[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°26 sep/oct/nov 2012
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°26 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : les jeunes restent optimistes malgré la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Ah 15n (-‘IPes N°26/AUTOMNE 2012 L’emploi au bout de la scolarité La plasturgie forme et recrute E n it 2010, quand nous avons voulu recruter après la crise dans certains métiers industriels, c’était le désert. Aucune proposition intéressante ne nous est parvenue, ni de Pôle emploi, ni à la suite de petites annonces. Pour trouver localement des jeunes, nous avons monté un dispositif original de formation avec Allizé-Plasturgie, émanation des syndicats patronaux. Avec quatre autres entreprises de la région, nous avons réuni une promotion de neuf jeunes en contrat de qualification. Ils ont alterné quinze jours en cours et quinze jours en entreprise pendant huit mois, suivi des cours dans des locaux mis à disposition par la mairie de Loriol, des sessions sur l’injection, l’extrusion et le thermoformage, mais aussi des séances de rattrapage en maths et en français. Dans l’entreprise, chaque jeune travaille en binôme avec un monteur régleur, en étant suivi par DavID AsTIC, chef d’entreprise à Crest, témoigne. des tuteurs formés. Un seul a abandonné. L’année prochaine, l’un des deux jeunes en poste dans notre entreprise va suivre un bac pro à Romans, l’autre un BTS à Lyon. L’idée est de leur proposer un CDI après leur formation. À nous de les motiver pour qu’ils restent dans l’entreprise. Car nous avons besoin de ce type de compétences et de ces jeunes pour assurer le renouvellement des générations. » Astic Injection Industrielle emploie 83 personnes dans ses bureaux d’études et de méthode, dans ses ateliers de mécanique, de fabrication de moules, d’injection et d’assemblage de pièces plastiques pour l’automobile, l’aéronautique, pour camions, l’électroménager, le paramédical, le bâtiment. Vincent Charbonnier w Contact : CIRFAP, Centre de formation en plasturgie : 04 78 77 05 35 Deux jeunes en contrat de qualification écoutent les explications de David Astic, directeur Maintenance aéronautique : ça plane pour eux A Lyon-Saint-Exupéry, outils en main et consignes de sécurité en tête, des élèves du lycée du Grésivaudan de Meylan entretiennent un avion gros-porteur. Réparation des fauteuils, graissage des trains d’atterrissage, gonflage des pneumatiques… Ils planifient et organisent leurs interventions comme tout autre prestataire de service de l’aéroport. Belle opportunité pour ces jeunes : s’exercer en conditions réelles, c’est développer des compétences reconnues par le milieu professionnel. Qui d’ailleurs ne s’y trompe pas, selon Ludovic But, chef des travaux du lycée : « Le taux d’insertion à l’issue de la formation est très bon, voire excellent pour ceux qui poursuivent en mention complémentaire à l’issue de leur bac pro. » Julie Duchamp w www.lgm.ac-grenoble.fr Emmanuel Sion dans son cabinet à Viriat, près de Bourg-en-Bresse. Marc Chatelain Lycée du Grésivaudan Les élèves de la promotion 2011-2012 lors de leur journée d’intégration. Kiné : un métier passion EMMANUEl sION, kinésithérapeute, a choisi un métier proche du sport. 4 J’ai choisi ce métier en terminale parce qu’il paraissait plus accessible que la médecine et proche du sport. Habitant Grenoble, je faisais du ski et du snowboard à haute dose. Après mon diplôme en 1998, je suis d’ailleurs devenu kiné d’équipes de snowboard, jusqu’à accompagner la France aux JO de Turin en 2006. Cette rentrée, je pars cette fois avec l’équipe féminine de ski pour cinq semaines d’entraînement en Amérique du Sud. J’ai réussi à satisfaire mes passions dans le travail. Je me suis aussi formé à l’ostéo pathie, qui « Je m’éclate vraiment » m’apporte une approche plus globale des personnes. Et je m’éclate vraiment au cabinet. Je travaille beaucoup, souvent de 8 heures à 21 heures, avec deux matinées de visites par semaine. Mais j’adore le contact avec les patients, du bébé de quelques mois à la mamie de 102 ans. C’est un métier de contact, où il faut aimer écouter et parler. Le fait d’être sportif est un plus parce que je connais les mouvements de l’intérieur et parce que c’est un boulot physique. En fait, c’est le plus beau métier du monde ! » Propos recueillis par Florence Roux w www.kine-web.com
N°26/AUTOMNE 2012 7 général d’Astic Injection Industrielle. Jean-Paul Bajard « La mécanique m’emballe » PIERRE-JEAN BEAUDET, 27 ans, technicien méthode chez Clextral Dès la sortie du collège, je me suis orienté vers l’industrie, vers des métiers techniques. Je suis quelqu’un de débrouillard, de bricoleur. J’ai passé un bac pro puis un BTS productique. Pendant les vacances, je bossais dans des boîtes de mécanique en lien avec ma formation. Après mon BTS, j’ai opté pour une licence en contrat de professionnalisation, axée sur la gestion de la production, l’informatique appliquée à l’industrie, avec une vision plus large, plus générale. Après un CDD de six mois, je me suis retrouvé au chômage. Durant l’été 2009, j’ai choisi de perfectionner une autre de mes compétences dans le domaine du sport et de passer en alternance, en deux ans, un diplôme d’entraîneur en aviron pour développer des qualités de management. Ça m’a permis de mieux me connaître, de me placer vis-à-vis de mes interlocuteurs. En septembre 2011, j’ai décroché un CDI chez Clextral, un fabricant de lignes de production de corn-flakes, de semoule, de pâtes, de billets de banque… Je remplace une personne partie à la retraite avec qui j’ai travaillé pendant trois mois. Je suis technicien méthode. Je fais en quelque sorte la « recette de cuisine » des pièces conçues par le bureau d’études, la programmation du montage des nouvelles machines. Ça me plaît énormément. Je suis en relation directe avec différents services, au quotidien avec les opérateurs, avec le responsable d’étude de fabrication. Clextral a accepté un aménagement de mes horaires de travail pour que je puisse continuer mes activités d’entraîneur au club d’aviron. » Propos recueillis par V.C. w www.emploi.rhonealpes.fr Juan Robert 73% des ingénieurs diplômés ont trouvé un emploi en un mois. BRIgITTE PlATEAU, présidente de grenoble INP E lue en février 2012 à la tête du groupe Grenoble INP – 5400 étudiants, six écoles d’ingénieurs – Brigitte Plateau constate à regret « une relative désaffection des jeunes pour les études scientifiques ». Un phénomène qui s’explique à ses yeux par un simple problème d’image : « Le choix d’une profession n’est pas toujours très rationnel et l’on est attiré par quelque chose qui nous séduit. Or le métier d’ingénieur n’est pas accessible de l’extérieur. Les jeunes en Chantal Féminier ont bien souvent une idée fausse. Le spectre d’application de ses connaissances techniques est très large : un ingénieur peut aussi bien créer une start-up, devenir chef de projet dans une PME ou manager dans un grand groupe international, faire du conseil… » Le taux d’emploi des ingénieurs formés dans le groupe est passé de 83% en 2009 à 88% en 2010. 73% des diplômés 2010 ont trouvé leur premier emploi en un peu plus d’un mois. La moitié des diplômés avaient déjà signé un contrat lors de leur projet de fin d’études. Les filles ont « une moindre appétence encore que les garçons pour ce type d’études ». Un constat qui, à ses yeux, est aussi regrettable qu’incompréhensible : « Ce sont elles, au lycée, qui sont majoritaires dans les filières scientifiques. Or, dans le groupe INP, elles ne représentent que 30% des effectifs… alors qu’elles sont aussi aptes que les garçons à faire des carrières scientifiques. Je leur dis : prenez votre place dans le train ! De notre côté, nous allons travailler avec nos partenaires pour attirer les femmes vers le monde industriel, dont les besoins sont énormes. » Première femme portée à la tête de Grenoble INP depuis sa création il y a plus de cent ans, Brigitte Plateau le répète : « Partout la mixité apporte plus de fluidité, un meilleur équilibre. C’est plus productif. » « Les filles, prenez votre place dans le train des filières scientifiques ! » Juan Robert Jean-Paul Bajard Le paysage, une branche où fleurissent les embauches EMMANUEl MONy, chef d’entreprise, constate la difficulté de trouver des collaborateurs. L a filière du paysage représente dent de Tarvel, une entreprise de 420 salariés quelque 7 000 salariés en Rhône- basée à Genas, dans le Rhône. « Et toutes les Alpes, soit un tiers des emplois du entreprises qui embauchent ont les pires monde agricole. « Même si nous difficultés pour trouver des collaborateurs. avons connu la crise comme les autres secteurs, nous recrutons », affirme Emmanuel estimé, qui souffre d’une mauvaise image. Parce que c’est un vrai métier, souvent sous- Mony, président de l’Unep, l’Union nationale des entreprises du paysage et prési- connaissance du végétal, aux règles pro- Nous avons besoin d’experts formés à la fessionnelles et sensibilisés aux techniques alternatives à l’utilisation de produits phytosanitaires. Le poste le plus demandé est le chef d’équipe polyvalent : quelqu’un qui soit capable d’être autonome sur un chantier et d’assumer la responsabilité d’une, deux ou trois personnes ». Les entreprises du paysage recrutent des titulaires de bac pro ou de BTS sortant d’écoles d’agriculture comme celles de Dardilly, Romans ou La Motte-Servolex… mais aussi des ingénieurs, qui peuvent maintenant se former en apprentissage. Le critère numéro un : aimer travailler en plein air ! Deuxième entreprise du paysage en France, Tarvel recrute en permanence une vingtaine de collaborateurs.C. F. w www.entreprisesdu paysage.org POINT DE VUE Laurence Danière ChRIsTIANE PUTHOD, vice-présidente à l’emploi, au dialogue, à l’innovation sociale « Les jeunes : une chance pour les entreprises » Le chômage touche fortement les jeunes. En Rhône- Alpes, ils sont 40000 en recherche d’emploi et, au total, 57 600 inscrits à Pôle emploi. Notre objectif est de les sortir de la précarité, de réduire le temps entre la fin de la scolarité et l’accès au premier emploi. Nous souhaitons la signature d’un Pacte régional pour l’emploi des jeunes, auquel l’État et les partenaires sociaux soient associés. Il est important de prendre en compte la nouvelle donne politique intervenue le 6 mai. Nous verrons comment la Région peut accompagner les décisions nationales – emplois d’avenir, contrats de génération – et à quel niveau notre intervention pourra être la plus efficace. Il est nécessaire de redonner confiance aux jeunes, de les accompagner dans l’entreprise, leur transmettre les savoirs… Il faut pour cela développer le tutorat, associer les syndicats à un accueil personnalisé pour les jeunes. Ils sont une chance pour les entreprises ! L’un des principaux obstacles à l’emploi réside dans la difficulté des déplacements : nous avons décidé de renforcer notre action, en dégageant des moyens supplémentaires sur nos 27 territoires emploi formation, ce qui permettra des prêts de deux roues, des locations de voiture, ou des aides aux auto-écoles sociales. Nous avons des atouts : Rhône-Alpes est la première région industrielle, les métiers se transforment, des emplois verts et nouveaux apparaissent. Le rôle de la Région consiste aussi à anticiper ces changements et à mettre en place des formations adaptées aux emplois de demain.



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