[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°26 sep/oct/nov 2012
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°26 sep/oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de sep/oct/nov 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : les jeunes restent optimistes malgré la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 1 N°26/automne 2012 Les lycées changent, se rénovent, sortent de terre Juan Robert Voiron À Voiron, les lycéens étrennent un internat « passif » L es élèves pensionnaires de « La Nat » testent grandeur nature leur nouvel internat. Niché dans la partie boisée du lycée Ferdinand-Buisson à Voiron, l’édifice est bâti avec une ossature en bois. Les fenêtres sont isolées par un triple vitrage et l’eau pluviale alimente les sanitaires. Cette réalisation dite « passive » doit réduire de 80% les consommations en énergie par rapport à une construction traditionnelle. « Pour atteindre ce faible niveau de consommation, la conception et les matériaux utilisés sont déterminants mais pas suffisants, explique l’architecte Ludovic Viguet. À Voiron, nous avons associé un groupe d’utilisateurs dès les premiers coups de crayon. » Les élèves, les maîtres d’internat, les équipes de maintenance des systèmes de chauffage et de ventilation, les femmes de ménage, mais aussi l’infirmière, logée sur place, tous ont été consultés au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Exemple de résultat de cette concertation : les volets roulants sont prévus pour être fermés de 9 à 17 heures, afin de maintenir la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Qui doit les fermer, les élèves eux-mêmes ? Le surveillant général ? Ou les femmes de ménage une fois leur travail achevé ? La prise en compte des usages est indispensable pour garantir un fonctionnement écologique des locaux. Chacun des habitants doit acquérir de nouveaux réflexes. Ainsi, avec une ventilation double flux, il est inutile et contre-productif d’ouvrir les fenêtres. Pour associer les élèves au projet, les travaux de peinture ont été réalisés avec les sections « collaborateurs d’architectes » et « peintres en bâtiment ». La Région Rhône- Alpes, propriétaire des lieux, a prévu un suivi du bâtiment du lycée par le maître d’œuvre pendant trois ans. Il devra identifier et remédier à tout dysfonctionnement par rapport au cahier des charges initial. En attendant les premiers relevés de consommation, les élèves apprécieront leurs nouvelles conditions d’hébergement, des chambres avec douche à l’italienne, l’escalier central en fer forgé avec une verrière particulièrement soignée, le mobilier dessiné par l’architecte, la couleur « Antésite » du premier étage ou encore le vert Chartreuse du troisième.L. T. Chambéry Grenoble INTERVIEW « Cette cité scolaire sera un lieu de vie » Les travaux de construction de la cité scolaire Jacques-Brel, aux Minguettes à Vénissieux, ont commencé. Le bâtiment sera livré à la rentrée 2014. La proviseure Claire Batailler estime que cette construction va redorer l’image du lycée. Qu’attendez-vous de cette construction ? Des salles rectangulaires, normales, simples ! Le bâtiment actuel construit dans les années 70 est tout sauf fonctionnel et impossible à restructurer. Impossible à chauffer aussi : nous avons des factures monumentales ! Par ailleurs, il est important, pour les habitants de Vénissieux et des Minguettes, que le lycée soit un beau bâtiment, reconstruit au cœur de ce quartier. C’est plus qu’un outil pédagogique, c’est un lieu de vie. Nous aurons, par exemple, une grande salle polyvalente, ouverte aux associations vénissianes. Qui accueillez-vous dans le lycée ? Nous sommes en fait une cité scolaire, avec un lycée d’enseignement général et technologique préparant à différents bacs et BTS, et un lycée d’enseignement professionnel avec CAP et bac pro. Nous accueillons en outre le CFA Ducretet, qui nous suivra dans le nouveau bâtiment. Nous avons essentiellement des formations tertiaires, et donc une majorité de filles (74%) parmi nos élèves. La plupart d’entre eux sont issus de catégories sociales défavorisées. D’ailleurs, plus de la moitié des élèves sont boursiers. Viennent-ils des collèges voisins ? C’est le cas au lycée d’enseignement général et technologique dont la majorité des élèves sont Vénissians. La cité scolaire La proviseure Claire Batailler sur le chantier : la construction du nouveau bâtiment est située à quelques centaines de mètres de l’actuelle cité scolaire. Jean-Paul Bajard Lyon Jacques-Brel a souffert d’une image très négative qui a fait chuter les effectifs en 2008-2009. Heureusement, les enseignants se sont mobilisés et se sont investis dans des projets : classes expérimentales, partenariat avec Sciences-Po… Nous allons aussi présenter le lycée dans les différents collèges du secteur. La tendance s’est inversée. Ainsi, nous avons pu ouvrir en 2011 une classe de seconde supplémentaire, et en 2012 une nouvelle classe de première. Aujourd’hui, nous sommes fiers de savoir qu’à la rentrée 2012, une de nos élèves sera admise au lycée Henri-IV, tandis que deux sont admissibles à Sciences-Po et trois autres en classe préparatoire à l’ENS. La perspective d’un nouveau bâtiment va-t-elle redorer l’image du lycée ? Cela y contribue. 850 jeunes sont actuellement scolarisés dans la cité scolaire. Nous espérons augmenter sensiblement nos effectifs jusqu’à la capacité maximale du nouveau bâtiment : un millier d’élèves. Propos recueillis par Chantal Féminier w www.lycees.rhonealpes.fr Vénissieux Valence
N°26/automne 2012 13.m milililiMiiMA POINT DE VUE Laurence Danière SyLVie GiLLet de Thorey, vice-présidente aux lycées « Des lycées accessibles aux élèves porteurs de handicap » Juan Robert Le lycée des Eaux-Claires, vert et bois À Grenoble, un nouvel établissement sort de terre : il est construit en douglas rhônalpin et en béton moulé en Drôme… U ne cour réduite à la portion congrue, du bruit et de la poussière… malgré une réduction maximale des nuisances. Les bacheliers 2012 du lycée des Eaux-Claires, à Grenoble, qui ne l’auront connu qu’en démolition, ont double mérite ! Construits en 1954, les bâtiments « avaient mal vieilli et certains avaient dû être fermés », explique Laure Milazio, proviseure. Depuis plusieurs années, les repas des 500 demipensionnaires - sur 900 élèves - sont ainsi préparés et servis dans des préfabriqués. La construction de nouveaux locaux était donc indispensable. « Finalement, cela se passe mieux que ce que je craignais », admet la proviseure. C’est la curiosité qui l’emporte, au fur et à mesure que le paysage de ce quartier emblématique se modifie : « Les premières démolitions ont ouvert une perspective, assure Marc Beurey, intendant. Mais fin 2013, certains habitants auront vue sur Belledonne ! » Moins hauts et moins dispendieux en surfaces inutiles, les nouveaux bâtiments vont aussi faire écho au Vercors : le bois, du douglas rhônalpin et un peu d’épicéa, recouvre une part importante des façades et des espaces intérieurs. « Nous avons tout taillé en atelier, pour simplement assembler sur place, assure Vincent Matray, de l’entreprise spécialisée Fargeot Lamellé Collé. C’est notamment le cas pour la forêt de poteaux en croix imaginée par les architectes. » Ceux-ci, du cabinet grenoblois r2k ont aussi conçu des façades en béton, moulé en Drôme, de façon à imiter les émergences rocheuses du massif. « D’autres murs et les toits seront recouverts de végétaux, ce qui apportera un confort pour les pignons exposés au soleil », ajoute Barthélémy Antoine, architecte. Mais l’élément majeur d’isolation thermique sera le puits canadien construit dans la cour, le plus important de la région : 3 km de tuyaux enterrés rafraîchiront naturellement l’air. « Ce sera un vrai bonheur ! » Madame la proviseure en rêve déjà ! Véronique Vigne-Lepage à Saint-Genis-Pouilly dans l’ain Un « petit frère » pour le lycée international C ent élèves supplémentaires vont faire leur rentrée au lycée international de Ferney-Voltaire, dans le Pays de Gex. Il en accueillait déjà 2200 l’an dernier et, malgré ses préfabriqués, il « explose » littéralement. Construit en 1967 et agrandi en 1992, cet établissement n’a pas très bien vieilli. Les grands froids de l’hiver dernier ont été difficiles à vivre. D’où le projet de construire un second site, un petit frère en quelque sorte, à 8 kilomètres, à Saint-Genis-Pouilly. A proximité du centre-ville, la commune a mis à disposition de la Région un terrain destiné à recevoir le nouvel établissement, dirigé par le même proviseur qu’à Ferney-Voltaire. Ce lycée, d’une capacité de 880 élèves, disposera de salles de classe pour l’enseignement général et scientifique ainsi que pour l’enseignement spécialisé, de locaux de vie scolaire, d’un restaurant avec confection des repas sur place, d’un accueil et de trois logements de fonction. C’est l’atelier d’architecture Arche qui a été retenu par le jury : son projet, assez monumental, est conçu comme une villa romaine, avec une vaste cour intérieure peuplée de bouleaux sur lesquels donnent de larges baies. Le montant de l’opération est évalué à 30 millions d’euros. Le permis de construire devrait être déposé début 2013 et les entreprises consultées à l’automne. Démarrage des travaux prévu en avril 2014. La Région souhaite que, dès la rentrée 2015, on puisse accueillir huit classes de seconde. La totalité du lycée ouvrirait en septembre 2016. E. Ch. Cabinet Arche Faciliter la vie des personnes porteuses de handicap passe par un changement culturel, une évolution des mentalités mais aussi par de nouvelles lois imposant des normes d’accessibilité. C’est dans cet esprit que la Région a adopté, en juillet 2008, son Plan en faveur de l’égalité des personnes handicapées et des personnes valides : il concerne toutes les politiques régionales et en particulier les lycées. Un diagnostic des établissements a été réalisé en 2009 et 2010. Les travaux nécessaires à leur mise en conformité sont évalués à 159 millions d’euros. Pour ent a mer c et énorme chantier, la Région a voté un crédit de 51 millions d’euros pour des opérations à réaliser dans les trois prochaines années. Elle a réuni tous les partenaires concernés (associations de personnes handicapées, parents d’élève, proviseurs, représentants des administrations...) et a décidé d’assurer l’accès à toutes les fonctions (cours, restauration, CDI...)dans les bâtiments existants et d’adopter des critères de choix. Parmi ceux-ci, la Région donnera la priorité aux lycées accueillant plus de 1 300 élèves et aux lycées professionnels. La liste des établissements retenus sera proposée chaque année au vote de la Commission permanente d’automne.



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