[90] Vivre le Territoire n°112 octobre 2010
[90] Vivre le Territoire n°112 octobre 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°112 de octobre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général du Territoire de Belfort

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : le Conseil Général agit pour une culture soit vivante et soit accessible à tous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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en chiffres 60% des médiations sont volontaires contre 40% prescrites par un juge aux affaires familiales. Depuis 2008, le nombre de saisines au juge aux affaires familiales a baissé de 10%. à savoir En 2002, le département du Territoire de Belfort affichait le plus fort taux de divorce de France. Aujourd’hui, il arrive en 8 e position, derrière des départements très urbanisés comme le Var, le Rhône ou l’Aude qui ont vu, à leur tour, leur taux de divortialité fortement augmenter. Le service de médiation familiale bénéficie du partenariat de la Caisse d’allocations familiales du Territoire de Belfort. Famille 8 vivre le territoire N°112 le magazine du conseil général du territoire de belfort Le conseil général en actions Être parents après la rupture Dans les moments conflictuels engendrés par une séparation ou un divorce, le service de médiation familiale du Conseil général aide les parents à surmonter leur contentieux en renouant le dialogue. L’enjeu ? Protéger les enfants des tourments des adultes… « Si nous avions su, nous serions venus plus tôt ! » Cette phrase, Béatrice Millet, responsable du service de médiation familiale, l’entend régulièrement de la bouche des couples séparés qu’elle reçoit. Plus un conflit s’installe dans la durée, plus les personnes sont démunies face aux décisions qu’elles doivent prendre. « La colère, la haine, la douleur, la culpabilité sont autant de sentiments qui naissent de la souffrance d’une séparation, explique Béatrice Millet. Les enfants se retrouvent involontairement pris dans cette tempête émotionnelle. Ils deviennent parfois un enjeu, un moyen de pression, voire les principales victimes. » Victimes ? Le mot est lâché. Une enquête réalisée en 2000 a en effet démontré que le conflit conjugal, quelle que soit la classe sociale, était l’une des principales causes de maltraitance des enfants. « Il faut préciser qu’entre 2000 et 2007, le nombre de divorces dans le Territoire de Belfort a augmenté de 22%, contre 15% en moyenne nationale », poursuit-elle. Aucune étude n’a encore permis d’expliquer les raisons de cette augmentation, mais la forte urbanisation du département pourrait constituer un élément de réponse. C’est pourquoi le Conseil général a restructuré et renforcé en 2005 son service de médiation familiale afin d’intervenir dès les premiers signes de troubles conjugaux. Un espace de parole Faire appel à une médiatrice familiale relève dans la majorité des cas d’une démarche volontaire, souvent sur les conseils d’un travailleur social ou d’une tierce personne comme un médecin ou un avocat. Le juge aux affaires familiales « Le conflit conjugal est l’une des principales causes de maltraitance Famille élargie Au-delà du conflit lié à la séparation, la médiation familiale est aujourd’hui confrontée à d’autres situations liées à l’évolution de la société. Désormais, elle élargit son champ d’action non plus seulement aux parents, mais également à la famille recomposée et élargie. « Quand la vie a repris, après une séparation, il peut naître d’autres formes de conflits autour de l’enfant, avec les beaux-parents par exemple, entre un parent isolé et son enfant devenu adolescent, ou encore entre grandsparents et belle-famille », conclut Béatrice Millet. Progressivement, les familles en conflit s’adressent spontanément au service de médiation familiale, les accords passés à l’amiable étant globalement plus respectés que les décisions imposées par un juge. Grâce à cette aide, les membres de la famille retrouvent leur place et leur dignité et tous avouent leur fierté d’avoir surmonté cette épreuve, malgré leur souffrance, pour l’avenir de leur enfant. CR peut également prescrire un rendez-vous obligatoire. Mais il appartient toujours des enfants. aux parents de poursuivre ou non le » processus. La médiatrice les reçoit dans un petit salon convivial, parfois individuellement, pendant trois à six mois, à raison d’un rendez-vous par mois. « Ils élaborent ensemble une sorte de contrat de confiance qui fixe les règles de vie autour de l’enfant comme, par exemple, de se consulter avant de prendre une décision qui le concerne, de ne pas se disputer devant lui au moment du changement de garde, de ne pas s’insulter… », poursuit la responsable. À chaque séance, la médiatrice fait le point sur ce qui a bien fonctionné ou sur ce qu’il faut contact réadapter. Service de médiation familiale, Une fois établis, les accords pris entre Centre des 4 As – Tour 48, les deux parties peuvent, si besoin, Rue de l’As de Carreau. être homologués par le juge aux affaires familiales. Tél. 03 84 90 95 90000 Belfort. 13
Francine Biguenet, médiatrice familiale « J’ai récemment reçu un couple en instance de divorce sur injonction du juge aux affaires familiales. Pour eux, la violence de la séparation est d’autant plus forte que le couple faisait figure de famille modèle avec, pour chacun, une bonne situation professionnelle. Aujourd’hui, ils sont face à un idéal de vie qui s’écroule, avec d’un côté une grande incompréhension, beaucoup de rancœurs, et de l’autre un profond sentiment de culpabilité. La garde de trois enfants est en jeu. Je les ai d’abord reçus séparément, pour permettre à chacun de dire ce qu’il ressent, de s’exprimer librement. Ce sont des moments de grandes tensions, avec des sentiments violents. Je les aide à partager leurs émotions pour que la raison reprenne ses droits dans l’intérêt des enfants. Cela peut prendre du temps, mais à terme chacun devrait retrouver sa dignité et son rôle de parent responsable. » Céline, séparée et maman d’un petit garçon de 2 ans « Mon avocat m’avait dit que la médiation familiale pourrait nous aider. Je ne savais pas du tout en quoi cela consistait, mais j’étais prête à tenter l’expérience. Moi par exemple, j’avais des difficultés à laisser mon fils de 2 ans partir avec son père. L’enfant sentait que j’étais malheureuse et ne voulait plus me quitter. La médiatrice m’a aidée à gérer mes émotions dans ces moments-là pour ne pas le culpabiliser. J’ai aussi appris à le rassurer en lui dessinant une maison dont nous colorons les sept fenêtres au fil des jours de la semaine. Mon ex-conjoint fait de même. L’enfant sait alors quand arrive le jour où il va chez papa ou bien chez maman. »



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