[90] Vivre le Territoire n°165 jui/aoû 2016
[90] Vivre le Territoire n°165 jui/aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de jui/aoû 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,8 Mo

  • Dans ce numéro : en piste vers le Nord.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Une priorité : l’intérêt de l’enfant o PRATIQUE « les enfants de la DDASS »… Jusque dans Ci Malgré cela, le placement est parfois Ci 18 SOLIDARITÉ enfance Retrouvez toutes les actions du Département du Territoire de Belfort en faveur de l’enfance et de la famille sur : www.territoiredebelfort.fr Enfance en danger Un Foyer protecteur PROTECTION Enfants en danger ou en risque de l’être… Le Foyer de l’enfance du Département du Territoire de Belfort accueille les mineurs qui lui sont confiés. Ses professionnels font partie des acteurs clés de la protection de l’enfance dans le Territoire de Belfort. ç Patrick Fitamant On les a longtemps appelés les années 80, la Direction des affaires sanitaires et sociales avait pour mission de protéger les enfants dont les parents étaient en difficulté. « Depuis, cette mission a été confiée aux Départements mais les mentalités et les manières d’aborder cette problématique ont beaucoup évolué. Le placement est devenu moins fréquent aujourd’hui car il existe dorénavant tout un travail de prévention qui vise justement à éviter ce type de décision, » explique Martine Richter, responsable du Foyer de l’enfance au Département du Territoire de Belfort. Anna * , 18 ans, mère isolée a quitté récemment le Centre maternel du Foyer de l’enfance Avec mon bébé, on a été accueilli comme au sein d’une famille VivreleTerritoire N° 165 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT nécessaire. « Lorsque le maintien de l’enfant dans son milieu familial n’est pas possible, compte tenu de carences éducatives trop importantes ou de situations de mise en danger, le mineur est pris en charge par le Département et c’est alors que nous intervenons ». L’équipe du Foyer accueille tous les jeunes de 0 à 13 ans qui leur sont confiés. « Si un magistrat juge qu’un enfant est en danger au sein de sa famille, il nous le confie et nous l’accueillons mais parfois, ce sont les parents eux-mêmes, parce qu’ils sont hospitalisés par exemple, qui font la démarche. Il nous arrive également de prendre en charge des bébés dont À 16 ans, je suis tombée enceinte. Quand ma mère l’a appris, elle m’a mise à la porte. Elle n’aimait pas mon petit ami. L’idée que je sois enceinte de lui, c’était trop, elle n’a pas supporté. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule et sans famille car avec mon copain, ça n’a pas très bien évolué non plus. Ce fut une période très difficile. Une assistante sociale m’a également dit que je ne pourrais pas garder mon enfant avec moi dans cette situation. Le juge ensuite a été très clair, soit j’intégrais un Centre maternel, soit mon enfant me serait enlevé pour être placé. Je me suis donc retrouvée au Centre maternel de Mulhouse puis très vite au Centre maternel à Belfort (Foyer de l’enfance du Département, n.d.l.r). Pour moi, ça a été un grand soulagement. Avec mon bébé qui avait trois mois, on a été accueilli comme au sein d’une famille. Il y avait seulement deux autres mamans avec leurs enfants et des personnes pour nous aider. J’y ai passé 2 ans. Au début j’étais refermée sur moi-même, là j’ai appris à m’ouvrir sur les autres et sur l’extérieur, à bien m’occuper de mon enfant et à chercher du travail. J’ai eu 18 ans récemment, j’ai trouvé un appartement où je vis avec mon fils, je cherche activement du travail et surtout je me sens armée pour construire ma vie. J’ai confiance et aussi… je parle à nouveau avec ma mère. *Le prénom a été modifié. Très souvent les parents ne savent pas faire avec leurs gamins mais… ils les aiment.” souligne Martine Richter, responsable du Foyer de l’enfance. les mères ont souhaité qu’ils soient adoptés. Enfin, nous avons également pour mission, via notre Centre maternel, l’accueil de femmes isolées enceintes ou avec de jeunes enfants (voir témoignage de Anna, ndlr) ». Si les placements et l’accueil au sein du Foyer ont des origines diverses, ils ont tous cependant un point commun : l’intérêt de l’enfant. « Dans le cadre de l’accueil d’urgence par exemple, nous nous devons d’être disponible 24h /24 et 365 jours par an. L’intérêt de l’enfant prime sur toute autre considération. Récemment les forces de police nous ont confié vers 2 heures du matin une petite fille de 4 ans qui errait seule dans la nuit ». Pas de jugements, juste de la bienveillance Protéger les enfants, les accueillir jusqu’à ce que la situation s’améliore, les accompagner pendant un bout de chemin. L’équipe pluridisciplinaire du Foyer de l’enfance : secrétaire, cuisinier, surveillant de nuit, éducateur, infirmier, maîtresse de maison, psychologue et responsable œuvrent au quotidien pour offrir un lieu de vie apaisé aux enfants. Malgré cela, « même si leurs conditions de vie sont parfois très difficiles au sein de leur
famille, quand ils arrivent au Foyer, ils ont peur. Ils quittent leurs parents, ils arrivent dans un endroit qu’ils ne connaissent pas ! Puis dans un second temps, ils trouvent ici une vraie place d’enfant. Ils savent que l’on n’oubliera pas de les réveiller le matin, qu’ils auront à manger, un manteau et un cartable pour aller à l’école ». Mettre en place un projet individuel en attendant le retour au sein de la famille ? « C’est cela mais il n’y a pas toujours, hélas, d’amélioration au niveau familial. En ce cas, au bout d’un an, l’enfant est confié soit à une famille d’accueil (voir encadré « devenir famille d’accueil, n.d.l.r), soit à un foyer d’hébergement suivant sa situation et/ou son âge ». Des missions délicates dans un contexte douloureux ? « Notre équipe se mobilise en permanence avec pour ambition le bienêtre des enfants. Nous cultivons la bienveillance, on ne juge pas. On s’occupe des enfants mais on travaille également avec les parents. On tente ensemble de construire un projet pour que l’enfant Au cœur de Belfort, avec son petit jardin et sa terrasse, le Foyer de l’enfance accueille des mineurs de 0 à 13 ans et des femmes isolées enceintes ou avec de jeunes enfants. retrouve une place dans sa famille même si parfois du côté des parents, c’est très compliqué ». Pourquoi ? « C’est difficile de donner quand on n’a pas reçu ». l DEVENIR FAMILLE D’ACCUEIL Le Département recrute des Assistants familiaux L’Assistant familial accueille à son domicile un ou plusieurs enfants et met en œuvre les conditions propices à leur développement. Pour accueillir un enfant dans son foyer, il est nécessaire d’obtenir un agrément d’« Assistant familial » auprès du Département. Les personnes intéressées par ce métier sont invitées par le Département à une réunion d’information qui se déroulera le mercredi 12 octobre au Conseil départemental du Territoire de Belfort POUR EN SAVOIR PLUS : Christine Germain - Référente Prévention Enfance et Famille Département du Territoire de Belfort 6 Place de la Révolution française - 90020 Belfort cedex Tél. 03 84 90 90 58 christine.germain@territoiredebelfort.fr SOLIDARITÉ , enfance 2 QUESTIONS À Marie-France Cefis, Vice-présidente en charge de l’enfance et de la famille. -mite ..,KEek ebbit VLT : Le Département souhaite recruter des Familles d’accueil. Que diriez-vous aux personnes potentiellement intéressées ? Marie-France Cefis : Pour devenir Famille d’accueil, il est nécessaire d’obtenir un agrément d’Assistant familial délivré par le Département. Ensuite, l’Assistant familial accueille à son domicile des enfants confiés par le service de protection de l’enfance. Il vit au quotidien avec l’enfant (ou les enfants) qu’il accueille dans sa propre famille. Il entoure l’enfant, le console, éponge les chagrins, rassure, encourage, tout cela pour l’aider à grandir dans les meilleures conditions possibles. C’est une expérience de vie forte et enrichissante. VLT : Être Assistant familial, est-ce exercer un vrai métier ? Marie-France Cefis : Tout à fait. L’Assistant familial est un professionnel reconnu par la loi. Il peut s’agir d’un homme ou d’une femme. Son cadre de travail est règlementé et il est lié à son employeur, le Département, par un contrat de travail (CDI), auquel s’ajoute un contrat d’accueil pour chaque enfant. Il a des droits et des devoirs comme tout salarié (protection sociale, congés, secret professionnel, etc.) et bénéficie d’une formation initiale de 300 heures, prise en charge par le Département, qui peut déboucher sur un diplôme d’État. Il est intégré dans une équipe pluridisciplinaire et est au cœur du projet éducatif de l’enfant qui lui est confié. Être Assistant familial, c’est exercer un vrai métier, exigeant et difficile, mais qui peut être une source de joies quotidiennes. l LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N° 165 VivreleTerritoire 19



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