[90] Vivre le Territoire n°158 mai/jun 2015
[90] Vivre le Territoire n°158 mai/jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°158 de mai/jun 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : en route pour les Eurocks.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE alimentation À SAVOIR L’élevage est surtout le fait des paysans anabaptistes présents dans le sud du Territoire. Ce sont ces mêmes anabaptistes qui développent la race Montbéliarde sur les terres des princes de Wurtemberg. À la table des Belfortains En ville ou à la campagne, à la ferme ou dans les maisons de Maître… les tables des habitants du Territoire de Belfort n’étaient pas garnies de la même façon au XVIII e siècle. Avec l’arrivée de la pomme de terre et du chou à choucroute, les années de disette laissent place à une cuisine créative et régionale. ç Joseph Schmauch Le tableau de l’agriculture locale à la fin du XVIII e siècle n’est guère brillant ; l’ingénieur Taverne de Longchamps, chargé en 1774 de rédiger un mémoire à ce sujet, constate : « La ville de Belfort est située dans la partie la plus ingrate de la province d’Alsace. » Les céréales principalement cultivées sont le blé, le seigle et l’avoine. Jusqu’à la Révolution, la région connaît des périodes de disette récurrentes, imputables aux événements climatiques, aux épizooties (Maladie épidémique qui touche les animaux) et aux guerres. Le XVIII e siècle est marqué toutefois par l’arrivée d’une denrée nouvelle, la pomme de terre, dont la culture connaît un grand succès. Au XIX e siècle, on développe également la betterave et le chou à Repas des officiers du 15 e bataillon de chasseurs à la ferme du Ballon d’Alsace. 30 VivreleTerritoire N°158 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT choucroute. La plus ancienne choucrouterie du département est créée en 1881 par Camille Duvernois, à Bessoncourt. Enfin, chaque ferme dispose d’arbres fruitiers destinés à la consommation familiale et à la production d’eau-de-vie. La production animale est essentiellement tournée vers les bovins et les porcs, dont l’élevage est le plus rentable. Il s’agit là d’une production agricole largement vivrière, fondée sur de petites exploitations dont les produits sont vendus sur les foires et marchés locaux. Gravure représentant un paysan anabaptiste. Des repas espacés Le repas quotidien varie considérablement selon les périodes, mais surtout selon les milieux sociaux et professionnels. À la fin du XVIII e siècle, la nourriture du cultivateur se compose principalement de soupes « médiocrement assaisonnées » de pain, de légumes ou de produits laitiers. La consommation de viande est occasionnelle, le pain est sacré et la soupe consommée à tous les repas. Au XIX e, trois repas rythment la journée : déjeuner, dîner et souper. Dans le pays de Belfort, on déjeune de bon matin, on dîne entre onze heures et midi et on soupe le soir à sept heures. Vers 1850, ce régime alimentaire évolue quelque peu, des cultivateurs prenant l’habitude de tuer, une fois l’an, un cochon destiné à être fumé. On prend goût à la viande de bœuf, consommée sous forme de pot-aufeu. De temps en temps, les dimanches ou les jours de fête, le cultivateur mange du lapin ou un poulet. À la table des bourgeois Les repas des milieux bourgeois comptent en moyenne un potage et deux mets. Les jours maigres, on
Exposition « Boire et manger : une histoire de l’alimentation dans le Territoire de Belfort » est une exposition réalisée par les Archives départementales. Sur une période chronologique de trois siècles, elle retrace l’histoire de la production agricole, de la transformation agroalimentaire, de la commercialisation des denrées et, enfin, des modes de consommation dans le Territoire de Belfort. >Du 5 juin au 19 juillet 2015, du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h30. Hall de l’Hôtel du Département Place de la Révolution Française à Belfort Entrée libre mange des pâtes alsaciennes (Nüdel), parfois arrosées de sauce de carpes. On consomme de la viande plus fréquemment qu’à la campagne, notamment du bœuf, du mouton et du veau. Les friandises consistent en pains d’épice venus de Montbéliard et en petits pains achetés les jours de foire. Le vin consommé à table Scène de cabaret, XVII es. Musées de la Ville de Belfort. est principalement du vin blanc d’Alsace. Les domestiques ne mangent toutefois pas dans la même pièce que les maîtres bourgeois et ne bénéficient pas non plus de la même nourriture ; leur service de table est plus sommaire. Cuisine régionale et spécialités locales À Belfort comme en Alsace, on aime consommer des « quartiers » (ou Schnitz en dialecte alsacien), c’est-àdire des morceaux de pommes et de poires, coupés et séchés au four, puis cuisinés avec du lard. Les nouilles et autres farinages (Knepfle, floutes), d’abord importés d’Allemagne puis produits sur place, constituent un autre mets local. Les pommes de terre sont abondamment consommées, souvent accompagnées de fromages locaux. On voit se répandre, au XIX e siècle, la consommation de choux et de raves salés, garnis de charcuterie. La période qui précède Noël, on prépare des Jean- Bonhommes, variante des Mannele alsaciens. L’hiver, on consomme également du lard et autres viandes salées et fumées, en particulier les andouilles de Châlonvillars, dont les campagnards sont friands. Un _., MÉMOIRE alimentation.ATT Ortim,PEE A wr # # Ams.. Palté s de rotes 8ra s autre mets du pays est le roncin de Belfort, une pâtisserie à la fois copieuse et bon marché : c’est un mélange de lait, de sucre, de farine et d’œufs battus en consistance de bouillie, auquel on ajoute des quartiers de pommes, de prunes, des cerises ou des myrtilles, suivant la saison, cuit au four ou entre deux feux. Le pays se caractérise également par la consommation de fruits à alcool (quetsches et cerises principalement). l B Elif HT z.A°-1,4za- -A s « f. _6 0,664rk.44—e -4 elir 4 24,. "1"%, _:, Facture à en-tête de la maison F. Scherer. ERRATUM Une erreur s’est glissée dans l’article consacré à l’histoire des collèges publié dans Vivre le Territoire n°157 du mois d’avril. C’est en 1948 que l’école municipale, installée dans les locaux de l’ancien collège municipal, prend le nom de Jules Heidet, afin de rendre hommage à son ancien directeur mort en déportation. LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N°158 VivreleTerritoire 31



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