[90] Vivre le Territoire n°80 sep/oct 2006
[90] Vivre le Territoire n°80 sep/oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°80 de sep/oct 2006

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : un dossier sur les investissements du Conseil Général dans les collèges.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ociété le RMI Quand solidarité rime avec efficacité Plus de 3100 habitants du Territoire de Belfort perçoivent le Revenu minimum d’insertion (RMI). Cette allocation ainsi que le dispositif insertion qui y est lié sont sous la responsabilité du Conseil général depuis le 1er janvier 2004. Une compétence délicate puisqu’elle concerne des personnes confrontées à de grandes difficultés. Crise économique, chômage et réformes de l’UNEDIC ont fait basculer nombre d’habitants du Territoire dans des situations difficiles. « En 2004, le département a recensé une augmentation de 16,6% du nombre d’allocataires du RMI et de + 10,6% en 2005 », note Ghislaine Decloux-Ferrand, directrice de la mission insertion au Conseil général. Au 1er juin 2006, ce sont ainsi plus de 3100 habitants du département qui se trouvent contraints de subvenir à leurs besoins avec en moyenne un peu plus de 430 euros par mois (voir encadré). Certes, c’est mieux que rien, mais si peu quand il s’agit de payer un loyer, se nourrir, se vêtir, subvenir aux besoins des enfants, maintenir une vie sociale et chercher un Fraude Un RMI sous contrôle Dans le Territoire, l’accès au RMI est facilité et simplifié. Les mesures mises en place par le Conseil général permettent aux personnes en difficultés de vivre au mieux leur situation. Des personnes indélicates seraient-elles tentées de profiter du système en falsifiant des documents, en délivrant de fausses déclarations ? « Nous avons mis en place avec la CAF (Caisse d’allocations familiales) un plan de contrôle annuel qui s’appuie sur trois types de vérifications. Cela forme un maillage particulièrement dense et les résultats parlent d’eux-mêmes ». Dans le Territoire de Belfort la fraude au RMI est quasiment nulle. « Nous avons entre une et deux fraudes qualifiées par an ». De fait, rien que pour l’année 2005, 4400 contrôles ont été effectués, soit plus d’un contrôle par allocataire. Le RMI reste au service de ceux qui en ont besoin. 8 magazine du Conseil général du Territoire de Belfort Un accès au RMI facilité, des bénéficiaires accompagnés et au final, une majorité de personnes qui retrouvent un emploi emploi. Dernier rempart contre la grande pauvreté le dispositif RMI géré par le Conseil général accueille de fait de plus en plus de personnes qui viennent de tous les horizons. « 50% des bénéficiaires sont des personnes seules sans enfants. Il y a également de nombreux étudiants en fin de cycle qui peinent à trouver un emploi, des travailleurs indépendants qui ont vu fondre leur activité, et bien sûr un nombre croissant de personnes en fin de droit ». Depuis 2004, date de lancement des réformes de l’UNEDIC initiées par le Gouvernement, les modifications des conditions d’accès et de durée des allocations chômage ont poussé un nombre croissant de demandeurs d’emplois vers le RMI. Depuis cette année-là également, ce sont les Départements qui assument la responsabilité pleine et entière du RMI. Dans le Territoire, un dispositif particulier a été mis en place. « Les élus de la majorité départementale ont souhaité instaurer une gestion simple et efficace. Dès lors, nous avons fait le maximum pour simplifier l’accès au RMI et pour accompagner les allocataires dans leurs démarches ». Concrètement ? « Nous avons ouvert dans chaque Point accueil solidarité (PAS) des permanences où les personnes sont accueillies pour toute demande de RMI. Ensuite, le dossier est traité en un maximum de trois jours ». Cette ouverture de droit facilitée s’accompagne d’une réunion d’information dans le mois qui suit. « Il s’agit de présenter le plus simplement possible l’ensemble des droits et devoirs liés à l’allocation. Il faut savoir notamment que l’obtention du RMI s’accompagne de l’ouverture à d’autres droits tels que l’accès à la CMU (Couverture maladie universelle), à l’allocation logement, à des tarifs spéciaux dans les transports, à l’exonération de la taxe d’habitation, etc. ». Enfin, chaque bénéficiaire se voit accompagner par un référent. Un professionnel du Conseil général qui le soutient dans ses démarches d’insertion professionnelle mais aussi sociale. « L’objectif final de tous les bénéficiaires de cette allocation consiste à trouver ou retrouver un emploi. Cependant, vivre le Territoire - septembre/octobre 2006 - n o 80
le magazine du Conseil général du Territoire de Belfort Belfort : Paul*, 54 ans, bénéficiaire du RMI « Ça n’arrive pas qu’aux autres » Paul a commencé à travailler à 17 ans. En plus de 30 ans d’activité professionnelle, il a construit sa vie, grimpé les échelons pour finir chef d’entreprise. « Nous avions une belle maison, une vie confortable, un équilibre de vie, les années à venir semblaient toutes tracées… ». Jusqu’au jour où : « le dépôt de bilan. À partir de là tout a basculé. On est passé du pavillon au logement HLM, d’un train de vie confortable à une situation qui m’amène parfois à aller quémander 50 euros à l’assistante sociale du PAS (Point accueil solidarité,ndlr). Quand vous êtes à votre compte et que vous cessez votre activité, vous n’avez plus rien ». Rien que le RMI ? « C’est ça : le RMI. Heureusement qu’il existe, heureusement qu’il y a des aides sinon… je pense que je me serais tiré une balle ». Le plus difficile ? « Je crois que ce n’est pas l’argent. C’est le regard des gens. Quand vous êtesrmiste, c’est comme si c’était marqué à l’encre indélébile sur votre front. On vous regarde de haut, on vous claque la porte au nez. Avec ma femme on a toujours eu l’habitude de se battre et croyez-moi on se bat ! Mais face au mépris que peut on faire ? ! J’ai envie de leur dire parfois aux gens : avant j’étais dans votre situation, un jour vous serez peut être dans la mienne… Faut pas croire, être au RMI, ça n’arrive pas qu’aux autres. Personne n’est à l’abri d’un accident de parcours ». L’avenir ? « Incertain. Je fais tout ce qui est nécessaire pour remonter un projet. Je ne cesse de multiplier les démarches mais les banques nous assassinent. Quand vous êtes dans une situation comme la nôtre, personne ne vous suit. C’est dur ». *le prénom a été changé pour des raisons d’anonymat vivre le Territoire - septembre/octobre 2006 - n o 80 société 9



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