[90] Vivre le Territoire n°151 septembre 2014
[90] Vivre le Territoire n°151 septembre 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°151 de septembre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : bien manger... le territoire dévoile ses recettes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENVIRONNEMENT rivières Travaux les pieds dans l’eau RESTAURATION MORPHOLOGIQUE Les promeneurs du Sud Territoire n’ont pas manqué de remarquer les pelleteuses en action, dès le début de l’été, dans le lit de la Vendeline et de l’Allaine à Réchésy et à Delle. Tout allait bon train, jusqu’à ce que la pluie s’en mêle. ç Catherine Robet Dans un communiqué, Météo France confirmait ce que beaucoup savaient déjà. On n’avait pas vu d’été aussi pluvieux dans le Territoire de Belfort depuis près de 50 ans. Les entreprises chargées par le Conseil général de restaurer les rivières Allaine et Vendeline (voir notre édition de juin 2014 - N°149 page 18), afin qu’elles retrouvent une eau de qualité et leur biodiversité, en ont également fait le constat. « Les eaux de l’Allaine sont montées jusqu’à deux mètres et ne sont pas redescendues en dessous d’un mètre durant les mois de juillet et août, alors que les engins de chantier ne peuvent travailler qu’en dessous de 60 centimètres ! » explique Stéphanie Vernier, ingénieur chargée ts À SAVOIR Les travaux de restauration morphologique de l’Allaine et de la Vendeline sont financés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le Conseil général du Territoire de Belfort et la Région Franche-Comté. Ils sont réalisés par le Conseil général dans le cadre du contrat de rivière Allaine, animé par la Communauté de communes du Sud Territoire. L’ombre commun pourra revenir dans le Territoire. 22 VivreleTerritoire N°151 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT de projet au Conseil général. Résultats : les travaux sur l’Allaine accusent environ 4 semaines de retard. Dans le lit de l’Allaine Dans ces conditions extrêmes, tout ce qui était faisable a été réalisé. En amont de Delle, près de la frontière suisse, le fond de la rivière a été décaissé de façon à rétablir la pente du cours d’eau et à s’affranchir des seuils qui obstruent la circulation des poissons. Des rochers calcaires ont été déposés afin de créer des sinuosités qui produiront des zones de ralentissement, permettront à la végétation de s’installer, et pourront abriter des poissons. « Encore au mois d’août, nous ne pouvions pas intervenir sur les matériaux mis en place, ni même les voir, ils Marc Hannotin, responsable technique à la Fédération de pêche du Territoire de Belfort « Pour que les travaux sur l’Allaine et la Vendeline n’impactent pas les populations de poissons, nous avons organisé une pêche électrique et sorti tous les poissons pour les remettre à l’eau en aval. Cette pêche a été aussi l’occasion, comme à chaque fois que nous réalisons un comptage des poissons à ces endroits, de constater un déséquilibre écologique, en particulier dans la traversée de Delle. Dans un cours d’eau perturbé comme celui-là, les espèces patrimoniales, qui ont besoin de caches pour vivre, disparaissent au profit d’espèces moins sensibles à la qualité de l’eau. Les travaux de restauration morphologique vont donc permettre l’installation d’espèces indigènes. Elles pourront trouver refuge dans les méandres et les zones calmes. On peut notamment espérer le retour de l’ombre commun, un poisson que l’on ne trouve plus dans le Territoire de Belfort mais qui est encore présent en amont de l’Allaine, côté Suisse. » étaient sous l’eau ! » En ville, les engins avaient également commencé à casser les seuils, ces constructions en béton destinées à l’origine à freiner Les eaux de l’Allaine sont montées jusqu’à deux mètres et ne sont pas redescendues en dessous d’un mètre durant les mois de juillet et août. » la vitesse de la rivière rectiligne. Mais là encore, il aura fallu interrompre les travaux. « Une surprise nous attendait, poursuit Stéphanie Vernier. Nous avons découvert des canalisations en amiante qui n’apparaissaient sur aucun plan. » Impossible de poursuivre la destruction des seuils avant l’opération de désamiantage. « Dans le cas présent, l’amiante est inerte dans le ciment, mais sa présence nécessite de respecter des procédures d’enlèvement très strictes. » Si le mois de septembre affiche une météo plus clémente, le terrassement des berges derrière l’Intermarché à Delle devrait s’achever rapidement. Tous ces aléas on conduit à retarder la construction d’une passerelle piétonne qui remplacera l’ancienne, trop basse et régulièrement inondée, en octobre prochain. Retour aux origines Du côté de Réchésy, le futur lit de la Vendeline se dessine dans le pré en
Derrière chaque méandre de la Vendeline, une semelle de fond a été installée (roches) pour éviter au lit mineur de la rivière de s’enfoncer. fond de vallon, là où il passait à l’origine. La rivière ayant été déviée dans l’ancien canal le temps des travaux, l’entreprise a pu travailler les pieds au sec. La Vendeline retourne, en fait, à son lit mineur d’origine dont on pouvait deviner le tracé dans le vallon. Elle traverse aujourd’hui une exploitation agricole d’élevage de bovins. L’opération n’aurait pas pu se faire sans un partenariat avec l’agriculteur exploitant des parcelles traversées, et pour lequel des aménagements spécifiques ont été réalisés, tels qu’un passage à gué et un espace sur la berge pour abreuver les vaches. Désormais, la rivière n’aura plus qu’à se laisser doucement couler pour redevenir sauvage (ou presque), et se voir repeupler par la faune et la flore. Biodiversité Car l’objectif de ces travaux vise à redonner à l’eau toutes ses qualités. « Dans le cas de la Vendeline par exemple, détournée à l’époque pour alimenter le moulin, elle était devenue un ENVIRONNEMENT rivières À Delle, les sinuosités réalisées avec des blocs permettent de diversifier les écoulements. Dans les eaux calmes se déposeront les sédiments dont se nourrissent les poissons qui trouveront alors un abri parmi les cailloux et les plantes aquatiques. canal rectiligne à fond plat, précise Jean- François Azens, chef du service ouvrages hydrauliques, eau et milieu aquatique au Conseil général. Sa forme trop simple était peu accueillante pour la faune et la flore. » Parallèlement, l’absence de sinuosités et de végétation privait le lit de la rivière de son rôle de filtre naturel. Dans l’agglomération de Delle, par contre, impossible de creuser de vrais méandres du fait des habitations. Ce sont les massifs rocheux déposés dans le lit qui joueront ce rôle. « L’année prochaine, la rivière ressemblera à un couloir sinueux, avec des berges adoucies et inondables », souligne le responsable. Avec l’abaissement des berges à certains endroits, ce sont de vraies petites zones humides qui naîtront, accueillant une nouvelle biodiversité en pleine ville. l Retrouvez tous les détails des travaux de restauration de l’Allaine et la Vendeline sur cg90.fr/rivieres LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°151 VivreleTerritoire 23



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