[90] Vivre le Territoire n°150 jui/aoû 2014
[90] Vivre le Territoire n°150 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... en piste sur la FrancoVéloSuisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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TERRITOIRES événement Alstom et General Electric s’unissent pour créer un pôle mondial de l’énergie. Alstom a dit « oui » à GE INDUSTRIE Le 21 juin 2014, le Conseil d’administration d’Alstom a accepté l’offre de rachat du géant américain General Electric. Réactualisée pour répondre aux exigences du Gouvernement, la reprise des activités énergie du groupe français s’apparente plus à une alliance dans laquelle l’État prend part. ç Catherine Robet Les 2 600 salariés belfortains d’Alstom y voient désormais un peu plus clair quant à leur avenir. Le comité d’administrateurs indépendants, créé spécialement pour l’occasion par l’entreprise française, a rendu son verdict après l’étude des propositions de reprise déposées respectivement par l’Américain GE d’une part, et l’Allemand Siemens associé au Japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) d’autre part. S’appuyant sur son rapport, le groupe Alstom a donc voté à l’unanimité pour General Electric dont la proposition initiale a été sensiblement modifiée. Co-entreprises Désormais, il ne s’agit plus seulement d’un rachat pur et simple des activités énergie. Même si l’Américain a déposé sur la table 12,35 milliards d’euros, l’offre comprend la création de trois co-entreprises dans lesquelles Alstom et GE détiendraient chacun 50% des parts : une pour les réseaux (distribution), une pour les énergies renouvelables (éoliennes et centrales hydrauliques), et enfin une pour les turbines vapeurs, exclusivement fabriquées sur le site de Belfort, qui alimentent notamment les centrales nucléaires françaises. D’où la décision de l’État d’entrer au capital d’Alstom à hauteur de 20% pour garder la main mise sur ce secteur. « Nos intérêts sont préservés, déclarait le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg, lors d’un entretien au journal télévisé de France 2, le 22 juin dernier. Nous avons retourné la situation en notre faveur en donnant priorité à l’emploi. » L’accord prévoit en effet la création de 1000 emplois en France d’ici trois ans, et des pénalités à hauteur de 50 000 euros par emploi non créé si cette promesse n’était pas respectée. Le secteur Transport renforcé Parallèlement, GE a proposé de vendre à Alstom Transport son activité de signalisation ferroviaire. Des accords de coopération devraient également être signés quant aux services aux locomotives ou encore au secteur Recherche & Développement. Alstom Transport récupérerait ainsi un secteur d’une valeur d’environ 500 millions de dollars de chiffre d’affaires, renforçant selon Patrick Kron, président directeur général d’Alstom, « sa position de leader mondial et d’expert technologique. » Siemens et MHI écartés Jugée trop éloignée des intérêts sociaux d’Alstom, l’offre de Siemens et de son allié Mitsubishi, bien qu’améliorée elle aussi, n’a pas reçu les faveurs du comité d’administrateurs indépendants. L’Allemand proposait de racheter l’activité gaz pour 4,3 milliards d’euros, tandis que le Japonais aurait racheté l’activité vapeur, réseaux et hydraulique pour 3,9 milliards. Maintenant que le choix est fait, la prochaine étape consiste en la consultation des instances représentatives du personnel. La procédure comprend également de nombreuses démarches réglementaires, y compris celles liées au décret relatif aux investissements étrangers en France récemment modifié par le Gouvernement. Il reste donc encore neuf mois d’attente avant que cette union devienne une réalité. l 4 VivreleTerritoire N°150 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
TERRITOIRES événement EN DATES Chronologie d’un mariage annoncé Un pôle d’excellence mondiale TECHN’HOM Le siège social de GE Power and Water pour l’Europe et l’Afrique est installé au Techn’Hom depuis 1999, au moment même où l’entreprise américaine rachetait l’activité Turbine à gaz fabriquée sous licence GE par Alstom. Depuis, ce sont 2 000 salariés GE qui œuvrent sur les deux sites de Belfort et de Bourogne. En rachetant l’activité énergie d’Alstom, l’entreprise américaine place le Techn’Hom comme l’un de ses plus importants sites industriels avec 4 000 salariés. Accueilli à Belfort dès l’annonce favorable du comité d’administration d’Alstom, Jeffrey R. Immelt, président directeur général de GE a annoncé devant l’ensemble du personnel GE, réuni sous un immense chapiteau, sa volonté d’agrandir encore le site. « Les autorités locales nous ont déjà fait part de leur soutien dans ce projet. Des emplois seront créés à Belfort, nous voulons en faire notre QG du secteur thermique ! », a-t-il promis tout en avouant que cette opération de rachat était « la plus importante de toute l’histoire de GE ». l François Cavan, directeur général, SteveBolze, PDG de GE Power & Water, et Jef Immelt, PDG de GE, ont pris la parole à Belfort devant le personnel, le 24 juin dernier. Adrien Bodennec, au service Achat de General Electric. Une bonne chose pour Belfort. « Bien sûr, ici, nous avons tous suivi les rebondissements de cette affaire dans les médias. C’était important, parce que cela concerne l’avenir de notre entreprise, nos emplois et ceux de nos collègues d’Alstom. Cette alliance va changer complètement la donne. Jusqu’ici, nous étions concurrents, on se voyait à la cantine, mais il n’y avait pas d’échanges professionnels. Maintenant nous allons former le centre mondial de l’énergie et le site va s’agrandir, comme nous l’a expliqué notre PDG, Jeff Immelt, lors de sa visite à Belfort. Je pense que même sur le plan de la vie locale, cela va changer les choses, car Belfort disposera désormais d’une visibilité internationale et pourra profiter d’une nouvelle dynamique. Par exemple, il y aura plus de touristes d’affaires, ils feront marcher l’économie locale, les hôtels, les restaurants, les lieux culturels. Ce rachat est une bonne chose, pour nos emplois et pour tout le Territoire. » 4 avril : L’agence de presse américaine Bloomberg annonce que General Electric propose de racheter les activités énergie d’Alstom. 27 avril : Le groupe Siemens dépose à son tour une offre de rachat. Les discussions s’engagent entre les deux acheteurs potentiels et le Gouvernement. 28 avril : Les syndicats belfortains expriment leur refus du démantèlement. 30 avril : Le Conseil d’administration d’Alstom marque sa préférence pour l’offre de GE. Il forme un comité d’administrateurs indépendants chargés d’analyser l’offre de l’Américain. Alstom a jusqu’au 2 juin pour se décider. 5 mai : Le Gouvernement demande à GE d’améliorer son offre. 15 mai : Le ministre de l’Économie modifie le décret accordant un droit de regard sur les opérations de rachat des entreprises françaises dites stratégiques. Il comprend désormais les activités liées à l’énergie. 16 mai : SteveBolze, PDG d’Alstom Power & Water, et Clara Gaymar, PDG de GE France, viennent à Belfort pour promouvoir le site industriel. 22 mai : GE accepte d’attendre jusqu’au 23 juin la décision d’Alstom. 21 mai : Les représentants du personnel d’Alstom à Belfort sont reçus par le ministre de l’Économie et manifestent leur inquiétude. 26 mai : Siemens annonce qu’il déposera son offre de rachat le 16 juin. 28 mai : Jeffrey Immelt, PDG de GE, annonce la création de 1000 emplois en France d’ici trois ans en cas d’accord. 11 juin : Siemens s’associe à Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour élaborer une offre commune. 16 juin : Siemens dépose son offre. Il ne propose plus un échange d’actifs entre énergie et transport, mais le rachat de la branche turbine à gaz pour 4 milliards d’euros, tandis que MHI reprendrait les turbines vapeur. 20 juin : le Gouvernement annonce une co-entreprise entre Alstom et GE, avec un rachat par l’État de 20% des actions Bouygues. 23 juin : Le comité d’administrateurs indépendants d’Alstom valide le projet de GE réactualisé. 24 juin : Patrick Kron, PDG d’Alstom, et les Américains Jeffrey R. Immelt, SteveBolze, et Clara Gaymar sont à Belfort pour célébrer leur alliance. LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°150 VivreleTerritoire 5



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