[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°1 avril 2006
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°1 avril 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de avril 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (210 x 271) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial sur les métiers de la Région.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
2 RhôneAlpes Avril 2006 Portrait encore plus ! » Les qualités demandées : du goût, de la patience et de la créativité. « Le carrelage,on ne peut pas dire que c’est difficile, il faut surtout avoir l’œil », estime la jeune apprentie, qui conseille dorénavant certains clients sur le choix des carreaux ou de la couleur des joints. Comme tout apprenti, Amandine alterne une semaine de cours au CFA et deux semaines en entreprise avec son père. Les semaines au CFA permettent d’approfondir des techniques, de prendre du recul sur certains modes opératoires, d’apprendre par exemple à bien démarrer un chantier. « Nous travaillons très étroitement avec les entreprises, souligne François Strignano. Nous sommes complémentaires. » La salle de cours est conçue comme un atelier de travail. Les enseignants s’attachent à impliquer les apprentis dans leur formation, à les faire participer le plus possible. Une complicité professionnelle, empreinte de respect réciproque, les lie peu à peu. « Tous les carreleurs trouvent du travail. 95% des entreprises qui les emploient en apprentissage les gardent lorsqu’ils ont obtenu leur diplôme. Les meilleurs d’entre eux sont courtisés comme des joueurs de foot ! » FRANÇOIS STRIGNANO, PROFESSEUR AU CFA MICHEL-CLUZEL À SAINT-ÉTIENNE Une apprentie à carreaux Amandine Mounier,17 ans, est l’unique fille de la section carrelage du Centre de formation des apprentis (CFA) Michel-Cluzel à Saint-Étienne. Quand j’en ai parlé à mes copines, elles ont été choquées. Aujourd’hui, elles me disent que j’ai eu raison de choisir cette voie. » Depuis qu’elle est devenue apprentie et qu’elle « s’éclate » en réalisant des mosaïques, Amandine Mounier a convaincu ses amies du bien-fondé de son orientation professionnelle. Elle n’a jamais douté. Toute petite, elle rêvait déjà de travailler avec son père dans l’entreprise familiale de maçonnerie. Mais plutôt que d’épouser ce métier, elle a choisi le carrelage, découvert lors d’une manifestation de présentation des métiers du bâtiment et des travaux publics organisée par le centre de formation des apprentis (CFA) Michel-Cluzel à Saint-Étienne. « Il vaut mieux faire un métier que l’on aime », constate sagement cette Ricamandoise âgée de 17 ans, qui s’ennuyait auparavant au collège. Amandine termine sa deuxième année au CFA. En juin, elle passera son CAP. Avec de sérieuses chances de le décrocher. Amandine est la seule fille de sa section, au milieu de douze garçons. Son intégration a été facilitée par la présence d’une autre apprentie qui terminait sa quatrième année de formation. « Je lui ai demandé de travailler avec elle, de lui transmettre le témoin », explique François Strignano, l’un de ses professeurs. Après des débuts difficiles, elle s’est accrochée. Sa rigueur, son sens de l’organisation ont vite pris le dessus. « Elle m’a épaté », confie Rémy Di Qual, son professeur d’atelier en première année. Aujourd’hui, ses avis sont respectés par ses collègues masculins. Pour autant, « personne ne gâche son mortier ou ne porte ses carreaux à sa place », précise François Strignano. Le métier qu’Amandine découvre au CFA correspond bien à ce qu’elle voulait faire. « Ça me plaît Lyon Saint-Étienne Chambéry Grenoble 20 août 1989 Naissance à Saint-Étienne 2000-2004 Scolarité au collège du Chambon-Feugerolles Septembre 2004 Entrée au CFA du BTP de Saint-Étienne, section carrelage Juin 2006 Épreuves du CAP de carrelage Le parti pris pédagogique de François Strignano est de « développer la motivation par la créativité. Mon objectif est de leur montrer qu’ils peuvent faire de belles choses, de les mettre en situation de réussite », insiste l’enseignant, lui-même ancien apprenti, heureux de faire partager sa passion. En dehors des heures de cours habituels, il a ouvert un atelier optionnel de mosaïque le mercredi et incite les apprentis à participer à des manifestations comme le Téléthon, à des salons comme le Printemps des métiers ou à des compétitions comme les Olympiades. Avec succès, puisque l’un des apprentis stéphanois, Frédéric Biaunier, a remporté en février 2006 à Valence, en Espagne, le premier titre de champion d’Europe des carreleurs. L’apprentissage a perdu son image négative de voie d’échec. Ces formations en alternance séduisent de plus en plus de jeunes, notamment des diplômés de l’enseignement supérieur, dans une impasse professionnelle à la fin de leurs études. « Tous les carreleurs trouvent du travail. 95% des entreprises qui les emploient en apprentissage les gardent lorsqu’ils ont obtenu leur diplôme. Les meilleurs d’entre eux sont courtisés comme des joueurs de foot ! » observe François Strignano. Huit apprentis sur dix sont recrutés dans les sept mois qui suivent la fin de leur formation, et la moitié signe un contrat à durée indéterminée (CDI). L’avenir d’Amandine est donc tout tracé. Tout d’abord dans l’entreprise familiale qui déborde de travail : elle a déjà mené des chantiers, réalisé des salles de bains, pour la plus grande fierté de son maître d’apprentissage et père. « Mais on va revoir à la hausse les exigences en matière d’autonomie et de responsabilité », prévient François Strignano, qui veut consolider l’avenir professionnel de la carreleuse. Après sa quatrième année et son brevet professionnel, elle pourrait préparer un brevet de maîtrise, en liaison avec la chambre de métiers de Saint-Étienne et créer son entreprise. Ou en reprendre une. « Cent mille entreprises du bâtiment seront à céder dans les dix années à venir », prévoit Christian Baffy, président de la Fédération française du bâtiment, bien décidé à ouvrir ce secteur aux femmes. Vingt mille d’entre elles seront recrutées d’ici à 2009 comme carreleuses, maçonnes, plombières ou gruteuses. Des emplois à la portée de la petite sœur d’Amandine qui se destine elle aussi aux métiers du bâtiment. Vincent Charbonnier
L’apprentissage LA RÉGION VEUT FAIRE PASSER LE NOMBRE DES APPRENTIS À 50 000 EN 2010 LORS DE LA RENTRÉE 2005, le nombre d’apprentis a augmenté de près de 8% en Rhône-Alpes : ils sont désormais 36 196. 8/10 apprentis trouvent un emploi dans les sept mois suivant la fin de leur formation. Agriculture 5,7% Gestion, vente, commerce 10,8% Coiffure, esthétique, santé, service aux personnes 15,6% Travaux publics, bâtiment, bois, ameublement 17,3% RhôneAlpes Avril 2006 3 11,9 Autres% Mécanique auto, électricité, électronique 21% Hôtellerie, restauration, boulangerie, boucherie 17,7% Les effectifs par domaine d’activité INITIATIVE : OUVERTURE D’UNE NOUVELLE SECTION À BOURG-EN-BRESSE Le lycée Marcelle-Pardé prêt à en découdre Ce n’est pas un scoop : la production textile de masse tend à quitter l’Europe pour les pays asiatiques, mais la demande de main-d’œuvre qualifiée est toujours présente dans l’Hexagone. À Bourg-en-Bresse, le lycée professionnel Marcelle-Pardé a senti le vent tourner et proposera dès la rentrée prochaine une mention complémentaire « essayage-retouche-vente ». Ce diplôme, qui se préparera en un an, permettra aux titulaires d’un CAP, BEP, BT, bac pro ou général d’être capables d’aider le client dans son choix, de repérer d’éventuelles retouches et d’en maîtriser le coût. La formation se fera en alternance, lycée-entreprise et, grande nouveauté, sera assortie d’une option. « Il s’agit de faire découvrir au jeune une spécialisation à laquelle il n’aurait pas forcément pensé,explique Christophe Cabrera, proviseur de Marcelle-Pardé. L’option pourra concerner, entre autres, le domaine de la sellerie, du mobilier ou encore des vêtements professionnels. » Outre son activité au lycée et dans l’entreprise, l’étudiant se familiarisera avec une autre facette du secteur dans lequel il compte évoluer. La mise en place de cette filière s’est faite en contact permanent avec les professionnels du secteur. « Les pros, Le lycée proposera en 2006 une mention essayage-retouche-vente. qui représentent environ 400 emplois dans le département, ont besoin de gens polyvalents », poursuit le chef d’établissement. Il s’avère également que de nombreux jeunes – des filles en très grande majorité pour cette filière – souhaitent prolonger leur formation initiale. Cette mention complémentaire qui s’ouvrira, pour commencer, à une douzaine d’élèves, n’est que le début d’une montée en puissance. Marcelle-Pardé compte ajouter prochainement un bac professionnel des métiers de la mode à sa palette de formation. Le but est clair : accompagner le CAP Prêt-à-porter et le BEP Métiers de la mode déjà au programme, afin de constituer un pôle spécialisé le plus diversifié possible.L.D. « L’entreprise s’engage » INTERVIEW CHLOÉ SONNINO, responsable formation en entreprise (Villefranche, Rhône) Vous faites partie des 50 entreprises rhônalpines à avoir signé la charte de l’apprentissage. Quel est votre objectif en la matière ? En septembre 2005, Blédina a signé cette charte de l’apprentissage avec Jean-Jack Queyranne, président du Conseil régional, et Gérard Larcher, ministre délégué à l’Insertion professionnelle des jeunes. Le groupe Danone, auquel nous appartenons, l’avait signée au préalable au niveau national. L’objectif est de développer l’accueil de jeunes en alternance (apprentissage et contrats de professionnalisation). Quantitativement, Blédina s’est engagé à augmenter le nombre de contrats d’alternance des moins de 26 ans d’au moins 20% en deux ans. Nous en comptons actuellement un peu plus de 20 sur un effectif de 1 450 personnes. Comment va se faire cette évolution dans votre entreprise ? Parmi les engagements que nous avons pris en signant la charte, certains sont particulièrement importants à mettre en œuvre. Il s’agit notamment de renforcer notre collaboration avec les organismes de formation pour une meilleure qualification des jeunes. Cela peut passer par des interventions dans les écoles, par une participation aux jurys ou par un échange approfondi sur l’adéquation entre le contenu des postes de travail sur lesquels nous pouvons accueillir les jeunes et les programmes de formation. Autre point : la formation des tuteurs, que nous allons systématiser. Comment œuvrez-vous en interne pour élaborer ce plan ? Nous avons mis en place un groupe de travail issu de la commission paritaire emploi-formation du comité d’entreprise. Nous étudions aussi sur quels types de métiers nous pouvons accueillir davantage de jeunes ayant des CAP, BEP ou bac pro, car nous avons surtout des titulaires de BTS ou diplômes supérieurs. Or la charte vise aussi à favoriser la diversité. TÉMOIGNAGE : LE CHOIX DES MÉTIERS DE BOUCHE « Apprendre un savoir-être » Lyon Saint-Étienne Annonay Grenoble Gilbert Chavassieux, directeur du CFA Ardèche-Nord. « Pour la plupart de nos 350 apprentis, l’orientation vers la boulangerie ou la cuisine n’est pas un choix de dernière minute. » Gilbert Chavassieux, directeur du CFA d’Annonay, en est fier, même si les candidats sont plus rares en poissonnerie ou en boucherie « alors qu’il y a beaucoup de débouchés ». Les apprentis suivent tous les cours nécessaires à leur diplôme mais avec une pédagogie adaptée : « Nous essayons de repérer les difficultés de chacun, de faire des sous-groupes, explique le directeur. Par ailleurs, les formateurs – notamment le référent de chaque apprenti – font le lien avec la pratique en entreprise et responsabilisent au maximum les jeunes. » Au bout des vingt-quatre mois de contrat, ceux-ci trouvent un emploi ou reprennent des études : « L’apprentissage leur permet aussi d’apprendre un savoir-être », estime Gilbert Chavassieux. V. V.-L. FAVORISER L’APPRENTISSAGE La Région investit sur l’apprentissage : elle y a consacré 143 millions d’euros en 2005. Pour porter à 50 000 le nombre d’apprentis en 2010, la Région a signé un contrat d’objectif avec l’Etat. Ce contrat prévoit d’augmenter la part des apprentis du secteur public, ainsi que le nombre de jeunes filles et de développer l’alternance dans des secteurs porteurs ou qui ont des difficultés à recruter. DES AIDES DE LA RÉGION Pour encourager l’apprentissage, la Région verse des aides aux employeurs, mais aussi aux apprentis. Tout employeur d’apprenti peut recevoir une aide de base de 1000 euros, cumulable avec une aide de 1000 euros si l’apprenti entreprend une formation de niveau V (CAP, BEP). Il est possible aussi de toucher une aide de 1 500 euros pour un apprenti de plus de 18 ans sans qualification. Tout apprenti qui s’oriente vers un métier en tension (bâtiment, restauration) peut recevoir une aide de 1000 euros. ➜ En savoir plus : numéro Azur 0810 833 980 (coût d’un appel local).



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :