[90] Vivre le Territoire n°136 mars 2013
[90] Vivre le Territoire n°136 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°136 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,0 Mo

  • Dans ce numéro : objectif eau, pour la maison et l'environnement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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THÉMATIQUE ÉCONOMIE transports titre Les convois de l’extrême AMÉNAGEMENTS ROUTIERS Cet automne, des colis lourds de 380 tonnes s’apprêtent à fouler le bitume de nos routes départementales. Jamais des convois de cette importance n’avaient encore quitté les usines du Techn’Hom. Un exploit réalisable grâce au soutien du Conseil général. ç Catherine Robet À SAVOIR Lourd comme… Les nouvelles turbines Flex Efficiency 50 pèsent 380 tonnes, soit l’équivalent d’un Airbus A 380 avec passagers à son bord, ou 11 camions de 35 tonnes. En France, le dernier groupe industriel à avoir financé des travaux routiers dans le domaine public est le groupe EADS pour la sortie des premiers éléments de l’Airbus A 380 en 2005, des usines de Toulouse jusqu’à l’estuaire de la Gironde. La direction des routes du Conseil général du Territoire de Belfort et le service transport de General Electric Power & Water ont retourné le problème dans tous les sens. Ils ont finalement pris une décision qui n’est pas sans conséquence : la nouvelle « Turbine Flex Efficiency 50 », actuellement en construction dans les usines de Belfort et dont les éléments atteignent un poids exceptionnel, ralliera le port autonome de Strasbourg par… la route ! Autant dire que c’est un véritable monstre roulant qui va sillonner le parcours traditionnellement emprunté par les convois exceptionnels sur les routes départementales. « D’autres possibilités ont été étudiées pour tenter de raccourcir le trajet ou éviter d’engager des travaux, mais ces machines-là sont trop lourdes et trop grandes. Elles ne passent ni sous les caténaires des voies ferrées, ni par les voies fluviales », confie Michel Estienne, directeur adjoint en charge du développement local au Conseil général. « Nous avions même imaginé un moment de construire une nouvelle route pour rallier le port autonome de Mulhouse à travers la forêt de la Hardt, mais ce projet était trop coûteux, avec un C’est un véritable monstre roulant qui va sillonner (…) les routes départementales. » Thierry Dantec, responsable logistique GE Power & Water Europe Il a fallu imaginer un nouveau système « Habituellement, nous utilisons une remorque hydraulique multiessieux pour transporter nos turbines à gaz. Mais dans ce cas de figure, il a fallu imaginer un nouveau système pour répartir la charge et éviter ainsi d’endommager la route et surtout les ouvrages d’art, très nombreux sur le parcours. La Flex Efficiency reposera donc sur des poutres suspendues entre deux remorques de quatorze lignes d’essieux chacune. On appelle cela le « brancard ». Le convoi devient flexible et peut mieux épouser la géométrie de la route, comme les ronds-points ou les inclinaisons des pentes. Le poids est ainsi réparti sur toute la longueur. C’est la première fois que nous utiliserons cette technique, validée par les services d’engineering de GE. Je pense que lorsque la première turbine sortira en octobre, pour être expédiée aux États-Unis où elle sera testée, le convoi sera très impressionnant. Ensuite, il faudra attendre avril 2014 pour voir le transport de la seconde turbine, destinée à la centrale EDF de Bouchain dans le Nord. » impact écologique non négligeable », renchérit Hervé Malaval, expert transport de colis lourds chez General Electric (GE). L’aménagement de l’itinéraire existant reste donc la meilleure solution. Colis très lourds Dimensionné pour recevoir sans difficulté des convois d’environ 60 mètres de long et 500 tonnes de charge roulante, le parcours n’est pourtant pas prêt à laisser passer les nouveaux convois de l’extrême. Avec 110 mètres de longueur et 800 tonnes de poids roulant comprenant à la fois le colis lourd, les remorques portantes et les engins de tractions, ils risquent d’arracher sur leur passage câbles électriques et signalisations routières, d’effondrer les ponts, de défoncer les abords des routes, voire de basculer dans le vide, déséquilibrés par un dos-d’âne ordinaire… Un scénario catastrophe qui pourrait mettre à mal la localisation à Belfort de la production de la Flex Efficiency 50. « Le Conseil général est très attentif aux projets industriels, poursuit Michel Estienne. Il accompagne d’ailleurs la construction du nouveau banc d’essai sur Techn’Hom qui permettra de tester la turbine à cycle combiné. Et puisqu’elle est fabriquée à Belfort, il faudra bien qu’elle en sorte ! » Les travaux d’aménagement de l’itinéraire constituent donc une suite logique à la politique départementale de développement économique, d’autant que GE n’est pas le seul industriel à utiliser ce parcours. Toutes les entreprises implantées à Belfort savent désormais qu’elles disposent d’une solution fiable pour leurs transports hors normes. 20 VivreleTerritoire N°136 LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT
THÉMATIQUE ÉCONOMIE transports titre Le transport d’une turbine 9F (ici à la sortie de Belfort), ne nécessite qu’une seule remorque multi-essieux. Il en faudra deux pour transporter la Flex Efficency 50. LA NOUVELLE TURBINE EN CHIFFRES 380 tonnes Poids de la nouvelle turbine 110 mètres Longueur du convoi 800 tonnes Poids total des convois roulants 150 km Distance de l’itinéraire Travaux urgents Le coût des aménagements à réaliser entre Belfort et Strasbourg, estimé par le Centre d’études techniques de l’équipement de l’Est (un service de l’État), s’élève à 700 000 euros. À Belfort, une partie des travaux avait déjà été engagée dans le cadre du programme Techn’Hom II. Les Départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et la Communauté urbaine de Strasbourg ont accepté quant à eux de prendre à leur charge l’ingénierie et la maîtrise d’œuvre, et surtout de respecter les délais. Enfin, General Electric et le Conseil général du Territoire de Belfort se partagent à part égale la facture. Une première dans l’histoire de l’entreprise américaine qui finance exceptionnellement, urgence oblige, des investissements dans le domaine public. l La turbine 9E, devant le bâtiment de General Electric au Techn’Hom à Belfort, ne pèse « que » 200 tonnes. LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT N°136 VivreleTerritoire 21



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