[90] Vivre le Territoire n°177 jui/aoû 2018
[90] Vivre le Territoire n°177 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°177 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : 30 ans d'Eurocks.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
MÉMOIRE Gourde produite par les usines Japy. Tarifs de la maind’œuvre 1917. Contrôle et ouvrières chez Japy à la production de casques Adrian (Collection musée Japy, Beaucourt). 26 Vivre le Territoire N°177 — Juillet/Août 2018 » Le 18 mars 1916, le témoignage d’une ouvrière est publié  : « Nous travaillons 12 heures par jour, et quelquefois 14, et 16. Notre labeur, c’est celui des manœuvres  : il consiste à manipuler des obus qui ne pèsent pas moins de 7 kilos. Il nous en passe en moyenne, dans notre coin, 2 000 par jour entre les mains…. Voyez mes mains  : elles sont hideuses. Les premiers jours, la chair de mes doigts a été mise à vif ; ils sont enflés, meurtris, tuméfiés…. Eh bien ! À ce labeur de forçat, je gagne… Tenez vous bien… je gagne 38 centimes de l’heure et je suis une privilégiée. » Les conditions de travail et les salaires trop bas entraînent des manifestations sociales, même en cette période de guerre. Les conflits sociaux du printemps 1917 amènent tardivement, en octobre 1917, la mise en place de salaires minimum dans les usines métallurgiques de la région. Le salaire maximum d’une femme reste cependant 40% inférieur à celui d’un homme. Les ouvrières à la Une La propagande officielle prend rapidement en exemple ces « munitionettes » qui œuvrent dans les usines pour le salut de la Patrie. Il existe quelques affiches étrangères qui évoquent le travail des femmes en France, pour inciter à la mobilisation des forces aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Régulièrement, les journaux illustrés mettent à la Une des femmes au travail dans les usines, publient des photos très symboliques de femmes conduisant des tramways à Paris ou cultivant la terre en province. Dans la région, les usines Japy font réaliser deux séries de cartes postales, l’une montrant les étapes de fabrication des casques Adrian, l’autre la fabrication de gourdes dans les usines de Fesches-le-Châtel. Ces deux séries mettent en valeur le travail féminin, même si toujours en arrière-plan on voit un contremaître masculin
qui veille à la bonne exécution du travail. Dans les ateliers Peugeot d’Hérimoncourt, Beaulieu et Sochaux, de tels reportages photographiques sont également réalisés. Des rues belfortaines débaptisées En cet été 1918, la présence nombreuse de soldats américains dans la région est sans doute à l’origine de l’initiative de la municipalité belfortaine qui annonce, lors du banquet à la préfecture le 14 juillet, sa décision d’attribuer une rue belfortaine au Président des États-Unis, Thomas Woodrow Wilson, et une aux armées alliées. Louis Herbelin note dans ses carnets  : « Le Conseil municipal a décidé que l’avenue de la gare serait dénommée avenue Wilson et le fg de France, avenue des Alliés. Quelques conseillers ont bien élevé une protestation contre ce dernier changement, mais d’autres ont riposté que l’on savait bien que Belfort était en France. C’est vrai, mais peut-être aurait-on pu conserver les plaques « Faubourg de France » en raison de l’ancienneté de cette dénomination qui fait partie de l’histoire de Belfort. En tout cas, il n’y a que les vieux Belfortains à trouver mauvais ce changement. Qu’estce que cela peut bien faire aux nouveaux,c. à d. ceux qui ne sont à Belfort que depuis quarante ou cinqunate ans ? Pour ceux-là un nom en vaut un autre. » Ce choix d’honorer nos alliés en débaptisant les rues s’avère effectivement rapidement Juillet/Août 2018 — N°177 Vivre le Territoire polémique ; chacun ayant son idée et ses raisons historiques pour ne pas changer le nom de ces deux rues. Le combat est plus féroce pour le Faubourg de France que pour l’avenue de la Gare. Si la nouvelle dénomination de l’avenue de la Gare est définitivement tranchée, le problème de la future avenue des Alliés reste entier. D’autres dénominations proposées On reproche à la municipalité de faire fi de cet historique faubourg de France, symbole de l’attachement de notre petit territoire à la mère Patrie. Le 5 octobre, Louis Herbelin indique que « par décret du 26 septembre dernier, le président de la République a approuvé le changement de nom de l’avenue de la Gare. Ce sera dorénavant l’avenue « Président Wilson ». À quand maintenant l’inauguration. Attendons. Quant au faubourg de France, la question reste en suspens ou peutêtre est-elle enterrée. Le Conseil n’a pas osé aller contre l’opinion publique ». D’autres dénomination aussi sont proposées  : la place d’Armes pourrait prendre le nom de Maréchal Foch, le faubourg de Montbéliard celui de Clemenceau, le faubourg des Vosges celui des Grandes Armées. Le 21 novembre, la municipalité promet d’étudier la possibilité de donner le nom de l’aviateur Pégoud à une rue de la ville. On propose aussi de donner un nom de rue à Albert I er de Belgique et à Edouard VII d’Angleterre. MÉMOIRE Ouvrières au polissage de gourdes. LES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU TERRITOIRE DE BELFORT 4 rue de l’Ancien Théâtre 90020 Belfort Cedex Tel. 03 84 90 92 00 Jours et horaires d’ouverture  : du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h. F www.archives. territoiredebelfort.fr 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :