[90] Vivre le Territoire n°145 février 2014
[90] Vivre le Territoire n°145 février 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°145 de février 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : cultures collèges, l'art de grandir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER cultures collèges Un bain de culture pour bien grandir ÉDUCATION ARTISTIQUE Pour le Conseil général du Territoire de Belfort, moderniser les collèges consiste aussi à distiller l’art et la culture à l’intérieur des établissements. Pour y parvenir, il a inventé Cultures collèges, un dispositif d’aide aux projets culturels. Cette année, la formule évolue pour proposer aux élèves de nouvelles expériences artistiques. ç Catherine Robet « Je suis tombé dedans quand j’étais petit », serine Obélix, le héros gaulois du dessinateur de bande dessinée René Goscinny. Cette phrase célèbre, les collégiens du département pourraient bien se l’approprier, à ceci près qu’elle n’évoquerait pas une fameuse potion magique mais bien une source d’épanouissement autrement plus réaliste : la culture. Et tomber dedans pour en ressortir plus fort, plus ouvert au monde, et voir plus loin que les apparences, c’est bel et bien l’objectif de « Cultures collèges », un dispositif mis en place par le Conseil général en 2006 et destiné à faciliter les initiatives culturelles au sein des établissements. « Ce sont près de 400 projets qui ont ainsi pu voir le jour en lien avec des structures professionnelles, précise Jean-Damien Collin, directeur du développement culturel au Conseil général, dans des domaines aussi variés que le livre, la musique, les arts plastiques, l’histoire, la radio ou encore l’art numérique. » Récemment, un travail d’évaluation associant les principaux de collège, les équipes pédagogiques et surtout les collégiens (par le biais de l’environnement numérique de travail) a permis de donner une nouvelle dimension au dispositif, imaginé à une époque ou tous les collèges n’étaient pas encore équipés de salles adaptées à la pratique artistique. « Depuis cette année, Cultures collèges répond à une problématique culturelle propre à l’établissement, qui implique par exemple une violence sous-jacente de la part des élèves, des questions de rejets de l’autre, ou encore un repli sur soi… », poursuit le directeur (lire page 14). Avec ses deux partenaires que Travailler avec des professionnels et faire vivre aux élèves de véritables expériences ‘sensibles’. » sont la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et les services départementaux de l’Éducation nationale, le Conseil général s’appuie sur l’analyse du chef d’établissement pour lui proposer de travailler avec des professionnels et faire vivre aux élèves de véritables expériences « sensibles ». Un éclairage différent sur la vie et le monde que seul l’acte de création peut apporter. l Christian Chemin, conseiller pour l’éducation artistique et culturelle à la Direction régionale des affaires culturelles. Faire que tous les enfants puissent rencontrer des artistes « La nouvelle formule de Cultures collèges répond parfaitement aux objectifs du ministère de la Culture, qui visent à placer la création artistique au cœur du parcours individuel de l’élève. L’idée, c’est de faire en sorte que tous les enfants aient la possibilité de rencontrer des artistes et d’être en contact avec des œuvres tout au long de leur scolarité. Il est donc fondamental de replacer l’éducation artistique et culturelle au cœur même des établissements scolaires, comme le fait le Conseil général du Territoire de Belfort dans les 13 collèges publics qui sont sous sa responsabilité. En tant que conseiller associé au dispositif Cultures collèges, il me semble que l’adéquation entre le diagnostic réalisé par l’établissement et l’aide au montage de projet apportée par les trois partenaires institutionnels permet véritablement de construire un projet pertinent. L’expérience culturelle qui en découle est réellement de nature à participer au développement de l’enfant. » Gérard Oustric, conseiller technique à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale. Les collèges ont joué le jeu « L’ancienne formule de Cultures collèges avait atteint ses limites. Aujourd’hui, le dispositif est plus conforme aux droits culturels qui sont parmi les droits fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ainsi, pour les collégiens du Territoire, c’est une véritable chance de bénéficier d’un dispositif comme celui-là, dont les objectifs convergent vers ceux de l’Éducation nationale. Du côté des professeurs et des équipes pédagogiques, la nouvelle formule a bien sûr suscité de nombreux questionnements. Beaucoup de réunions ont eu lieu pour que les projets ne soient pas seulement ceux d’un ou deux professeurs mais réellement de tout l’établissement. Nous avons étroitement travaillé avec le service de l’action culturelle du rectorat, et globalement tous les collèges ont joué le jeu. Certains établissements se sont d’ailleurs emparés du dispositif pour faire émerger des idées nouvelles, par exemple un projet sur la culture scientifique et technique. Une première dans l’histoire de Cultures collèges. » 12 VivreleTerritoire N°145 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
DOSSIER cultures collèges Enregistrement d’une émission de radio en conditions réelles avec l’Espace gantner. 2 QUESTIONS À Dominique Retailleau, conseiller général délégué à l’éducation, la vie scolaire et la jeunesse. Vivre le Territoire : Cultures collèges fait entrer la culture dans les collèges. Le Conseil général réalise également des équipements culturels dans les établissements via le programme « Contrat collèges ». En quoi ces deux politiques sont-elles complémentaires ? Dominique Retailleau : Dès sa mise en œuvre en 2004, le programme de rénovation et de modernisation des collèges « Contrat collèges » intégrait la création d’équipements facilitant l’apprentissage des disciplines artistiques. Aujourd’hui, les établissements possèdent tous des salles multimédias, des plateaux dédiés aux arts plastiques, des salles de musique… Ces outils permettent non seulement de meilleures conditions d’enseignement des programmes traditionnels, mais offrent également des espaces pour imaginer de nouvelles façons de confronter les élèves à la culture. Par exemple, les amphithéâtres peuvent être utilisés pour créer des spectacles, puis organiser des séances de restitution en présence des parents. Pour certaines familles, c’est une occasion unique d’être en contact avec la pratique théâtrale et de voir leur enfant sous un autre angle. Bien sûr, les équipements ne sont pas une fin en soi et c’est pourquoi « Cultures collèges » existe. Ce dispositif donne les moyens d’aller plus loin, de démocratiser la culture. L’action du Conseil général va même au-delà, avec notamment l’environnement numérique de travail et les classes mobiles, autant d’outils qui ouvrent des possibilités de projets. Pour la collectivité, il s’agit d’une politique volontariste qui répond à une vraie demande. VLT : « Contrat collèges » permet également à des créateurs d’intervenir dans les établissements pour réaliser une œuvre dans le cadre d’une commande artistique. Pouvez-vous nous en dire plus ? D. R. : Il faut rappeler que les collectivités, lorsqu’elles investissent dans les bâtiments publics, doivent légalement consacrer 1% du budget à une commande artistique. C’est peu mais cela contribue à ouvrir un espace de création qui n’est pas négligeable. Je pense que l’art et la culture sont parties intégrantes de nos vies et de notre quotidien. Il est donc logique que « Contrat collèges » intègre cette dimension dans les projets de rénovation. L’une des commandes les plus emblématiques est celle confiée à deux artistes, l’un créateur-concepteur et l’autre compositeur, pour le collège de Châteaudun à Belfort. Ils ont imaginé 15 univers sonores différents qui annoncent l’heure des cours pour chaque matière enseignée. Des enceintes spécialement dessinées diffusent ces compositions originales qui tranchent avec l’ancienne sonnerie, plutôt agressive, que même le principal ne supportait plus ! D’autres projets ont abouti, tels qu’une nouvelle signalétique réalisée par un graphiste au collège de Beaucourt, ou encore une composition colorée d’un artiste plasticien au collège Vauban. Ainsi, les œuvres apportent une plus-value, une identité à l’établissement, qui touche directement les élèves et leur ouvre d’autres horizons. l LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°145 VivreleTerritoire 13



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