[90] Vivre le Territoire n°149 juin 2014
[90] Vivre le Territoire n°149 juin 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°149 de juin 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : du 4 au 6 juillet, Eurocks paradise !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE noblesse Les Grimaldi et le Territoire de Belfort Le 15 juillet 1777, Louise d’Aumont, duchesse de Mazarin, épouse Honoré-Charles- Anne-Maurice Grimaldi, âgé de dix-neuf ans, prince héréditaire de Monaco. Cette alliance est à l’origine d’un lien durable entre le Territoire de Belfort et la Principauté de Monaco. ç Joseph Schmauch À SAVOIR Sans un arrangement politique et dynastique intervenu en 1922, le trône de Monaco et le titre de comte de Belfort auraient pu revenir à la maison allemande des Wurtemberg, ce qui aurait suscité bien des émotions au lendemain de la Grande Guerre ! Le prince Honoré III obtient pour son fils l’un des partis les plus convoités d’Europe, en raison de la fortune et des titres dont la duchesse est l’héritière. Louise d’Aumont descend en effet, par son côté maternel, du cardinal de Mazarin, lequel avait cédé tous ses biens à sa nièce Hor- La duchesse connaît des heures difficiles pendant la période révolutionnaire : elle perd ses biens, et, emprisonnée à Paris, elle ne doit son salut qu’à la chute de Robespierre. » Plan en élévation de l’hôtel de Duras, résidence des ducs de Mazarin à Belfort. tense Mancini, et à l’époux de cette dernière, Armand Charles de La Porte. Outre les duchés de Rethel-Mazarin et de Mayenne (achetés jadis au duc Charles III de Mantoue), le marquisat de Chilly et le comté de Longjumeau (issus de l’héritage de Marie de Ruzé, épouse de Paul- Jules, duc de Mazarin), Louise d’Aumont apporte en dot les comtés de Ferrette, Belfort, Thannet Rosemont, ainsi que la baronnie d’Altkirch et la seigneurie d’Issenheim. Ces dernières sont les terres patrimoniales de la Maison d’Autriche en Alsace, cédées par Louis XIV à Mazarin à la suite des traités de Westphalie (voir Vivre le Territoire de juin 2013). L’ensemble de ces titres sera transmis par le prince Honoré IV qui devient en 1814 le septième Prince souverain de Monaco. Les « terres d’Alsace » Ces terres d’Alsace couvrent l’actuel Territoire de Belfort, le Sundgau alsacien et comprennent aussi la vallée de la Thur et des terres situées dans la plaine d’Alsace. Il s’agit de terrains à fort potentiel économique, comprenant des ressources sylvicoles, notamment le massif du Ballon d’Alsace et les forêts du Rosemont, des étangs, mais également les mines de fer et les forges de Giromagny. Malgré leur fortune et leurs alliances, les héritiers du cardinal ne sont gère estimés des Belfortains. Les terres d’Alsace, ne constituent qu’une partie de leurs possessions situées dans Portrait de la duchesse Louise d’Aumont-Mazarin (1759-1826) l’ouest de la France et en Champagne. Les rapports entretenus par les Mazarin avec les terres d’Alsace sont impersonnels et lointains : si la maison seigneuriale est installée à Belfort (l’hôtel de Duras, actuelle école Jules Heidet), les Mazarin ne se rendent à Belfort qu’à deux reprises entre 1713 et 1790. Enfin, les richesses produites localement sont en grande partie dilapidées par le train de vie ducal mené à la cour de Versailles. Dispersion d’une fortune Louise d’Aumont étant d’un caractère peu enclin au compromis, le mariage avec Honoré IV de Monaco ne dure pas et le couple princier divorce en 1793, Louise d’Aumont reprochant 30 VivreleTerritoire N°149 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
MÉMOIRE noblesse Vue et perspective du Palais de Monaco en 1732, par Dominique-Joseph Bressan à son époux ses dépenses somptuaires, son manque de caractère, ses mauvaises fréquentations et son goût excessif des plaisirs (elle-même constituant une épouse et une mère exemplaire). La duchesse connaît des heures difficiles pendant la période révolutionnaire : elle perd ses biens, et, emprisonnée à Paris, elle ne doit son salut qu’à la chute de Robespierre. Quant au patrimoine de la duchesse d’Aumont-Mazarin, il est réduit à néant, tant par la mauvaise gestion d’intendants peu scrupuleux que par les confiscations révolutionnaires. Jusqu’à son décès, en 1826, la duchesse d’Aumont mettra toutefois toute son énergie à essayer de reconstituer sa fortune, engageant de multiples procès contre les communes acquéreuses de domaines vendus comme biens nationaux. Un titre toujours porté Un contrat est signé en 1828 entre dix-sept communes de l’ancien comté de Ferrette et la princesse Caroline, épouse du prince Tancrède-Florestan Grimaldi, permettant à Honoré V de Monaco de reprendre possession de plusieurs centaines d’hectares de forêts et de pacages dans le Sundgau. Ces propriétés sont définitivement vendues à la mort d’Honoré V, en 1848. Ainsi disparaissent les biens fonciers des Maisons La Porte Mazarin et Aumont, auxquels ne survivent que les titres nobiliaires qui leur étaient attachés, parmi lesquels celui de comte de Belfort, toujours porté par les princes de Monaco. l Timbres commémorant le mariage de Louise d’Aumont et d’Honoré IV, édités par la Principauté de Monaco en 2012. EN ARCHIVE Un partenariat a été noué avec les Archives du Palais Princier de Monaco, dans le but de microfilmer et de numériser un ensemble de 400 boîtes d’archives administratives et judiciaires relatives aux comtés de Belfort, de Delle et du Rosemont (consultables à Belfort d’ici l’automne prochain). LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°149 VivreleTerritoire 31



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