[90] Vivre le Territoire n°150 jui/aoû 2014
[90] Vivre le Territoire n°150 jui/aoû 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°150 de jui/aoû 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... en piste sur la FrancoVéloSuisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE 1 re Guerre mondiale Les incidents de frontières du 2 août 1914 Alors qu’à plusieurs reprises, des cavaliers allemands sont aperçus fin juillet 1914 sur le territoire français, les militaires français ont reçu l’ordre de ne pas approcher de la frontière. Une réserve qui n’empêchera pas la mort de deux soldats à Joncherey, les toutes premières victimes de la 1 re Guerre mondiale. ç Jean-Christophe Tamborini À SAVOIR Le monument commémoratif de Joncherey inauguré par Poincaré en juillet 1922 a été dynamité par l’armée allemande le 17 juillet 1940. Reconstruit en 1959, le monument est retenu pour figurer au patrimoine mondial de l’Unesco. Suite à l’aggravation de la situation internationale, le Président Poincaré, rentré de Russie, convoque un Conseil des ministres le 30 juillet. Une partie des troupes de couverture doit rejoindre ses emplacements selon le plan XVII, mais un télégramme est envoyé pour en spécifier l’application : « Pour des raisons diplomatiques, il est indispensable qu’aucun incident ne se produise de notre fait. En conséquence, aucun élément, aucune patrouille ne devra sous aucun prétexte dépasser une ligne dont le tracé est indiqué entre Hussigny [à la frontière du Luxembourg et de la Belgique] et Delle ». Repérages allemands Malgré le retrait des troupes françaises de la frontière et alors que l’Allemagne n’a toujours pas déclaré la guerre, des troupes allemandes stationnées en Alsace franchissent la frontière pour faire des repérages. Dès le 31 juillet à Chavannes-les- Grands, on signale vers minuit une incursion de cavaliers allemands jusqu’au poste de douanes du village. Le 1er août vers 15h35, cinquante dragons allemands en reconnaissance sont aperçus à proximité de la forêt communale de Vauthiermont. Mais c’est dans la journée du 2 août que se produisent les plus graves incidents. À Chavannes-les-Grands, vers 10h30, trois cavaliers allemands franchissant le pont de la Suarcine depuis Magny sont aperçus par le douanier Maitre, son collègue Rondot leur tire dessus. Surgissent alors une quarantaine d’autres cavaliers. Actes de décès du sous-lieutenant Mayer et du caporal Peugeot Premiers prisonniers Quelques minutes plus tard un télégramme signé du colonel de Mac- Mahon, commandant le 35 e R.I. annonce une nouvelle violation à Larivière. La brigade des douaniers de Chèvremont revendique l’honneur d’avoir fait le premier prisonnier allemand. Mobilisée dès le premier jour, elle était en surveillance à Reppe, le 2 août, lorsque vers midi et demi elle fut prise à revers par une patrouille de dragons allemands. Les procès-verbaux des douaniers témoignent de cette capture : « Nous soussignés Parachie (Georges) lieutenant commandant le poste de Reppe, Bize (Eugène) brigadier, Baur (Bernard), Muller (Benjamin), Guillem (Auguste) et Borne (Charles) préposés, certifions que, le deux août mil neuf cent quatorze, nous trouvant vers midi un quart en surveillance au village de Reppe (bifurcation des routes de Bréchaumont et de Dannemarie) à trois cents mètres de la frontière francoallemande, avons vu une patrouille de neufs cavaliers allemands qui, venant au trot par la route de Foussemagne, se dirigeaient vers le point que nous occupions. Nous avons aussitôt ouvert le feu sur eux à environ quarante mètres, mais pressant leurs chevaux, ils passèrent en trombe en déchargeant leurs armes sur nous sans atteindre personne. Les premiers qui arrivèrent au câble qui barrait la route le franchirent ; les deux derniers ne purent en faire autant et les chevaux se heurtèrent contre l’obstacle qui fut rompu. L’un de ces derniers fit une chute avec sa monture. Le brigadier Bize, qui se trouvait le plus rapproché, le fit prisonnier ; le cheval se releva aussitôt et rejoignit le peloton, qui regagna la frontière à toute allure. Le prisonnier qui appartenait au 22 e régiment de dragons, en garnison Mulhouse était blessé à l’arcade sourcilière. Il a reçu les premiers soins et fut remis le même jour à l’autorité militaire. » 30 VivreleTerritoire N°150 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
MÉMOIRE 1 re Guerre mondiale Arrêté d’état de siège Liste des blessés à l’hôpital de Delle, le 3 août 1914. À Suarce, les conséquences sont bien plus sérieuses. Une patrouille allemande procède à l’arrestation de neuf hommes du village surpris alors qu’ils amenaient au village des chevaux et des chariots pour obéir à l’ordre de réquisition des autorités militaires. Les Allemands confisquent les 25 chevaux, les 13 voitures et entraînent en captivité les hommes du village. Deux d’entre eux trouvèrent la mort au cours de cette captivité. Premiers morts Mais l’incident le plus dramatique est celui qui se déroule dans la matinée du 2 août à Joncherey. Un groupe de 7 cavaliers allemands du 5 e régiment de chasseurs à cheval basé à Mulhouse s’approche de Joncherey par la route de Faverois. À l’entrée du village, face à la maison de la famille Docourt, ils tombent sur un poste avancé tenu par cinq hommes du 44 e régiment d’infanterie. Le sous-lieutenant Mayer qui commande l’escouade allemande charge et fait feu sur le caporal Peugeot à la tête du poste français. Celui-ci a le temps de riposter avant de s’écrouler, mortellement blessé. Dans le même temps, le sous-lieutenant Mayer est désarçonné par le tir mortel du caporal Peugeot. Les quatre autres soldats français tirent à leur tour sur les cavaliers allemands. Trois d’entre eux chutent de leurs chevaux dans la fusillade, deux sont immédiatement faits prisonniers dont un, blessé, est soigné à l’hôpital de Delle. Le troisième, en fuite, ne s’est rendu qu’après deux jours d’errance. Deux cavaliers allemands réussissent à prendre la fuite en direction de Suarce puis de Dannemarie, le dernier se réfugie en Suisse où il est fait prisonnier. Déclaration de guerre Le caporal Jules Peugeot, né en 1893 à Étupes et le sous-lieutenant Albert Mayer né en 1892 à Magdebourg, sont les premiers morts de chaque camp dans cette guerre qui n’est pas encore officiellement déclarée. La déclaration de guerre est remise par l’ambassadeur d’Allemagne aux autorités françaises le 3 août, au moment même des obsèques d’Albert Mayer au cimetière de Joncherey. Le caporal Peugeot est, lui, enterré le lendemain. l Le monument Peugeot à Joncherey et la maison Docourt devant laquelle le caporal Jules Peugeot a été tué. LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°150 VivreleTerritoire 31



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