[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : énergie... le virage est pris.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 N°23/hiver 2011 Le solaire, une énergie inépuisable Lyon saint-chamond Saint-Chamond chauffe son eau au soleil L’Opac s’est lancé dans l’installation de panneaux solaires thermiques. Bilan : des charges locatives maîtrisées, moins d’émissions de CO 2. Et des emplois locaux. Les Lycées se mettent au vert Laurence Danière Jean-Paul Bajard L e quartier Fonsala à saint-Chamond compte plusieurs immeubles de petite taille, entièrement rénovés, bordés de pelouses et de terrains de jeux, avec une vue plongeante sur les monts du Lyonnais. Au pied des entrées, on distingue sur les toits alentour des panneaux solaires thermiques. Près de 3 000 m² seront installés sur les immeubles de l’Opac de Saint-Chamond (Gier Pilat Habitat) d’ici fin 2012. Grâce à cette technologie, le soleil préchauffe directement de l’eau, stockée. Dans les locaux techniques, quatre énormes ballons sont couverts d’un épais manteau bleu. Au mur, un compteur intelligent enregistre moult données, relevées régulièrement Xavier Daval, le patron de Kilowattsol, a décidé d’ouvrir une filiale en Allemagne Jean-Paul Bajard par les techniciens de la société Dalkia, l’exploitant des installations pour le compte de l’Opac. Les informations sont transmises à Tecsol, le bureau d’études à l’origine de la maîtrise d’œuvre du projet. Marie-Lyne Laquerrière, ingénieure spécialisée, mène le retour d’expérience : « Le suivi assure la fiabilité du système. En cas de problème nous sommes informés, cela évite les pertes d’énergie qui sont dommageables, surtout en période de soleil ! » En neuf mois, l’Opac a réduit de 22% sa consommation de gaz pour répondre aux besoins en eau chaude de ses locataires. Une triple satisfaction pour Jean Valatti, le directeur de Gier Pilat Habitat : « Nous maîtrisons les charges de nos locataires, nous diminuons notre dépendance au gaz et réduisons nos émissions de gaz à effet de serre ». D’autant que ces panneaux solaires ont été posés après la rénovation et l’isolation des appartements par l’extérieur qui ont permis d’économiser 30% de charges ! De quoi satisfaire les locataires de 3 700 logements. L’opération est soutenue par l’Ademe, le Département et la Région Rhône-Alpes. La mairie ne compte pas s’arrêter là : elle a prévu d’installer une chaufferie au bois alimentée par la forêt du massif du Pilat. Elle servira les logements de Fonsala, deux écoles primaires, un collège et les gymnases du quartier. Cette production locale d’énergie apportera aussi de l’emploi et des savoir-faire non délocalisables.L.T. Le lycée Général-Ferrié, à Saint-Michel-de- Maurienne, a été transformé pour accueillir ses élèves dans des conditions d’études exceptionnelles à la rentrée 2010. L’isolation des bâtiments a été soignée, le chauffage est alimenté par une chaufferie bois et l’eau est chauffée au soleil. Pour améliorer l’impact écologique des 270 lycées publics rhônalpins, la Région a réalisé un diagnostic énergétique de l’ensemble des bâtiments et lancé une consultation pour installer 20 000 m² de panneaux photovoltaïques. Les élus se sont engagés à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre, à diminuer de 20% les consommations énergétiques et à diffuser les énergies renouvelables. Rhône-Alpes se lance aussi dans la construction de cinq bâtiments à énergie passive : les trois internats des lycées Ferdinand-Buisson à Voiron, du LEGTA de Saint-Genis-Laval et du lycée Lumière à Lyon, le nouveau lycée international de Ferney-Voltaire en Haute-Savoie et l’établissement Pierre Brossolette à Villeurbanne sont concernés. PreMière régioN Pour Le soLAire TherMique Avec 20 000 installations et 240 000 m² de panneaux, Rhône-Alpes truste 20% du parc français, en tête des régions. La production annuelle atteint 74 000 Mwh et économise 13 000 tonnes de CO 2 par an. Kilowattsol rayonne à nouveau Pour Kilowattsol, l’éclipse n’a pas duré. La start-up lyonnaise avait misé sur un appareil de mesure du potentiel de production photovoltaïque des toits. Cette innovation avait nécessité 500 000 euros et trois ans de recherche et développement. Mais ce bijou technologique a dû être remisé au rayon des objets sans lendemain en raison du changement de régime fiscal et tarifaire du prix de rachat du kilowattheure. Ce contretemps n’a pas entamé la détermination de Xavier Daval. Après avoir été licencié de la filiale britannique d’un groupe américain qu’il dirigeait, il a pris conscience du potentiel de la filière photovoltaïque sur les toits de maisons et de fermes bavaroises. Pendant trois mois, cet électronicien de formation s’est mué en manœuvre en installant des panneaux solaires. Il a suivi une formation d’entrepreneur à l’EM Lyon et a créé sa propre société, hébergée chez l’incubateur de l’École de management. Les programmes informatiques et les outils de calcul de Kilowattsol permettent de caractériser, d’évaluer le rendement solaire d’un site, d’une installation, en fonction du relief, des conditions climatiques. Des études incontournables avant d’engager des investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros. « Notre compétence est unique en Europe », estime Xavier Daval, consulté aussi bien pour un projet dans les Andes qu’en Inde, en Afrique du Sud et en Europe. Après avoir perdu quatre mois de chiffre d’affaires à la suite du moratoire décrété par le gouvernement, Kilowattsol rayonne à nouveau. Au Burkina Faso, l’entreprise a été consultée pour un projet de 22 mégawatts destiné à équiper une mine d’or, en Haïti pour une installation de 5 mégawatts, financée par la Banque mondiale. « En France, on a de véritables compétences, des capacités analytiques et créatives que n’ont pas nos confrères », observe Xavier Daval qui s’est rapproché de concepteurs de jeux vidéo lyonnais pour reconstituer un site en 3D. Convaincu de l’avenir d’une filière solaire française et européenne, il a décidé d’ouvrir une filiale en Allemagne. Vincent Charbonnier w Plus d’infos : www.kilowattsol.com
N°23/hiver 2011 7 Des Drômois moulinent pour produire une énergie locale Dans le pays de gervanne, entre vercors et vallée de la Drôme, des habitants vont créer une société pour installer une centrale solaire. JeAN-Louis gAgNAire, vice-président au développement économique, à l’industrie et aux PME, à la recherche et l’innovation La réindustrialisation passe par la croissance verte Carole Thourigny, maire de Gigors-et-Lozeron et salariée du Parc naturel régional du Vercors. En Gervanne, la production d’électricité proviendrait de panneaux solaires répartis dans les villages. Carole Thourigny est maire de Gigors-et-Lozeron, un village de 170 habitants, lové sur le versant sud-ouest du massif du Vercors. Ce soir-là, elle anime une réunion publique, en tant que salariée du Parc naturel régional du Vercors, aux côtés de Dominique Jacques de l’association Rhône-Alpes énergie environnement, RAEE. C’est le cinquième rendez-vous autour du projet de création d’une centrale solaire villageoise. Ce concept inédit consiste à mobiliser la population dans la création d’une société pour produire de l’électricité à partir de panneaux solaires répartis dans un village. Trois autres opérations sont en cours dans le Vercors avec le soutien régional et européen. « En Gervanne, nous lançons une expérimentation sur Plan-de-Baix. Beaucoup de questions se posent sur le montage juridique, les conditions techniques et sur le prix de revente de l’électricité », explique l’élue. Une vingtaine de personnes se sont déplacées. Dominique Jacques présente une étude technique sur les toitures les mieux exposées au soleil. Carole Thourigny a mené son enquête : 60% des propriétaires se montrent intéressés. Il faudra déterminer à quelles conditions financières les habitants mettront leur toit à disposition. Une location annuelle ? Un financement de travaux d’isolation ? Une poignée de volontaires va se pencher sur les statuts juridiques. Autre souci, les techniciens d’ERDF, réseau de transport de l’électricité en France, ont évalué à plus de 100 000 euros le coût de raccordement de la centrale villageoise. Douche froide dans l’assistance. « C’est sûr, quel intérêt ont-ils à ce que nous Photos Juan Robert 60% des propriétaires de Plan-de-Baix sont intéressés par le projet. produisions notre propre électricité ? », commente un habitant. « Tout se négocie », rétorque Dominique Jacques. « En Allemagne, ce type d’organisation est très développé. Il faut faire évoluer le contexte réglementaire », constate Carole Thourigny. Avec un prix de rachat qui change tous les trois mois, les projets sont difficiles à lancer. Heureusement, le coût du matériel a baissé : « On est passé d’un prix moyen de 10 ou 11 euros le kilowatt installé, à moins de 2 euros », explique le représentant de RAEE. Il rappelle que l’opération doit être rentable. Très motivée, Carole Thourigny table sur 100 à 200 actionnaires et une concrétisation à Plan-de-Baix en 2012. Laurence Tournecuillert w www.centralesvillageoises.fr Au Bourget-du-Lac, des voitures roulent à l’énergie solaire Ines Les chercheurs de l’iNes développent un système intelligent de batterie solaire mobile. Demain, ces panneaux photovoltaïques qui alimentent des voitures pourraient aussi couvrir une partie des besoins de la maison. Depuis un an, les ingénieurs de l’Institut national de l’énergie solaire, au Bourget-du-Lac, testent des voitures Toyota à l’énergie solaire. Ces Prius rechargent leur batterie grâce à l’électricité des panneaux photovoltaïques qui couvrent les places de parking. « Une place bien orientée produit l’électricité pour rouler 10 000 à 12 000 km par an, explique Olivier Wiss, en charge de ce programme. Notre production est trois fois supérieure aux besoins standard de mobilité, la moyenne nationale étant de 7,9 kmentre le domicile et le bureau. » Avec le système testé par l’Ines, quand les panneaux produisent un surplus d’énergie, l’électricité est réintroduite dans le circuit ERDF. « C’est une façon de valoriser la production locale de l’énergie. Autre avantage, nous avons mis au point un gestionnaire d’énergie intelligent. » L’utilisateur doit signaler à quelle heure il reprendra son véhicule : l’ordinateur déclenche la recharge de la batterie au moment pertinent. Sur des critères d’ensoleillement, mais pas seulement. Si on sollicite le réseau aux heures de pointe, il faut mettre en marche de nouvelles tranches de centrales. Ce surplus fragilise le réseau et engendre parfois des coupures de courant. C’est l’enjeu de la prochaine étape pour l’Ines : « Nous allons tester avec des voitures Renault un nouveau type de batterie mobile ». Grâce à elle, une voiture revenue au domicile viendra alimenter le réseau domestique pour couvrir les besoins de la maison et réduire les heures critiques pour EDF, entre 18 et 20 heures Mais le chercheur le rappelle : « La meilleure façon de ne pas consommer d’énergie, c’est de venir travailler à vélo. » Il a d’ailleurs développé une station solaire autonome pour vélos électriques.L.T. w www.ines-solaire.org Avec 75 000 emplois en Rhône-Alpes dans le secteur de l’énergie, cela implique que l’on aborde la question de la transition énergétique à un rythme socialement, économiquement et technologiquement acceptable. Si les politiques de l’État ont dopé la demande d’équipements de production d’énergies renouvelables avant d’être dangereusement freinées, elles n’ont pas contribué à faire émerger une filière industrielle française capable de répondre aux nouveaux enjeux. En Rhône-Alpes, nous avons voulu, au contraire, soutenir l’innovation technologique, la création de nouvelles filières industrielles et développer les entreprises capables de maîtriser ces nouvelles technologies. C’est ainsi que nous nous sommes fortement engagés dans les réseaux de recherche avec l’Ines, l’Institut national de l’énergie solaire, le pôle de compétitivité Tenerrdis, consacré aux énergies renouvelables, et les laboratoires des différentes universités. Nous avons également créé un cluster Eco-Energies qui mobilise 300 PME et TPE du secteur. Au total, ce sont plus de 50 millions d’euros que la Région Rhône-Alpes a déjà consacrés au développement de la filière.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :