[90] Vivre le Territoire n°119 juin 2011
[90] Vivre le Territoire n°119 juin 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°119 de juin 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : bientôt, les portes d’un monde à part vont s’ouvrir sur la presqu’île du Malsaucy. Des milliers de jeunes festivaliers venus de tous les horizons vivront durant trois jours au rythme de la magie des « Eurockéennes ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ÉTUDE Radioscopie des Eurockéennes et de ses festivaliers En 2010, une équipe de chercheurs du CNRS s’est penchée sur les Eurockéennes. Cette étude sur la sociologie des festivaliers et de leurs pratiques fait émerger, entre autres, l’idée que le festival s’apparente à une petite République éphémère qui séduit de plus en plus de jeunes femmes. Le festivalier type est âgé de 28 ans et vient d’un Grand Est qui intègre la Suisse, l’Allemagne, la Belgique… D’où viennent les Eurockéens ? Quels sont leurs goûts musicaux ? Combien dépensentils ? Qu’est-ce qui distingue les Eurockéennes des 1 200 festivals de musiques qui se déroulent en France entre juin et septembre ? ! Menée par Emmanuel Négrier, sociologue « 55% des nouveaux festivaliers sont des femmes. » et directeur de recherche au CNRS, l’enquête s’est déroulée durant l’édition 2010 auprès d’un échantillon de près de 2 000 personnes. Si les conclusions confortent globalement l’image véhiculée par le festival depuis quelques années, l’étude a révélé quelques éléments inattendus. Le public se féminise Ainsi, le festivalier « type » des Eurockéennes apparaît être « un homme âgé de 28 ans, issu des catégories sociales supérieures et doté d’un niveau scolaire élevé. Il vient principalement d’un Grand Est qui intègre la Suisse, l’Allemagne et la Belgique. Il vient pour le festival plus que Les Eurockéennes, « une petite République éphémère » pour certains groupes en particulier et reste pendant tout l’événement ». Si ce public ainsi analysé évolue peu par rapport à la dernière étude (2004), il en ressort cependant qu’il se féminise. Entendez par là que près de 55% des nouveaux festivaliers sont des femmes. Une évolution marquante qui pourrait trouver son explication dans la programmation, l’ambiance « assagie » du festival, la féminisation du rock… Tolérance et ouverture Côté musique, le public des Eurockéennes « incarne cette génération qui vit pleinement une offre musicale très diversifiée. Il se caractérise par une connaissance pointue des multiples genres musicaux (rock, pop, électro, chanson, reggae, ska, jazz, blues, musiques du monde, métal, hardcore, rap, hip-hop, classique…), par des goûts très diversifiés et par une grande tolérance vis-à-vis des styles qui ne sont Le dossier Sur le sentier du rock avec le Conseil général N°119• juin 2011 LE DOSSIER DE VIVRE LE TERRITOIRE 55% des primo-festivaliers sont des femmes. Les Eurockéennes se féminisent. pas les leurs ». Un public curieux et qui fait preuve d’ouverture. Expérience humaine et collective On pourrait penser de prime abord que le festival séduit grâce à sa programmation musicale. Et c’est vrai, mais pas seulement : « Les copains tout comme l’ambiance font des Eurockéennes quelque chose d’unique. La relation particulière aux autres, cet état d’esprit propre au festival, font de ces trois jours une expérience humaine et collective. Le festival fonctionne comme une petite République. » Un monde à part animé par des valeurs de tolérance et d’ouverture à l’autre. Le coup de pouce à l’économie locale Dans le cadre de cette étude, une estimation des retombées économiques a également été réalisée. Les retombées totales (ce que dépense le festival + ce que dépensent les festivaliers) ont ainsi été évaluées à plus de 6,2 M € par édition. Il en ressort dès lors, en ce qui concerne les subventions publiques dont bénéficie le festival, que 1 € de subvention génère 6,93 € pour l’économie locale.
LE TERRITOIRE en actions COMPAGNIE ANNA SCRUPUL’HOM D’Étueffont au festival d’Avignon Du 8 au 31 juillet, la toute jeune troupe de théâtre Anna Scrupul’hom, basée à Étueffont, participera au festival off d’Avignon. Une première pour cette compagnie professionnelle née en 2010, dont la marraine est Clémentine Célarié. C’est à Étueffont où une partie des membres vit depuis deux ans que la compagnie Anna Scrupul’Hom a installé son siège. À l’arrière de la maison, une dépendance a été aménagée en une petite salle de spectacle. Valentino Sylva, éducateur et comédien (lire l’encadré), y répète son interprétation de Chute libre de Yoland Simon. La pièce, écrite en 1985, est un monologue grave et drôle. Elle évoque la fin tragique d’un ouvrier sans emploi, rappelant un fait divers qui s’est déroulé à Sochaux au début des années 1980. « Cette pièce a vingt-cinq ans et pourtant l’isolement des personnes sans emploi, l’indifférence des gens, les valeurs du travail auxquelles elle fait référence, me paraissent toujours terriblement d’actualité », explique Sébastien Castells, directeur artistique de la compagnie. C’est Yoland Simon lui-même qui suggère à la compagnie de participer au festival off d’Avignon. Le théâtre du Vieux Balancier les accueillera, chaque soir à 22h, du 8 au 31 juillet. L’art au service de l’insertion « Le festival sera l’occasion de faire des rencontres qui nous permettront, Valentino Sylva, 24 ans, éducateur et comédien « J’ai rencontré les membres de la troupe lorsque j’étais enfant. Je participais aux ateliers théâtre qu’ils animaient à la Maison d’enfants à caractère sociale de Seppois-le-Bas. À 11 ans, nous sommes partis au festival d’Avignon en tant que spectateurs. J’ai relevé le défi d’improviser un spectacle sur une scène ouverte. Ça a plu aux animateurs ; ils m’ont demandé de revenir le lendemain. Cinq ans plus tard, j’ai intégré l’école du théâtre à Mulhouse. Aujourd’hui, je suis heureux de retourner à Avignon avec de l’expérience et un spectacle aussi fort que Chute libre. J’espère y faire de belles rencontres. » LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU TERRITOIRE DE BELFORT peut-être, de développer nos projets. » Le pluriel est de mise car ces passionnés de théâtre sont également des professionnels de l’action sociale. Après une expérience commune à la Maison d’enfants à caractère sociale (MECS) de Seppois-le-Bas, ils créent en 2008 l’association « Sens Scrupule ». « Notre visée est pédagogique et culturelle. Il s’agit, d’une part, de faciliter l’accès au théâtre à des publics éloignés de la culture et, d’autre part, de permettre à des personnes de s’approprier une forme d’expression artistique qui peut les aider à se construire. » Les membres de « Sens Scrupule » interviennent auprès de personnes handicapées, enfants déscolarisés, jeunes délinquants… À terme, ils évoquent le souhait de créer une structure d’accueil pour les adolescents de 14 à 21 ans. En attendant, ils partagent leur vie entre travail, ateliers pédagogiques et création théâtrale avec un même objectif : faire réagir. CJ VIVRE LE TERRITOIRE N°119 21 Anna Scrupul’hom est la compagnie Coup de Cœur de Clémentine Célarié : « Chute libre (…) est un spectacle à découvrir absolument en Avignon, qui est l’endroit rêvé pour ce genre de découverte, moi j’y serai. » LE SAVIEZ-VOUS ? Autour du festival in d’Avignon s’est développé, dès 1963, un espace théâtral plus spontané. Depuis, chaque mois de juillet, des scènes improvisées occupent la cité jusqu’à ses lieux les plus improbables. Des amateurs inexpérimentés aux artistes les plus renommés, tous convergent vers Avignon pour présenter leur œuvre au public mais aussi aux programmateurs venus de toute la France. En 2010, le festival off a réuni près de 900 compagnies et plus de 1 100 spectacles et événements.



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