[90] Vivre le Territoire n°175 mar/avr 2018
[90] Vivre le Territoire n°175 mar/avr 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°175 de mar/avr 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : un budget 2018 réaliste et ambitieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE Mars et avril 1918  : Vivre au quotidien avec la pénurie Depuis l’automne 1916, les conditions d’approvisionnement se dégradent pour la population civile, les premières restrictions ont concerné le charbon, le pétrole et l’éclairage. Au printemps 1918, la situation se détériore encore. Jean-Christophe Tamborini, Archives départementales UN TÉMOIN DE SON ÉPOQUE Louis Herbelin a rédigé du 31 juillet 1914 au 13 juillet 1919 un journal, rapportant les grands et petits événements militaires et civils dans le département du Territoire de Belfort, notant la météorologie et le prix des denrées. Ses Éphémérides belfortaines sont conservées aux Archives départementales du Territoire de Belfort sous la Cote 5 J Ms 22. Dès le 3 janvier 2018, les nouvelles économiques ne sont guère encourageantes pour les Belfortains. Louis Herbelin se désole  : « J'ai manifesté, il y a quelques jours, la crainte de voir le prix du gaz augmenter comme à Paris. C’est fait. Le conseil municipal a admis provisoirement une augmentation de f 0,10 par mètre cube. Augmentation forcée, la Cie menaçant d’arrêter la fabrication en cas de refus. » Le 19 janvier les problèmes de fourniture en gaz s’aggravent encore  : « La Cie du gaz informe le public belfortain que la mauvaise qualité de charbon qui lui est fourni ne lui permet pas, quoiqu’elle ait mis en service tous ses appareils de production, de produire la quantité de gaz nécessaire à la consommation. Elle invite en conséquence ses abonnés à observer la plus stricte économie dans l’emploi du gaz afin d’éviter l’arrêt complet de sa distribution. » Une déforestation importante La houille de bonne qualité, importée de l’étranger, est dirigée exclusivement vers les usines qui produisent du matériel de guerre. Ces difficultés d’approvisionnement en charbon affectent aussi les particuliers et les contraignent à utiliser de nouveau le bois. Cela entraîne des déboisements considérables, comme le remarque Louis Herbelin 24 Vivre le Territoire N°175 — Mars/Avril 2018 xxxxxxx
lors d’une promenade  : « Dans l’après-midi nous sommes allés nous promener jusqu’à Offemont. Que de boue partout, la route n’est qu’un véritable cloaque. Le bois de l’Arsot aura bientôt cessé d’exister. » Régulièrement en février-mars, on signale dans la presse la fructueuse chasse aux sangliers dans les villages aux abords de Belfort et jusqu’à l’étang des Forges. Peut-être un effet induit de ces déforestations. À la mi-mai, 37 sangliers ont ainsi été abattus. Mars/Avril 2018 — N°175 Vivre le Territoire Le problème du pain Depuis l’automne 1917, le pain est devenu une véritable obsession pour beaucoup de Belfortains. Louis Herbelin note scrupuleusement presque chaque jour dans son journal la couleur, la densité, la texture, le goût du pain fabriqué à partir des farines les plus diverses. Le 5 janvier, il récrimine contre la hausse des prix de la nourriture  : « Tout augmente encore  : les œufs, le beurre, le poulet, le lapin, même les pommes de terre. Où allons-nous, mon Dieu ! 0,50 un œuf. Ah ! Si les vieux d’il y a cinquante ans revenaient quels cris ne jetteraient-ils pas eux qui trouvaient déjà trop chers les œufs à f 0,60 la douzaine. Et ce n’était qu’un sou l’œuf ! Et les choux-fleurs  : f 2,50 à f 3,00 la pièce ! C’est tout simplement épouvantable et cependant il n’y a rien d’extraordinaire dans un chou-fleur. » Le 7 janvier, c’est le pain qui commence à faire défaut  : « Ce matin, les boulangers de la ville ont dû restreindre les fournitures de pain  : ils en ont complètement refusé aux gens de la campagne. La cause en est, malgré les promesses ministérielles, aux arrivages insuffisants de farine. Notre boulanger qui en recevait seize sacs tous les quatre jours a été limité dix ; au lieu de trois livres nous n’avons donc obtenu que deux livres de pain. Il paraît qu’il en est de même à Paris ; c’est ce que les journaux nous rapportent. » Le 14 janvier Louis Herbelin se veut confiant quand à l’approvisionnement en pain car « on apprend aujourd’hui que l’Angleterre et la France viennent d’acheter toute la récolte de blé de la République Argentine. En auronsnous plus de pain ; il faut l’espérer, mais gare aux torpillages allemands ». Mais dès le 22 janvier, son optimisme est fortement tempéré  : « La question du pain est toujours à l’ordre. Il a paru un peu meilleur, un jour seulement, et maintenant c’est comme avant. Ce ne sont pas des miches que nous livrent les boulangers, mais des galettes, de véritables galettes, mais quant à la forme seulement. Que dire de la couleur ? Tantôt noire, tantôt jaune, tantôt grise ! Et le goût ? aigre ! on croit parfois manger de la terre. Et il parait qu’il en est ainsi dans tout le Territoire. » MÉMOIRE Trois affiches encourageant au rationnement du sucre, du pétrole et du pain. 25



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