[90] Vivre le Territoire n°144 déc 13/jan 2014
[90] Vivre le Territoire n°144 déc 13/jan 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°144 de déc 13/jan 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : le Ballon d'Alsace à la carte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE guerre Le blocus de 1813-1814, premier siège du XIX e siècle À la suite de la retraite de Russie à l’hiver 1812, les alliés coalisés contre Napoléon poursuivent ce qui subsiste de la Grande Armée jusqu’aux frontières de la France. Le 22 décembre 1813, le bruit circule, dans l’arrondissement de Belfort, de l’arrivée prochaine des troupes autrichiennes. ç Jean-Christophe Tamborini À SAVOIR Pour retracer le plus long siège de la ville, les Archives départementales conservent trois documents originaux : le cahier d’ordres du commandant Legrand du 17 janvier au 15 avril 1814, le récit du notaire belfortain François Triponné et l’enquête diligentée en 1814 sur le comportement du commandant d’armes. Extrait du journal de François Triponné. La forteresse de Belfort n’a pas subi de siège depuis la guerre de Trente Ans et pour la première fois les fortifications de Vauban vont être mises à l’épreuve du feu. La place est sous les ordres du commandant Jean Legrand. Deux régiments sont dans la ville : le 63 e régiment de ligne et le 14 e régiment de chasseur à cheval avec seulement 50 chevaux. La garnison est complétée par quelques détachements de conscrits et de soldats piémontais mal armés ; ce qui monte les effectifs à 2 600 hommes. Au château, il y a 78 bouches à feu mais trop peu de canonniers. La rapidité de l’avancée alliée fait que les subsistances manquent dans les magasins militaires. Pour y parer, Legrand organise tardivement des réquisitions dans les villages alentour. L’encerclement Le 23 décembre, l’arrivée de l’ennemi étant certaine, le payeur fait évacuer par sécurité les registres des rôles d’imposition (liste des contribuables, NDLR). De nombreux habitants ont fui la ville et les faubourgs. Les portes sont fermées. Les troupes Statue du commandant Legrand. adverses sont à Pérouse et Bessoncourt, et dès le 24 les pièces du château tirent sur elles. Les Belfortains enfermés dans la ville déposent leurs meubles à l’abri dans les magasins à poudres des tours bastionnées. Le blocus À partir du 25 décembre, la ville est isolée des faubourgs, les maisons les plus proches ont été détruites sur ordre de Legrand pour empêcher l’ennemi de s’en servir pour approcher les remparts. La crainte principale des habitants est le départ de feu suite aux bombardements, et la population civile se terre dans les tours bastionnées pour échapper aux bombes. Très vite l’absence d’anticipation du blocus se fait sentir et, si le commandant Legrand estime les vivres de la garnison suffisantes pour tenir deux mois, les habitants commencent à ressentir la pénurie dès le 29 décembre. Le 17 janvier, il n’y a plus de viande en ville et les chevaux d’artillerie sont abattus pour nourrir la garnison. » Le 9 janvier, l’état-major ennemi installé à Bavilliers somme le commandant de rendre la place sinon les tirs reprendront. À la pénurie de nourriture, s’ajoutent pour la population civile la neige et le froid, le peu de bois de chauffage ayant été conduit au château. Le 17 janvier, il n’y a plus de viande en ville et les chevaux d’artillerie sont abattus pour nourrir la garnison. Les journées alternent entre bombardements et répits. Le 15 février, le commandant doit lever un impôt extraordinaire sur la population 30 VivreleTerritoire N°144 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
MÉMOIRE guerre pour payer la solde de la garnison. Le 20 mars, une nouvelle proposition de capitulation est faite. Le manque de grains et de farine pousse certains à dénoncer ceux qui sont soupçonnés d’en dissimuler. Le 3 avril, ce sont les chevaux des particuliers qui sont abattus pour nourrir les soldats. Le 9 avril, l’annonce est faite de la déchéance de Napoléon par le Sénat. Le 12 avril, la capitulation est enfin signée après 113 jours de blocus, et dès le lendemain l’approvisionnement entre dans la ville. Et tout s’achève par un Te Deum en la cathédrale Saint- Christophe le 17 avril. les 60 heures entre l’annonce de l’approche de l’ennemi et l’encerclement, le logement de la troupe chez l’habitant et les contributions financières forcées. Ces attaques sont plus partisanes que militaires car les signataires reprochent à ces trois hommes leur esprit révolutionnaire de 1793. L’enquête diligentée par l’aide de camp Châtelain absout Legrand et conclut : « Sa conduite sous le rapport militaire n’en est pas moins conforme à l’honneur et aux devoirs d’un officier français. Il a fait plus qu’on en pouvait attendre d’une garnison faible et dénuée de toute ressource. » l Illustration des bombardements à Belfort. L’enquête suite à la tenue du siège Une pétition signée de quelques Belfortains cible dès la fin du siège le commandant Legrand, le colonel Kaïl du 63 e de ligne et le maire Léon Quellain. Les griefs principaux portent sur l’impréparation de l’approvisionnement de la place durant Extrait du journal d’ordre du commandant Legrand, article de la capitulation. LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°144 VivreleTerritoire 31



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