[90] Vivre le Territoire n°139 juin 2013
[90] Vivre le Territoire n°139 juin 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de juin 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : pour sa 25e édition, les « Eurockéenes », le festival emblématique du Territoire de Belfort, fait sa révolution en proposant cette année, quatre jours de musique et de fête au lieu de trois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MÉMOIRE histoire À SAVOIR Lors du mariage du prince souverain, Albert II de Monaco en 2011, la longue énumération de ses titres de noblesse comportait encore comte de Belfort et comte du Rosemont. Et les archives du palais princier conservent, dans la série T, une partie des dossiers de l’administration des mines du Rosemont et du comté de Belfort. Plan des mines de Giromagny conservé dans les archives du palais de Monaco. La donation Mazarin En décembre 1659, alors qu’il séjourne à Toulouse pour préparer son mariage avec l’infante Marie-Thérèse de Habsbourg, Louis XIV signe une lettre de donation du comté de Ferrette et des seigneuries de Belfort, Delle, Thann, Altkirch et Isenheim en faveur du cardinal Jules Mazarin. ç Jean-Christophe Tamborini C’est pour remercier Mazarin de son habile travail de négociateur lors des traités de Westphalie en 1648 que Louis XIV prélève sur les terres confisquées aux Habsbourg, après l’annexion de l’Alsace, les seigneuries de Ferrette, Belfort, Delle, Thannet Isenheim pour lui en faire don. Ces seigneuries comportent une grande partie des forêts du Ballon d’Alsace, les mines du Rosemont, les sites industriels des forges de Belfort, les droits d’eau sur les étangs et rivières, et les droits de justice. C’est un patrimoine qui peut générer d’importants revenus. La transmission des fiefs Le cardinal n’ayant pas eu d’enfant, c’est à sa nièce préférée, Hortense Mancini, qu’il lègue ses biens et ses titres au jour de son mariage le 1er mars 1661, à la condition expresse que son époux, Charles-Armand marquis de La Porte duc de La Meilleraye, renonce à son nom pour porter celui de Mazarin et perpétuer ainsi le nom du cardinal. Les biens passent ensuite de père en fils à Paul-Jules en 1713, puis à Guy-Paul en 1731. En 1738, c’est la petite-fille de Guy- Paul, Louise Jeanne de Durfort de Duras, qui hérite des biens car les titres et fiefs de la famille sont transmissibles aux femmes. Elle les lègue à sa mort en 1781 à sa fille 30 VivreleTerritoire N°139 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT Charles de La Porte, duc de Mazarin. unique Louise Félicité Victoire d’Aumont de Villequier, princesse de Monaco depuis son mariage en 1771 avec Honoré IV Grimaldi. La gestion des biens du cardinal Si le premier duc de Mazarin, Charles-Armand, vient à cinq reprises à Belfort pour contrôler l’administration des biens de son épouse, ses descendants s’y montrent beaucoup moins puisque seuls deux autres voyages sont répertoriés entre 1713 et 1791. Ce sont donc des intendants et des agents qui gèrent les affaires courantes au nom des ducs et duchesses. À Belfort, la maison seigneuriale est installée à l’hôtel de Duras (actuelle école Jules Heidet) et, au Rosemont, c’est depuis la maison « Mazarin » à Giromagny que sont gérées les mines et forêts ducales. Plusieurs familles locales ont assuré l’intendance pour les Mazarin : les Boug et les Taiclet, issus de Delle ; puis les Reiset père et fils à la veille de la Révolution.
La révocation de la donation Le 14 juillet 1791, M. Geoffroy, député de Saône-et-Loire, présente un rapport à l’Assemblée visant à annuler la donation de 1659. Il s’appuie pour cela sur le fait que les fiefs donnés au cardinal provenaient des biens patrimoniaux des Habsbourg en Alsace. Ces biens passant à la France par le traité de Westphalie, ils étaient devenus biens de la Couronne donc inaliénables comme tous les biens de l’État. Ses arguments convainquent ses collègues et l’Assemblée nationale annule et révoque la donation. « Tous biens corporels et incorporels, les droits et objets quelconques dépendans (sic) des ci-devant comtés et seigneuries » sont désormais intégrés et gérés comme biens domaniaux de l’État. La duchesse, divorcée du prince de Monaco, n’a eu de cesse de la Restauration à son décès en 1826 que de récupérer ses terres, en particulier les forêts du Ballon d’Alsace, engageant procès sur procès contre les communes désormais propriétaires de ce qu’elle considère être toujours ses biens. l La maison Mazarin à Giromagny. MÉMOIRE histoire Arbre généalogique des ducs de Mazarin. LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°139 VivreleTerritoire 31



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