[90] Vivre le Territoire n°145 février 2014
[90] Vivre le Territoire n°145 février 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de février 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : cultures collèges, l'art de grandir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÉDUCATION enseignement DISPOSITIF Ne laisser personne au bord du chemin. Le Conseil général soutient le dispositif classe relais dont la mission consiste à empêcher le décrochage définitif des collégiens qui rencontrent des difficultés dans le système scolaire. ç Pauline Moiret-Brasier Accompagner les collégiens qui décrochent À SAVOIR Une session de classe relais dure environ 7 semaines, mais chaque jeune peut réintégrer son collège avant cette échéance. Il maintient ensuite le contact avec la classe relais. Comment remobiliser des élèves en rupture avec l’enseignement, les aider à renouer avec un système scolaire dont ils se sont exclus progressivement ? Les symptômes d’un « décrochage scolaire » peuvent s’exprimer de plusieurs façons : difficultés d’apprentissage, problèmes de comportement, absentéisme, parfois les trois en même temps. Depuis 1999, l’Éducation nationale et la direction départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ont mis en place un système de « classe relais », soutenu par le Conseil génétral et piloté par le collège Simone Signoret. Une structure d’enseignement spécifique prenant en charge, sur avis d’une La place de ces élèves est dans l’enseignement traditionnel. » commission pédagogique, des collégiens issus des treize établissements publics du Territoire de Belfort. « Le passage dans la « classe relais » doit permette la réintégration des élèves dans leurs collèges et ainsi éviter la déscolarisation des collégiens les plus en difficulté », explique Élisabeth Clamme, directrice adjointe de l’éducation au Conseil général. Laurence Hervé principale adjointe du collège Châteaudun « En tant que principale adjointe, je m’occupe du suivi des élèves que nous confions aux classes relais. Les professeurs ou autres membres de l’équipe pédagogique ou éducative maintiennent un contact régulier avec eux, par courrier électronique, via l’espace numérique de travail et lors de visites sur place. Il s’agit de temps d’écoute, qui leur montrent l’intérêt que nous leur portons et contribuent à les valoriser. Il est en effet très important de montrer qu’ils ne sont pas exclus et que nous nous intéressons à leur évolution. Cela permet un retour progressif dans les classes, parfois même avant Un lien solide avec l’établissement la fin d’une session. Les équipes des classes relais procèdent alors, à leur tour, au maintien du suivi. Nous pensons que la réussite du dispositif tient à l’existence de ce lien solide. Même s’il ne s’agit pas d’une solution miracle, nous avons observé des améliorations parmi les élèves ayant expérimenté le dispositif. Ils en retirent un avantage indéniable : retrouver un rythme et un comportement social adapté, avoir une image plus positive d’eux-mêmes, avoir été sensibilisés et remobilisés sur un projet professionnel. Nous pourrons ainsi mieux les orienter vers des formations correspondant à leurs attentes, telles qu’en lycées professionnels ou en CFA. » Arrivé au mois de septembre 2013 pour coordonner le dispositif avec l’ensemble des établissements, Ozcan Acar enseigne également dans la classe relais du Territoire de Belfort. Pour lui, c’est affirmatif : « La place de ces élèves est dans l’enseignement traditionnel. Mais nous ne sommes pas qu’une parenthèse dans leur scolarité. Nous assurons un suivi de l’élève avant son intégration en classe relais et jusqu’après son retour dans son collège, en lien constant avec la communauté éducative. » L’omniprésence du lien Pendant sept semaines, les jeunes sont accueillis dans des locaux mis à disposition par la SODEB, gestionnaire du Parc technologique à Belfort pour le compte du Département. En novembre 2013, la classe relais a investi des locaux entièrement rénovés. Le bâtiment de 310 m² possède une salle de classe, un espace multimédia, trois bureaux, une salle de réunion et une cafétéria. Ozcan Acar y travaille avec Natacha Bénier, éducatrice PJJ, et Mélanie Heyd, assistante d’éducation. C’est une école petit format, où les collégiens évoluent de la même manière que dans leurs établissements d’origine, mais en comité restreint (pas plus de huit élèves par session). Des conditions qui permettent de s’adapter à la situation de chacun. « Il s’agit la plupart du temps d’élèves dont le contexte social et familial est difficile. C’est pourquoi nous essayons d’emblée de remporter l’adhésion du jeune, mais également de sa famille. » Ce contrat moral s’exprime aussi à travers un carnet de liaison, présen- 18 VivreleTerritoire N°145 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
ÉDUCATION enseignement Pour ne pas perdre pied, les élèves assistent à des cours d’enseignement fondamentaux par petits groupes. tant l’évolution des élèves au cours de leur parcours en classe relais. Ceux-ci restent en contact avec leur établissement, par échange de courriels et par le suivi attentif et régulier de l’un de leurs professeurs : « Cela a le mérite de préparer un retour progressif dans la classe dans l’optique d’une réintégration réussie. » De nouvelles perspectives Pour ne pas perdre pied, les élèves assistent à des cours de mathématiques, de français, d’histoire et de sport, donnés par des professeurs membres du réseau ainsi constitué. Les jeunes de la classe relais bénéficient également des mêmes opportunités d’ouverture sur le monde que leurs camarades, grâce à Cultures collèges (voir dossier p.10). Ils développent actuellement un projet autour de l’écrit avec le rapeur Pih Poh et autour de l’art, grâce à l’intervention de la sculptrice Constance Renard. Des partenariats sont aussi développés avec l’Espace multimédia Gantner et le Conseil général pour réaliser des séjours de cohésion de groupe. Enfin, depuis septembre, le dispositif a aussi introduit des « ateliers relais », orchestrés par les Francas du Territoire de Belfort. Ces derniers fédèrent des adolescents qui se trouvent, eux aussi, en rupture avec le système scolaire et leur entourage, autour d’un projet collectif consacré à la vidéo. La façon dont le réseau s’articule fait l’objet d’une grande satisfaction de l’ensemble des partenaires, qui Nous observons une prise de conscience de leurs difficultés et l’envie d’y remédier. » mettent en avant l’effet positif de cette collaboration pour les élèves les plus en difficulté. « Bien sûr, ils ne seront pas devenus des « élèves modèles » dès leur retour en classe. Néanmoins, chez la plupart d’entre eux, nous observons une prise de conscience de leurs difficultés et l’envie d’y remédier », conclue Ozcan Acar. Déjà une précieuse victoire remportée par la classe relais. l LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°145 VivreleTerritoire 19



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