[90] Vivre le Territoire n°158 mai/jun 2015
[90] Vivre le Territoire n°158 mai/jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°158 de mai/jun 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : en route pour les Eurocks.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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o 22 ENVIRONNEMENT enquête À SAVOIR La Maison départementale de l’environnement propose, tout au long de l’année, des démonstrations et des initiations pratiques jardinage au naturel dans ses jardins pédagogiques. www.territoiredebelfort.fr/mde Le Département agit en faveur de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le domaine public sous sa responsabilité et en soutien des services techniques des communes dans le cadre de son programme « Zéro phyto » soutenu par l’Agence de l’eau. L’enquête sur les pratiques des jardiniers adhérant à l’AJO a fait l’objet d’un article dans la revue scientifique Environnement, Risques & Santé. QUE CULTIVEZ-VOUS ? POURQUOI ET COMMENT ? Une enquête, conduite par le Département en 2012 en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS) et l’Institut de veille sanitaire (InVS), auprès des jardins ouvriers situés dans le Territoire, lève le voile sur les pratiques culturales et les habitudes de consommation des jardiniers amateurs. ç Pauline Moiret -Brasier Dis-moi comment tu jardines… Engagé depuis de nombreuses années dans la lutte contre la pollution des rivières et l’utilisation des pesticides à travers son programme « Zéro phyto », le Département a conduit une enquête en direction des jardiniers amateurs adhérant à l’Association des jardins ouvriers de Belfort et de sa banlieue (AJO). Cette étude, menée en 2012 en lien avec l’Institut de veille sanitaire (InVS), a été réalisée auprès des propriétaires de 160 parcelles de jardins ouvriers, réparties à Belfort et alentours. « Outre le fait qu’elle ait fait l’objet d’une publication scientifique, l’enquête est assez exceptionnelle, dans la mesure où il existe très peu d’observations des pratiques François Clinard, Pharmacien épidémiologiste à l’InVS Bourgogne Franche-Comté. Auteur de l’analyse statistique de l’enquête « Les jardins ouvriers sont un excellent terrain d’étude » Les jardins collectifs et urbains sont un excellent terrain d’étude pour connaître les pratiques et les habitudes de consommation des jardiniers amateurs car ils drainent un public très impliqué et présent tout au long de l’année sur leurs parcelles. Même s’il convient d’être prudent dans la généralisation des résultats à l’ensemble des jardins de particuliers, les jardins ouvriers donnent une estimation haute quant à la manière de cultiver et de consommer sur un secteur. L’analyse statistique de l’étude permet de montrer que plus la pratique s’intensifie, plus le recours aux méthodes naturelles augmente. C’est chez les individus les moins « impliqués » sur leurs parcelles que l’on a tendance à relever l’utilisation de procédés chimiques. Il semblerait donc que les campagnes d’information doivent davantage s’adresser aux « jardiniers du dimanche » qu’à ceux qui pratiquent une culture foisonnante. VivreleTerritoire N°158 LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT des particuliers qui permettraient d’évaluer leurs besoins pour un meilleur accompagnement technique », souligne Jean Richert, directeur de l’environnement au Département. L’enquête s’est faite sur la base d’un questionnaire élaboré avec l’Agence régionale de santé. En plus de fournir des informations intéressantes quant à l’utilisation des pesticides et autres engrais chimiques pouvant avoir un impact sur l’environnement, elle nous éclaire sur les habitudes de culture et de consommation des jardiniers. Jardiner : un plaisir cultivé Si 60% de jardiniers sont des personnes retraitées, l’analyse statistique a permis de définir trois typologies de jardin selon le degré de variété des plantations, l’intensité des cultures et le recours plus ou moins fort à l’autoconsommation. « Dans le premier groupe aux cultures peu nombreuses (35% des parcelles), on distingue surtout des familles avec enfants. À l’opposé, on trouve un groupe qui cultive une grande quantité et variété d’espèces (25% des parcelles) », relève le directeur de l’environnement. À mi-chemin, le deuxième groupe est composé indifféremment d’actifs, nonactifs et de couples de retraités qui ont comme particularité d’être présents depuis plus de vingt ans sur leur parcelle (40% des personnes interrogées). Point commun à tous les jardins : les Christiane Masson, Propriétaire de jardin au parc de la Douce, Bavilliers « Le jardin, c’est toute ma vie » Le jardin, c’est toute ma vie ! J’en possédais déjà un quand je travaillais chez Bull. Depuis que je suis à la retraite, j’ai un jardin au parc de la Douce à Bavilliers, tout près de chez moi. J’y passe la plus grande partie de mon temps, été comme hiver, et je cultive tout ce qu’il est possible de cultiver : légumes, fruits, plantes aromatiques… C’est un vrai plaisir d’être dehors et je suis moins fatiguée quand je jardine que quand je reste chez moi. Je consomme généralement ce que je produis et j’en donne aussi à mes filles. J’essaye de privilégier les produits naturels pour fertiliser la terre, un mélange de fumier et d’algues marines, mais je ne mets pas d’herbicide. J’arrache toutes les mauvaises herbes à la main ! J’utilise aussi un peu de bouillie bordelaise afin de lutter contre les maladies de plantes.
tomates, haricots verts, salades, courgettes, carottes, pommes de terre, poireaux sont les fruits et légumes les plus cultivés ! On apprend que, dans un jardin sur deux, les fruits et légumes récoltés permettent un approvisionnement des ménages supérieur à 75% de la consommation annuelle. Et au risque de tordre le cou aux idées reçues, les motivations économiques ne sont, de loin, pas la principale motivation des jardiniers à cultiver leur propre espace. À la question « Pourquoi jardinez- vous ? », « le plaisir de travailler dehors » arrive en premier (52,6%), devant « la fraîcheur des produits » (35,7%) et « le plaisir des produits obtenus » (27%). « L’intérêt économique » n’est lui cité que dans 10% des cas. Les personnes interrogées seraient par ailleurs plus de 95% à distribuer la production de leur jardin autour d’elles. Jir Nourrir des actions pédagogiques Quant aux pesticides et engrais chimiques, la question qui se posait était de savoir comment ils sont utilisés et quel niveau de connaissances ont les personnes au sujet de leur toxicité. Les résultats montrent que l’utilisation de fertilisants est répandue dans près de 96% des cas. Dans la lutte contre les organismes nuisibles, 40% des jardiniers indiquent utiliser des produits de manière préventive et 45% de manière curative, avec une utilisation dominante de la bouillie bordelaise. Les deux tiers connaissent l’existence de risques pour la santé liés à la manipulation des produits phytosanitaires ou en consommant des aliments trop traités. « Nous avions des craintes sur certaines parcelles, mais il s’avère que l’enquête révèle un usage plus modeste que ce que nous pouvions penser » , souligne Jean Richert. Autre donnée surprenante, l’usage des pesticides et herbicides décroît lorsque l’on passe de jardins « basiques » aux parcelles fortement cultivées. « Les personnes âgées passant beaucoup de temps dans leurs jardins auraient donc tendance à cultiver bio, privilégiant les méthodes naturelles (purin d’ortie, marc de café, décoction de prêle, épandage de cendre). » Riches en enseignement, les résultats et interprétation de cette enquête serviront à nourrir la suite des actions pédagogiques au jardin de la Douce et les démonstrations effectuées dans Les résultats de cette enquête serviront à nourrir la suite des actions pédagogiques, comme ici avec des enfants au jardin de la Douce, de la Maison départementale de l’environnement. le cadre du programme de sensibilisation du grand public aux méthodes de jardinage au naturel de la Maison départementale de l’environnement. Le tout, afin d’allier respect de l’environnement et santé publique dans le Territoire de Belfort. l ENVIRONNEMENT enquête Le plaisir de travailler dehors est la motivation première pour 52,6% des jardiniers. LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DU TERRITOIRE DE BELFORT N°158 VivreleTerritoire 23



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