[90] Vivre le Territoire n°170 mai/jun 2017
[90] Vivre le Territoire n°170 mai/jun 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°170 de mai/jun 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : 4 jours d'Eurocks !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE photographies À SAVOIR Les Archives départementales ont reçu en 2014 une dévolution des Archives du Haut-Rhin, portant sur des documents de la période d’occupation allemande de 1871. Il s’agit d’archives en langue allemande des commissariats de police de Fontaine et de Giromagny, concernant notamment des affaires d’épizooties, de réquisitions, de débits de boissons et d’incidents avec les troupes. Le siège de 1870  : les photographies de l’atelier Gerst et Schmidt Réalisés au cours des semaines qui suivent l’entrée des troupes prussiennes dans la place forte de Belfort, les clichés de l’atelier Gerst et Schmidt de Colmar constituent une source inédite d’un épisode majeur de l’histoire belfortaine. Ils introduisent une esthétique nouvelle de la photographie de guerre, fondée sur la représentation réaliste des événements militaires. ç Jérôme Marche et Joseph Schmauch Le siège de Belfort, conduit entre novembre 1870 et février 1871 par le général prussien von Tresckow, se solde sur la reddition du colonel Denfert-Rochereau, sur l’ordre exprès du gouvernement d’Adolphe Thiers. Le service des Archives départementales du Territoire de Belfort s’est récemment porté acquéreur, dans le cadre d’une vente publique tenue à Gien, d’un lot de onze tirages photographiques réalisés au lendemain du siège de Belfort. Ces clichés ont été réalisés par l’atelier Gerst et Schmidt, établi à Colmar, et viennent compléter les fonds iconographiques Adolphe Braun et Joseph Vernier, déjà connus des historiens. Les Prussiens entrent dans Belfort La reddition de Belfort constitue l’issue d’un siège de quatre mois, au cours duquel la place a été bombardée sans relâche et a reçu quelque 400 000 projectiles. Le 13 février 1871, le général von Tresckow envoie une dernière sommation, exigeant la reddition de la citadelle. Le même jour, Denfert- Rochereau reçoit l’ordre de cesser le combat. Une suspension d’armes est signée le soir même et la garnison française quitte Belfort le 18 février avant midi, laissant derrière elle une 30 VivreleTerritoire N°170 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT Belfort, troupes de la Landwehr prussienne devant l’hôtel de ville de Belfort (printemps 1871). ville très impactée par la guerre. On déplore 262 morts parmi la population civile, pour la majorité victimes de la variole ou de la fièvre typhoïde. Les dégâts matériels sont importants (le montant des réparations à engager se porte à 2,8 millions de francs pour la ville et 2,3 millions de francs pour les villages environnants). Les photographies Gerst et Schmidt font apparaître ces dégâts et mettent ceux-ci en relation avec les dommages de guerre consignés dans les archives (18 maisons détruites sur le faubourg de Montbéliard, 20 sur le faubourg de France et 53 pour le seul quartier du Fourneau, intensément bombardé par les batteries allemandes). Le 18 février à 15 heures, les troupes de la Landwehr (réserve territoriale) prussienne pénètrent dans la ville par la porte de Brisach et le drapeau blanc et noir est déployé sur le château. Derrière les volets clos des maisons, les Belfortains assistent impuissants à la
scène, redoutant en outre un changement de souveraineté, compte tenu des projets annexionnistes du chancelier Bismarck. Reporter de guerre Compte tenu des sources connues, seuls Adolphe Braun (1812-1877), auteur de L’Alsace photographiée (1858-1859), et le Belfortain Joseph Vernier (1817-1870), photographe portraitiste résidant dans le quartier du Fourneau, ont réalisé quelques clichés des abords de la citadelle et de l’actuelle place Corbis avant le terrible siège de 1870- 1871. Le studio Gerst et Schmidt de Colmar, réputé pour ses portraits de studio et ses photographies hippiques, a eu le privilège d’entrer le premier dans Belfort occupée. À l’issue de 103 jours de siège, c’est à lui que revient de fixer sur le papier sensible le paysage de Belfort défiguré par les misères de la guerre. Belfort, intérieur du fort de la Justice (printemps 1871). Destructions liées au siège de Belfort, faubourg de Montbéliard (printemps 1871). Les dégâts du siège Gerst et Schmidt propose au regard une vision sensationnelle, non plus romantique mais réaliste de la guerre, au point d’en être brutale. Elle reflète sans filtre artistique une nouvelle ère de l’image où la pudeur de la composition ne s’exerce encore, mais pour peu de temps, que dans l’absence de la vue de la mort charnelle. Le point de vue qu’évoquent les clichés ouvre une nouvelle voie, celle de la réalité sans idéalisation comme l’a inaugurée Gustave Courbet (1819-1877) dans la peinture avec son Enterrement à Ornans (1850). Ce nouveau motif photographique né pendant la guerre de Crimée (1855), développé lors de la guerre de Sécession américaine (1861-1865), démontre la gravité de la guerre moderne et offre une vision prémonitoire de la Première Guerre mondiale. l MÉMOIRE photographies EXPOSITION Les musées de Belfort présentent du 1er avril au 29 mai 2017 (au musée d’Histoire), dans le cadre du Mois de la photo, une exposition intitulée « Gerst et Schmidt, une vision inédite du siège de Belfort 1870-1871 ». Cet événement s’appuie sur des documents issus des fonds iconographiques des Archives départementales (Gerst et Schmidt, Adolphe Braun, Joseph Vernier), des Archives municipales et des musées de Belfort. Convoi ferroviaire déraillé dans la campagne belfortaine (printemps 1871). LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N°170 VivreleTerritoire 31



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