[90] Vivre le Territoire n°167 nov/déc 2016
[90] Vivre le Territoire n°167 nov/déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°167 de nov/déc 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : naissance du Pôle métropolitain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
4 TERRITOIRES événement Les « Alsthommes » restent à Belfort En mai 2015, alors que le groupe américain General Electric rachetait la branche énergie d’Alstom, le Président-directeur général de l’époque, Patrick Kron, avait déjà tiré la sonnette d’alarme en annonçant une baisse d’activité du secteur Transport. Des solutions « sociales » avaient même été évoquées… Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, s’était alors déplacé jusqu’au Techn’hom dans l’objectif de rassurer les salariés, arguant qu’il y aurait « zéro licenciement ». La stupeur était donc de mise, au matin de ce mercredi 7 septembre 2016, plus d’un an après la déclaration du ministre, quand le nouveau PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a annoncé sans préavis la fermeture de l’usine belfortaine. « Cette annonce a pris tout le monde de court, a déclaré le Président du Département du Territoire de Belfort, Florian Bouquet, dans un communiqué à la presse. En VivreleTerritoire N°167 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT effet, le groupe Alstom génère des bénéfices […] et le TGV 5 e génération est en cours d’élaboration dans le cadre d’un partenariat avec la SNCF. » Même si, dans l’esprit d’Henri Poupart- Lafarge, « fermer » n’était pas « licencier », le dirigeant prévoyait de transférer d’ici à 2018 la production de locomotives sur le site de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, conservant à Belfort une centaine de postes destinée à la maintenance. Il ignorait (ou pas !) qu’on ne touche pas impunément à l’un des monstres sacrés de l’histoire industrielle du Territoire… Mobilisation de tous Alstom à Belfort, c’est en effet deux siècles d’une aventure industrielle qui commence en 1871 avec la Société Alsacienne de Constructions Mécanique (SACM). À cette époque, l’usine compte plus de 5 000 ouvriers. Diverses fusions et alliances se succèdent au Les élus du Territoire et de la Région en tête de cortège lors du rassemblement du 24 septembre 2016 à Belfort. EMPLOI L’annonce de la fermeture de l’usine Alstom à Belfort, le 7 septembre dernier, a eu l’effet d’une bombe dans le cœur des Terrifortains. Comme un seul homme, élus, syndicats, populations et personnels se sont levés pour garder l’usine aux « Alsthommes ». ç Catherine Robet fil des décennies, la dernière en date étant le rachat, en 2015, de la branche énergie d’Alstom au profit de General Electric. Entretemps, ce fleuron de l’industrie française aura inventé et fabriqué les locomotives les plus performantes, vendues aux quatre coins de la planète. Et c’est encore de l’usine de Belfort que sortira le premier TGV commercial en 1981. Aujourd’hui, Alstom Transport à Belfort ne compte plus que 530 salariés mais tous sont bien décidés à lui donner un avenir. « Il existe un vrai projet industriel pour lequel le site historique de Belfort a toute sa place, expliquait Florian Bouquet. Par ailleurs, l’État français est actionnaire à hauteur de 20% dans le capital d’Alstom, il doit donc intervenir pour sauver l’emploi dans notre région. » Le plan de sauvetage en trois volets présenté le 4 octobre à Belfort par le ministre délégué à l’Industrie dira dans les mois qui viennent si l’affaire Alstom a trouvé une fin heureuse. l
LA CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS Le Territoire mobilisé MERCREDI 7 SEPTEMBRE Annonce par le PDG d’Alstom de la fermeture de l’usine de Belfort. Vive réaction des élus locaux qui demandent immédiatement à rencontrer le ministre délégué à l’Industrie et le PDG d’Alstom. LUNDI 12 SEPTEMBRE Les élus belfortains sont reçus à Bercy par Christophe Sirugue, secrétaire d’État à l’Industrie. Il relaie la position du Président de la République  : « Il n’y aura pas de fermeture du site d’Alstom à Belfort. » MARDI 13 SEPTEMBRE Les élus du Territoire rencontrent le PDG d’Alstom Transport, Henri Poupart-Lafargue. Les salariés d’Alstom reçoivent dans leur messagerie une lettre, affirmant que le maintien « de la production de trains à Belfort est aujourd’hui impossible ». MERCREDI 14 SEPTEMBRE La Ville de Belfort réunit un conseil municipal extraordinaire auquel assiste le Président du Département, les élus locaux et les représentations syndicales. La motion votée à l’unanimité par l’ensemble des élus demande au « gouvernement de faire pression pour le maintien du site de Belfort ». Elle sera envoyée au PDG d’Alstom, au Président de la République et à son Premier ministre. JEUDI 15 SEPTEMBRE À 10H Le rassemblement contre la loi Travail des organisations syndicales se transforme en manifestation de soutien à Alstom. SAMEDI 24 SEPTEMBRE Une nouvelle manifestation part de la Maison du peuple à 14h. Le Député-maire Damien Meslot déclare « Belfort, ville morte », les commerçants sont alors invités à baisser leurs rideaux pendant une heure. LUNDI 26 SEPTEMBRE Henri Poupart-Lafarge rencontre les représentants du personnel dans le cadre d’un comité central d’entreprise exceptionnel  : il annonce que le plan de fermeture de l’usine de Belfort est gelé jusqu’à la proposition du gouvernement. MARDI 27 SEPTEMBRE L’intersyndicale d’Alstom appelle tous les salariés du constructeur ferroviaire à débrayer contre le projet. Elle appelle également les salariés de France à manifester ce jour-là à 11h devant le siège du groupe à Saint-Ouen (93). De son côté, Henri Poupart-Lafarge est auditionné par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Il affirme ne pas voir « d’issue structurelle » pour le site de la cité du Lion, en raison notamment d’une pénurie de commandes publiques. MARDI 4 OCTOBRE Une réunion de travail a lieu à Belfort, en présence du secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, du PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, des syndicats et des élus locaux. À l’issue de cette réunion, le secrétaire d’État dévoile le plan de sauvetage d’Alstom (lire ci-contre). Le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, et le PDG d’Alstom, Henri Poupart- Lafarge, annoncent la pérennisation du site belfortain d’Alstom Transport. TERRITOIRES événement PLAN DE SAUVETAGE D’ALSTOM Une commande publique de rames TGV Les « Alsthommes » manifestent à Belfort le 15 septembre. Le 4 octobre 2016 à la Préfecture de Belfort, le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, et le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, ont finalement annoncé le maintien de l’activité ferroviaire sur le site belfortain d’Alstom grâce à la mise en œuvre de plusieurs solutions. La première permettra de maintenir l’activité production à Belfort via une commande publique de l’État de 15 rames de TGV Euroduplex pour la ligne Intercité Bordeaux- Marseille, ainsi que l’achat par la SNCF de six TGV pour la ligne Paris-Turin- Milan et de 20 locomotives de dépannage. Ces commandes assureront l’activité du site de Belfort pour la période 2018-2020, dans l’attente de la fabrication des premières motrices du TGV du futur prévues à partir de 2021 et pour lesquelles Alstom et l’Agence de développement économique pour la maîtrise de l’énergie (ADEME) prévoient d’investir 30 millions d’euros. L’ambition du groupe industriel est également de faire de Belfort un centre européen de maintenance de ses locomotives. Il investira 5 millions d’euros afin de moderniser ses équipements et d’ouvrir de nouveaux ateliers. D’ores et déjà, les collectivités locales ont annoncé leur soutien pour adapter les infrastructures du site. Enfin, la piste de la diversification de l’activité devra également être étudiée, mais toujours dans le domaine des transports avec notamment le secteur routier puisque le développement du bus électrique a été évoqué. « Ces annonces vont dans le bon sens, s’est réjoui Florian Bouquet, Président du Conseil départemental. La charge de travail permettra de maintenir tous nos emplois à Belfort et les investissements par l’entreprise Alstom permettront d’aborder l’avenir plus sereinement. » Un comité de suivi devrait être prochainement constitué pour garantir la mise en œuvre de ce plan de sauvetage. l LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N°167 VivreleTerritoire 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :