[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°19 déc 10/jan-fév 2011
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°19 déc 10/jan-fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de déc 10/jan-fév 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (275 x 355) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : la Région passe à table... tous les atouts pour bien manger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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■ 2 N°19/hiver 2010 Édito Jean-Jack Queyranne Président de la Région Rhône-Alpes Tous les atouts pour bien manger I sabelle, agricultrice dans les monts du Lyonnais, nous confiait au printemps dernier son amertume de devoir réclamer le RSA, le revenu de solidarité active. Avec 42 vaches laitières, son mari et elle ne parviennent pas à vivre de leur travail alors qu’ils y consacrent 70 heures par semaine. Ils ne sont pas seuls à trembler pour le lendemain. De nombreux exploitants agricoles sont confrontés à des situations dramatiques : plus de 1500 ont sollicité le revenu de solidarité active en Rhône-Alpes. La chute des prix agricoles les a réduits à cette extrémité toujours vécue comme une humiliation. Les consommateurs, eux, n’ont pas profité de cette baisse et ont le sentiment de perdre du pouvoir d’achat. Ils s’interrogent sur la qualité de leur assiette, sur les risques alimentaires, sur les OGM. La Région Rhône-Alpes, qui dispose d’un budget de 35,4 millions d’euros pour l’agriculture, n’a pas la capacité de réguler les marchés. Mais « Rhône-Alpes elle travaille, jour après jour, à rapprocher producteurs et consommateurs : est la première c’est l’une des voies de la région bio de survie de l’agriculture rhônalpine et la garantie d’une France en nombre alimentation de qualité. de fermes. » En dix ans, plus de 20% des exploitations rhônalpines ont disparu. Mais celles qui pratiquaient la vente directe ou la transformation des produits ont beaucoup mieux résisté : seules 5% d’entre elles ont cessé leur activité. Un tiers des fermes de Rhône-Alpes vendent aujourd’hui directement leurs légumes, fruits, viandes ou fromages. Nous sommes une des régions leader dans ce domaine. Avec un bassin de 6 millions de consommateurs, nous avons tous les atouts pour développer les points de vente collectifs, les marchés de producteurs, les Amap, associations engagées dans le maintien d’une agriculture paysanne, la diffusion de paniers de saison. Premier restaurateur de Rhône-Alpes à travers les restaurants des lycées, la Région joue aussi son rôle. De plus en plus d’établissements font appel aux produits bio et rhônalpins. Ce développement des circuits courts est indissociable d’une amélioration de la qualité. Le consommateur doit trouver, dans cette proximité, des produits de saison plus frais, plus goûteux, plus variés. Première région bio de France en nombre de fermes, Rhône-Alpes est loin de satisfaire la demande. C’est toute la filière qui doit se structurer, de la production à la commercialisation. La Drôme, premier département bio de France, a tracé la voie. Le bonheur est dans Être bien dans son assiette… comme un Français à table. La formule n’a jamais été aussi juste. Selon le Credoc, nous sommes accros au repas convivial. Se retrouver autour d’une table à midi et le soir constitue l’une des particularités hexagonales qui limiterait le risque d’obésité (1). Alors qu’aux USA, « se nourrir est considéré comme un acte technique », manger en France reste un temps nécessaire et surtout convivial. Voilà une très bonne nouvelle. Le plaisir de retrouver sa famille, ses amis et ses collègues participe au bonheur de manger et nous épargne l’embonpoint solitaire. À plusieurs autour d’une table, « la discipline collective réduit le risque de comportement compulsif » : on mange plus lentement, on évite de se gaver d’un mets préféré. La région Rhône-Alpes serait d’ailleurs moins concernée par l’obésité que la plupart des autres régions françaises avec un taux de 11,9% contre 14,5% au niveau national et 25% chez nos voisins allemands et anglais. Autre bonne nouvelle, Rhône-Alpes détient tous les ingrédients d’une assiette savoureuse : un éventail de toutes les productions françaises, une tradition de gastronomie, les meilleurs chefs cuisiniers, des circuits plus courts, des AOC en pagaille et une première place sur le podium du bio français. Alors, tout va pour le mieux ? Pas tout à fait. Nos « pères » nourriciers, les agriculteurs, subissent une crise sans précédent. En Rhône-Alpes, les producteurs de lait ont été l’as particulièrement touchés par la chute des prix. Ils peinent à retrouver l’équilibre. Pour sortir de l’impasse, retrouver du sens, de nombreuses fermes se tournent vers la vente directe, les magasins collectifs, la distribution de paniers ou la fabrication de produits maisons, comme les yaourts, les légumes ou les fruits conditionnés. Le bio semble aussi l’une des voies d’avenir. Pour le consommateur, l’intérêt semble évident : meilleurs pour la planète et la santé, les produits bio attirent une clientèle de plus en plus large. Mais le prix de vente, en apparence supérieur à la moyenne des produits conventionnels, fait du bio l’apanage des classes aisées. Autre défaut : commandé en grande quantité, comme c’est le cas dans les restaurants des lycées, il a toutes les peines du monde à satisfaire la demande. Les filières s’organisent, des agriculteurs se convertissent, mais le mouvement trop lent pâtit de la taille des exploitations, de la faiblesse des réseaux et des aides très chiches de l’Europe. Au titre des subventions agricoles de 2009, le bio n’a reçu que 0,8% des 9,5 milliards d’aide… En attendant une offre plus large, il reste une solution efficace : améliorer la qualité. Comme le confient les grands cuisiniers : « Le principal, c’est le produit ». Oui, mais le bon. Élisabeth Chambard (1) Lettre n°232 du Crédoc, Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, septembre 2010. Sommaire Diagnostic de l’exploitation 1 Engagement auprès d’un organisme certificateur 2 3 Conversion Maïs 2 ans Vergers 3 ans P.6 Le lycée de Largentière vire au bio Chaque jour, les élèves de la cité scolaire de Largentière, en Ardèche, mangent des produits issus de l’agriculture biologique fournis par des producteurs locaux. Et tout le monde s’y retrouve. Les étapes de la conversion à une agriculture biologique P.8 Vente de produits Maïs 4 Obtention de la certification Bio La conversion bio de Guillaume Agriculteur dans l’Ain, Guillaume Plantier convertit à l’agriculture biologique 82 hectares de l’exploitation céréalière de son père. Avec le soutien du réseau Corabio, organisation d’agriculteurs bio.
rlhâne-kIpes. N°19/hiver 2010 3 siette Au lycée hôtelier Savoie Léman à Thonon-les-Bains. Hervé Hugues P.12 Le lait, toujours en crise Le prix du lait a chuté de plus de 50% en 2009. En Rhône-Alpes, de nombreux agriculteurs, qui vendent directement aux industriels, connaissent des situations très difficiles. D’autres tirent leur épingle du jeu en transformant leur production en yaourts ou fromages. P.14 Dans l’agroalimentaire, on recrute Quatre chefs d’entreprise de Rhône-Alpes témoignent : ils recherchent des candidats pour travailler dans l’agroalimentaire (viande, salaisons, légumes). Deux jeunes gens, en formation, sont optimistes pour leur avenir. P.16 Les aliments de demain Chez Alimentec, plate-forme agroalimentaire basée à Bourgen-Bresse, on met au point un emballage en maïs biodégradable. À Morgon, un vigneron met de la musique dans son vin : « les levures fermentent plus doucement », affirme-t-il. P.18 La châtaigne, une histoire ardéchoise Nourriture de base au Moyen Âge, la châtaigne a failli disparaître avec l’exode rural. La moitié de la production française pousse en Ardèche. L’AOC, obtenue en 2006, a relancé ce fruit, apprécié en hiver, chaud ou glacé.



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