[Pays de la Loire] Pays de la Loire n°35 jan/fév 2011
[Pays de la Loire] Pays de la Loire n°35 jan/fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de jan/fév 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Région Pays de la Loire

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : maisons de santé... partout, le droit aux soins.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 une économie durable pour tous RECHERCHE Des moyens pour la santé, à com Pour attirer les chercheurs, il faut financer des équipements qui les hébergent.­la­région des Pays de la­loire se donne donc ­ les moyens de ses objectifs.­avec l’ouverture de l’irt* à­nantes en 2009, puis celle de l’Iris* à­angers il y a quelques semaines, les chercheurs en santé bénéficient de conditions de travail optimales.­et ce n’est pas fini : d’autres projets sont annoncés ­ d’ici 2015. A l’IRT, Récit d’une découverte Un gène médicament qui rend la vue, mis au point à Nantes Des chiens aveugles qui recouvrent la vue… Loin d’être miraculeuse, cette guérison est le fruit de longues années de travaux menés par une équipe du laboratoire de thérapie génique (1), dirigé par le Pr Philippe Moullier, à Nantes. Cela concernera 100 à 200 enfants atteints de l’amaurose congénitale de Leber. Aujourd’hui, cette maladie de la rétine les condamne à la cécité totale, en quelques années. Alors pour eux, ce sera presqu’un miracle… Un « gène médicament », mis au point par une équipe de chercheurs nantais et testé avec succès sur des chiots, est en passe d’obtenir le feu vert de l’Afssaps (agence du médicament) pour procéder aux essais sur de jeunes malades. Dans quelques années, tous pourraient en bénéficier… et peutêtre recouvrer la vue. A deux pas de l’Hôtel-Dieu, à Nantes, c’est ici, dans les nouveaux bâtiments de l’Institut de recherche thérapeutique (IRT) que travaillent désormais les équipes du Pr Moullier. Le bouillonnant directeur du laboratoire de thérapie génique aime à raconter cette aventure, qui a commencé au tout début des années 2000 (2). l’esprit grand ouvert/n°35/janvier-février 2011 Un virus devenu « vecteur » A l’origine : la chercheure Fabienne Rolling, arrivée d’Australie, et ses recherches sur un virus qui a le pouvoir de transporter dans le corps, sans effets secondaires, un gène-médicament. Le procédé est simple : on retire du virus les gènes qui nous rendent malades et on y insère à la place un gènemédicament. Le virus conserve sa capacité à pénétrer au cœur de nos cellules et à y redéposer le matériel génétique qu’il contient. Le virus n’est plus alors tout à fait un virus, on l’appelle « vecteur ». Avec son équipe, elle a d’abord isolé le gène défaillant, responsable de l’amaurose congénitale, puis a travaillé à la mise au point d’un gène médicament. « Grâce à une étroite collaboration avec le centre de Boisbonne de l’école vétérinaire, et le service d’ophtalmologie du CHU de Nantes du professeur Michel Weber, les résultats ont pu être testés sur des chiens souffrant de cette même maladie, se souvient Philippe Moullier. En 2006, on a rendu la vue à des briards aveugles. » Antoine Gazeau Après avoir été testé avec succès sur des chiens, le gène médicament révolutionnaire devrait rendre la vue à des enfants. Du chien à l’être humain Un succès qui a permis de passer à l’étape supérieure : l’adaptation et la production du médicament pour l’être humain, au sein de la plateforme Atlantic Bio GMP à Saint-Herblain (voir encadré). Reste désormais à obtenir le feu vert de l’Afssaps (agence du médicament) avant de procéder aux essais avec des enfants malades. « Surtout, désormais, de nouvelles voies de recherches s’ouvrent à nous pour des applications sur des pathologies plus courantes comme la dégénérescence maculaire (3) qui touche principalement les personnes de plus de 50 ans. » n (1) Laboratoire de vecteurs viraux pour transfert de gènes in vivo (UMR 649). (2) Ce programme de recherche intégrée a reçu l’aide des collectivités, de l’association française contre les myopathies, du CHU, de l’Inserm. (3) Affection de l’oeil qui résulte de la détérioration de la macula, une petite zone de la rétine située au fond de l’oeil. Atlantic Bio GMP, fabricant de « gènes médicaments » Tout juste inauguré au sein du pôle de compétitivité Atlanpole Biothérapies, à Saint- Herblain, Atlantic Bio GMP met au point et produit les fameux gènes médicaments, issus de la recherche en thérapie génique. Ce centre de production de vecteurs viraux à usage clinique, porté par l’Etablissement Français du Sang, aura coûté 4,5 M € dont 670 000 € financés par la Région. n * IRT : Institut de Recherche Thérapeutique. Maître d’ouvrage, la Région a financé 8,2 M € des 34 M € de l’opération co-financée par l’Etat, l’Europe (FEDER) le Département de Loire-Atlantique, Nantes-Métropole, l’INSERM, l’INRA et le CHU de Nantes. * Iris : Institut de Recherche et d’Ingénierie de la Santé. Coût du bâtiment : 52 M € dont 21 M € pour l’Iris, financés par la Région à hauteur de 7 M €.
mencer par des mètres carrés… INvestissements à Nantes et à Angers Des collectivités aux p’tits soins des chercheurs Ils répondent aux doux noms d’irt et d’Iris. Ils ont été construits pour accompagner - et amplifier ! - le grand boum de la recherche en santé en Pays de la Loire. Ce sont les deux premiers équipements high tech offerts par les collectivités à des chercheurs venus des quatre coins du globe. Parce qu’ils sont construits dans le périmètre même des deux CHU, les collaborations entre chercheurs et équipes médicales sont faciles et fructueuses. A Nantes, l’IRT fonctionne depuis juillet 2009. Ses 10 000 m² abritent 7 plateaux techniques, 2 plateformes, 3 unités de recherche de l’Insermet 325 chercheurs. Deux autres bâtiments, appelés IRT 2 et 3, accueilleront les équipes de recherche encore disséminées dans les locaux de la faculté de médecine et du CHU à l’horizon 2015 (4). Spécialités A l’irt à Nantes : •Le laboratoire de thérapie génique travaille aussi sur les maladies des muscles : l’amyotrophie spinale et la myopathie de Duchenne. Concernant cette maladie, des premiers essais cliniques sur des humains pourraient être menés dès 2013.•Les équipes du centre de recherche en cancérologie Nantes-Angers travaillent suivant plusieurs axes : immunologie, radio-immunologie et thérapies ciblées. En l’espèce, les chercheurs s’intéressent aux mécanismes de survie des cellules cancéreuses afin de découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques et prédire l’efficacité d’un traitement pour tel ou tel patient. A Angers, l’équipement s’appelle l’Iris et il a ouvert ses portes en novembre, sur le campus de l’hôpital et de l’université. Ses 9 laboratoires et 5 plateformes rassemblent 300 chercheurs. Ils partagent, avec le plateau de biologie de l’hôpital, les 21 000 m² de l’Institut de biologie en santé. Néanmoins insuffisants pour regrouper toutes les équipes de recherche angevines, les 9 000 m² actuels de l’Iris seront complétés par un second bâtiment édifié à proximité. Porté par la Région, cet Iris 2 de plus de 2 300 m² devrait ouvrir en 2013. n (4) L’IRT 2 (20 M €), sera construit par la Région qui le financera à hauteur de 3 M €. L’IRT 3, réalisé par Nantes Métropole, coûtera 12 M € dont 8,5 M € financés par la Région.•Du côté de l’Institut du thorax, maladies cardiaques et risques vasculaires sont au cœur des recherches. Il s’agit par exemple de comprendre les mécanismes de mort subite à partir de l’étude de l’activité électrique cardiaque, de développer des méthodes de régénération du muscle cardiaque, ou encore d’identifier les gènes responsables de l’hypertension artérielle, du diabète et du cholestérol. A l’Iris à Angers : •En immunothérapie, des recherches sont menées pour définir une vaccination contre le cancer. Booster la recherche santé 11 En participant à la construction d’équipements de pointe dédiés à la recherche, la Région contribue grandement à améliorer les conditions de travail des chercheurs. En facilitant ainsi Maï Haeffelin les collaborations entre équipes Vice-présidente ­ de la Région ­ médicales désormais toutes proches, des Pays de la l’objectif est bien de continuer à Loire, en charge de l’enseignement développer la recherche santé en supérieur et de ­ Pays de la Loire, en forte croissance la recherche. depuis quelques années. Pour mémoire, le pôle de recherche en santé/biotechnologie de Nantes rassemble aujourd’hui plus de 500 personnes : ils n’étaient que 70 il y a 20 ans ! Avec les réalisations récentes, complétées d’ici cinq ans de nouveaux bâtiments, nous souhaitons non seulement améliorer la reconnaissance de nos équipes ligériennes, mais aussi attirer de nouveaux chercheurs. Des recherches aujourd’hui pour guérir demain•Des études portant sur les antioxydants et les polyphénols doivent servir à améliorer la protection cardiovasculaire.•Des recherches concernent les maladies du tissu osseux telles que l’ostéoporose, certains cancers…•En parasitologie, Angers mène une recherche originale sur l’ulcère de Buruli, maladie très présente dans les régions tropicales.•La mise au point de micro voire de nanoparticules contenant des médicaments permettant de mieux cibler les tumeurs, et donc de réduire les effets secondaires, est au centre des travaux menés par le laboratoire de vectorisation particulaire. n www.paysdelaloire.fr



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