[90] Vivre le Territoire n°160 sep/oct 2015
[90] Vivre le Territoire n°160 sep/oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°160 de sep/oct 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Belfort-Delle, travaux sur les rails.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE 1 re Guerre mondiale À SAVOIR Les régiments belfortains ne reviennent dans leurs casernes que début 1919. Le 42 e R.I. est le premier à se réinstaller à Belfort le 4 février 1919. Il accueille son frère d’armes le 35 e R.I le 9 mars, avec une foule considérable de Belfortains fiers de leurs régiments. Louis Herbelin (Delle, 1848-1923), syndic de faillite, est un érudit membre de la Société belfortaine d’émulation. Il tient des éphémérides du 31 juillet 1914 au 14 juillet 1919 où il consigne tout ce qui se passe dans le Territoire et ce qu’il apprend du front. Ses 10 carnets sont conservés aux Archives départementales du Territoire de Belfort. Les visiteurs de l’été 1915 Depuis le début de l’année 1915, Belfort a vu s’éloigner le front d’Alsace. Les combats ont lieu désormais sur les crêtes vosgiennes. Le département, par sa position géographique, devient lieu de cantonnements et de visites officielles. ç Jean-Christophe Tamborini Le 2 juillet, la circulation des trains est arrêtée en gare de Belfort, ce qui laisse penser à Louis Herbelin qu’un vaste mouvement de troupes se prépare. Et effectivement, il peut noter le 8 juillet dans ses carnets que « en tout, c’est 53 trains de 50 wagons, soit 2650 wagons avec environ 40 000 hommes, plus matériel, artillerie, chevaux etc. ou la valeur, m’a dit un employé de l’Est, d’un corps d’armée » qui vient d’arriver à Belfort. Ces hommes, ce sont ceux de la Division marocaine qui arrivent. 30 VivreleTerritoire N°160 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT Le cantonnement La division est composée de troupes coloniales africaines et de régiments de la Légion Étrangère stationnés au Maroc et engagés sur le front des Ardennes puis de Champagne à l’automne 1914. Particulièrement éprouvée lors des combats de Vimy en mai 1915, elle vient se reposer dans le Territoire de Belfort en juillet. À plusieurs reprises ont alors lieu, dans les rues de Belfort, des défilés de bataillons de Zouaves ou de Tirailleurs sénégalais de la Division marocaine. Le spectacle attire Visite du Général Lyautey aux troupes de la Division Marocaine. Le Président Poincaré à la remise des drapeaux à la Division marocaine à Chaux (en noir à gauche et de profil). les foules qui regardent, selon Herbelin, « avec curiosité les Africains groupés dans la cour de la caserne autour des faisceaux qu’ils avaient formés avec leurs fusils ».
Le 4 e Régiment de tirailleurs algériens lors de la revue par le président Poincaré à Chaux. Les troupes passées en revue Le rôle central de la gare de Belfort pour accéder aux villages alsaciens reconquis, la proximité du front des Vosges et la présence de la Division marocaine amènent de nombreux visiteurs officiels dans le département. Le 28 juillet, la Division reçoit la visite du général Lyautey, résident général au Maroc. Une grande revue est organisée dans la plaine de Chaux. Le 13 septembre, c’est la seconde visite de l’année du président Poincaré et du ministre Millerand à Belfort. Bien que l’information soit censurée, cette venue ne passe pas inaperçue. Louis Herbelin écrit  : « un train du P-L-M qui entre en gare et en même temps on entend une sonnerie de clairons à l’intérieur de la gare. Voilà tout au moins un personnage officiel qui arrive  : qui est-il ? Un instant après, on voit sortir du passage près du bureau des postes, M. Poincaré vêtu de son complet habituel, veston et culottes bleus, la tête couverte d’une casquette plate à larges bords et portant la rosette de la Légion d’honneur. À ses côtés marchait M. Millerand, ministre de la Guerre, coiffé de son traditionnel chapeau de feutre mou. Les suivants, le général de Maud’huy, commandant la VII e Armée, deux ou trois autres généraux et officiers ». La presse ne publie que partiellement l’information avec un court récit de la distribution des drapeaux au 1er Régiment Étranger de la Division marocaine dans lequel se trouve alors engagé Fréderic Sauser, un Suisse mieux connu sous le nom de Blaise Cendrars. Les régiments belfortains à l’été 1915 À la mi-août, le 35 e R.I. et son frère d’armes le 42 e R.I. sont déplacés vers la Champagne et préparent, par des travaux d’approche, l’attaque sur le moulin de Souain. À 9h15, le 25 septembre les compagnies sortent des tranchées, les mitrailleuses allemandes font des ravages dans les rangs, l’avancée française butte sur une dernière tranchée imprenable en direction de la rivière Py et l’attaque reprend sans plus de succès les jours suivants. Le 28, le colonel Tesson, chef de corps du 35 e R.I. tombe mortellement blessé à la tête de ses hommes. Une page du Livre d’or des morts du 35 e R.I. (collection du 35 e R.I.) Le 30, le régiment est relevé par des Chasseurs. Le 35 e R.I. a perdu 20 officiers tués dont le colonel et 24 blessés, 548 hommes tués, 911 blessés et 180 disparus  : soit un total de 1683 pertes en l’espace de 5 jours pour un régiment qui comptait 2500 hommes le 31 juillet 1914 lorsqu’il a quitté Belfort. Pour le 42 e R.I, les chiffres sont tout aussi terribles, le régiment perd 1500 hommes mis hors de combat dont 23 officiers et 511 soldats tués. En septembre, le Père Doncœur, aumônier détaché au 35 e RI, est cité à l’ordre de l’armée pour son dévouement à soigner les blessés sous le feu de l’artillerie ennemie. l MÉMOIRE 1 re Guerre mondiale Le Colonel Tesson, chef de corps du 35 e R.I. au printemps 1915 (Collection du 35 e R.I.) LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N°160 VivreleTerritoire 31



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