montagne.rhonealpes.fr AL= P.10 Travailler à la montagne Des entreprises dynamiques sont solidement implantées en montagne : Aztec, seul fabricant français de dameuses, s’est installé près de Grenoble, CEFEM se tourne vers l’énergie photovoltaïque en Ardèche. Dans le Pilat, on peut opter pour le télétravail. Les agriculteurs jouent un rôle crucial, notamment dans l’entretien des alpages. Juan Robert. _• A V'Pi• L•. Fair. Mgr• _• VILA'• 1. L P.14 De nouveaux défis pour le tourisme La crise économique et le réchauffement climatique bouleversent la donne : les stations de ski jouent de plus en plus la carte du tourisme maîtrisé. Ainsi, Retord et Hauteville, dans l’Ain, deux stations de moyenne montagne, s’unissent pour diversifier leur offre. Et des particuliers se lancent dans la construction de gîtes écologiques. Marc Chatelain Juan Robert P.18 La saga du cinéma itinérant Grâce à la Maison de l’image d’Aubenas, les habitants du bout du plateau ardéchois goûtent aux joies du cinéma. Rhône-Alpes est la première région de France en nombre de circuits itinérants. À la rencontre de passionnés qui aiment faire tourner leurs bobines dans les villages les plus reculés. Alexa Brunet Juan Robert Jean-Paul Bajard Avec les jeunes, ouvrir le champ des possibles J’ai choisi de vivre en montagne il y a longtemps. Pour moi, c’est un lieu de ressourcement, à part, un territoire d’exception. C’est la pente et le froid, le bruit du torrent, les clarines dans l’alpage… Les jeunes qui veulent vivre en montagne recherchent cette qualité de vie et des valeurs qui n’ont rien à voir avec le profit immédiat. J’ai été frappée, en les écoutant, de voir qu’ils ont compris toutes les données : le changement climatique plus rapide en montagne et ses conséquences perceptibles, la finitude de la planète, la ressource en eau, en énergie… Ces jeunes demandent aussi aux élus de répondre à leurs besoins de trouver un job ou de créer leur entreprise, d’acquérir un logement, parfois dans des lieux où la pression foncière est très forte. Certains recherchent des terrains pour vivre de l’agriculture. Il leur faut aussi des transports en commun, du numérique haut débit, des « universités du savoir-faire », des services publics… Ils privilégient la qualité de vie, n’opposent pas protection de la nature et développement économique, au contraire. Ils ont compris, je crois, que la montagne ne s’exploite pas, elle se cultive. La parole de la Région doit s’exprimer avec force sur cette spécificité de la montagne. Nous avons compris qu’il faut changer d’approche : ces terres d’exception doivent être valorisées, l’environnement protégé, l’agriculture doit reconquérir du terrain. La démarche prospective Montagne 2040, initiée par la Région Rhône-Alpes, n’est pas seulement un manifeste, ou un exercice de réflexion entre experts. C’est un vaste chantier de projection à l’horizon de trente ans, pour revisiter nos politiques publiques. Nous sommes là pour créer les conditions de la réussite, ouvrir le champ des possibles et tracer un chemin vers le souhaitable.



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