[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : énergie... le virage est pris.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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■ 18 AhânEXlpeF, La saga rhônalpine du romancier et philosophe Le nid d’un premier amour Dans ses Confessions, il écrit : « Ici commence le court bonheur de ma vie, ici viennent les pairepères 28 juin 1712 : Jean-Jacques Rousseau naît à Genève, de parents d’origine française. Chambéry et la douCeur de la vie À propos des Savoyards, Rousseau écrit : « C’est le meilleur et le plus sociable peuple que je connaisse. S’il est une petite ville au monde où l’on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c’est Chambéry. » I N°23/hiver 2011 1739 : Il écrit son premier texte, Le Verger de madame la baronne de Warens. 1750 : Il publie le Discours sur les sciences et les arts. 18 octobre 1752 : Son opéra Le Devin du village est interprété devant le Roi Louis XV. 1755 : Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité. 1762 : Il publie Du contrat social et Émile, ou De l’éducation. 1765 à 1770 : Il rédige et publie Les Confessions. 2 juillet 1778 : Il meurt à Ermenonville, avant la publication des Rêveries du promeneur solitaire. Jean-Jacques Rousseau, écrivain voyageur Il était aussi philosophe, romancier, précurseur de l’anthropologie, compositeur et théoricien de la musique, herboriste… Il a sillonné la région, y trouvant l’inspiration et l’amour. En 2012, Rhône-Alpes fête Rousseau, né il y a trois cents ans. la révolution « La vie nomade, instable, de Rousseau, le conduisit à fréquen- et bonaparte En 1762, le peuple ter, au cœur des provinces qui du royaume de forment aujourd’hui la région France découvre Rhône-Alpes, bien des lieux, des le Contrat social, villes, des chemins où se joua un brûlot : « Aucun une part insigne de sa destinée. » Ainsi débute le livre du Stéphanois Lionel homme n’a d’autorité naturelle sur Bourg, La Croisée des errances 1. L’auteur vient son semblable… de glisser ses pas dans ceux de Jean-Jacques Renoncer à sa Rousseau. Une manière de célébrer en 2012 le liberté, c’est tricentenaire de la naissance de celui qui fut renoncer à sa qualité écrivain, philosophe, romancier, précurseur d’homme, aux droits de l’anthropologie, compositeur et théoricien de l’humanité, même de la musique, herboriste… à ses devoirs. » Itinérant, Jean-Jacques Rousseau le fut tant et Bonaparte si bien qu’il passa, outre des séjours en Suisse, affirmera : « C’est à Paris ou encore à Dijon, plus de 16 années lui qui a préparé dans de multiples lieux de la région. Il y eut la Révolution. » d’abord ces deux années d’enfance à Bossey, village alors genevois, aujourd’hui haut savoyard. Puis le « coup de foudre » d’Annecy : le 21 mars 1728, il fait connaissance de madame de Warens près de l’église des Cordeliers où, aujourd’hui, un balustre d’or commémore leur rencontre. Il a 16 ans, elle, près de 30… Cet orphelin de mère trouve auprès de celle qu’il appelle « Maman » une affection filiale. Elle se transformera lorsqu’elle lui ouvre son lit, dans une « guinguette » de Chambéry. Jean-Jacques Rousseau reste nomade dans l’âme : dans la seule année 1730, il part pour Lyon en passant par Seyssel et Belley, et, quelques mois plus tard, entreprend une excursion à Thônes. L’année suivante, il se rend de Paris à Lyon par le Forez, puis rejoint Chambéry par Les Échelles et la cascade de Coux. Madame de Warens loge à présent dans la capitale de la Savoie. Mais la nature manque à Rousseau : le couple s’installe aux Charmettes, une maison « à la porte de Chambéry, mais retirée et solitaire comme si l’on était à cent lieues ».
N°23/hiver 2011 AhânAIpeF, ■ 19 Jean-Jacques Rousseau, qui verra ses œuvres censurées et brûlées, sera chassé de France puis de Suisse ! RA Tourisme/F. Da Costa Rousseau appréciait particulièrement le massif de la Chartreuse, où il herborisait. BnF/Département Estampes et photographie Françoise-Louise de Warens assura l’éducation, artistique et sentimentale, de Jean-Jacques Rousseau. Célébrations tous azimuts La multiplicité des célébrations du tricentenaire de Rousseau doit révéler la diversité des thèmes qu’il a étudiés et la modernité de sa pensée : citoyenneté, démocratie, risques d’une surexploitation de la Terre… La programmation inclut la musique avec une création des Solistes de Lyon intitulée Les Rêveries, qui ouvrira le bal, le 20 janvier à Chambéry. Il y aura aussi du théâtre avec, notamment, une pièce de Bernard Chartreux mise en scène par Michel Raskine, mais aussi du débat d’idées, avec des colloques littéraires et philosophiques. De nombreux spectacles partiront en tournée dans plusieurs villes de Rhône-Alpes. On pourra aussi s’imprégner de Rousseau par des expositions, des sorties éditoriales, des pique-niques républicains et goûters philosophiques, ou par des balades animées dans les Bauges, le Pilat ou les monts d’Ardèche. Une carte des itinéraires de Rousseau sera diffusée à partir de janvier. Rousseau 2012 est un projet porté par la Région Rhône-Alpes, soutenu par la Caisse d’épargne, la SNCF, France 3 et Libération. w Toutes les infos : www.rousseau2012.rhonealpes.fr et aussi : www.arald.org/rousseau Aux Charmettes, à Chambéry, le philosophe dit avoir connu « le vrai bonheur » avec Madame de Warens. Musées d’Art et d’Histoire de Chambéry, S. Paul sibles mais rapides moments qui m’ont donné le droit de dire que j’ai vécu. » Empruntant la petite route ombragée, Alphonse de Lamartine résume l’esprit du lieu : « Pour les poètes, c’est la première page de cette âme qui fut un poème ; pour les philosophes, c’est le berceau d’une révolution ; pour les amants, c’est le nid d’un premier amour. » Inspiré par les murs de lourdes pierres abritant un petit autel à Notre-Dame des Ermites, il l’est aussi par ce jardin tiré au cordeau où sa belle lui cueillit une pervenche… Jean-Jacques l’autodidacte se constitue là son « magasin d’idées ». Il ne s’y fixera pas plus. Il se rend à Montpellier, mais, en cours de route, descend de son cheval à Grenoble pour assister à une pièce de Voltaire, puis de Moirans, repart en voiture. Un long périple au cours duquel il a le temps de « découvrir le plaisir » dans une courte mais intense idylle avec Mme de Larnage, noble dame de Bourg-Saint-Andéol. Mais ses voyages ne sont pas toujours aussi frivoles : à Lyon, il échafaude les prémices de sa philosophie politique, détaillée dans Du contrat social et dans Émile ou De l’éducation. Il prône l’égalité, la liberté, l’autodétermination des peuples… Il verra ses œuvres censurées et brûlées, sera chassé de France, puis de Suisse. Il doit prendre le pseudonyme de Jean-Joseph Renou pour revenir à Lyon, puis à Bourgoin. Là, le 30 août 1768, il épouse une servante, Thérèse Levasseur, avec laquelle il est lié depuis 1745, puis se retire avec elle à la ferme Monquin, de Maubec. Il rédige la seconde partie de ses Confessions pour tenter de mieux se faire comprendre. À nouveau, la nature et le calme l’inspirent mais il garde la bougeotte, partant, à pied, pour herboriser en Chartreuse ou dans le Pilat. Malgré les « essaims d’espions malveillants » qui l’entourent, il tente même de faire chanter en canon ses compagnons, affirmant : « La source du vrai bonheur est en nous. ». Véronique Vigne-Lepage 1. La Croisée des errances paraît en janvier 2012, éditions La Fosse aux ours. Au cours de l’été 1769, Rousseau herborise dans le Pilat. l’année rousseau commence à Chambéry Le 20 janvier, la Région Rhône-Alpes lance l’année Rousseau à Chambéry. Cette ouverture officielle débute, à l’espace Malraux, par une célébration en musique avec une création de Philippe Hersant, « Les rêveries d’un promeneur solitaire ». Le lendemain, samedi 21 janvier, Forum citoyen, sur le thème « Redécouvrir l’égalité ». Au programme, le philosophe Blaise Bachofen, un débat contradictoire organisé par Sciences Po Grenoble et l’intervention de l’économiste Michel Aglietta. Jean-Luc Rigaux



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