[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°23 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : énergie... le virage est pris.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
IMO Irki.t. h se 1 1v..• r 5.F y, '1 f', ti Ir, i 12 N°23/HIVER 2011 Les familles à énergie Jusqu’au 30 avril, plus de mille foyers rhônalpins vont relever le défi « Familles à énergie positive en Rhône-Alpes ». Initié par l’association Prioriterre en Haute-Savoie, ce concours est porté par les associations du réseau Info Énergie de Rhône-Alpes. Leur mission : utiliser toutes les astuces pour réduire la consommation d’énergie et de CO 2. L’an dernier, l’objectif de 8% d’économies a été « explosé », avec 20% en moyenne, soit 220 euros par famille. Pour y parvenir, chacun sa méthode… Saint-Just d’Avray Lyon Chambéry Saint-Chef Textes : Véronique Vigne-Lepage. Photos : Marc Chatelain.. i0174C 4.k 4 -.6.1 : i'• -.'.a'S+'l'S 4'j t 4.':.. * f\A•. 1 `•'S Les militants Anne Muselli, Yohel Moreau et leurs filles, Lunah, Lila et Maya, vivent dans le luxe : celui qu’offre la nature. Venus à Saint-Just-d’Avray, aux confins du Rhône et de la Loire, pour échapper aux prix élevés des maisons à Lyon, ils ont découvert, notamment grâce au concours, un nouveau mode de vie. « Nous nous sommes mis à anticiper, explique Yohel. Décongeler un aliment la veille permet d’apporter du froid au frigo et évite d’utiliser le micro-ondes. Quant au four, on le fait chauffer seulement pour y cuire deux ou trois plats dans la foulée. » Les filles, émoustillées par le défi, ont vite pris le pli. Curieux de nature, Yohel a décidé d’expérimenter une foule de changements : « J’ai isolé les tuyaux de chauffage. Puis on a sorti le congélateur de la grange, trop froide. On a dépoussiéré et vidangé les radiateurs, aspiré derrière le frigo et mis partout des ampoules basse consommation. » Grâce au wattmètre donné par les organisateurs du concours, Anne et Yohel ont constaté que tous les appareils branchés consomment, même en veille : « Les enceintes sur l’ordinateur : 10 Wh ! Nous avons mis des prises multiples dans toutes les pièces et le soir, on éteint tout ». Même la box s’arrête entre 23 heures et 7 heures, grâce à un programmateur : « On n’a pas besoin de téléphone la nuit », assure Anne. Leur équipe a gagné au plan départemental avec 30% d’économies ! Et leur démarche a dépassé la question de l’énergie : ils ont laissé la voiture au profit des transports en commun et installé des « mousseurs » aux robinets d’eau, pour en limiter le débit. « Dans la douche, ajoute Lunah, on récupère dans un seau l’eau froide qui coule avant la chaude. On l’utilise pour arroser le jardin ». Anne le reconnaît : « Au début, ces changements m’énervaient parce que, dans notre société, consommer est associé à la liberté et au plaisir. Mais à présent, cela ne me pèse plus, au contraire. » Le méticuleux D ans sa maison à Saint-Chef, en Isère, Philippe Ramade conduit une guerre de tranchées contre les déperditions d’énergie. Caméra thermique au poing, prêtée par son entreprise, il a repéré les « fuites » de chaleur, comme celles des fentes décoratives de ses portesfenêtres et les a masquées par un isolant. « J’ai aussi mesuré la température au-dessus de mon frigo : 13,8 °C, contre 20 °C dans la cuisine. Une passoire ! » Philippe, roi de la récupération, a déniché un morceau de polystyrène, matériau isolant, qu’il a posé sur le frigo. Depuis, une sonde lui permet de contrôler que le froid ne s’échappe plus. Il s’est aussi attaqué au chauffe-eau, dans l’escalier de la cave, où règnent quelque 18 °C : « Un dimanche, j’ai mis une sonde dans le ballon, puis j’ai chauffé au maximum. J’ai ensuite noté toutes les heures la température, afin d’établir une courbe de déperdition. Le dimanche suivant, j’ai enveloppé le chauffe-eau d’un emballage isolant et j’ai recommencé afin de comparer les courbes : l’eau refroidissait presque moitié moins vite ! » Autre action : après avoir enregistré, heure par heure, les temps de mise en route automatique, Philippe décide de limiter le chauffage de l’eau à 55 °C. « Cela suffit et l’appareil se met beaucoup moins souvent en marche. » Cet ajustement lui a donné l’idée de faire de même pour la pression de l’eau et pour le chauffage de la maison. Assuré en majorité par un poêle à bois, celui-ci mobilise aussi une chaudière au fuel. « En programmant la température à 1° de moins (19 °C), j’ai fait 7% d’économie ! » Au début, Madame a eu froid, puis « elle s’est habituée ». Et plus question de laisser la lumière extérieure lorsque Philippe doit rentrer tard. Il préfère arriver dans l’ombre mais voir sa facture réduite !
N°23/HIVER 2011 AhânfAIpeF, 13 positive rayonnent « L’idéal ce sont les bons vieux édredons. Cet hiver, je teste le 16 °C ! » La courageuse U n immeuble des années 1940 en plein quartier de La Part- Dieu, à Lyon, un étroit escalier de pierre : voilà le petit appartement qu’occupe Carine Libouton avec Pollux, son chien. « Je me sens bien ici mais avec les murs en mâchefer, la température ne dépassait pas 18 °C en hiver, explique la jeune femme. J’ai essayé, vainement, de faire changer les fenêtres, avant de demander un diagnostic énergétique. Au final, j’ai fait reprendre toute l’isolation. » À l’Agence locale de l’énergie, Carine entend parler du concours « Familles à énergie positive ». « Curieuse, j’ai voulu en profiter pour voir comment je pouvais aller au-delà en termes d’économies d’énergie », assure cette courageuse qui, aussitôt, se fixe un objectif : « Tester ma résistance au froid. » Alors que la nouvelle isolation et l’achat d’une chaudière à condensation lui avaient permis d’atteindre des températures confortables, elle règle le thermostat d’ambiance, pour la nuit… à 18 °C d’abord, puis à 17 °C ! « J’y suis allée progressivement. Mais en fait, il suffit de bien s’emmitoufler et l’on est très bien. L’idéal, ce sont les bons vieux édredons : j’ai récupéré celui de ma grand-mère. Cet hiver, je teste le 16 °C ! » Carine admet qu’habitant en immeuble, elle profite de la chaleur des appartements voisins : un atout dont elle a pris conscience en discutant avec les autres membres de l’équipe lyonnaise. Malgré son caractère réservé, elle a accepté d’en être la « marraine », ou le « capitaine » : « C’est bien d’échanger avec d’autres, des idées que je peux retransmettre à mon tour à des collègues ou amis. Cela sème des petites graines. » Ses idées, Carine les pioche au cours de ses voyages, n’hésitant pas à rapporter du Japon une verseuse économisant l’eau pour la toilette. « Que je participe à nouveau ou pas au concours, il est certain qu’il a enclenché quelque chose. » Les zen D epuis qu’elle a pris sa retraite, Claude Mongrédien prend son temps. Par exemple, celui de coudre un rideau pour calfeutrer la porte du chalet où elle vit avec Fabrice, son mari, à Chambéry-le-Haut. C’est l’une des idées qui lui est venue pour devenir une « Famille à énergie positive » : « Nous étions sensibilisés à la protection de l’environnement, explique Fabrice. Mais le concours a été un moyen de faire des économies supplémentaires sans pour autant mener une vie d’ascète. » Le couple savoyard a trouvé une autre source d’économie : mettre l’étage des chambres hors tension le soir et lire grâce à une lanterne solaire, chargée dehors en journée. « Nous dormons beaucoup mieux car nous avons ainsi supprimé le champ électromagnétique favorisé par le bois. » Claude et Fabrice ont aussi décidé d’arrêter pendant la nuit leur chaudière, jugée trop efficace : « Nous avons été surpris de constater que laisser la température descendre à 19 °C ajoute à notre confort. » Pour aller plus loin, Claude s’est constitué un cahier d’entretien des appareils ménagers : « Je note la date à laquelle je nettoie le filtre de la machine à laver, par exemple, afin de penser à le faire à nouveau régulièrement. Cela évite qu’elle ne force et ne consomme davantage d’électricité ». Récupérer l’eau de pluie, l’économiser dans la maison, acheter local. « Cette démarche est devenue, pour nous, un état d’esprit », assure Fabrice. On pourrait même parler de virus : ce professeur de technologie en collège fait fabriquer à ses élèves une maquette de maison écologique. Chez lui, il fabrique des cuiseurs solaires à partir d’antennes paraboliques et étendoir à linge récupérés ! Son seul regret : sa fille cadette reste accro aux séchoir et lisseur à cheveux…



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :